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Opinion

Pour une intifada chiite contre le Hezb!

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Par Youssef Mouawad
Publié mars 21, 2026 - 13:34

Aux seuls chiites libanais de désavouer le Hezbollah, de mettre un terme à son hégémonie et, du coup, à l’emprise des Pasdarans sur notre pays * !  Même cas de figure en Iran : les frappes combinées israélo-américaines ont beau pulvériser Ali Larijani, sa garde rapprochée et ses forces répressives, seule une insurrection citoyenne peut renverser la tyrannie de wilayat al-faqih. Les observateurs avisés finiront par l’admettre : nul dénouement de la tragédie perse, nulle résolution de la crise iranienne sans affrontement entre compatriotes, c’est-à-dire sans conflit civil. 

 Aux peuples donc de revendiquer leur droit à la vie !

Délivrance !

Chez nous, au pays malmené, ni armée libanaise, ni mission de bons offices, ni guerre civile, ni bombardements israéliens, ni débarquement de troupes arabes, turques ou occidentales ne sont en mesure de mettre hors-jeu le « divin parti ». C’est parce que ce dernier règne sur les esprits que son bastion est imprenable et que sa délocalisation physique ne suffirait pas à l’éradiquer. Arraché à sa terre ancestrale, jeté sur les routes, parqué dans des camps de fortune, son « milieu nourricier » qui lui a servi de matrice, lui reste attaché, loyal, fidèle et acquis. Constat désespérant quand seule la communauté duodécimaine est habilitée à invalider le Hezb et nous sortir de l’impasse dans laquelle nous nous débattons.

Y a-t-il une culpabilité duodécimaine ?

Mais si le Liban est enlisé, ses institutions bloquées et sa population violentée, irions-nous pour autant mettre le blâme sur tous les Chiites ? Avouons que le parti de Dieu, désormais acteur régional, avait flatté chez ces derniers les sentiments de fierté et le goût de la bravade et du risque. Mais ce faisant, il allait les entraîner dans les périls de l’emballement généralisé et du délire de puissance. 

Certains esprits excédés n’hésiteraient pas à tenir tous les duodécimains pour responsables politiquement sinon pénalement des catastrophes successives qui s’abattent sur nous. Après tout, les électeurs chiites ont reconduit, d’une législature à l’autre, les mêmes représentants à l’Assemblée nationale comme ils ont approuvé les politiques que ceux-ci prônaient à la suggestion de leurs mentors iraniens. 

En ce sens, nos concitoyens du Sud, de la Békaa et de la banlieue ont fait ce qu’ils n’auraient pas dû faire. Et qui plus est, en restant passifs, ils n’ont pas fait ce qu’ils avaient à faire : ce que nous attendions d’eux en tant que Libanais ayant à cœur les intérêts exclusifs de notre pays. À deux reprises, à savoir le 8 octobre 2023 et le 2 Mars 2026, ils n’ont pas pu brider le Hezb qui empruntait obstinément la voie de la confrontation avec Israël ! Mais étaient-ils en mesure d’empêcher ces décisions fatidiques entre toutes, pour ne citer qu’elles ? On alléguera longtemps encore que les dérives insensées du « parti divin » étaient le fait d’un petit groupe, non le fruit d’une culture spécifique ni l’aboutissement logique d’une idéologie religieuse qui soude une communauté.

Appel à mutinerie et incitation à « intifada »

En ce moment précis, on croit devoir s’attendre à une incursion terrestre. Plutôt que de laisser les Israéliens s’acharner sur le Hezb et évacuer le Sud libanais de sa population, l’écosystème chiite pourrait prendre l’initiative qui lui assurerait sa propre délivrance. Une immense clameur des déplacés, qui font un million de personnes, peut amener la milice surarmée qui a pris le Liban en otage, à abandonner ses illusions héroïques et ses entreprises picaresques. Et principalement à se départir de ses maîtres iraniens. Beyrouth-Ouest avait bien « renié » Yasser Arafat lors de son siège par les Israéliens en 1982. L’OLP s’était promis de faire de notre capitale un nouveau Stalingrad. L’intervention de Saëb Salam, s’exprimant au nom de la population outrée, remit nos hôtes Palestiniens à leur place : ils furent embarqués sur des navires français en partance pour la Tunisie.

Cela dit, ce n’est certainement pas la valse-hésitation, à laquelle se livre Nabih Berry, qui mettra un terme à l’auto-immolation qui se poursuit sous nos yeux. Seule une insurrection, seul un mouvement de fond, seules des manifestations et des sit-in peuvent forcer la main de ceux qui accaparent indument le pouvoir. 

Aux Chiites d’arracher les armes du Hezb ! À eux de prendre des risques pour la liberté, la leur et la nôtre !

* Et pour rappel, les Chrétiens se sont bien ralliés à la légitimité étatique en 1988-9, récusant dans les faits la mainmise des milices sur la zone Est !



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