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Opinion

Pays du Golfe, prenez exemple sur Youssef Rajji!

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Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a été reçu à Beyrouth le 9 janvier 2026 par son homologue libanais Youssef Rajji. (Houssam Shbaro/Anadolu via AFP)
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Par Youssef Mouawad
Publié avr. 4, 2026 - 12:46

Notre République décatie a retrouvé son lustre. Il a suffi qu’un

de nos ministres fasse preuve de fermeté et « congédie », dans

le respect des règles d’usage, le représentant accrédité de

l’Iran. Et c’était d’autant plus à l’honneur de Youssef Rajji

qu’il a su braver la tempête suscitée par son impertinence.

Cependant, il ne faut pas croire que ce coup de force

diplomatique irait jusqu’à rétablir la crédibilité de ce

gouvernement ou de cette administration. Il en faudrait

bougrement plus ; et des purges d’ampleur stalinienne y

suffiraient à peine !

Le Khalij à feu et à sang

Mais rendons-nous dans le golfe Persique, puisqu’il faut

l’appeler par son nom. Acculé dans ses derniers

retranchements, Téhéran a décidé de mettre ledit Khalij à feu

et à sang ! C’est certainement la carte maîtresse des mollahs et

probablement la dernière. Une simple comparaison au terme

d’un mois d’opérations militaires : pour 4391 attaques

iraniennes contre les pays arabes (Arabie saoudite, EAU,

Qatar, Koweït, Bahreïn, Oman et Abou Dhabi), il n’y eut que

930 contre Israël. En proportion globale, si 17% des frappes

ont ciblé l’État hébreu, 83 % étaient destinées aux pays arabes,

toutes nations confondues !

Comment réagir à ces agressions flagrantes ?

Le Sultanat d’Oman qui, en date du 29 mars, a formellement

condamné l’agression « traîtresse et couarde » dont il a été

l’objet, s’abstient d’en désigner l’auteur et appelle à un

recours aux usages diplomatiques. Dans la foulée, l’Etat du

Qatar a stigmatisé l’attaque qui a visé les usines électriques et

de dessalement du Koweït. Sans plus ! Ces pays ne sont pas

les seuls à faire preuve de retenue et d’extrême prudence.

Jusque-là nul ambassadeur d’Iran dans les pays membres de la

Ligue arabe, n’a été déclaré persona non grata. Et si certains

membres du Conseil de coopération du Golfe ont « remercié »

des attachés militaires iraniens ou des employés subalternes et

adjoints, jamais ils ne s’en sont pris au légat-en-chef de la

République des ayatollahs. Ce qui aurait été d’un tout autre

acabit et ce qui aurait eu une autre résonnance !

La cyclothymie américaine 

Certes, les capitales agressées ont cherché à renforcer leur

coordination sécuritaire face à ce qu’elles perçoivent comme

une menace iranienne croissante ; cependant, elles hésitent

encore à emprunter la voie de l’escalade et de la riposte

militaire qui serait légitime. Sauf peut-être Riyad qui fourbit

ses armes… et adopte un ton menaçant. Ces capitales

appréhendent en fait la réactivation sur leur propre territoire de

cellules dormantes aussi bien que des frappes massives visant

leurs infrastructures pétrolières et autres usines de

dessalement. Mais ce qu’elles craignent par-dessus tout, c’est

l’imprévisibilité de Donald Trump. Une imprévisibilité que

n’a pas manqué de souligner Emmanuel Macron le premier

avril à Tokyo et que n’a pas dissipé l’allocution télévisée,

tenue dans la foulée, par le locataire de la Maison Blanche*.

On ne bâtit pas des alliances solides quand on ne sait sur quel

pied danser avec son partenaire. Le Président américain peut

convoquer trois porte-avions, des B52, des avions furtifs et des

troupes aéroportées sur le théâtre des opérations, mais il peut

tout aussi bien filer à l’anglaise, sans demander son reste. Et,

s’il a des fois surpris alliés et adversaires par des opérations

éclairs, combien de fois n’a-t-il pas tenu promesses et

engagements ? Son imprévisibilité tactique (ou peut-être son

bluff) ne sont pas de nature à rassurer ses alliés arabes ! Alors,

ils adoptent une impassible neutralité à l’heure de

« l’opportunité historique » de refaire le Moyen-Orient !

*Si Donald Trump a remercié, dans son intervention du mercredi

premier avril, les pays du Golfe, il s’est désintéressé, en revanche, de

la liberté de la navigation dans le détroit d’Hormuz. Par ailleurs, qui

peut croire que bombarder sans relâche l’Iran pendant 2 à 3

semaines, comme il l’a promis, serait en mesure d’écarter la menace

qui pèse sur les pays arabes riverains !

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