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Youssef Mouawad

Youssef Mouawad

Entrisme et infiltration nous ont saisis à la gorge!
Par
Youssef Mouawad
Publié
janv. 3, 2026 - 09:00

Qui a dit que le Hezbollah ne se nourrissait que d’escarmouches et de conflits armés ? Depuis les années quatre-vingt-dix, celui-ci ne cesse de se libaniser, c’est-à-dire d’arrondir les angles et de choisir la voie du compromis. Du moins quant à la forme et pour noyer le poisson ! Certes au point de départ, donc au moment de sa constitution, le Hezb ne cachait pas son jeu. Il affichait haut et fort qu’il comptait instaurer un régime copié, mot pour mot, sur le modèle khomeyniste. Et de ce fait il s’était démarqué du jeu politique national, ce jeu indigne tout juste bon pour les mécréants. Mais, s’étant ravisé, il démarra habilement une entreprise de noyautage de l’appareil de l’État libanais. Tant et si bien qu’en 2005, il commandita auprès de cheikh Afif al-Nabulsi une fatwa l’autorisant à faire partie du gouvernement.

Les dieux rendent fous ceux qu’ils veulent perdre!
Par
Youssef Mouawad
Publié
déc. 27, 2025 - 16:31

Qui peut croire que la communauté chiite, principalement celle du Sud, va tenir le coup de cette perfide guerre d’usure ? Jour après jour, les frappes israéliennes la narguent, la mettent au défi de riposter et lui imposent un train d’enfer. Si, au départ, la retenue du Hezbollah fut synonyme de maîtrise de soi, ce n’est plus le cas. Et le parti de Dieu ne peut plus prétendre exercer la self-discipline au bout d’un an de provocation. D’où la question de savoir s’il va enfin choisir la voie de la confrontation ou céder aux exigences du désarmement ? La persévérance de l’armée israélienne aurait-elle raison de la patience légendaire des civils ? Car la grogne monte dans une population duodécimaine exacerbée. Chauffée à blanc, cette dernière ne voit pas d’issue à ce conflit, pas plus qu’elle n’y voit d’intérêt. Et qui pourrait encore la leurrer tant l’évidence est manifeste : au lendemain du 7 octobre, elle fut sacrifiée sur l’autel de la Palestine, et voilà qu’un an après, elle doit se faire immoler sur l’autel du nucléaire iranien.

Comment le Hezb se défausse sur l’État libanais ?
Par
Youssef Mouawad
Publié
déc. 20, 2025 - 12:28

La veine jugulaire qui l’alimentait en armes et munitions a été tranchée. Et pourtant, le Hezb refuse de se plier aux engagements pris en son nom par Nabih Berri interposé. Parce qu’il ne croit pas avoir été défait et que le terreau fertile du Sud où il a pris ses racines ne veut pas le démentir. Car, pour tout vous avouer, ce ne sont pas quelques voix chiites dissonantes et réconfortantes qui seraient en mesure de lui faire entendre raison. Si le parti des mollahs a pris une raclée, il ne renonce pas pour autant au combat : il se terre pour préserver l’essentiel de ses forces. Et à en croire certaines sources, il a reconstitué ses capacités militaires. Il se rétablit donc. Alors que par ailleurs, c’est à l’usure qu’il a eu la diplomatie occidentale, qui lui est franchement hostile. Il peut savourer sa victoire. Jouant de la « patience stratégique », apprise à bonne école, il a créé une telle embrouille diplomatique que la France s’est à nouveau portée au chevet de notre pays. Pour démêler l’écheveau !

Pourquoi Youssef Raggi et Simon Karam dérangent-ils ?
Par
Youssef Mouawad
Publié
déc. 17, 2025 - 16:24

Le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi, et l’ancien ambassadeur Simon Karam, représentant le Liban aux réunions du mécanisme de supervision du cessez-le-feu avec Israël, dérangent sensiblement les milieux pro-Hezbollah parce qu’ils annoncent le retour « en grâce de la souveraineté » externe. Celle qui désigne « l’insoumission d’un État à toute autorité supérieure ainsi que la reconnaissance des autres États comme ses égaux ». Youssef Raggi et Simon Karam arrivent à point nommé ! Au moment même où une majorité de Libanais est revenue de tout. Et certes, celle-ci est nostalgique de la période qui précéda le conflit civil en 1975. J’entends par là cette époque bénie quand l’État libanais était maître chez lui, disposant de la souveraineté externe comme de l’interne, à savoir « l’autorité exclusive sur son territoire et sa population ».

Pourquoi il ne désarmera pas ?
Par
Youssef Mouawad
Publié
déc. 13, 2025 - 15:28

Yahya Sinouar est mort sans avoir rendu les armes ! Pour certains, ce fugitif n’a pas manqué de lutter jusqu’au dernier souffle. C’est peut-être pour les combattants du Hezbollah un modèle à émuler. Comme lui, et avant lui, il y eut Saddam Hussein, imperturbable devant la potence. Et avec ça, vous voulez que le Hezbollah rende les armes et passe sous les fourches caudines… Vivre dangereusement Al-silah zinat al-rijal, (autrement dit, les armes sont la parure des hommes) répète-t-on dans le Sud libanais, zone où toute une jeunesse a goûté à la fraternité des armes. Les opérations militaires ont donné aux miliciens le goût de « la vie héroïque », une addiction dont on ne sort pas indemne. Une addiction que ne partagent pas la majorité des libanais. Et qui plus est, la figure emblématique d’Al-Hussein, tombé les armes à la main, rend toute capitulation odieuse sinon impie.

Le parti de Dieu doit être désarmé, mais surtout «déhezbollahisé»
Par
Youssef Mouawad
Publié
déc. 8, 2025 - 14:20

Même écrasés sous les bombes, même poursuivis par la Némésis syrienne ou la justice internationale, les affiliés au parti de Dieu ne voudront jamais se fondre dans le creuset national ; ils ne joueront pas le jeu comme le ferait le mouvement Amal, si libanais par ses travers, sa rhétorique et ses accommodements. Et pour cause ! Il est dans notre histoire contemporaine un précédent qui laisse dubitatif. Nul n’a oublié le sort réservé aux Forces libanaises qui s’étaient ralliées à l’Accord de Taëf et qui avaient désarmé. Bien mal leur en avait pris : elles virent leur chef jeté en prison et leurs cadres persécutés et assassinés. Certes, ni leurs convictions ne furent reniées, ni leur nombre n’accusa de réduction significative. On loua leur résilience qui fut mise sur le compte de leur endoctrinement, un endoctrinement qui n’allait pas les empêcher de se fondre dans la vie civile sécularisée.

Léon XIV et l’exception libanaise
Par
Youssef Mouawad
Publié
nov. 29, 2025 - 14:14

Objet d’inquiétude et même source d’agacement pour le pouvoir romain, que ces catholiques d’Orient ! S’ils avaient disparu de la scène du Levant, les relations diplomatiques entre Rome et les pays musulmans du contour méditerranéen auraient été autrement plus sereines. Mais les choses ne pouvaient être aisées pour la diplomatie vaticane, quand celle-ci avait pour casse-tête permanent la communauté maronite. Très tôt, cette dernière s’était affirmée politiquement comme entité autonome adossée à un massif montagneux, et très vite elle revendiqua son particularisme. Ce qui la distingua des autres confessions chrétiennes de Syrie et d’Irak qui s’étaient pliées à la règle de la majorité et n’avaient nourri en leurs seins que de paisibles individus et de dociles citoyens.

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