


Après avoir déclaré qu’il avait annulé au dernier moment, lundi, une nouvelle attaque contre l'Iran, qui aurait dû avoir lieu le lendemain, le président américain Donald Trump a de nouveau menacé mardi de frapper l'Iran si un accord n'était pas trouvé. L'armée iranienne a, de son côté, répondu en menaçant Washington d'ouvrir "de nouveaux fronts" en cas de reprise de leurs attaques.
Depuis la Maison Blanche, où il présentait aux journalistes le chantier de l’aile Est du siège de la présidence, Trump a répété qu'il espérait ne pas devoir faire la guerre. "Mais nous pourrions devoir leur donner encore un gros coup. Je ne suis pas sûr pour l'instant", a-t-il dit.
A l'un d'eux qui lui demandait combien de temps il était prêt à attendre pour que l'Iran vienne à la table des négociations, il est resté évasif: "deux ou trois jours, peut-être vendredi, samedi, dimanche, quelque chose comme ça, peut-être au début de la semaine prochaine".

Donald Trump a fait visiter mardi le chantier de la future salle de bal de la Maison Blanche aux journalistes, en balayant les questions sur le financement de l'édifice ainsi que sur le coût de la vie. (AFP)
Depuis Téhéran, alors que la suspension des frappes avait déjà été annoncée, l’armée iranienne a poursuivi ses menaces, en déclarant qu’elle « ouvrirait de nouveaux fronts » si les frappes reprenaient.
Un article du New York Times indique, en effet, que les responsables iraniens pourraient envisager de nouvelles tactiques si les combats reprennent, comme celui de chercher à contrôler le détroit de Bab el-Mandeb qui contrôle l’entrée Sud de la mer Rouge.
Ce passage maritime, parmi les plus stratégiques de la planète, est bordé à l’Est par le Yémen, où les milices houthis, alliées à l’Iran, avaient à maintes reprises provoqué le blocage du détroit en représailles à des frappes américaines.
Le NYT ajoute que l’Iran a pu se préparer pour lancer un grand nombre de missiles par jour, soulignant que les premières frappes (avant le cessez-le-feu) n’avaient pas pu éradiquer les lance-missiles, qui se trouvent sous terre.
Cela expliquerait les craintes des pays du Golfe d’une reprise des hostilités.
«Nous combattrons les agents israéliens comme les Israéliens»
Au Liban, alors que le très polémique projet de loi sur l’amnistie générale était discuté au Parlement, le député Hassan Fadlallah, porte-voix privilégié du Hezbollah dernièrement, s’est distingué par une déclaration d’une rare virulence contre les dirigeants libanais, assortie d’une menace inédite.
« Nous combattrons les agents israéliens exactement comme nous combattons les Israéliens eux-mêmes », a-t-il lancé, sans pour autant expliciter ce qu’il entend par « agents ».
Il a indiqué que son parti « n’accepterait aucun nouveau Antoine Lahd imposé par les Américains et les sionistes, sous quelque masque que ce soit », en référence au fondateur de la milice pro-israélienne des années 80.
Le député du Hezbollah tire de toute évidence à boulets rouges sur la coopération militaire libano-israélo-américaine devant commencer le 29 mai à Washington, dans le cadre des négociations, et dont l’un des objectifs serait le désarmement du Hezbollah.
Il prend aussi à partie les efforts du Liban officiel dans les négociations directes avec Israël dont le dernier round en date a eu lieu la semaine dernière à Washington, estimant que celles-ci sont « synonymes de reddition » et qu’elles « n’ont même pas pu déboucher sur un cessez-le-feu ».
Sur le terrain au sud du Liban, la situation s’envenime. Malgré la prorogation du cessez-le-feu de 45 jours depuis vendredi dernier.
Pour la première fois, les avis d’évacuation ont atteint la ville de Nabatiyé une dizaines d’autres villages. Et le nombre de tués depuis le 2 mars a dépassé les 3000, et le nombre de blessés les 9300.
Les forces israéliennes, elles, ont kidnappé trois Libanais dans la région de Hasbaya. Selon l’Agence nationale d’information, elles ont dressé un barrage, arrêtant ces trois personnes et confisquant les téléphones de plusieurs autres présentes sur les lieux.
Entre-temps, la Syrie a été le théâtre d’une attaque terroriste mardi, qui a fait un mort, un soldat, et 12 blessés, à Damas.
Les autorités syriennes se plaignent régulièrement de tentatives de déstabilisation du pays, mais les auteurs de cet attentat restent inconnus.