


Le Liban-Sud était au rendez-vous avec une nouvelle escalade, dans la nuit de mardi, puis de nouveau mercredi, alors qu’au niveau régional, le Pakistan s’active toujours discrètement pour tenter de désamorcer un conflit qui menace de dégénérer à tout moment, au vu des échanges de menaces entre Washington et Téhéran.
L'armée israélienne a mené au cours des dernières vingt-quatre heures, une série de frappes meurtrières, aériennes et d'artillerie, contre un grand nombre de positions et d’infrastructures du Hezbollah dans des villages et sites au sud du Liban.
Selon le dernier bilan communiqué par le ministère libanais de la Santé, ces attaques ont coûté la vie à au moins 20 personnes au cours des dernières 24 heures, dont 13 rien que dans le village de Deir Qanoun el-Nahr.
Ce chiffre risque cependant de grimper alors que les recherches se poursuivaient mercredi dans les décombres des habitations visées.
La situation s'est aggravée mercredi matin avec des raids presque ininterrompus sur des positions du parti pro-iranien dans les localités de Bint Jbeil et de Nabatiyeh, pendant que le Hezbollah faisait état, dans une série de communiqués, de violents affrontements au sol avec les forces dans la zone frontalière.
L’armée israélienne a pour sa part annoncé dans un communiqué, qu’un de ses officiers a été grièvement blessé dans une attaque au drone du Hezbollah. Un soldat a été aussi légèrement atteint, selon le texte.
Cette montée de la violence au Liban-Sud a douché les espoirs d’un apaisement espéré par Beyrouth après la prolongation de 45 jours du cessez-le-feu, laquelle avait été négociée à Washington.
Vers un dénouement au Golfe?
Elle intervient au moment même où le Pakistan, médiateur clé entre Washington et Téhéran, tente de nouveau de dégager un compromis minimal pour permettre la reprise des négociations entre les deux capitales.
Le ministre pakistanais de l'Intérieur, Mohsin Naqvi, s'est rendu dans ce cadre pour la deuxième fois en moins d’une semaine à Téhéran.
Ce voyage intervient sur fond de tension croissante entre Téhéran et Washington. Le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, par ailleurs négociateur en chef iranien aux discussions d’Islamabad, a ainsi prévenu que son pays a préparé une «réponse musclée» à toute nouvelle attaque américaine ou israélienne.
Les Pasdaran ont également averti que la guerre au Moyen-Orient s’étendrait «au-delà de la région» en cas d’attaques.
Répondant aux questions de la presse à la Maison Blanche, le président américain Donald Trump a laissé entendre qu’une reprise des frappes est toujours envisagée en cas d’échec des efforts diplomatiques, par ailleurs salués par l’Arabie saoudite.
«Nous sommes dans la phase finale des pourparlers avec l’Iran. On verra bien ce qui va se passer. Soit nous parviendrons à un accord, soit nous frapperons dur. Nous espérons que cela ne se produira pas», a-t-il affirmé, tout en se disant être hostile à toute précipitation. «Je ne suis pas pressé, a-t-il déclaré. Tout le monde parle des élections de mi-mandat, mais je ne suis pas pressé. Idéalement, j’aimerai voir un nombre restreint de personnes tuées plutôt que plusieurs», a-t-il lancé.
Flottille pour Gaza: une vidéo suscite les indignations
Le président Trump a également affirmé être sur la même longueur d’ondes avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui fait face actuellement à une nouvelle crise, provoquée par l’interpellation musclée des militants de la «flottille pour Gaza».
Le comportement de son ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui a diffusé une vidéo de lui avec les militants agenouillés et ligotés après leur placement en détention, a suscité des réactions indignées en Europe et dans le monde, en dépit des critiques de Netanyahu et du ministre des AE Gideon Sa’ar.
Les réactions étrangères n'ont pas tardé. Le traitement réservé aux détenus a été jugé "inadmissible" par Rome qui a exigé "des excuses", "monstrueux, indigne et inhumain" par Madrid, "odieux" par Ottawa. Dublin s'est dit "consterné et choqué".
La France a annoncé avoir convoqué l'ambassadeur israélien pour les "agissements inadmissibles" du ministre Ben Gvir, coutumier des outrances, tout comme la Belgique qui a jugé les images "profondément troublantes".
L'Allemagne, qualifiant l'épisode de "totalement inacceptable". La Turquie a dénoncé la "mentalité barbare" du gouvernement israélien.
La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a déclaré sur X que ces images "bafouent les normes les plus élémentaires de respect et de dignité quant à la manière dont les personnes doivent être traitées".
L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee a critiqué des "actes méprisables".
Poutine à Pékin
Loin du conflit régional, l’attention était portée, en ce mercredi, sur les discussions à Pékin entre les présidents chinois et russe Xi Jinping et Vladimir Poutine, dont la visite intervient moins d’une semaine après celle du président Trump.
Les deux pays ont souligné la nécessité de revenir au dialogue et aux négociations dès que possible au Moyen-Orient, selon le texte d'une déclaration commune publiée par le Kremlin, pendant que Téhéran annonçait avoir autorisé une cinquantaine de pétroliers battant pavillon de «pays qui coordonnent avec nous» à traverser le détroit d’Ormuz.