


Vendredi, l’Iran n’avait toujours pas répondu aux conditions américaines pour une reprise des négociations avec Washington qui affiche un optimisme prudent quant à un possible déblocage. Les marchés boursiers mondiaux évoluaient d’ailleurs dans le vert, au cours de la journée, portés par l'espoir entretenu par le forcing diplomatique mené pour parvenir à une déclaration d’intention qui servirait de base pour une reprise des pourparlers irano-américains.
Le chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, est attendu à Téhéran pour des entretiens avec de hauts responsables, selon l’agence officielle iranienne, IRNA.
Reuters a fait état de la présence d’une délégation qatarie en Iran, dans le cadre d’une mission menée en coordination avec Washington, alors que le site Axios indique que l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Turquie sont également impliqués dans les efforts diplomatiques en cours.
Mais pour l’heure, Téhéran, qui espère avoir les États-Unis à l’usure afin de leur arracher le maximum de concessions, continue de défier Donald Trump.
Les Gardiens de la révolution ont ainsi annoncé dans la matinée le nombre de cargos et pétroliers qui ont traversé le détroit d’Ormuz sur base des nouvelles règles de péage imposées par la République islamique. Celles-ci sont «contraires au droit international», a rappelé l’Union européenne.
Bruxelles a d’ailleurs décidé, vendredi, d’étendre les sanctions imposées à l’Iran, aux «personnes et entités impliquées dans les actions qui menacent la liberté de navigation au Moyen-Orient».
Parmi les pays lésés et importunés par les mesures iraniennes sur Ormuz, les Émirats arabes unis, qui ont appelé l'Iran, par la voix du haut conseiller du président émirati, Anwar Gargash, à «ne pas surestimer ses cartes» dans les négociations à venir avec Washington. Pour lui, les chances d'un accord Iran-États-Unis permettant de débloquer ce détroit sont à «50-50».
Par ailleurs, M. Gargash a mis en garde contre un cessez-le-feu «sans issue, qui sèmerait les germes d'un nouveau conflit à l'avenir». «Le programme nucléaire iranien, qui était notre deuxième ou troisième préoccupation, est désormais notre première préoccupation, a-t-il souligné. Nous nous sommes rendus compte que l'Iran est capable d'utiliser n'importe quelle arme dont il dispose».
Le choc des sanctions américaines
Au Liban, par ailleurs, on reste sous le choc des sanctions imposées par Washington à un groupe de députés et, pour la première fois, à des responsables de sécurité jugés proches du Hezbollah et du mouvement Amal du président de la Chambre, Nabih Berry. Il s’agit, en l’occurrence, du chef du département de la sécurité nationale à la Sûreté générale, le général Khattar Nassereddine, et du chef du bureau des Renseignements de l’armée dans la banlieue sud de Beyrouth, le colonel Samir Hamadé. Les deux sont accusés par le Trésor américain d’avoir «partagé des renseignements importants avec le Hezbollah au cours du conflit en cours».
Les autres personnes visées sont les députés hezbollahis Hassan Fadlallah, Ibrahim Moussaoui, Hussein Hajj Hassan, ainsi que l’ancien ministre Mohammad Fneich, membre du conseil exécutif de la formation pro-iranienne et ancien député, l’ambassadeur accrédité par Téhéran à Beyrouth, Mohammad Reza Chibani, ainsi que Ahmad Assaad Baalbacki et Ali Ahmad Safaoui, tous deux des responsables de sécurité d’Amal.

L'armée libanaise a rejeté indirectement les accusations portées par Washington contre son officier, accusé d’aider le Hezb, en soulignant dans un communiqué que la loyauté de ses soldats va «uniquement à l'institution».
Tous les officiers et soldats «accomplissent leurs missions nationales (...) conformément aux décisions du commandement de l'armée», selon un communiqué de la Troupe qui a dit ne pas avoir été informée des sanctions «par les canaux de communication habituels» avec Washington.
L’Iran a dénoncé les sanctions contre son ambassadeur, les qualifiant d'«illégales».
Sur le terrain, au Liban, une frappe israélienne a fait six tués, dont deux secouristes et une fillette, dans le village de Deir Qanoune al-Nahr, dans la région de Tyr.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, quatre secouristes affiliés au Hezbollah ont été tués dans un raid sur Hanaouay, près de Tyr.
L’Otan et Trump
Par ailleurs, réunis en Suède, les ministres des Affaires étrangères des pays européens de l'Otan espéraient obtenir vendredi des éclaircissements de la part des États-Unis sur leur présence militaire en Europe, surtout après l’annonce faite par Donald Trump de déployer 5000 soldats américains en Pologne, alors qu’il envisageait d’atténuer la présence militaire américaine sur le Vieux continent.
Au cours de cette réunion, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a dit à ses alliés de l'Otan que les décisions américaines sur les déploiements de troupes en Europe annoncées ces dernières semaines par Donald Trump n'avaient rien de «punitives». «C’est simplement un processus continu qui existait auparavant», a-t-il affirmé, ajoutant qu'il faudra «répondre» aux «inquiétudes» de M. Trump sur le Moyen-Orient.
A Washington, la cheffe du renseignement américain Tulsi Gabbard a annoncé sa démission.
Celle qui a semblé être en désaccord avec le président Donald Trump à propos de la guerre en Iran,
dirige la Direction nationale du Renseignement (DNI), l'organisme qui chapeaute toutes les agences du renseignement, depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Tulsi Gabbard était donnée partante par les médias américains, semblant être en porte-à-faux avec Donald Trump.
Elle avait notamment refusé lors d'une audition parlementaire en mars de confirmer les propos du républicain selon lesquels l'Iran représentait une "menace imminente" avant les frappes américano-israéliennes qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient.
Elle est la quatrième femme à quitter le gouvernement Trump en trois mois, après la ministre de la Justice Pam Bondi, la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem et la ministre du Travail Lori Chavez-DeRemer.
Le 3 avril dernier, en pleine guerre en Iran, le Pentagone a annoncé le départ du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, un limogeage qui allonge la liste des hauts gradés évincé par l’administration Trump.