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L’Iran persiste et signe… son arrêt de mort?

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Par LevantTime .
Publié mai 18, 2026 - 21:09

L'Iran a répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient, a indiqué lundi son ministère des Affaires étrangères, ajoutant que les échanges se poursuivaient avec Washington "via le médiateur pakistanais".

L'Iran a réitéré lundi ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Le porte-parole a également insisté sur le versement de réparations pour la guerre, jugée "illégale et sans fondement".

Dimanche, des médias iraniens avaient dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre. Selon l'agence Fars, ils exigent que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Un pari risqué

Dans ce cadre, l'Iran a formalisé lundi la création d'un nouvel organisme, l'Autorité du détroit du Golfe Persique, pour la gestion de ce passage.

Les prérogatives exactes de cette nouvelle structure n'ont pas été dévoilées dans l'immédiat. Mais selon le journal spécialisé Lloyd's List, elle est "chargée d'approuver les transits de navires et de percevoir des droits de passage dans le détroit d'Ormuz".

En effet, la République islamique pense que le contrôle de ce goulet d’étranglement serait une arme magique pour faire plier les Etats-Unis. Les Gardiens de la Révolution ont même menacé lundi de faire payer l'utilisation des câbles sous-marins de fibre optique traversant le détroit d'Ormuz, relevant que toute perturbation sur ces équipements ferait perdre jusqu'à des "centaines de millions de dollars par jour" à l'économie mondiale.

Dans un message sur Telegram, l'armée idéologique de la République islamique a estimé qu'au nom de la "souveraineté absolue" de l'Iran sur ses eaux territoriales, le pays "pourrait déclarer que tous les câbles en fibre optique traversant la voie maritime sont soumis à des permis, une surveillance et des péages"…

Sans aucun doute, cette position radicale émane de l’aile dure du régime, à savoir, les Gardiens de la révolution. Mais cette posture risquée pourrait provoquer la reprise de la confrontation militaire.

Pour les Pasdarans et les durs du régime, ce n’est ni plus ni moins une guerre existentielle qu’ils cherchent à perdurer.

Alors que l’Iran a perdu de nombreux dirigeants, que ses infrastructures ont été gravement endommagées par les bombardements et que son économie est exsangue, la classe dirigeante refuse de capituler… et réclame même des concessions. 

Téhéran estime en effet que Donald Trump perdra patience face à la hausse des prix à la pompe, avant les élections de mi-mandat en novembre.

La quasi-paralysie du droit d’Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième de la production mondiale d'hydrocarbures, date depuis le début de la guerre le 28 février, à laquelle Washington a répliqué en imposant un blocus aux ports iraniens. Le blocage de cette voie de passage a fait flamber les cours du pétrole.

Mais ce que les dirigeants iraniens oublient, c’est que la conjoncture n'est pas idéale, puisque le peuple est très hostile à ce bras-de-fer, surtout après les vastes manifestations de janvier, réprimées dans le sang (près de 40 000 morts en deux jours, les 8 et 9 janvier), et à cause de l'impact de la guerre sur l'économie et les infrastructures.

Un triste record

C’est sur ce point que l’Iran a été épinglé dans le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi et qui affirme que le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé.

A elle seule, la République islamique représente 80% des exécutions recensées en 2025 par Amnesty. Quelque 2159 personnes y ont été exécutées par pendaison l’an dernier, contre 972 en 2024.

"Les autorités iraniennes ont intensifié leur recours à la peine de mort comme outil de répression et de contrôle politiques, alimentant une hausse sans précédent du nombre d'exécutions", note l'ONG dans son rapport.

Le recours aux exécutions a été particulièrement marqué après la guerre des 12 Jours qui a opposé l'Iran à Israël et aux Etats-Unis en juin: 654 exécutions avaient été comptabilisées avant ce conflit, contre 1505 entre juillet et décembre.

Les condamnations à mort et exécutions en Iran à la suite du mouvement de protestation dans le pays en janvier et le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février ne sont pas comptabilisés dans le rapport d'Amnesty. Mais selon des ONG établies dans certains pays européens, non moins de 600 adolescents et jeunes iraniens, dont de nombreux étudiants universitaires, ont été pendus depuis janvier dernier.

Sur le terrain…


Une frappe de drone a provoqué un incendie dimanche près de la centrale nucléaire de Barakah, dans l'ouest des Emirats arabes unis, sans faire de blessés ni provoquer de hausse de la radioactivité, les autorités dénonçant une "attaque terroriste".

Les systèmes de défense antiaérienne ont détecté "trois drones qui étaient entrés par la frontière occidentale", dont deux ont été interceptés avec succès, tandis que l'autre "a frappé un générateur électrique" près du site, selon le ministère émirati de la Défense.

Le ministère a dénoncé une attaque "terroriste", semblant suggérer une implication de l'Iran. L'attaque, "qu'elle ait été menée par l'auteur principal ou par un de ses agents, représente une escalade dangereuse", a-t-il estimé sur X.

Abou Dhabi a accusé à plusieurs reprises l'Iran d'avoir mené des frappes depuis le cessez-le-feu du 8 avril, qui a mis fin aux hostilités opposant la République islamique à Israël et aux Etats-Unis.

Par ailleurs, l’Arabie saoudite a indiqué lundi avoir intercepté trois drones au-dessus de son territoire, précisant qu’ils auraient été tirés à partir du territoire irakien. 

Notons dans ce cadre que le Qatar et le secrétaire général de l’Onu ont vivement stigmatisé le tir de drone contre le secteur de la centrale nucléaire de Barakah.

Au Liban…

Sur le front libanais, en dépit de l’entrée en vigueur (théorique) dimanche, à minuit, de la prolongation de la trêve entre Israël et le Hezbollah, pour une période de 45 jours, Israël a poursuivi lundi ses frappes contre des positions et des infrastructures du parti pro-iranien dans plusieurs localités du Liban-Sud et de la Békaa. Tsahal a appelé dans la journée à l'évacuation de trois localités dans les régions de Tyr et de Nabatiyé en prévision des bombardements.

Dimanche, une frappe israélienne près de Baalbeck, dans la localité de Douriss, a provoqué la mort du responsable du Jihad islamique dans la Békaa.

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