Logo Levant Time

Analyse

Salman Rushdie et la fin du phénomène Trump
Par
Yakzan Takki
Publié
juil. 18, 2026 - 04:46

Le recueil de Salman Rushdie, La Onzième Heure ( The Eleventh Hour ), n’est pas un roman au sens traditionnel du terme, mais un ensemble de cinq récits publié après la tentative d’assassinat dont l’écrivain a été victime en 2022. Il compte parmi ses œuvres les plus méditatives, explorant la vieillesse, la mort, l’identité et la liberté. La «onzième heure» n’est pas seulement une indication temporelle. Elle est un signe. Elle symbolise une civilisation qui se perçoit comme parvenue à l’instant de sa dernière épreuve: la montée des populismes, le recul des valeurs démocratiques, les violences dirigées contre la liberté d’expression et la crise identitaire qui traverse le monde globalisé. Ainsi, l’onzième heure devient la métaphore d’un moment civilisationnel, bien plus que d’une simple étape individuelle.

L'après-Nabih Berry
Par
Jad Akhawi
Publié
juil. 16, 2026 - 01:44

Depuis plus de trois décennies, la politique libanaise est étroitement associée au nom de Nabih Berry. Depuis son accession à la présidence de la Chambre des députés en 1992, Berry a survécu aux présidents de la République, aux chefs de gouvernement, aux guerres régionales, aux interventions internationales et à de profondes mutations géopolitiques. Il n’est plus seulement le président du pouvoir législatif. Il s’est imposé comme l’un des principaux architectes du Liban de l’après-Taëf et le chef politique incontesté du mouvement Amal. Mais toute longue trajectoire au pouvoir finit inévitablement par soulever la même question: que se passera-t-il après?

Comment l’Occident a choisi l’Ukraine (1/5)
Par
Jean-Patrick Dayras
Publié
juil. 15, 2026 - 16:17

La guerre d’Ukraine continue d’être au centre d’un vaste débat entretenu, entre autres, par des bombardements quasi quotidiens qui visent de part et d’autre des centres névralgiques et, plus spécifiquement, les capitales russe et ukrainienne. Afin de mieux comprendre les différentes dimensions de ce vieux conflit, il est nécessaire de revenir sur les prolégomènes et la genèse de ce qui a abouti à cette guerre (fratricide?), en exposant les motivations et les aspirations des différentes parties concernées, dont notamment l’Occident (Etats-Unis et Europe, élargie à tous les pays de l’Otan, à l’exception de la Turquie), et en rappelant aussi les débuts de l’offensive russe et les échecs des tentatives d’aboutir à une paix, ou tout au moins à des négociations, sachant que les responsabilités dans ce contexte sont multiples.

Le conflit de toutes les incohérences
Par
Michel Touma
Publié
juil. 11, 2026 - 23:46

Le long et interminable conflit suscité par les éternelles incartades du régime des mollahs iraniens restera sans doute dans l’Histoire comme étant le conflit des logorrhées verbales auxquelles se livrent les protagonistes pour induire un épais écran de fumée qui cache mal leurs déboires internes et, surtout, une déconcertante incohérence généralisée. Celle-ci se traduit quasi quotidiennement par des faits en déphasage total avec les propos belliqueux, profondément irrationnels, tenus de part et d’autre. Les dirigeants iraniens, à titre d’exemple, ont fait le choix de s’engager sur la voie de la conclusion d’un accord durable, à caractère stratégique, avec les Etats-Unis.

La guerre et l’amère connaissance de la géographie
Par
Mona Fayad
Publié
juil. 11, 2026 - 21:08

Dans la vie ordinaire, nous habitons ce que les anthropologues appellent le milieu : un espace chargé de mémoire et de relations, fait de la maison, de la place, de l’épicerie, de la mosquée ou de l’église, du chemin de l’école. En temps de guerre, le lieu se transforme en espace. Il devient un objet de mesure et de gestion: portée, angle de vision, ligne de ravitaillement. On passe alors du sens à la fonction, de l’habitation au calcul et au décompte. Comme si la terre était dépouillée de son histoire pour être réécrite dans une langue militaire. La guerre brise l’appartenance. Celle-ci se construit habituellement par la stabilité et la répétition des gestes quotidiens: le même chemin, les mêmes visages, les mêmes habitudes. Dès lors que le lieu devient menacé, le sentiment d’appartenance se mue en inquiétude: on demeure attaché à un endroit que l’on risque pourtant de devoir quitter à tout instant. Apparaît alors une forme d’«appartenance provisoire»: on aime ce lieu, mais on ne croit plus à la possibilité d’y rester. Ce paradoxe ouvre une fracture intérieure durable.

Quelle distance garder avec la Syrie?
Par
Youssef Mouawad
Publié
juil. 11, 2026 - 10:06

Pouvons-nous avoir avec la Syrie des rapports sereins, équilibrés et empreints de respect mutuel ? Difficile de le croire quand nos relations ont toujours été régies par l’hostilité, la suspicion et la menace mise à exécution. Tout au long de notre histoire commune, nulle avanie ne nous fut épargnée quel qu’ait été le régime en place à Damas. Donnons comme exemple ce qu’a vécu notre petit pays à partir d’août 1948, quand Khaled al-Azem*, président du conseil des ministres syrien, décida du « contrôle des importations et de l’embargo à destination du Liban ». L’image de cet homme d’État, dans la mémoire collective de la génération de nos pères, reste associée à la fermeture de la frontière syro-libanaise, décision motivée par des raisons politiques et protectionnistes.

Une nouvelle étape s’ouvre-t-elle au Moyen-Orient?
Par
Jad Akhawi
Publié
juil. 11, 2026 - 01:05

Dans les grandes périodes de transformation, les États ne sont pas toujours à l’origine des événements. Il leur arrive toutefois de se trouver dans une position qui leur permet de redéfinir leur rôle. Le Liban, qui a longtemps servi de théâtre aux rivalités des puissances régionales et internationales, se trouve peut-être aujourd’hui face à une occasion rare de passer du statut de pays affecté par les crises à celui d’acteur capable de contribuer à façonner une nouvelle étape régionale. Cette perspective s’inscrit dans un contexte de profondes mutations au Moyen-Orient, où les puissances internationales et régionales réévaluent leurs priorités après des années de conflits ouverts. L’une des principales interrogations est désormais la suivante: les difficultés rencontrées par le processus d’entente entre les États-Unis et l’Iran pourraient-elles conduire à une redéfinition des priorités, au point de faire du renforcement de l’État libanais un élément d’une approche régionale plus large?

Macron, à Damas, consacre la réhabilitation de la Syrie post-Assad
Par
Michel Touma
Publié
juil. 8, 2026 - 01:03

La visite que le président Emmanuel Macron a entamée lundi soir à Damas, en compagnie d’une importante délégation ministérielle et de chefs des grandes entreprises françaises, a revêtu dans le contexte présent une importance particulière qui se situe bien au-delà de la dimension classique des visites officielles de routine; mais elle a été toutefois entachée d’un développement sécuritaire grave… Au plan politique, les entretiens de M. Macron avec le président syrien Ahmed el-Chareh ont consacré le retour de la Syrie post-Assad au sein de la communauté internationale. Un come-back aussi bien politique qu’économique.

250 ans d’attachement du monde à l’idée américaine
Par
Yakzan Takki
Publié
juil. 7, 2026 - 20:04

En l’espace de deux siècles et demi, les États-Unis ont accompli ce qu’aucune autre puissance n’a réalisé dans l’histoire moderne. D’une colonie périphérique aux confins de l’Empire britannique, ils sont devenus la première puissance économique, militaire et culturelle du monde. Des grandes plaines du Midwest et de leurs champs de blé et de maïs jusqu’à l’industrie automobile, à l’ordinateur personnel, à Internet, à Hollywood, à la télévision, au jazz, au rock, aux arts contemporains, aux réseaux sociaux, à la restauration rapide ou encore au jean, s’est progressivement constitué un modèle civilisationnel qui a fait de « l’idée américaine » un modèle auquel le monde s’est rallié pendant deux cent cinquante ans.

Hezbollah, où est ta victoire? Où est ton aiguillon?
Par
Youssef Mouawad
Publié
juil. 4, 2026 - 13:17

Nada Hamadé Mouawad, comment faites-vous pour être si peu appréciée du côté de chez Naïm Kassem, à Dahiyeh comme ailleurs? Ignoriez-vous que votre paraphe apposé à Washington en date du 26 juin dernier allait susciter des manifs en plusieurs points du territoire? À telle enseigne que notre armée allait devoir intervenir de nuit pour rétablir l’ordre sur la route conduisant à l’aéroport international. Tout cela parce que vous avez fait votre devoir de patriote qui consiste à déloger, par les voies diplomatiques, les forces de Tsahal des régions Sud qu’elles occupent. Dieu que c’est criminel de nier l’évidence! Ce n’est pas la résistance armée qui peut libérer le Jabal Amel mais plutôt les négociations et les pourparlers sous la férule américaine.