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Analyse

Le pape Léon XIV et la leçon de l'histoire
By
Yakzan Takki
Published
mai 9, 2026 - 14:39

Près d'un an après son accession au siège apostolique du Vatican, le pape Léon XIV a rencontré le secrétaire d'État américain Marco Rubio lors de la première entrevue le réunissant à un haut responsable de l'administration du président Donald Trump, dans une atmosphère de tensions croissantes qu'alimentaient les déclarations réciproques sur la guerre contre l'Iran et les politiques migratoires. Le premier pape américain de l'histoire de l'Église catholique a manifesté des positions fermes et classiques de l'Église dans la promotion des valeurs de paix et de dialogue, et a dû faire face aux critiques du président Trump, qui affirmait qu'il « exposait l'Église, les catholiques et les populations au danger », estimant que les prises de position du pape laissaient entendre qu'il « ne voyait aucun inconvénient à ce que l'Iran se dote d'armes nucléaires ». Léon s'est empressé de démentir ces accusations, réaffirmant le refus de l'Église à l'égard des armes nucléaires et qualifiant les déclarations de Trump d'« inexactes ».

«Nous voulons vous déraciner»
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Mona Fayad
Published
mai 8, 2026 - 12:13

Lorsque je me rendais au Canada, la propagande israélienne qui faisait du falafel, du taboulé et du houmous un patrimoine traditionnel juif et israélien m'exaspérait. C'était là une appropriation de traditions culinaires propres au Bilad al-Cham depuis des siècles, et non pas seulement une usurpation patrimoniale : une confiscation d'identité et de mémoire. Aucun peuple dans l'histoire n'a autant investi dans la mémoire que les Juifs à la suite de l'Holocauste. Ils ont construit l'un des systèmes de préservation mémorielle les plus puissants au monde, faisant de la mémoire un dispositif total : matériel, pédagogique et juridique, conçu pour être ineffaçable. Ils ont consigné les effets personnels dans des musées, où ont été rassemblés des milliers d'objets ayant appartenu aux victimes : les chaussures, les bagages sur lesquels étaient inscrits les noms de leurs propriétaires, les lunettes, les cheveux tondus aux prisonniers, les vêtements et les menus objets du quotidien (peignes, montres, bagues) ; afin d'attester que les victimes étaient des individus réels, et non de simples chiffres.

Liban: l’État anomique
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Jamil Kamel Mroué
Published
mai 7, 2026 - 16:27

Les analyses traditionnelles du Liban ont constamment recours au « paradigme confessionnel », qui envisage l’État comme un équilibre fragile entre factions religieuses. Cette grille de lecture ne parvient cependant pas à rendre compte de la désintégration systémique actuelle, laquelle transcende les frontières communautaires. En appliquant le paradigme durkheimien de l’Anomie, ce document soutient que la crise libanaise se caractérise non par des frictions confessionnelles, mais par un état profond d’« anomie » — de dèrèglementation de la vie sociale. Dans cette perspective, le confessionnalisme n’est pas la cause première de l’effondrement, mais un mécanisme de survie résiduel qui affleure dans le vide laissé par un contrat social brisé.

Le pouvoir législatif : effectivité et indépendance
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Yakzan Takki
Published
mai 2, 2026 - 11:29

La loi constitutionnelle promulguée le 21 septembre 1990 a enrichi le préambule de la Constitution libanaise de dispositions fondamentales stipulant que le Liban est une patrie libre et indépendante, la patrie définitive de tous ses fils, unie dans ses frontières reconnues sur le plan international en sa terre, son peuple et ses institutions, et que son identité et son appartenance sont arabes. L'alinéa (c) dispose quant à lui que le Liban est une République démocratique parlementaire. C'est à partir de ce point précis qu'il convient d'éclairer l'effectivité du régime parlementaire instauré après l'accord de Taëf, un régime qui a pourtant démontré son incapacité à édifier l'État et ses institutions, et dont on est fondé à se demander s'il représente fidèlement le peuple qui l'a élu à plusieurs reprises. Ce domaine acquiert une importance croissante et s'impose désormais comme une mission vitale, intensive et de longue haleine, au fil d'une succession de développements tragiques faits de guerres et de crises politiques maintes fois confirmées. Le concept de parlementarisme n'a jamais été jugé incompatible avec la diplomatie, qui est par nature une fonction régalienne vouée à traiter des crises politiques, économiques et sociales sans que la situation libanaise ne s'y améliore pour autant.

Mali : anatomie d'un conflit
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LevantTime .
Published
avr. 30, 2026 - 13:50

Le Mali traverse depuis 2012 une crise multidimensionnelle dont les racines ne sont pas sans plonger dans l’effondrement libyen, qui a déversé sur le Sahel des flux d’armes et de combattants, transformant durablement l’équilibre sécuritaire de toute la région. Cette année-là, des rebelles touareg avaient proclamé l’indépendance du nord du pays avant d’être rapidement supplantés par leurs alliés islamistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique. La France était ensuite intervenue militairement en 2013 pour contenir l’avancée jihadiste, sans jamais parvenir à l’éradiquer. La décennie suivante a été, pour le Mali, celle de la dégradation continue. Les accords de paix signés à Alger en 2015 entre Bamako et les mouvements armés du Nord n’ont jamais été pleinement appliqués. Le terrorisme s’est étendu, partant, vers le centre et le sud du pays et les violences intercommunautaires se sont intensifiées. En 2020 puis en 2021, deux coups d’État successifs ont porté au pouvoir le colonel Assimi Goïta, dont la junte militaire s’est donnée le nom de « Transition » (en attendant un retour à l’ordre constitutionnel)… mais, provisoire qui dure oblige, ladite « transition » s’évertue depuis cinq ans sans horizon électoral crédible.

La défaite de Viktor Orbán: un tournant historique pour la Hongrie et l'Europe

La victoire de Peter Magyar et de son parti « Tisza » marque un tournant historique dans le paysage politique hongrois, mettant fin à seize années de règne de Viktor Orbán et de son parti Fidesz. Ces élections ont été qualifiées de plus importantes depuis des décennies, non seulement en raison d'une participation record, mais aussi parce que le résultat a assuré à l'opposition une majorité des deux tiers au Parlement. Celle-ci lui donne le pouvoir de réformer la Constitution et d'annuler les politiques illibérales mises en place par Orbán durant son mandat. Le futur Premier ministre a promis de rétablir la liberté de la presse et de réformer les médias d'État, une initiative visant à démanteler le système de contrôle de l'information sur lequel s'appuyait le régime précédent.

Le Liban au bord du gouffre: plaidoyer pour une force internationale
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Sami Nader
Published
avr. 22, 2026 - 15:39

La ligne jaune tracée sur le sol libanais méridional n'est pas une simple démarcation militaire. C'est un avertissement de l'histoire. Israël a établi une zone militaire s'étendant sur environ dix kilomètres au nord de la frontière, à l'intérieur du Liban-Sud. Le Premier ministre israélien a exprimé sa position sans équivoque: «Il s'agit d'une bande de sécurité de dix kilomètres de profondeur, bien plus solide, plus intense, plus continue et plus dense que ce que nous avions auparavant. C'est là où nous sommes et nous ne partons pas.» [1] Le vocabulaire est familier. Des analystes ont décrit ce qui se déroule sous nos yeux comme la «gazafication» du Liban-Sud — le ministre israélien de la Défense Israël Katz ayant ordonné à l'armée de démolir les villages frontaliers libanais selon les modèles de Beit Hanoun et de Rafah. [2] Nous savons à quoi ressemblent ces modèles. Il ne reste rien.

Comment l'État s'est mué en intermédiaire…
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Rabih Dandachli
Published
avr. 21, 2026 - 20:24

L'accès à l'État au Liban n'emprunte plus le chemin direct qu'il devrait logiquement prendre dans tout système politique moderne. Le rapport qui devrait reposer sur des droits clairement définis et des obligations mutuellement consenties s'est mué progressivement en un réseau complexe de voies informelles, où le citoyen ne traite plus directement avec l'État, mais avec celui qui lui en «ouvre l'accès». Mais la mutation ne s'est pas arrêtée là, puisque l'intermédiation a cessé d'être un simple pont jeté entre le citoyen et l'État pour devenir, dans bien des cas, un substitut intégral à celui-ci, à travers l'édification de dispositifs parallèles qui reproduisent l'État en dehors de lui.

Naissance d’une décision d’État ou surenchère sans moyens?
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Jad Akhawi
Published
avr. 18, 2026 - 14:15

Prononcé à un moment critique, après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu avec Israël, le discours du président de la République libanaise, le général Joseph Aoun, compte sans doute parmi les plus clairs au niveau du ton utilisé, et des plus ambitieux sur le plan des aspirations politiques exprimées. Ni discours d’apaisement ordinaire ni communiqué de remerciements protocolaire, il s’approchait plutôt d’une déclaration d’intentions à grande portée: redéfinir la position du Liban, recouvrer la décision de l’État, et s’engager dans un processus de négociation supposément différent de tout ce qui a précédé.

Viktor Orbán, chantre de l’europhobie et champion de la corruption
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Roger Barake
Published
avr. 16, 2026 - 16:23

Régnant sans partage sur la Hongrie depuis 2010, le Premier ministre Viktor Orbán vient de perdre les élections, emporté par la lassitude des Hongrois face à la corruption et aux atteintes à l’État de droit. Âgé de 62 ans, il s’était imposé sur la scène internationale à travers ses affrontements répétés avec Bruxelles et ses relations assumées avec les présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine. Orbán choquait également par sa complaisance envers la fachosphère et la nébuleuse autocratique européennes et mondiales. Viktor Orbán reçu par Tony Blair au 10, Downing street en janvier 2002, un an avant la fâcheuse invasion de l’Irak basée sur des arguments fallacieux. Selon Voltaire, «La politique est l'art de mentir à propos». (Gerry Penny/AFP)