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Analyse

Accord-cadre: quand l'Iran déplace la pression vers le Liban
Par
Mona Fayad
Publié
juil. 3, 2026 - 17:33

Un chercheur en biophysique écrivait ceci: «Je ne lis pas les rapports de force à travers la seule politique ; je les lis aussi à travers la matière. Au laboratoire, nous apprenons une vérité que chacun connaît dans sa vie quotidienne: la pression n’agit pas de la même manière sur tous les corps. Exercez une pression sur du verre, il peut se briser. Exercez-la sur du caoutchouc, il se déforme. Exercez-la sur un tissu vivant, il peut absorber cette pression, s’y adapter et se réparer. Une même force peut détruire une structure ou, au contraire, en renforcer une autre. La différence ne tient pas uniquement à l’intensité de la pression, mais à la structure interne qui la reçoit.»

Les dissensions iraniennes inhibent le dialogue avec les USA
Par
Michel Touma
Publié
juil. 2, 2026 - 00:29

Au fur et à mesure que se décantent progressivement, et timidement, les contours, et peut-être aussi les non-dits, de l’accord-cadre conclu entre Washington et la République islamique d’Iran, deux paramètres fondamentaux, que l’on pourrait qualifier de «périphériques» au processus politique global en cours, émergent de façon de plus en plus explicite: d’une part, les dissensions iraniennes au sein du pouvoir et les fissures qui apparaissent désormais publiquement au niveau de l’ossature du régime; et d’autre part, la mise en place progressive par les Etats-Unis, avec patience et minutie, de ce qui paraît être un nouvel ordre politico-militaro-sécuritaire dans la région, ayant pour effet de rogner les ailes du régime des mollahs et de réduire son influence extraterritoriale à sa plus simple expression.

Chronologie des trêves après la guerre des 40 jours en Iran
Par
Khalil Helou
Publié
juil. 1, 2026 - 17:06

Après quarante jours de guerre entre les États‑Unis et Israël, d’une part, et l’Iran, de l’autre, et simultanément entre Israël et le Hezbollah au Liban, le 8 avril 2026 un premier accord‑cadre de cessez‑le‑feu entre Washington et Téhéran est entré en vigueur. Quelques heures plus tard, une série d'opérations aériennes israéliennes massives ont touché plus de trente positions du Hezbollah au Liban en l’espace de dix minutes, faisant plus de 300 tués et 1 150 blessés, des frappes parmi les plus meurtrières du conflit, l’aviation israélienne ayant largué précisément 160 bombes. L’accord américano‑iranien, initialement prévu pour quinze jours et n’incluant pas le Liban, fut prolongé pour une durée indéterminée le 21 avril. Il prévoyait, en plus de l’arrêt des hostilités entre les deux parties, la réouverture du détroit d’Ormuz et l’amorce de pourparlers diplomatiques.

De la guerre à l’État
Par
Yakzan Takki
Publié
juin 30, 2026 - 19:31

L’importance de l’accord-cadre proposé entre le Liban et Israël ne tient pas uniquement au fait qu’il vise à mettre un terme à une confrontation militaire. Elle réside surtout dans le profond changement qu’il traduit dans la nature même des accords conclus à l’issue des guerres. Ce document ne ressemble ni aux accords traditionnels de cessez-le-feu ni aux textes qui se limitent à régler les lignes de contact ou les modalités de retrait. Il pose les fondements d’un nouveau modèle de règlement des conflits, où la construction de l’État devient une composante du processus de paix et où la souveraineté acquiert une conception renouvelée, plus complexe que la simple protection des frontières.

L’accord libano-israélien: le pouvoir reprend la main…
Par
Michel Touma
Publié
juin 28, 2026 - 00:48

L’acte diplomatique du 26 juin, à Washington, reflète en soi, indéniablement, et quelle que soit la suite des événements, un grand courage politique, côté libanais. La teneur de l’accord-cadre signé par le Liban et Israël au terme de cinq rounds et deux mois de négociations directes menées à Washington, sous la supervision du Secrétaire d’Etat Marco Rubio, revêt un caractère historique, dans toute l’acception du terme. Les termes de ce document constituent en effet un véritable «turning point» dans l’évolution de la profonde crise existentielle qui n’en finit pas de saper les fondements mêmes du pays, de son système politique, de sa stabilité et sa prospérité depuis des décennies.

USA-Iran: les précédents ultimatums de Trump (2/2)
Par
Khalil Helou
Publié
juin 26, 2026 - 12:06

Il faut replacer la feuille de route américano-iranienne de 60 jours dans la perspective des cycles d’ultimatums qui rythment la stratégie moyen-orientale du président Donald Trump dont la méthode repose sur une alternance entre la menace d’une destruction totale et la mise en œuvre d’une diplomatie purement transactionnelle. En avril 2025, un premier ultimatum unilatéral de soixante jours intimant à Téhéran l’ordre de démanteler son programme nucléaire s’était soldé par un refus catégorique du Guide suprême Ali Khamenei, déclenchant les frappes massives de juin 2025 par les B2 américains contre les sites nucléaires iraniens.

 USA-Iran: une feuille de route sous contrainte de temps (1/2)
Par
Khalil Helou
Publié
juin 24, 2026 - 22:10

Après 48 heures chaotiques, ponctuées de menaces de rupture, la première session de haut niveau entre les délégations américaine et iranienne s’est achevée sous la double médiation du Qatar et du Pakistan. Le protocole signé à Versailles le 17 juin apparaissait jusque-là comme une trêve fragile; il est désormais transformé en véritable exercice diplomatique après la validation formelle d’une feuille de route de 60 jours. Celle-ci devrait déboucher soit sur un accord final, à l’image des arrangements qui structurent le Moyen-Orient depuis 1948, soit sur une nouvelle crise ouverte. Les risques politiques et militaires entre les deux parties demeurent entiers, dans une période hypercompressée.

Le discours de la victoire et le commerce des illusions
Par
Mona Fayad
Publié
juin 22, 2026 - 16:37

Un citoyen du Sud a ainsi commenté le retour des déplacés: «Si vous revenez… revenez dans un silence digne de ce qui s’est passé, et non dans un vacarme qui blesse ce qui reste de vie. Ne levez pas les signes de la victoire sur une terre dont les larmes n’ont pas encore séché, et n’agitez pas les drapeaux là où la poussière continue de masquer les traits de visages qui n’ont pas encore été retirés des décombres. Revenez… mais ôtez de vos épaules l’arrogance des slogans, car ici, il ne s’agit pas de tribunes de célébration, mais de tombes ouvertes…» Si l’on suit les déclarations de Naïm Kassem, qui apparaît désormais plus d’une fois par semaine, il aurait remporté la victoire, vaincu Israël et libéré le Liban. Il s’autorise donc à accuser le président de la République et le Premier ministre de trahison et de collaboration, et à réclamer la chute d’un gouvernement dont il refuse pourtant de retirer ses propres représentants.

L'ingénierie sémiotique du pouvoir
Par
Yakzan Takki
Publié
juin 21, 2026 - 17:27

Le discours politique contemporain ne se mesure plus seulement à l'aulne de ce que dit le dirigeant, mais à ce que ses mots, ses mouvements et ses images produisent comme significations et comme symboles. De ce point de vue, la performance du président américain Donald Trump constitue l'un des modèles sémiotiques les plus marquants de la politique contemporaine, où le langage, le corps et l'image se transforment en outils intégrés pour la production du pouvoir et de l'influence. Le discours politique de Donald Trump représente un cas exceptionnel dans la littérature politique contemporaine, en raison de ses caractéristiques linguistiques et sémiotiques qui en ont fait un objet d'étude pour les sciences politiques, les sciences de la communication et la psychologie politique.

Un protocole d’entente ou une guerre en pause?
Par
Khalil Helou
Publié
juin 19, 2026 - 17:11

Alors que l’Iran est pratiquement en ruines, le protocole d’entente entre Washington et Téhéran signé le 17 juin courant laisse un vent d’incertitude souffler sur le Moyen-Orient. Tant que le régime iranien est encore en place et tant que ses proxys régionaux survivent, même affaiblis, la dynamique prévisible ne sera nullement différente de celle qui a prévalu dans la région depuis la révolution islamique de 1979 à Téhéran. L’Iran continuerait ainsi à user d’un amalgame d’idéologie et de pragmatisme pour assurer sa survie, d’abord, puis pour se réaffirmer au plan régional tout en maintenant les tensions.