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Analyse

Guerre en Ukraine: fautes stratégiques russes et maladresse occidentale (3/5)
Par
Jean-Patrick Dayras
Publié
juil. 24, 2026 - 20:59

La guerre d’Ukraine continue d’être au centre d’un vaste débat entretenu, entre autres, par des bombardements quasi quotidiens qui visent de part et d’autre des centres névralgiques et, plus spécifiquement, les capitales russe et ukrainienne. Afin de mieux comprendre les différentes dimensions de ce vieux conflit, il est nécessaire de revenir sur les prolégomènes et la genèse de ce qui a abouti à cette guerre (fratricide?), en exposant les motivations et les aspirations des différentes parties concernées, dont notamment l’Occident (États-Unis et Europe, élargie à tous les pays de l’Otan, à l’exception de la Turquie), et en rappelant aussi les débuts de l’offensive russe et les échecs des tentatives d’aboutir à une paix, ou tout au moins à des négociations, sachant que les responsabilités dans ce contexte sont multiples.

Le sommet de Washington: entre espoirs et illusions
Par
Khalil Helou
Publié
juil. 23, 2026 - 23:37

La scène était impeccablement chorégraphiée dans le Bureau ovale ce mardi 21 juillet 2026. D’un côté, Donald Trump, promettant une aide militaire et offrant une fenêtre économique spectaculaire en levant un embargo aérien vieux de quarante ans. De l’autre, le président libanais Joseph Aoun, brandissant un document officiel présenté comme la feuille de route définitive pour désarmer le Hezbollah. Pour les observateurs occidentaux, le troc a une apparence parfaite: l’extension de la souveraineté de l’État libanais en échange d’un parrainage américain pour chasser définitivement l’influence iranienne du Levant.

La restauration de l'État libanais
Par
Jacques Mechelany
Publié
juil. 23, 2026 - 17:38

Pour la première fois depuis 2009, un président libanais a franchi cette semaine les portes de la Maison-Blanche non pas en solliciteur venu quémander qu'on se souvienne de lui, mais en dépositaire d'un plan. Mardi, le président Joseph Aoun s'est assis face à Donald Trump et lui a remis une proposition écrite: une feuille de route pour démanteler l'arsenal du Hezbollah, regrouper toutes les armes du pays sous l'autorité exclusive de l'État libanais et, en contrepartie, obtenir un retrait israélien du territoire que l'armée israélienne occupe encore dans le sud. Trump, de son côté, a adopté un ton presque paternel. «Nous nous sentons très bien à l'égard du Liban», a-t-il déclaré aux journalistes, ajoutant que le pays avait été «très mal traité» et méritait d'être «traité avec le respect qui lui est dû». Il a reconnu, dans la même phrase, qu'«il y a un problème Hezbollah» — comme s'il diagnostiquait, en une seule formule, à la fois la tragédie du Liban et sa chance.

 Liban: le Hezb dans une phase de non-retour?
Par
Jad Akhawi
Publié
juil. 23, 2026 - 03:12

Depuis la fin de la guerre de juillet 2006, Libanais et observateurs avaient pris l’habitude de mesurer la puissance du Hezbollah au nombre de missiles qu’il possédait, à l’ampleur de son arsenal ou à sa capacité de menacer Israël. Mais les évolutions actuelles imposent un tout autre critère. La question n’est plus de savoir quelles armes lui restent, mais s’il est encore capable de reconstituer la puissance qu’il a bâtie au cours de plus de quatre décennies. C’est précisément là que se situe l’enjeu de la période actuelle. À la suite de la rencontre entre le président de la République, le général Joseph Aoun, et le président américain Donald Trump, de l’intense activité diplomatique américaine qui l’a précédée et suivie, du processus de négociation engagé à Rome, ainsi que des discussions croissantes sur l’extension du déploiement de l’armée libanaise et sur le lien établi entre la reconstruction et le rétablissement, par l’État, de son autorité en matière de sécurité, il apparaît que l’approche internationale ne vise plus uniquement le désarmement du Hezbollah, qu’il soit obtenu par une décision politique ou par une opération militaire. Elle cherche désormais à rendre la reconstitution de sa puissance militaire de plus en plus difficile, voire impossible.

Vers la neutralisation de la carte iranienne des Houthis
Par
Michel Touma
Publié
juil. 23, 2026 - 00:35

La République islamique iranienne est soumise chaque nuit depuis plus de onze jours consécutifs à des attaques et des raids américains intensifs qui visent des positions et des infrastructures militaires ainsi que des voies de communication des Gardiens de la révolution dans plusieurs zones iraniennes. Dans le même temps, le blocus maritime imposé par l’armée US aux ports iraniens étouffe drastiquement l’économie du pays, déjà dans une phase particulièrement critique. Et cerise sur le gâteau, le régime semble être en proie à de profondes dissensions internes qui menacent sa pérennité. Face à une telle situation à caractère entropique, dans laquelle il s’est lui-même embourbé du fait de sa politique expansionniste et hégémonique qui ne connaissait pas de limite, le pouvoir en place à Téhéran s’emploie aujourd’hui à «exporter» le conflit, à l’étendre à l’ensemble de la région (en évitant soigneusement Israël), tout en cherchant à exploiter au maximum une carte qu’il manipule par des moyens typiquement miliciens et mafieux: celle du chantage à la paralysie des voies maritimes internationales, menaçant de ce fait dans une large mesure l’économie mondiale. Cette stratégie d’exportation de ses problèmes se traduit par des attaques aux drones et aux missiles non seulement contre les pays du Golfe, comme c’est le cas depuis le début du conflit en juin 2025, mais aussi, de plus en plus, contre la Jordanie, l’Irak (avec pour cible l’opposition iranienne) et même, tout récemment, la Syrie.

Avant la paix… quel est le plan du Liban?
Par
Houssam El-Eid
Publié
juil. 22, 2026 - 00:41

Mettons de côté, ne serait-ce qu’un instant, les objections suscitées par l’accord-cadre, les clivages politiques qu’il a provoqués et les positions divergentes qu’il a fait naître. Posons plutôt une autre question, peut-être plus importante encore que l’accord lui-même, parce qu’elle concerne ce qui viendra après. Si l’on admet que le Liban s’achemine, tôt ou tard, vers la fin de l’état de guerre avec son environnement régional, et que la région évolue progressivement vers une nouvelle phase des relations entre les États, l’État libanais dispose-t-il d’une vision claire de ce qu’il attend de cette nouvelle étape? Quelqu’un a-t-il seulement commencé à réfléchir à la place économique et politique que le Liban pourrait occuper si l’environnement régional dans lequel il évolue depuis des décennies venait à se transformer?

La visite de Aoun à Washington, pilier de l’orientation souverainiste du pouvoir

La visite officielle du président Joseph Aoun à Washington et, plus spécifiquement, la réunion prévue à la Maison Blanche avec le président Donald Trump, ce mardi 21 juillet, pourraient – ou, plutôt, devraient – donner un sérieux coup d’accélérateur à la nette orientation souverainiste prise par le pouvoir. Une telle orientation – rejoignant le slogan du 14 Mars «Liban d’abord» – s’est surtout manifestée ouvertement, sans tergiversation, depuis le 2 mars dernier, lorsque le Hezbollah a entraîné le pays, de manière unilatérale (en dépit des mises en garde du pouvoir), dans une nouvelle guerre stérile dans le seul but de soutenir le régime iranien et de, prétendument, «venger» la mort du Guide suprême Ali Khamenei, tué aux premières heures de l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, le 28 février dernier.

Entre le zéro et le un
Par
Mona Fayad
Publié
juil. 20, 2026 - 16:07

Dans le texte du catalogue de l’exposition de Hady Sy, son projet est présenté comme une quête d’«une voie de coexistence» entre l’intelligence organique et l’intelligence technologique, entre la mémoire et le calcul, entre la main et l’algorithme. Ces univers n’y sont pas placés dans un rapport d’affrontement, mais dans la perspective d’une rencontre fondée sur un principe éthique, où la technologie demeure au service de l’être humain et de sa dignité. Pourtant, les œuvres elles-mêmes, telles qu’elles se déploient dans l’espace d’exposition, semblent moins confiantes dans cet équilibre. Elles n’en nient pas la possibilité, mais en révèlent simultanément la fragilité.

Guerre en Ukraine: l’échec des premiers efforts de paix 2/5
Par
Jean-Patrick Dayras
Publié
juil. 19, 2026 - 18:46

La guerre d’Ukraine continue d’être au centre d’un vaste débat entretenu, entre autres, par des bombardements quasi quotidiens qui visent de part et d’autre des centres névralgiques et, plus spécifiquement, les capitales russe et ukrainienne. Afin de mieux comprendre les différentes dimensions de ce vieux conflit, il est nécessaire de revenir sur les prolégomènes et la genèse de ce qui a abouti à cette guerre (fratricide?), en exposant les motivations et les aspirations des différentes parties concernées, dont notamment l’Occident (États-Unis et Europe, élargie à tous les pays de l’Otan, à l’exception de la Turquie), et en rappelant aussi les débuts de l’offensive russe et les échecs des tentatives d’aboutir à une paix, ou tout au moins à des négociations, sachant que les responsabilités dans ce contexte sont multiples.

Les «zones pilotes»: sabotage géopolitique au Liban-Sud
Par
Khalil Helou
Publié
juil. 18, 2026 - 22:56

L'accord-cadre trilatéral, négocié sous l'égide des États-Unis et signé à Washington, a introduit un mécanisme ambitieux pour démilitariser le Liban-Sud: la création de «zones pilotes». La phase initiale de ce projet englobe six villages clés répartis de part et d'autre du fleuve Litani, à savoir Zawtar al-Gharbiyah au nord du fleuve, et Froun, Ghandouriyeh, Qalaouiyeh, Burj Qalaouiyeh en son sud. Selon cette structure, l’Armée Libanaise a pour mission de se déployer, d'établir un contrôle total et de veiller à ce que ces zones soient entièrement purgées des armes miliciennes. En contrepartie, les Forces d’occupation israéliennes doivent opérer un retrait progressif.