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Youssef Mouawad

Youssef Mouawad

Au Liban, une emprise remplace l’autre!
Par
Youssef Mouawad
Publié
août 1, 2026 - 15:16

C’est à croire que le Liban n’a vécu qu’au gré des capitales étrangères: il y eut l’heure égyptienne sous Nasser, l’heure palestinienne sous l’OLP, l’heure syrienne sous la dynastie républicaine des Assad, et bien entendu l’heure iranienne quand le Hezbollah s’était saisi des commandes par personnes interposées. Cela est d’autant plus spécifique de la réalité libanaise qu’à chaque fois que l’influence d’un régime arabe ou autre venait à se diluer ou s’effacer, celle d’un autre régime la remplaçait. Comme si cela allait de soi, la nature ayant horreur du vide et nos hommes politiques ne voulant pas renoncer à la servitude.

À Ormuz, diplomatie coercitive et «madman theory»!
Par
Youssef Mouawad
Publié
juil. 25, 2026 - 01:14

Tenez-vous bien! En bombardant l’Iran pour la énième nuit consécutive, les États-Unis n’auraient cherché qu’à communiquer avec Téhéran. Chaque frappe d’un objectif militaire ou civil comme chaque destruction de radar, de rampe de lancement ou de raffinerie d’hydrocarbure ne devrait compter que comme message à l’adversaire. Ce ne serait qu’un appel du pied pour reprendre ou poursuivre les pourparlers à certaines conditions! C’est ce qu’aurait prétendu Thomas Schelling, lauréat du prix Nobel d’économie en 2005. À son idée, c’est surtout quand le canon tonne ou que le feu tombe du ciel que les belligérants échangent des messages et communiquent entre eux, la guerre n’étant qu’une forme de négociation menée par d’autres moyens.

Aurions-nous trahi notre pays le 26 juin dernier ? *
Par
Youssef Mouawad
Publié
juil. 18, 2026 - 13:57

Quand on a reculé devant le feu ennemi, quand l’adversaire a assailli nos villes, rasé tant d’agglomérations et chassé nos compatriotes de leurs foyers, quand il a prouvé qu’il est en mesure d’avancer encore et encore jusqu’à cerner notre capitale et par-dessus tout quand, de guerre lasse, les boutefeux ont imploré un cessez-le-feu, il va de soi qu’à la table des négociations on ne fasse pas la fine bouche et qu’on doive transiger sur certains principes comme la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale! La France défaite dut céder en 1871 l’Alsace-Lorraine à l’empire du Kaiser; et de même l’Allemagne fut tenue, à la signature du traité de Versailles en 1919, d’accepter, entre autres mesures dégradantes, de démilitariser la Rhénanie et réduire les effectifs de son armée à cent mille hommes!

Quelle distance garder avec la Syrie?
Par
Youssef Mouawad
Publié
juil. 11, 2026 - 10:06

Pouvons-nous avoir avec la Syrie des rapports sereins, équilibrés et empreints de respect mutuel ? Difficile de le croire quand nos relations ont toujours été régies par l’hostilité, la suspicion et la menace mise à exécution. Tout au long de notre histoire commune, nulle avanie ne nous fut épargnée quel qu’ait été le régime en place à Damas. Donnons comme exemple ce qu’a vécu notre petit pays à partir d’août 1948, quand Khaled al-Azem*, président du conseil des ministres syrien, décida du « contrôle des importations et de l’embargo à destination du Liban ». L’image de cet homme d’État, dans la mémoire collective de la génération de nos pères, reste associée à la fermeture de la frontière syro-libanaise, décision motivée par des raisons politiques et protectionnistes.

Hezbollah, où est ta victoire? Où est ton aiguillon?
Par
Youssef Mouawad
Publié
juil. 4, 2026 - 13:17

Nada Hamadé Mouawad, comment faites-vous pour être si peu appréciée du côté de chez Naïm Kassem, à Dahiyeh comme ailleurs? Ignoriez-vous que votre paraphe apposé à Washington en date du 26 juin dernier allait susciter des manifs en plusieurs points du territoire? À telle enseigne que notre armée allait devoir intervenir de nuit pour rétablir l’ordre sur la route conduisant à l’aéroport international. Tout cela parce que vous avez fait votre devoir de patriote qui consiste à déloger, par les voies diplomatiques, les forces de Tsahal des régions Sud qu’elles occupent. Dieu que c’est criminel de nier l’évidence! Ce n’est pas la résistance armée qui peut libérer le Jabal Amel mais plutôt les négociations et les pourparlers sous la férule américaine.

Qui a gagné? Qui a perdu? On n'en sait rien, on ne sait plus!
Par
Youssef Mouawad
Publié
juin 27, 2026 - 13:24

Au lendemain de la funeste guerre de juin 1967, la guerre dite des Six jours, les pays arabes devaient faire un constat amer: l’Égypte avait perdu la bande de Gaza et le Sinaï, le Royaume hachémite avait été délesté de Jérusalem et de la Cisjordanie, alors que la Syrie s’était piteusement retirée de son Golan. Or le Baas au pouvoir à Damas, refusant d’assumer la responsabilité d’un revers historique, laissait entendre que les Israéliens ne l’avaient pas emporté tant qu’ils n’avaient pas renversé son régime! Tant que ce dernier tenait bon, Tel-Aviv ne pouvait se prévaloir d’une victoire! Cette attitude de déni allait constituer un précédent chaque fois que les Arabes subissaient un Waterloo.

Hé l’Iran, de quoi je me mêle?
Par
Youssef Mouawad
Publié
juin 20, 2026 - 00:50

La question ainsi formulée est quelque peu tardive, cependant elle a le mérite d’être posée en des termes exprès! En vertu de quelle norme juridique ou de quelle convention internationale, l’Iran s’immisce-t-il dans les affaires libanaises? Et en toute impunité depuis plus de quarante ans! Profitant de la faillite de l’État, l’ingérence s’est faite sous forme de soutien militaire, politique et financier dispensé au Hezbollah, allant jusqu’à impliquer notre pays dans des conflits et des affrontements qui n’étaient pas à l’ordre du jour de son gouvernement légitime. Comment frôler l’incident diplomatique sans y succomber?

À Baysarieh comme au Palais Bourbon, un vent de fronde …
Par
Youssef Mouawad
Publié
juin 13, 2026 - 00:26

Au moment même où se tenait à Paris, à l’Assemblée nationale, un colloque donnant la parole à nos concitoyens chiites libres*, un village du Sud perché à 180 mètres, se rappelait à notre bon souvenir. Le vendredi 5 juin, un vent de fronde se levait à Baysarieh: une échauffourée y opposa les habitants, en majorité duodécimains et acquis à Nabih Berri, à des hezbollahis qui voulaient installer des lance-roquettes en plein milieu de la localité. L’armée libanaise dut s’interposer pour séparer les antagonistes et rétablir l’ordre. Une vidéo a enregistré la mêlée collective qui, comble d’ironie, s’est déroulée dans une rue pavoisée d’étendards vert pistache, aux couleurs du mouvement Amal!

Crimes syriens et norme «Yamashita»
Par
Youssef Mouawad
Publié
juin 6, 2026 - 13:23

Que ne ferait un inculpé ou un accusé pour sauver sa tête! Poursuivi devant une cour de justice, pour crime contre l’humanité ou crime de guerre, que ne dirait un officier syrien des ex-moukhabarat, s’il devait répondre de ses turpitudes? Les ongles arrachés des enfants de Deraa Le premier à comparaître aux « Procès de Damas » fut Atef Najib. Nous avons suivi sa prestation sur les réseaux sociaux: cet accusé répondait au questionnement de la Cour criminelle d’un ton froid et détaché, comme s’il n’était pas concerné par le sort des adolescents qu’il avait livré aux pires supplices. Certes, il avait reconnu les faits pour ce qu’ils étaient : une quinzaine d’écoliers, ayant gribouillé sur les murs de leur école des slogans anti-Assad, avaient été détenus plus d’un mois pour subir de graves sévices dont le passage à tabac et l’arrachement d’ongles.

Va-t-on extrader Bachar de Russie ?
Par
Youssef Mouawad
Publié
mai 30, 2026 - 12:57

Il est indigne de livrer un fugitif à ses ennemis ! Dans nos contrées, le « devoir d’asile », obligation incontournable, remonte à la préislamique Djahiliya. Ne serait pas un « preux » qui remettrait une personne à ceux qui la talonnent, l’opprobre rejaillissant sur sa lignée. Mais alors que dire de l’extradition judiciaire en notre monde contemporain ? Est-elle acceptable au motif que les conventions internationales en ont posé les conditions et fixé le mode opératoire ? Bachar el-Assad et sa camarilla dont les membres se comptent par dizaines ont trouvé refuge dès décembre 2024 en Fédération de Russie comme en Iran, en Irak et au Liban. Y a-t-il une chance pour que tout ce beau monde comparaisse en justice, à Damas ou ailleurs ?