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L'Essentiel de la semaine

Une semaine sous le signe de l’escalade verbale et militaire
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Published
juin 7, 2026 - 23:08

Alors que les négociations sur le front américano-iranien piétinent et que les incidents sécuritaires se multiplient dans le Golfe, les autorités libanaises se distinguent par une vision stratégique clairement souverainiste, alors que dans le même temps une escalade militaire est survenue en fin de semaine avec un bombardement de la banlieue-sud et une menace iranienne contre Israël. « Le Liban est notre pays pas le vôtre. » Ces mots prononcés par le président libanais Joseph Aoun lors d’une interview très suivie avec la grande journaliste de CNN, Christiane Amanpour, vendredi, ont non seulement marqué la semaine qui vient de s’écouler au Liban, mais renforcent certainement la tendance à une évolution claire dans le discours officiel dans le sens du message souverainiste qui était au centre du discours d’investiture du chef de l’Etat. Les critiques acerbes du président Joseph Aoun à l’égard du régime iranien et du Hezbollah ont entrainé une violente attaque de certains médias iraniens contre Baabda. Parallèlement à cette escalade verbale, la semaine s’est achevée sur un grave développement militaire. En riposte à des tirs de roquettes lancés par le Hezbollah en direction du nord d’Israël, l’aviation de l’Etat hébreu a mené dimanche après-midi trois raids contre un centre d’opération du parti pro-iranien dans la banlieue-Sud. Rappelons à ce propos qu’à la suite de la récente intervention du président Donald Trump visant à empêcher, il y a quelques jours, une attaque massive contre la banlieue-sud, en contrepartie d’un arrêt des tirs du Hezbollah contre Israël, les dirigeants israéliens avaient averti que la banlieue-sud serait bombardée si le parti chiite lançait des roquettes contre le Nord d’Israël. Or en fin de semaine, le Hezb a repris ses tirs contre le territoire israélien, ce qui a entrainé la riposte de dimanche après-midi qui a fait deux morts (des cadres du Hezbollah) et onze blessés. Tel-Aviv devait indiquer en soirée qu’elle avait averti Washington, en amont, de sa décision de lancer un raid contre une permanence de la formation pro-iranienne. De fait, le président Trump devait déclarer dimanche soir qu’il appuyait les attaques israéliennes contre le Hezbollah, soulignant que les Etats-Unis étaient prêts à aider l’armée israélienne à lancer «une attaque bien ciblée contre le Hezbollah», précisant sur ce plan qu’il était prêt à demander au président syrien Ahmed Chareh d’apporter une aide à d’éventuelles opérations contre le Hezb. A la suite du triple raid contre la banlieue-sud, le régime iranien a menacé ouvertement de lancer des missiles contre Israël. Ce à quoi les dirigeants israéliens ont répondu que si l’Iran attaque Israël, cela risque d’entrainer une relance de la guerre iranienne. Les positions souverainistes du régime Pour en revenir à la stigmatisation par le pouvoir libanais de l’attitude de la République islamique à l’égard du Liban, les propos tenus par le président Aoun à la CNN, ont été précédés d’un discours tout aussi acerbe du Premier ministre Nawaf Salam, lors du lancement d’un appel à l’aide internationale en faveur des déplacés des zones de conflit au Liban. M. Salam a notamment souligné à cette occasion que «le Liban ne saurait être une carte entre les mains de qui que ce soit». M. Salam faisait référence au choix des autorités libanaises de se lancer dans des négociations directes avec Israël depuis début avril, plutôt que de voir le dossier libanais intégré dans les négociations irano-américaines, comme le souhaitent les partis chiites. Ces déclarations n’ont peut-être rien de nouveau en soi: depuis son élection, Joseph Aoun martèle sa volonté de monopole des armes aux mains de l’Etat, qui doit passer nécessairement par le désarmement de la milice du Hezbollah, et il est soutenu en cela par le chef du gouvernement. Toutefois, sa volonté de sortir le Liban de l’influence iranienne n’est jamais apparue de façon aussi claire et déterminée que durant cette interview de très grande écoute, sur une chaîne américaine. Le président libanais s’en est directement pris aux Gardiens de la Révolution d’Iran qui ont été les premiers à rejeter un accord de principe sur un cessez-le-feu au Liban, obtenu lors de la réunion libano-israélienne des 2 et 3 juin à Washington. Sans surprise, ces propos ont attiré au président Aoun les foudres non seulement des partis chiites, mais de certains médias iraniens. On retiendra la pique lancée aussi par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, conseillant au président libanais « de sauver le Liban de son véritable ennemi », à savoir Israël, faisant valoir que « ce n’est pas son pays qui occupe le cinquième du Liban » actuellement. M. Araghchi néglige de rappeler que c’est le front ouvert par le Hezbollah pour soutenir l’Iran contre l’attaque israélo-américaine du 28 février qui a plongé le Liban dans ce nouveau conflit meurtrier, et lui a attiré une nouvelle occupation israélienne au Liban-Sud. La trêve avortée Les propos des dirigeants libanais ont aussi approfondi un peu plus les divisions internes avec le camp pro-iranien. Et il n’y a pas que les déclarations publiques qui ont provoqué l’ire de ce camp: les réunions du 2 et 3 juin à Washington susmentionnées, entre les délégations libanaise et israélienne, sous parrainage américain, ont valu à l’exécutif libanais de virulentes réponses sur la scène interne. Du Hezbollah bien sûr, notamment par la voix de son secrétaire général Naïm Qassem, qui l’a qualifié de « capitulation », mais, surtout, du président du Parlement et chef d’Amal (l’autre composante du duo chiite), Nabih Berry, vu jusque-là comme potentiel porteur d’une position différenciée par-rapport à son allié pro-iranien. Ce dernier s’en est violemment pris à l’accord, en considérant qu’il est « piégé » et « injuste ». Si les deux partis ont été si virulents, c’est que la déclaration suite à cet accord s’est faite sous la forme d’un communiqué conjoint libano-israélo-américain. Et il n’y a pas que la forme : dans le fond, les trois parties dénoncent les attaques iraniennes sur les pays du Golfe, et considèrent que le Hezbollah doit arrêter ses opérations en premier dans cette confrontation qui se poursuit au sud. Dans tous les cas, cet accord a très vite été mis à mal, non seulement par la réponse négative envoyée par le Hezbollah au président Aoun, mais aussi par un évident manque de volonté israélienne de mettre fin aux combats. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a-t-il intérêt à se montrer conciliant sur ce front si le Hezbollah poursuit ses attaques, alors même que ses différends avec le président américain éclatent au grand jour et qu’il prépare déjà les futures élections dans son pays? Quoi qu’il en soit, malgré les négociations en cours, notons que l’intensité des combats n’a pas faibli au sud du Liban, d’un côté comme de l’autre. Pire encore, le Hezbollah recommence à frapper le nord d’Israël (ce à quoi il avait semblé renoncer quelques jours auparavant). Israël, de son côté, n’hésite plus à cibler l’armée libanaise: il l’a fait à plus d’une reprise cette semaine, notamment lors d’une attaque meurtrière samedi, au cours de laquelle deux officiers et un soldat ont trouvé la mort dans un véhicule militaire sur une route de Nabatiyeh. Réouverture de l’aéroport de Qlayaat Pour toutes ces raisons, les déclarations hostiles aux ingérences iraniennes de la part des présidents Aoun et Salam semblent des graines semées pour l’avenir, qui peinent à germer en milieu hostile. Même les déclarations du président américain, qui a affirmé à plus d’une reprise «avoir parlé au Hezbollah» (ce dont doutent nombre d’experts, privilégiant la thèse de l’intervention de tiers, notamment iraniens), pourraient mettre dans l’embarras la position officielle libanaise. La réalité est cependant plus contrastée. Les propos de M. Aoun lui ont attiré des soutiens de la part de plusieurs pays arabes comme Bahreïn. Sur les réseaux sociaux, les réactions sont profondément divisées, mais le président est vu par beaucoup comme porteur d’une volonté inédite de « libérer » le pays de toutes les ingérences. En clair, le pays apparaît comme tiraillé entre deux puissants courants, marchant sur un fil vers un avenir incertain. Mais le camp hostile à la mainmise iranienne a marqué un autre point cette semaine. Samedi, la réouverture de l’aéroport de Qlayaat, dans le Akkar, cette région au nord du pays devenue synonyme de négligence et de sous-développement, a donné une toute autre image du pays. Pourquoi la réouverture de cet aéroport est-elle synonyme d’émancipation? Parce que la perspective d’un second aéroport au Liban s’est souvent heurtée à un veto du Hezbollah et de ses alliés, et les gouvernements qui lui étaient acquis ne s’y sont jamais aventurés. En effet, l’aéroport de Beyrouth, qui se situe dans la banlieue-sud (fief du parti jaune), était soumis au contrôle officieux du parti chiite, et toute autre infrastructure située dans une région qui ne lui est pas acquise aurait échappé à son contrôle. On comprend mieux l’engouement pour les images de cette inauguration samedi, avec l’arrivée du Premier ministre dans un avion privé qui s’est posé sur la piste. Des images qui ont été ressenties comme symbole d’un véritable changement. Enfin, notons la visite effectuée par le commandant en chef de l’armée libanaise Rodolphe Haykal ce week-end au Pakistan, le pays qui joue le rôle de médiateur principal entre les Etats-Unis et l’Iran. Entre-temps, sur le front irano-américain Les négociations américano-iraniennes, justement, ont donné l’impression de piétiner toute cette semaine. Les déclarations de Donald Trump sur l’imminence d’un accord (contrebalancées par ses menaces d’une nouvelle attaque) se sont poursuivies avec la même régularité, mais sans aboutir à des percées. De leur côté, les Iraniens continuent de démentir systématiquement toute déclaration du président américain. Dans un cas comme dans l’autre, les mots n’engagent la région dans aucune avancée significative. Cette zone grise qui s’installe coïncide avec le début prochain d’un événement sportif mondial qui risque de détourner durablement l’attention du conflit en cours au Moyen-Orient, la Coupe du monde de football, qui se déroule en partie aux Etats-Unis… et à laquelle participe l’équipe iranienne. Celle-ci devrait disputer son premier match à Los Angeles, et les joueurs ont obtenu leur visa pour les Etats-Unis cette semaine. Face à ce surplace politique, le terrain s’enflamme de plus en plus. Les affrontements entre les Gardiens de la Révolution et l’armée américaine se multiplient dans la zone du détroit d’Ormuz, qui reste partiellement fermé. Des tirs américains sur l’île iranienne de Qeshm notamment ont appelé une riposte iranienne, de toute évidence dirigée principalement vers les pays du Golfe. On retiendra principalement cette frappe sur l’aéroport du Koweït mardi, qui a fait un mort et 63 blessés dont certains gravement atteints. Il faut signaler également que la situation en Cisjordanie et à Gaza s’est enflammée également cette semaine, avec plusieurs attaques sur la bande ayant fait de nombreux morts. En Cisjordanie, les exactions contre le peuple palestinien, surtout par des colons souvent secondés par des soldats, se multiplient. De tels épisodes de violence font monter les tensions dans l’intérieur israélien. Dimanche, des coups de feu ont été entendus simultanément dans quatre régions israéliennes, et l’armée a déclaré faire face à un «incident» qui a fait un tué et plusieurs blessés. Un assaillant a été tué, et un autre arrêté.

Conflit iranien: entre escalade militaire et pourparlers stériles
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mai 31, 2026 - 23:40

La semaine écoulée a été celle des tentatives avortées de parvenir à un protocole d’entente entre Washington et Téhéran, sur fond de déclarations contradictoires. Entre le Liban et Israël, une nette escalade militaire a été enregistrée sur le terrain, accompagnée d’importantes avancées de Tsahal qui aurait franchi le Litani. Les derniers jours au Moyen-Orient ont été marqués par la déclaration faite par le président américain Donald Trump le week-end précédent sur l’imminence de la conclusion d’un protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran, qui ouvrirait la voie à 60 jours de négociations supplémentaires et permettrait de lever le blocus sur les ports iraniens et de rouvrir le détroit d’Ormuz. Sauf que l’optimisme affiché par le président américain à plus d’une reprise est resté sans effet: la semaine s’achève sans avancée notable, et toutes les options restent sur la table, inclus celle d’un nouveau round de violence. Une déclaration faite par un « responsable américain » au site Axios dimanche résume la situation : Il y aura un accord avec l’Iran, mais la date de sa signature n’est pas tranchée. Un moment fort de cette semaine est survenu vendredi, dans l’après-midi selon l’horaire du Levant, quand Donald Trump a annoncé qu’il prendrait sa décision concernant l’accord avec l’Iran suite à une réunion avec ses conseillers à Washington. Dans un de ses messages sur son réseau social, il a révélé des détails sur le document proposé : une levée immédiate du blocus contre la réouverture du détroit d’Ormuz, et une destruction de l’uranium iranien enrichi par les Américains sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Et, surtout, pas de déboursement des avoirs iraniens gelés jusqu’à nouvel ordre. Mais il sortira de cette réunion sans annoncer de décision ce jour-là. Le président américain assurera à plus d’une reprise qu’il ne signerait pas un accord qui ne respecte pas les « lignes rouges » qu’il a définies. De leur côté, les Iraniens ont multiplié les démentis à chaque déclaration de Donald Trump, sous forme d’informations livrées par des sources à des médias d’Etat iraniens (notamment ceux proches des Gardiens de la Révolution) plutôt que des communiqués officiels. Selon ces « sources », il n’est pas question de destruction du nucléaire dans le protocole d’entente, et le détroit d’Ormuz resterait sous le contrôle conjoint iranien et omanais. Ce qui a valu au sultanat d’Oman une menace américaine proférée par le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, qui a brandi la menace de « mesures punitives » se le sultanat participe à la perception, avec l’Iran, de droits de passage imposés à des navires. Le détroit d’Ormuz reste donc le principal point d’achoppement, selon les informations qui filtrent, tout comme la question des avoirs gelés et les sanctions que les Américains ne veulent lever que graduellement. Après une telle semaine de douches écossaises, les protagonistes de cette pièce de théâtre qui s’éternise semblent dans l’impasse, chacun de son côté. Le président américain et son équipe sont soumis à des pressions grandissantes en raison de cette guerre impopulaire aux Etats-Unis, et de ses conséquences économiques dues à la hausse du prix du carburant, mais ne peuvent se suffire d’un accord qui serait perçu comme un recul par rapport à la situation de l’avant-guerre (du 28 février) et, surtout, par rapport à l’accord sur le nucléaire signé dans le passé par l’ancien président Barack Obama. Dans un entretien cette semaine, à la question d’une journaliste américaine sur la pression des élections de mi-mandat sur ses décisions, Donald Trump a assuré que les échéances démocratiques ne peuvent le dissuader de poursuivre son objectif d’interdire à l’Iran la possession de l’arme atomique. De son côté, l’Iran paraît empêtré dans ses propres luttes intestines, et la prise de décision y semble de plus en plus difficile, malgré la récurrence de déclarations attribuées au Guide suprême Mojtaba Khamenei, plus insaisissable que jamais. L’aile dure du régime demeure capable de bloquer tout accord en montrant de l’intransigeance concernant certains points, notamment la réouverture du détroit d’Ormuz. Le spectre d’un nouveau soulèvement populaire provoqué par la crise économique étouffante ne serait pas loin des préoccupations des Pasdarans : avec la restitution partielle de l’internet en Iran, des vidéos de manifestations importantes commencent à circuler sur les comptes d’Iraniens opposants au régime à l’étranger, avec des informations sur une féroce répression pratiquée à leur encontre. Les informations sur les exécutions d’opposants se poursuivent : cette semaine il a été révélé que deux frères kurdes, soupçonnés par les Gardiens de la Révolution de faire partie des « instigateurs » du mouvement de janvier en Iran, ont été traqués et tués. Sur le terrain, malgré la prééminence de la possibilité d’un accord, les incidents sécuritaires n’ont pas manqué. Jeudi, des explosions ont été entendues dans le port iranien de Bandar Abbas et des tirs de missiles iraniens ont atteint des vaisseaux qui tentaient de passer par le détroit d’Ormuz. Le Koweït a été la cible de tirs iraniens cette semaine, les Gardiens ayant affirmé avoir attaqué une base américaine. Mais aucune de ces attaques n’était de nature à dégénérer en large escalade, bien qu’elles montrent à quel point la trêve actuelle reste fragile. Inquiétudes israéliennes Le protocole d’entente en gestation entre l’Iran et les Etats-Unis n’a pas occulté le volet libanais du conflit. En effet, les déclarations des deux belligérants ne s’accordent pratiquement que sur un point : la prolongation du cessez-le-feu sur le front iranien s’accompagnerait d’une cessation des hostilités effective sur le front libanais, entre Israël et le Hezbollah. Les échos d’une inquiétude israélienne concernant l’interruption de son opération au sud du Liban sans atteindre l’objectif du démantèlement du Hezbollah se multiplient dans la presse israélienne. Le parti chiite, lui, en a profité, par la voix de ses députés, pour fustiger les négociations directes menées par les autorités libanaises avec Israël, et assurer que seules les négociations avec l’Iran pouvaient réaliser un réel cessez-le-feu. Autre motif d’inquiétude pour les Israéliens : dans tout ce qui a accompagné les fuites concernant l’accord irano-américain en gestation, les deux grands points absents sont ceux de l’influence régionale iranienne via ses bras armés, et le sort des missiles balistiques en Iran. Cette semaine, un autre de ces bras armés, le Hezbollah irakien, a annoncé ne pas vouloir rendre ses armes à l’Etat irakien et chercher à renforcer sa capacité militaire. Le château de Beaufort sous contrôle israélien Sur le front libanais, cette semaine a été marquée par une nette avancée de l’armée israélienne en profondeur. L’armée israélienne aurait franchi le Litani, vers le Nord, après y avoir construit cinq ponts à usage militaire. La semaine a en outre été marquée par deux facteurs : les négociations libano-israéliennes à caractère militaire à Washington, et une escalade sans précédent au sud du Liban et dans la Békaa. Les pourparlers au Pentagone en fin de semaine, entre les deux délégations militaires, ont duré plus de dix heures, et les échos ne sont pas rassurants. Dans la presse israélienne comme libanaise, on relève un consensus autour du fait qu’aucune percée n’a été constatée suite à ces réunions. Selon l’armée libanaise, il n’est pas possible d’opérer d’avancées sans arrêt des combats. La partie israélienne, à en croire des analyses de presse, se plaint du fait que les Libanais n’ont pas toutes les cartes en main. Washington n’en a pas moins qualifié cette séance de « constructive », et les pourparlers se poursuivront. La semaine qui s’annonce verra un nouveau round de négociations politiques à Washington, les 2 et 3 juin. Ces négociations ont lieu sous le feu israélien et l’escalade du Hezbollah, les rendant excessivement ardues. Une difficulté soulignée samedi par le Premier ministre Nawaf Salam. Tout en fustigeant la destruction systématique du Sud par Israël, il a souligné que « les négociations restent la voie la moins coûteuse » pour le Liban. Sur cette carte réalisée par l’Onu on peut voir clairement la position stratégique du Château de Beaufort, qui sert de point d’observation du côté libanais et même, à l’Est du côté du Golan occupé et du “Doigt de Galilée”. (ONU) Le Sud, lui, est plus que jamais en flammes. Dimanche, les Israéliens ont annoncé la prise du très stratégique château de Beaufort, et se dirigent vers un contrôle de la région de Nabatiyé. Une démarche qui couperait toutes les lignes d’approvisionnement des miliciens du Hezb entre le Sud et la Békaa, et reconstituerait la ligne de la bande frontalière d’avant le retrait de 2000, mais cette fois dénuée de ses habitants. Les appels à l’évacuation « au nord du Zahrani » ces derniers jours, dont le dernier en date dimanche matin, augure d’une occupation de plus vastes territoires dans les prochains jours. Notons à cet égard que la Défense civile a annoncé dimanche sa décision de quitter la ville de Tyr et de se replier sur Saïda. Le Hezbollah, pour sa part, a également augmenté l’intensité de ses attaques, recommençant à lancer des missiles en profondeur dans le nord d’Israël. Dans ses communiqués, il assure mener de féroces batailles sur le terrain, notamment au niveau de Nabatiyeh. Les attaques du Hezbollah obligent apparemment les Israéliens à prendre des mesures plus strictes au nord de l’Etat hébreu, en fermant les écoles et les plages et en demandant à un hôpital du nord d’aménager un centre souterrain. La chaîne israélienne 13 a cité des sources militaires qui se disent « surprises » par l’étendue de la riposte du Hezbollah, réitérant que le maintien des troupes en place au Liban serait une condition sine qua non de toute négociation ultérieure. Cette semaine a aussi été celle des menaces sur le patrimoine libanais, en premier lieu le château de Beaufort directement touché par les missiles, une merveille médiévale dans la tourmente. Ces menaces ont poussé le ministre des Affaires étrangères Joe Rajji et le ministre de la Culture Ghassan Salamé à lever la voix pour demander une protection internationale, notamment en ce qui concerne les vestiges de Tyr. Face à cette escalade militaire, le chef du Quai d’Orsay Jean-Noël Barrot a annoncé dimanche en fin de journée que la France a décidé de demander la tenue d’une réunion urgente du Conseil de Sécurité de l’Onu pour examiner les développements au Liban. Cette réunion devrait avoir lieu lundi, selon les sources diplomatiques. Les appels de Tyr et Nabatiyé Autre développement majeur cette semaine : un double appel de plus d’une centaine d’intellectuels de Tyr et autant de Nabatiyé pour la démilitarisation de ces deux régions si riches en patrimoine, et leur placement sous la seule autorité de l’Etat, en vue de leur protection. Une « rébellion » qui montre un net changement d’humeur au sein de la population du Sud, et qui a été, de ce fait, très mal perçue par le Hezbollah. En bref, rien ne présage d’une baisse de tensions au Sud dans la semaine qui s’annonce. Dimanche, le chef d’Etat major israélien Eyal Zamir a assuré que l’« opération au Liban est loin d’être terminée », sans compter des déclarations en faveur d’une escalade du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du ministre de la Défense Israel Katz qui ont souligné que la prise du Château de Beaufort constitue une étape dans le cadre de vastes opérations militaires qui pourraient être lancées sous peu et qui pourraient ne plus se limiter au Liban-Sud. Les deux protagonistes sur le front semblent pressés par le temps, notamment dans la perspective d’un accord irano-américain. Alors que les Israéliens veulent réaliser un maximum d’acquis sur le terrain, le Hezbollah tente de tenir bon dans l’espoir d’un cessez-le-feu.

Accord avec l’Iran: face au tollé, Trump temporise
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mai 25, 2026 - 00:13

La première mouture du projet de mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran qui a été filtré à la presse et aux médias dans la soirée de samedi a suscité dimanche un véritable tollé généralisé. De nombreux sénateurs républicains, dont plusieurs ténors du Congrès US, ainsi que des analystes, des commentateurs et des pôles d’influence ont mis en garde contre les graves conséquences géopolitiques de ce projet. D’aucuns n’hésitant pas à dénoncer sur les réseaux sociaux ce qu’ils ont qualifié, à l’unisson, de «capitulation des Etats-Unis face à la République islamique iranienne». Ce tollé et ces mises en garde qui fusaient de toutes parts sur la toile ont-ils poussé le président Trump à donner un sérieux coup de frein au processus d’approbation du projet de mémorandum, ou le chef de la Maison Blanche a-t-il réalisé que certaines clauses étaient effectivement inacceptables et préjudiciables au crédit des Etats-Unis en tant que superpuissance? Sur son réseau Truth Social, Trump a publié une image IA d’un F-15 portant une bombe sur laquelle il est écrit, en anglais, “merci pour votre attention à cette affaire/chose”: une menace d’un possible retour à la guerre si l’Iran n’accepte pas les conditions US. Il est, certes, difficile d’apporter une réponse à une telle interrogation, mais cela ne change rien aux faits: dans la journée de dimanche, le président Trump a clairement indiqué qu’il avait donné pour instructions aux négociateurs US de «ne pas faire preuve de précipitation» dans la conclusion du mémorandum. «Les deux parties (les USA et l’Iran) doivent prendre leur temps afin d’aboutir à un texte qui soit bien étudié», a précisé le président américain qui a indiqué que « les négociations se poursuivent au sujet de certains détails et de certaines questions». « Le temps joue en notre faveur», a-t-il affirmé sans autres précisions. Si le projet de mémorandum a suscité tellement de critiques c’est parce qu’il paraissait, à en croire la mouture parvenue aux médias, donner satisfaction à l’Iran sur toute la ligne, à savoir: cessation des hostilités et déblocage d’une partie des avoirs iraniens (près de 25 milliards de dollars) sans aucun engagement formel et officiel iranien concernant les principales demandes américaines portant sur le nucléaire, l’enrichissement de l’uranium, les missiles balistiques, le sort des proxys iranien, la stabilité des pays de la région, ou aussi le cas – totalement occulté par les négociateurs US eux-mêmes – des prisonniers politiques et des pendaisons en série d’adolescents, de jeunes, et d’étudiants universitaires. Selon la version de l’accord divulgué samedi soir, les dossiers du nucléaire et de l’uranium enrichi ne devaient être «discutés» que durant une période de trêve de 30 ou 60 jours. Sachant que ces dossiers sont en réalité discutés depuis 20 ans, le projet de mémorandum ne présentait aucune garantie quant à un règlement définitif de ce contentieux en suspens depuis plus de deux décennies. D’où la vague de critiques apparue durant la journée de dimanche. Il convient de noter dans ce cadre que le projet d’accord préliminaire prévoirait la réouverture, sans conditions, du détroit d’Ormuz durant la période de négociations de 30 à 60 jours, ainsi qu’un cessez-le-feu effectif au Liban, ce que conteste Israël. Au Liban, le cessez-le-feu en question Les questions restent ouvertes donc, notamment en ce qui concerne l’autre front, entre le Hezbollah et Israël au Liban. Ce que l’on sait, c’est qu’il existe une clause dans cet accord-cadre sur un cessez-le-feu au Liban, «avec le droit donné à Israël d’empêcher le Hezbollah de reconstituer son arsenal ». Selon les observateurs, Israël, qui avait jusque-là ignoré les cessez-le-feu négociés avec les autorités libanaises directement à Washington, pourrait difficilement contredire une directive venue directement du président américain dans le cadre des négociations sur le front principal en Iran. Tous les échos parvenant d’Israël montrent une inquiétude croissante sur l’épilogue de ce conflit. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est revenu à la charge, assurant que «l’Iran ne possédera jamais l’arme nucléaire». Selon des informations à des médias israéliens durant la journée de dimanche, Netanyahu aurait insisté auprès de Trump sur la liberté d’action sur tous les fronts notamment au Liban, et aurait reçu son aval. Les questions demeurent ouvertes. Que signifie l’arrêt des hostilités? Comprendra-t-il un retrait israélien des territoires occupés durant ce conflit ? Que signifie ce droit accordé aux Israéliens d’empêcher le Hezbollah de se réarmer? Cela va-t-il maintenir le Liban dans un éternel état de ni guerre ni paix? Et qu’en est-il du désarmement du Hezbollah décidé par le gouvernement libanais si ce parti va considérer que c’est à son allié iranien que l’on doit le cessez-le-feu et non aux autorités libanaises? Et, surtout, quel est l’avenir de ces négociations directes entre le Liban et Israël? Il faut rappeler qu’avant les développements dramatiques de ce dimanche, les yeux étaient rivés sur la première réunion sécuritaire libano-israélo-américaine à Washington, le 29 mai, et les futures négociations directes les 2 et 3 juin. Rubio menace Qassem A Beyrouth, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a jugé dans un discours que "le peuple a le droit de descendre dans la rue, de renverser le gouvernement et de résister de toutes ses forces à ce projet israélo-américain". Qassem a de nouveau appelé le gouvernement libanais à abandonner les négociations directes avec Israël, y voyant un "gain sans contrepartie pour Israël", et réaffirmé le refus du Hezbollah de désarmer. Les propos de Qassem ont provoqué une vive réaction de la part du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, qui a condamné «avec la plus grande fermeté l'appel irresponsable lancé par le Hezbollah en faveur du renversement du gouvernement libanais démocratiquement élu". Il a dénoncé ce qu'il appelle "une campagne délibérée visant à déstabiliser le pays et à se maintenir au pouvoir", M. Rubio a estimé dans un communiqué que le mouvement "tente activement de replonger le Liban dans le chaos et la destruction". Selon M. Rubio, "les menaces de violence et de renversement proférées par le Hezbollah ne seront pas laissées sans réponse . L'époque où un groupe terroriste tenait tout un pays en otage touche à sa fin". Sanctions américaines Cette semaine a également été celle de sanctions américaines sur nombre de personnalités du Hezbollah, notamment des députés et des anciens ministres, ainsi que, pour la première fois, des responsables militaires de l’Armée libanaise et de la Sûreté générale. Les militaires sanctionnés sont tous considérés comme proches du Hezbollah ou du mouvement Amal, le communiqué américain ayant précisé qu’ils portaient allégeance autant à ces partis qu’à leurs institutions, et qu’ils leur communiquaient des informations sensibles. Le message au Hezbollah n’a rien de nouveau, mais le message adressé au président du Parlement et chef d’Amal, Nabih Berry, est clair. Sa position « grise » dans les derniers développements au Liban lui aura valu cet avertissement américain. Le message est également adressé à l’armée libanaise, qui envoie une délégation à Washington la semaine prochaine, et qui a souvent été critiquée pour «soupçons de complaisance» avec la milice chiite. L’armée sera-t-elle obligée de revoir sa délégation et de reconsidérer ses prises de position? Pour ce qui est de la Sûreté générale, le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar a demandé au directeur général de mener des investigations sur les officiers mis en cause. Entre-temps, sur le terrain, la situation reste explosive au Sud alors que les civils payent le prix: on déplore des dizaines de morts cette semaine. La Défense civile a annoncé samedi l’effondrement de son bâtiment principal à Nabatiyeh sous les bombes israéliennes. L’armée israélienne a déclaré toute la semaine avoir détruit des infrastructures du Hezbollah, et a élargi ses opérations à la Békaa, tout en reconnaissant des victimes parmi ses soldats et ses officiers du fait des drones du parti chiite. Durant ce week-end, les avis israéliens d’évacuation se sont multipliés pour des dizaines de villages et de villes, au Sud comme dans la Békaa.

De Pékin à Washington, de multiples incertitudes
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mai 17, 2026 - 17:10

Entre Donald Trump et Xi Jinping, les déclarations reflétaient une atmosphère positive, mais les dessous de ce sommet de géants devraient se clarifier avec le temps. L’Iran, de son côté, maintient ses provocations. Entre le Liban et Israël, une prolongation de la trêve et une future coopération militaire. Cette semaine a été celle des pourparlers cruciaux dont les répercussions se feront sentir au cours de la prochaine étape. Dès le début de la semaine, les yeux étaient rivés sur les préparatifs du sommet américano-chinois à Pékin du troisième round de négociations entre les délégations libanaise et israélienne à Washington. Au niveau du sommet de Pékin, sur le plan de la forme, l’accueil réservé au président américain Donald Trump a été spectaculaire, à la hauteur de l’événement. Dans leurs styles différents, les chefs d’Etat américain et chinois ont fait passer des messages cruciaux sur leur collaboration économique future et sur les pourparlers portant sur les dossiers internationaux d’intérêt commun. A ce titre, ont figuré en bonne place les dossiers de Taïwan, que la Chine veut annexer mais dont les Etats-Unis soutiennent l’indépendance, et celui de l’Iran, allié traditionnel de la Chine. Comment ces deux dossiers sont-ils désormais liés ? L’avenir le dira. Mais certains signes montrent déjà les tendances. Le président Trump a demandé aux autorités taïwanaises, dans une interview, de ne pas proclamer l’indépendance du pays en se prévalant du soutien de Washington, ce que Taïwan a ignoré par une déclaration revendiquant son indépendance juste après la fin du sommet. Pour ce qui a trait à l’Iran, le sujet a abondamment été abordé lors de ce sommet, ce qui était prévu. Les présidents américain et chinois ont affiché une position commune, celle de la nécessité de rouvrir le détroit d’Ormuz. Le président Trump a déclaré clairement que son homologue chinois (qui avait reçu le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, quelques jours plus tôt) est prêt à apporter son concours aux négociations. Autre indicateur important qui ressort de ce sommet: la Chine devrait s’approvisionner en pétrole auprès des Etats-Unis, désormais, ce qui réduirait sa dépendance à l’égard du pétrole du Moyen-Orient et du détroit d’Ormuz… et accessoirement de son allié iranien. Même si nous n’avons pas encore le recul nécessaire pour évaluer à juste titre les résultats de ce sommet, les déclarations du président Trump sont à examiner avec soin. Certes, il a indiqué aux journalistes, au terme du sommet, qu’il pourrait accepter le « gel » de l’enrichissement de l’uranium en Iran pour une durée de 20 ans s’il avait « les garanties nécessaires ». Le processus de négociations (indirectes) n’est d’ailleurs pas mort sur ce plan, comme l’indique la visite du ministre pakistanais de l’Intérieur à Téhéran ce week-end. Mais le ton semble avoir brusquement changé durant le week-end: le chef de la Maison-Blanche a dit, au détour d’une déclaration, que « sa patience envers l’Iran est poussée à bout ». Sur son réseau social, il s’est représenté dimanche dans une image IA avec en arrière-fond l’armée américaine sur le détroit d’Ormuz, avec l’énigmatique inscription: «Le calme avant la tempête». Ce qui se recoupe avec des informations insistantes rapportées par des médias israéliens, faisant état d’une conviction américaine croissante d’un nécessaire retour à la guerre ; une probabilité « de 50% », selon un responsable israélien. Des démarches européennes En ce qui concerne le détroit d’Ormuz, les Iraniens continuent de clamer leur droit à la gestion de cette voie maritime. L’Iran affirme par ailleurs avoir eu des appels de dirigeants européens en vue de discuter des conditions d’un passage sécurisé dans le détroit. Moyennant quoi ? Autre événement de premier plan cette semaine : la réunion des ministres des AE des pays du BRICS, jeudi également, en Inde. Cette conférence ministérielle a porté, entre autres, sur le Moyen-Orient et a été le théâtre d’une altercation entre les ministres iranien et émirati, le premier ayant profité de l’occasion pour accuser les Emirats arabes unis d’être « des partenaires » dans l’attaque israélo-américaine contre son pays… sachant bien, convient-il de le relever, que ce sont les missiles iraniens qui se sont abattus sur les EAU depuis le début du conflit. Aucun communiqué officiel conjoint n’a été publié sur la guerre en Iran, précisément en raison des dissensions entre les deux pays. Fait notoire: un autre allié de l’Iran, le président Vladimir Poutine, s’est entretenu samedi avec son homologue émirati Mohammad Ben Zayed, du conflit iranien, selon Reuters. Dans le communiqué officiel, il est précisé que « les deux parties soulignent l’importance du processus politique et diplomatique ». Une tentative de sortir l’Iran de son isolement? Enfin, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a mis les EAU dans l’embarras cette semaine en prétendant avoir effectué une « visite secrète » dans ce pays au début de la guerre. Ce qu’Abou Dhabi s’est empressé de démentir. Ce pays attire de plus en plus l’attention des médias, surtout depuis sa sortie spectaculaire de l’OPEP, début mai. Au Liban, prolongation du cessez-le-feu La semaine libanaise a été marquée par les négociations à Washington, jeudi et vendredi, entre une délégation libanaise présidée pour la première fois par le très expérimenté ancien ambassadeur Simon Karam, et une délégation israélienne, toujours menée par l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Yechiel Leiter. Des négociations qui ont abordé autant la situation politique que militaire. Ce troisième round – depuis début avril – a commencé sous de très fortes pressions: les combats qui font toujours rage au Liban-Sud avec une avancée israélienne au-delà du Litani cette semaine; des déclarations de plus en plus virulentes du côté du Hezbollah, multipliant les accusations de «trahison» à l’encontre des présidents de la République, Joseph Aoun, et du Premier ministre, Nawaf Salam; des échos sur des «inquiétudes» américaines concernant ce processus. Les résultats de ces pourparlers n’étaient cependant pas à l’image de ce laborieux début. D’une part, le processus ne s’est pas effondré, comme le craignaient certains, puisque le prochain round a déjà été fixé par les Américains à début juin. D’autre part, même si les détails de ces réunions à huit clos ne sont pas encore tous révélés, des résultats concrets en ont résulté: une prolongation de 45 jours du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, et le déclenchement d’un « processus de sécurité » débutera par une réunion entre militaire des deux pays le 29 mai au Pentagone. Malheureusement, la proclamation de ce cessez-le-feu n’a pas été suivie d’une action sur le terrain, alors même que les autorités libanaises tentent de mettre en application une trêve qui serait respectée «par toutes les parties», selon des informations ayant filtré samedi. Selon ces mêmes informations reprises par la presse locale, le président Joseph Aoun aurait demandé au chef du Parlement Nabih Berry de convaincre le Hezbollah de cesser ses attaques, afin que la cessation des hostilités soit observée par les deux parties. Le parti pro-iranien aurait répondu qu’il le ferait si Israël s’y engage. Or sur le terrain, la tension semble au contraire être montée d’un cran: les Israéliens ont publié des ordres d’évacuation au nord du Litani, et les sirènes retentissent régulièrement au nord d’Israël en raison des drones du Hezbollah. Ces drones, précisément, qui importunent réellement l’armée israélienne de son propre aveu, se répercuteront aussi négativement sur le Liban. Selon un rapport repris par des médias locaux, les Israéliens envisagent notamment une occupation plus profonde que les 10 kilomètres pris jusque-là, étant donné que la menace ne vient plus seulement de missiles dont il est possible de calculer la portée, mais de drones primitifs et explosifs, difficilement repérés par les systèmes de protection. Salam en Syrie L’autre personnalité qui a également fait parler d’elle cette semaine est le Premier ministre Nawaf Salam qui s’est distingué par une déclaration très ferme qui a réaffirmé la position de l’Etat libanais concernant le processus de négociations de Washington, réfutant toutes les accusations de «traîtrise» qui le visent, à l’instar du président. Par ailleurs, M. Salam a été reçu le 14 mai par le président syrien Ahmad el-Chareh, à Damas. Dans ses déclarations à l’issue de cette visite, il a réitéré que «le Liban n’acceptera plus de rester une plateforme pour des opérations contre les pays amis», pointant clairement du doigt le Hezbollah, alors même que Damas démantèle régulièrement des réseaux subversifs liés à ce parti, qu’elle accuse de vouloir déstabiliser son régime. Parallèlement, les pourparlers bilatéraux ont porté sur la coordination des efforts concernant les négociations avec Israël. La portée exacte de ces conversations devrait se clarifier également dans la période à venir, sachant que la Syrie est également victime d’incursions israéliennes régulières au sud du pays. Également à signaler cette semaine, pour ce qui a trait à la situation au Liban: un drôle d’épisode ébruité le 15 mai, portant sur une «plainte» libanaise auprès de l’Onu, datée du 21 avril, qui accuse l’Iran de s’ingérer dans les affaires libanaises et d’avoir entraîné le Liban dans la guerre avec Israël. L’information n’a pas été démentie par le ministère libanais des Affaires étrangères pendant plusieurs heures, avant que celui-ci ne publie une mise au point qui semble être le fruit d’une volonté d’apporter une nuance à l’information initiale. Dans un communiqué, le ministère assure qu’il ne s’agit pas d’une «plainte» mais d’une «lettre» à l’Onu, dans laquelle il apporte des réponses à des accusations iraniennes indirectes contre l’Etat libanais dans l’affaire du ciblage de quatre «diplomates» iraniens dans un hôtel à Beyrouth au début de la guerre (la plainte iranienne contre Israël insinue que les autorités libanaises étaient au courant de leur relocalisation). Un nouvel épisode qui ravive encore plus les tensions désormais bien établies entre l’Iran et les autorités libanaises.

Iran-USA: un bras-de-fer tendu aux conséquences imprévisibles
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Tilda Abou Rizk
Published
mai 11, 2026 - 22:45

Le monde se retrouve une nouvelle fois suspendu à la décision que le président américain Donald Trump doit prendre, en réaction à la contre-proposition iranienne (qu’il a jugée «totalement inacceptable», dimanche) à ses conditions pour une reprise des négociations autour d’un accord devant mettre fin durablement à la guerre. Par la voix du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, l’Iran a affirmé lundi, avoir seulement «réclamé l'arrêt des hostilités dans toute la région et un dégel de ses avoirs». Esmaïl Baghaï qui répondait au rejet par Donald Trump de la réponse iranienne, a affirmé que «la seule chose exigée, ce sont les droits légitimes de l'Iran», à savoir «la fin de la guerre dans la région, y compris au Liban, la levée du blocus américain des ports iraniens et la libération des avoirs appartenant au peuple iranien, injustement bloqués depuis des années». Il n’a pas évoqué la question du nucléaire, évoquée seulement à travers le prisme de la souveraineté nationale, sans répondre aux exigences centrales de Washington. Autrement dit, la contre-proposition iranienne contourne les conditions américaines et traduit une volonté de reprendre l’initiative diplomatique. Ce qui mérite d’être relevé dans ce nouvel épisode du bras de fer entre la République islamique et les États-Unis, c’est moins le rejet par Téhéran des exigences américaines, que le ton de défi, voire de provocation, qui a marqué le ‘non’ iranien. La réponse du régime des mollahs à Donald Trump était presque un «over my dead body». Autrement dit: «pas de mon vivant». Le problème, c’est que Donald Trump risque de le prendre au mot. Ou pas. Car les enjeux et les problématiques liés à ce bras-de-fer qui dure depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre les deux belligérants, le 8 avril 2026, sont immenses. Concrètement, aussi bien les États-Unis que l’Iran se trouvent dans une mauvaise passe. D’abord parce que cette guerre, toutes proportions gardées, pèse lourdement à l’intérieur de leurs pays respectifs. Ensuite parce que ses effets s’étendent à l’échelle internationale, comme en témoigne la nouvelle flambée du prix du pétrole à l’ouverture des marchés, lundi. L’Iran des mollahs, qui joue littéralement sa survie face au duo Washington-Tel Aviv, déterminé à l’amputer de son programme nucléaire et de neutraliser sa puissance balistique, croit ainsi pouvoir tenir tête à Donald Trump et le faire plier éventuellement, en misant encore et toujours sur le facteur temps. Après l’élimination de plusieurs chefs de premier rang lors des frappes américano-israéliennes, des divisions sont apparues au sein du régime iranien entre un camp modéré, favorable à un accord avec Washington pour sauver l’essentiel, et une ligne dure menée par les Gardiens de la révolution, farouchement opposée à toute concession. C’est vraisemblablement ce dernier camp qui serait à l’origine de la contre-proposition iranienne. Téhéran joue le tout pour le tout en tirant profit d’une double conjoncture, intérieure et internationale, défavorable au président américain. Pour résumer, la République islamique capitalise principalement sur la polarisation politique aux États-Unis, notamment les pressions internes auxquelles Trump est soumis pour se retirer d’une guerre qui a un double coût économique et politique. Les répercussions sur l’économie américaine se sont vite traduites comme on le sait, par une forte inflation. Quant au coût politique, ce sont notamment les élections de mi-mandat qui doivent le déterminer. À l’échelle internationale, l’Iran mise principalement sur les facteurs suivants: l’échec américain à rallier les Européens à la guerre, qui s’est traduit par une vive tension entre Washington et l’Otan, la neutralité défensive des pays arabes, les pressions découlant de la perturbation du trafic maritime des pétroliers à travers le détroit d’Ormuz, devenu une carte de pression majeure aux mains des Iraniens, en dépit du blocus imposé par les États-Unis aux ports iraniens. Il ne faut pas non plus oublier l’importance stratégique de la visite de Donald Trump mercredi, à Pékin, allié de l’Iran, et ses éventuelles retombées sur le conflit irano-américain. Ce qui précède peut ainsi expliquer le durcissement de ton adopté par Téhéran après avoir remis sa réponse au médiateur pakistanais dimanche. À peine celle-ci a été délivrée que le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a fait publier un communiqué recelant un message clair aux Américains, autour de ce qu’il a présenté comme étant l’invincibilité iranienne: «À travers l’histoire, les Iraniens se sont dressés non seulement contre des envahisseurs isolés, mais aussi contre de grandes puissances et de redoutables légions, et ils en sont toujours sortis avec honneur. En 53 av. J.-C., lors de la bataille de Carrhes, le général Suréna, à la tête de forces bien inférieures en nombre et en moyens, infligea une défaite éclatante aux légions lourdement armées de Rome dans une victoire d’une parfaite maîtrise asymétrique. Crassus, l’un des hommes les plus riches et les plus puissants de Rome, y trouva la mort. Le mythe de l’invincibilité romaine s’effondra définitivement, et l’ambition d’expansion de Rome vers l’Orient s’éteignit sur le champ de bataille. L’histoire, dit-on, finit toujours par se répéter, pour ceux qui refusent de la regarder en face ou d’en tirer les leçons». Un peu plus tard, l’agence iranienne, Tasnim, citant des sources iraniennes, a minimisé l’importance du rejet catégorique américain des contre-propositions iraniennes. «Cela n’a aucune importance. Personne en Iran n’élabore des plans pour faire plaisir à Trump (…) mais pour le bien de la nation iranienne. Si cela ne plaît pas à Trump, tant mieux. Ce dernier n’aime pas la réalité et c’est pour cette raison qu’il continue de perdre en Iran». Ni guerre-ni paix La tactique iranienne consiste ainsi à maintenir cette situation de ni guerre-ni paix, plus coûteuse au final pour les Américains qu’une fin des hostilités, dans l’espoir d’obtenir autant d’acquis que possible. Un pari à haut risque qui n’est pas sans rappeler d’ailleurs l’aventure suicidaire dans laquelle le Hezbollah a entraîné le Liban après la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué lors d’une frappe américano-israélienne le 28 février. Comment le président américain compte-t-il réagir? En renforçant et en prolongeant indéfiniment le blocus imposé à l’Iran, pour le mettre à genoux, comme l’a préconisé dimanche soir, le sénateur républicain Lindsey Ghaham. Ce dernier a suggéré une opération «Projet freedom plus», (Projet Liberté élargi) mais sans développer son idée. Une option que Donald Trump n’a pas écarté lundi, dans une déclaration à Fox News. L’opération en question consistait jusque-là à aider les pétroliers et autres cargos coincés dans la mer d’Oman et le Golfe à traverser le détroit d’Ormuz, toujours fermé par les Iraniens. Retournera-t-il à l’option militaire, avec le soutien de son allié israélien? Une fois la réponse iranienne parvenue, le président américain a eu un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui doit tenir ce soir une réunion de concertations avec un certain nombre de ministres et de responsables militaires israéliens. Israël reste prêt à intervenir et ne cache pas sa volonté d’écraser le régime des mollahs, pour en finir une fois pour toutes, avec la menace iranienne. Pour l’heure, Donald Trump se garde toujours de faire part de ses intentions. Qualifiant la réponse iranienne de «stupide», il s’est contenté d’affirmer au cours d’une conférence de presse à la Maison Blanche, qu’il dispose d’un plan, «le meilleur de tous les temps». «L’Iran ne peut pas avoir l’arme nucléaire. Il a été militairement vaincu, totalement. Il en reste un peu. Ils ont probablement réussi à se reconstituer pendant cette période. On est en train de les neutraliser en à peu près une journée», a-t-il dit, en laissant entendre que la trêve risque de s’effondrer. Il a accusé les Iraniens de formuler des promesses et de s’en désengager par la suite, promettant d’en finir rapidement avec le danger qu’ils représentent. Une autre question qui taraude les esprits dans ce contexte de bras-de-fer tendu: l’Iran cherchera-t-il, dans le cadre de son affrontement avec les États-Unis, à faire capoter par l’intermédiaire du Hezbollah les négociations libano-israéliennes prévues le jeudi 14 et le vendredi 15 mai à Washington? Cette formation qui a plongé le Liban malgré lui dans le conflit régional et qui a jusque-là fait la sourde oreille à toutes les injonctions des autorités visant à mettre fin à l’escalade en cours, dispose de plusieurs leviers pour exercer une pression maximale sur celles-ci. Le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, ont tenu lundi chacun une réunion préparatoire avec l'ambassadeur américain Michel Issa, qui sera présent aux pourparlers. Les deux ont appelé Washington à «faire pression» sur Israël pour qu'il cesse ses opérations, alors que sur le terrain, les combats entre le Hezbollah et Israël se poursuivent avec de plus en plus d’intensité.

Trump attendu en Chine, Netanyahu refuse toujours la paix
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LevantTime .
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mai 10, 2026 - 22:27

La semaine écoulée au Moyen-Orient a été celle du maintien d’un fragile équilibre en attente d’un événement majeur dans la suivante: la visite du président américain Donald Trump en Chine. La deuxième puissance mondiale n’a pas encore eu son mot à dire dans le conflit qui oppose son allié et un de ses principaux fournisseurs énergétiques, l’Iran, à son premier rival planétaire. Quoiqu’il en soit, un autre allié, celui des Américains, a encore une fois fait parler de lui : le Premier ministre israélien a jugé que la «guerre n’est pas finie», tant qu’il «reste encore des matières nucléaires – de l'uranium enrichi – qui doivent être retirées d'Iran" et "des sites d'enrichissement à démanteler", a affirmé Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS. Entre-temps, les négociations directes entre l’Iran et les États-Unis restent au point mort. L'Iran a finalement annoncé dimanche avoir répondu au plan américain, présenté vendredi, visant à mettre un terme à la guerre. La télévision d'Etat a indiqué que la réponse transmise dimanche, via le médiateur pakistanais, était "axée sur la fin de la guerre (...) sur tous les fronts, en particulier au Liban, et sur la garantie de la sécurité de la navigation maritime", sans plus de détails. Les dissensions iraniennes intérieures ont fait l’objet d’un article remarquable dans le journal britannique Telegraph, mentionné dimanche par des médias arabes. Selon le journal, les éléments les plus extrémistes à Téhéran, qui représentent actuellement une minorité, sont opposés à une solution pacifique. Ils vont même jusqu’à accuser le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi d’avoir eu un rôle dans l’assassinat, le 28 février dernier, de l’ancien guide suprême Ali Khamenei, dans le but de le discréditer. Bref, un chaos grandissant qui expliquerait le retard dans les réponses aux propositions américaines. Dans un entretien enregistré plus tôt dans la semaine et diffusé dimanche, Donald Trump a estimé que les Iraniens étaient "vaincus sur le plan militaire", mais laissé entendre que l'armée américaine pourrait "rester sur place deux semaines supplémentaires et frapper toutes les cibles" identifiées, pour apporter une "touche finale". Frappes-surprises sur les ports iraniens À défaut de pourparlers directs, ce sont des frappes-surprises et limitées qui ont été menées par l’armée américaine contre l’Iran, principalement en milieu de semaine. Ces frappes ont ciblé, entre autres, les ports iraniens de Qeshm et de Bandar Abbas, et ont été présentées comme étant de «petit accrochage» par Donald Trump. Celui-ci a tôt fait de préciser que le cessez-le-feu n’était pas terminé. Samedi, deux pétroliers iraniens qui tentaient de s’approcher de ports ont été la cible de tirs américains. Une façon de rappeler que le blocus se maintient sur les ports iraniens. Le Qatar, le Koweït et les Emirats arabes unis, désormais cible récurrente des hostilités iraniennes, ont été ciblés par des drones dimanche. En milieu de semaine également, le président américain avait décidé de suspendre son «Projet Liberté», supposé faire accompagner, par l’armée américaine, les navires bloqués en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz et qui voudraient le traverser sans encombre. Escalade et assassinat au Sud et dans la banlieue Au Liban, les yeux sont rivés sur la troisième réunion libano-israélienne à Washington, qui se tiendra les 14 et 15 mai, tel qu’annoncé par un responsable américain resté anonyme et dont les propos ont été repris par les médias. Selon les informations de la chaîne locale, MTV, le chef de la délégation libanaise, l’ancien ambassadeur Simon Karam, serait déjà en route pour la capitale américaine. La revendication principale, du côté libanais, devrait être celle de consolider un véritable cessez-le-feu et le retrait israélien des zones occupées. Selon des sources citées par des médias israéliens et relayées par des médias libanais samedi soir, «les pourparlers se concentreront sur le désarmement du Hezbollah, sur les questions relatives aux frontières et sur un futur accord». Le message, en bref, est qu’il n’y aurait pas de retrait sans désarmement de la formation pro-iranienne. À deux reprises cette semaine, le secrétaire d’Etat Marco Rubio l’a accusé d’être un «obstacle» à la paix entre Israël et le Liban. Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar, a assuré samedi que son pays n’a pas de visées territoriales au Liban, mais essaie d’éviter «un nouveau 7 octobre». Les voix du Hezbollah s’élèvent toujours pour dénigrer ces négociations. Une fois de plus, c’est le député Hassan Fadlallah qui s’y met, estimant que de telles négociations sont «anticonstitutionnelles», et qu’il faut se contenter de négociations «indirectes». Sur le terrain, l’événement le plus notable dans la confrontation entre le Hezbollah et Israël a été l’assassinat du commandant de la force d’élite al-Radwane de la milice, Ahmad Ballout, mercredi soir, dans la banlieue-sud de Beyrouth. C’était non seulement la première fois que la banlieue était frappée depuis le cessez-le-feu du 16 avril, mais cet assassinat a fait resurgir la question de l’ampleur des brèches sécuritaires au sein du parti, qui avaient permis des assassinats israéliens de grande envergure en 2024. Au sud du pays, la population vit toujours un véritable enfer: des dizaines de nouveaux villages évacués de force par un simple appel du porte-parole de l’armée israélienne sur X, des raids et des bombardements continus, des dizaines de vies sacrifiées. L’escalade ne s’est pas simplement traduite par un nombre croissant de raids et de missiles, mais par une extension géographique des opérations israéliennes hors du Liban-Sud, même jusqu’au Mont-Liban, avec deux frappes dans le Chouf, faisant trois morts. Prémices d’une extension de la guerre? De son côté, le Hezbollah a poursuivi ses attaques à un rythme très soutenu, comptant plus que jamais sur ses drones explosifs que les Israéliens ont beaucoup de mal à détecter, suivant des articles parus dans la presse de l’État hébreu. Salam à Damas C’est dans ce contexte que le Premier ministre libanais Nawaf Salam a rencontré samedi le président syrien Ahmad al-Chareh, en compagnie d’une délégation de ministres. Salam a clairement expliqué, dans ses déclarations, que sa visite visait à «régler les questions en suspens». Il a surtout assuré que les autorités libanaises n’accepteraient plus que des tentatives de déstabilisations de pays arabes «amis» soient menées à partir du Liban. Coïncidence? Les autorités syriennes, qui ont démantelé dernièrement plus d’un réseau qu’elles disent être liés au Hezbollah et œuvrant à déstabiliser le nouveau régime de Damas, ont déclaré le soir même que la formation pro-iranienne héberge des «criminels de l’ancien régime», assurant vouloir «récupérer ceux qui ont le sang des Syriens sur les mains». Le président syrien a également effectué le soir même un large remaniement ministériel, limogeant plusieurs ministres dont son propre frère, et nommant des responsables administratifs de régions.

Négociations: les USA et l’Iran jouent la carte du temps
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LevantTime .
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mai 3, 2026 - 16:39

La semaine écoulée peut être placée sous le signe des atermoiements au niveau des négociations US-Iran, où aucune percée majeure n’a été constatée malgré deux propositions iraniennes que le médiateur pakistanais a fait parvenir aux États-Unis. Jusque-là, de nombreux analystes soutenaient que l’Iran jouait la carte du temps, de par la fermeture de facto du détroit d’Ormuz, face à un Donald Trump qui serait pressé d’en finir avec la guerre, avant de devoir rendre des comptes au Congrès, après 60 jours de guerre, comme le veut la Constitution américaine. Mais depuis, il a y eu un retournement de situation: c’est le blocus américain sur les ports iraniens qui met la pression sur Téhéran. Les conséquences sont visibles de par la très importante dévaluation de sa monnaie nationale et un effondrement économique que les autorités iraniennes peuvent difficilement cacher, malgré leur rhétorique triomphaliste. Le président américain a dans le même temps pu contourner l’obstacle du Congrès cette semaine en estimant que vu le cessez-le-feu depuis le 7 avril, les jours de guerre ne se comptent pas comme 60 mais comme 38. Le temps ferait-il donc plus défaut aux Iraniens qu’aux Américains désormais? Alors que la semaine avait commencé par un refus américain d’une première proposition iranienne, les négociateurs iraniens ont fait parvenir vendredi une deuxième aux États-Unis via le médiateur pakistanais. Les conditions avancées restent presque identiques aux premières: un délai d’un mois pour trancher les principales questions en suspens, une cessation définitive des hostilités sur tous les fronts, notamment au Liban, un ajournement des pourparlers sur le nucléaire, une réouverture du détroit d’Ormuz, des indemnités pour les dégâts de guerre et un déblocage des fonds iraniens gelés… «L’Iran n’a pas encore payé un prix assez fort» À cette proposition, Donald Trump a répondu avec scepticisme (même si la réponse américaine officielle n’a pas encore été donnée). Devant des journalistes à la Maison Blanche, il a affirmé ne pas être «satisfait». Puis sur son réseau Truth Social, il a écrit: «L’Iran n’a pas encore payé un prix assez fort». Et même si les derniers jours ont été marqués par un attentisme sur le front des négociations Iran-US, les bruits de bottes n’ont pas complètement disparu. Ainsi, vers la fin de la semaine, l’armée iranienne elle-même estimait «probable» une reprise des combats avec les Américains, les accusant une nouvelle fois de ne respecter aucun accord. De son côté, le site américain Axios a relayé des informations suivant lesquelles le Commandement central américain pour le Moyen-Orient avait préparé un plan pour des frappes de courte durée et de grande intensité sur l’Iran, au cas où ce serait nécessaire pour débloquer les négociations. Les Israéliens, mécontents depuis le début de cette trêve dans les combats, ne sont pas en reste: jeudi, leur ministre de la Défense Israel Katz a dit que son pays pourrait agir à nouveau contre l’Iran. Coût exorbitant à tous les niveaux Cette semaine a aussi été celle de la réapparition d’un autre acteur-clé au Moyen-Orient, qui se faisait discret jusque-là: le président russe Vladimir Poutine, qui recevait le weekend dernier le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, a eu un entretien téléphonique avec Donald Trump cette semaine. Le Kremlin a annoncé que Poutine avait exposé à Trump les graves conséquences qu’aurait une nouvelle campagne militaire contre l’Iran. En tout état de cause, cette guerre lancée le 28 février dernier a un coût à tous les niveaux. Mondialement, la hausse des prix du carburant oblige les gouvernements du monde entier à prendre des mesures afin d’en limiter les dégâts, et pèse sur tous les secteurs: un exemple flagrant cette semaine est celui d’une compagnie aérienne américaine qui a cloué ses avions au sol. Pour les États-Unis, ce conflit a coûté 25 milliards de dollars jusque-là, selon les estimations du Pentagone. Un coût pour l’Iran évidemment, qui commence à donner des signes d’essoufflement. Et pour la Chine aussi, indirectement, qui importait une bonne partie de son pétrole d’Iran à prix préférentiel. Autre conséquence de la guerre en Iran, la poursuite effrénée des arrestations d’opposants et d’exécutions. Cette semaine, le Haut-commissariat des droits de l’homme de l’ONU a dénoncé 21 exécutions et près de 4000 arrestations en Iran depuis le début du précédent conflit. Les rapports sur les craintes des Gardiens de la Révolution concernant un éventuel nouveau soulèvement populaire en raison des difficultés économiques se multiplient dans les médias. Également dans l’intérieur iranien, il faut noter un rapport publié cette semaine par Reuters montrant l’emprise des Gardiens de la Révolution iranienne sur le pays dorénavant, avec un Guide suprême affaibli. La scène libanaise, victime du choc des agendas Parallèlement à l’attentisme dans le dossier iranien, la scène libanaise est bouillante à plusieurs niveaux. Elle reste marquée par des tiraillements entre le camp qui reste attaché à l’influence iranienne, et les autorités officielles libanaises qui tentent d’extirper le pays de cette mainmise, au risque d’être soumises à des pressions américaines de plus en plus insistantes. Ces tiraillements se sont illustrés cette semaine par l’échec d’une réunion prévue au palais présidentiel de Baabda entre le président de la République Joseph Aoun, le chef du Parlement Nabih Berry (également à la tête d’Amal, mouvement chiite allié du Hezbollah) et le Premier ministre Nawaf Salam, en vue de discuter des modalités des négociations directes entre le Liban et Israël, commencées dans la première semaine de mars. L’hésitation est venue de Berry, qui avait auparavant affiché sa préférence pour des négociations indirectes, estimant dans un entretien avec le journal al-Sharq al-Awsat qu’«il n’est pas justifié de négocier sous le feu israélien». Le président Aoun, lui, est en proie à une pression américaine intense en vue d’une rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche. Il continue cependant d’y opposer un refus tant que le cessez-le-feu ne serait pas total, disant préférer, selon les sources de Baabda à la MTV, que la «photo» que recherche Washington vienne couronner un accord éventuellement, pas précéder celui-ci. Face aux pressions internes, le président a clairement déclaré cette semaine qu’il refuserait «un accord humiliant pour le Liban». Côté américain, l’impatience se fait ressentir. Donald Trump a mentionné, dans l’une de ses déclarations intempestives, qu’une rencontre Aoun-Netanyahu aurait lieu «dans les deux semaines». Mais le coup de pression le plus insistant est venu d’un communiqué de l’ambassade des États-Unis à Beyrouth jeudi, qui met en avant «la possibilité, pour le Liban, de décrocher des garanties concrètes de pleine souveraineté, de recouvrement de l’intégralité de son territoire, de sécurité de ses frontières, de soutien humanitaire et d’aide à la reconstruction» par les Etats-Unis, s’il accepte une telle réunion. Le texte parle «d’occasion historique». Aucun doute que le président Aoun est au cœur de tous les tiraillements, tout comme le Premier ministre Nawaf Salam. Ils sont régulièrement la cible de campagnes diffamatoires de plus en plus orchestrées et virulentes par le «public de la Résistance». Cette semaine, un rapport des services secrets israéliens, relayé par des médias israéliens, a parlé de «potentielles» menaces sur la vie du président libanais en raison de son engagement en faveur des négociations directes avec Israël. Une menace «que Baabda prend au sérieux», selon ses sources à des médias libanais, mais qui «ne feront pas reculer le président dans son initiative pour sauver le Liban». «Angry Birds» et violence au Sud Joseph Aoun s’attache donc à ses principes pour traverser la tempête, qui se déchaîne aussi de l’intérieur. Le bloc parlementaire du Hezbollah a publié un communiqué particulièrement virulent cette semaine, dénonçant «le déclin» des autorités libanaises dans leur engagement en faveur de négociations avec Tel Aviv, les accusant de «se soumettre aux diktats» américains. Les tensions sont également passées dans le domaine virtuel: une vidéo d’animation parodique publiée par la chaîne LBCI montrant les dirigeants du Hezbollah, notamment Naïm Qassem, son secrétaire général, sous les traits des personnages des «Angry Birds», a causé un vif émoi au sein du «public du Hezbollah» et force injures. Celui-ci s’est déchaîné contre le patriarche maronite Béchara Raï, victime d’une campagne de dénigrement ayant dépassé toutes les lignes rouges possibles, et qui a été condamnée par les trois pôles du pouvoir. Cette nervosité de la base du Hezbollah s’explique notamment par la situation au sud du pays: la semaine a été extrêmement violente, avec un nombre croissant de raids aériens, de bombardements, de dynamitage de villages entiers et de morts. Même si Israël semble lui aussi pris dans un bourbier, les dégâts sont infimes de son côté comparé à ceux essuyés par le Hezbollah et la population libanaise. Dimanche, un appel pour l’évacuation de onze nouveaux villages a été de nouveau lancé par l’armée israélienne. On retiendra, cette semaine, une demande de Netanyahu, lors d’un coup de fil à Trump, d’un élargissement des opérations au Liban. Demande rejetée par le président américain qui ne veut pas mettre en péril les négociations sur les deux dossiers. Ce dernier a «conseillé» au Premier ministre israélien d’arrêter de détruire des immeubles au Liban parce que cela «nuit à l’image d’Israël».

Nouvel attentat manqué contre Trump; longue semaine d’atermoiements à Islamabad

Les négociations entre Iraniens et Américains, qui sont dans le flou après cette longue semaine de va-et-vient à Islamabad, ont été éclipsées dimanche matin (horaire du Levant) par la nouvelle d’un attentat manqué contre le président américain Donald Trump lors du dîner des correspondants de la Maison-Blanche. Le président Trump, dans une première réaction à chaud, a indiqué ne pas savoir si la guerre en Iran est liée à cette tentative d’attentat. Le dîner de l’Association des correspondants de la Maison-Blanche, une tradition annuelle, devait se dérouler paisiblement en présence du président Donald Trump, des membres de son gouvernement et de nombreuses personnalités politiques. Mais une (nouvelle) tentative d’attentat contre l’homme le plus puissant du monde a eu lieu dans cet environnement prestigieux, hautement sécurisé, du Hilton de Washington. Un homme muni de « plusieurs armes », selon les premières informations, a pu dépasser toutes les barrières de sécurité pour s’approcher du hall où se trouvaient pratiquement tous les grands dirigeants du pays, et ouvrir le feu. L’incident a fait deux blessés, dont un officier, et l’homme a été capturé vivant : il s’agit d’un jeune enseignant américain de 31 ans de Californie, Cole Thomas Allen. La thèse du loup solitaire semble prévaloir pour le moment mais d’autres ne sont pas à écarter. Au cours d’une conférence de presse qu’il a donnée juste après à la Maison-Blanche, Donald Trump a estimé qu’il ne savait pas encore si la guerre avec l’Iran aurait un lien avec l’attentat. Il a cependant martelé que cela n’allait pas le pousser à renoncer à cette guerre. Impasse à Islamabad Loin de cet incident, la semaine écoulée a été marquée par les rendez-vous manqués dans les négociations entre l’Iran et les Etats-Unis. En début de semaine, tous les regards étaient dirigés vers la date butoir du 22 avril, dernier délai dans le cessez-le-feu concédé par Trump aux Iraniens, deux semaines plus tôt. A un moment où les Iraniens annonçaient leur refus de se rendre à Islamabad pour un deuxième round de négociations, la surprise est venue de Washington, quelques heures seulement avant l’expiration du délai : le président des Etats-Unis a annoncé lui-même la prolongation « jusqu’à nouvel ordre » du cessez-le-feu avec l’Iran, afin de donner une chance aux négociations. Les interprétations de cette décision étaient multiples : le président américain se sentirait-il piégé par cette guerre ou préparerait-il une attaque surprise ?... La semaine s’est écoulée au rythme des déclarations de part et d’autre, notamment du côté iranien qui persiste à refuser de se rendre à des négociations qui ne « mènent nulle part ». Clairement, les Iraniens, furieux du blocus imposé par les Etats-Unis, continuent d’opposer une résistance aux demandes des Américains portant sur les missiles balistiques, le nucléaire, les bras armés dans la région… Cependant, des informations sur de graves dissensions entre les pôles du régime iranien commencent à poindre, qui culmineront avec la démission du président du Parlement iranien, Mohammad Calibaf, de la délégation de négociations. Ce sursis américain vise-t-il à laisser le temps à ces dissensions de se décanter ? Vendredi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’est déplacé à Islamabad, en prenant soin de préciser qu’il ne s’y rendait que pour effectuer des pourparlers avec ses pairs pakistanais. Il a en fait transmis une nouvelle feuille de route iranienne destinée aux Américains et dont la teneur a poussé le président Trump à annuler le voyage de ses deux émissaires, Steve Witkoff et Jared Kushner, au Pakistan, signifiant clairement qu’il ne donnerait le feu vert à ce déplacement que si les Iraniens montrent davantage d’implication dans ces pourparlers. Au niveau des opérations militaires, le blocus américain des ports iraniens se poursuit, et il semble qu’il asphyxie effectivement ce qui reste de l’économie iranienne, d’où l’agressivité grandissante des Gardiens de la Révolution dont la rhétorique de menaces contre l’armée américaine et les pays voisins va crescendo. Le détroit d’Ormuz reste de facto fermé, avec toutes les conséquences prévisibles sur l’économie mondiale. Dans ce contexte, un incident impliquant l’Irak a été signalé samedi : alors que le cessez-le-feu a desserré l’étau sur les pays du Golfe, cibles des missiles iraniens depuis le début de cette guerre, des tirs de drones provenant vraisemblablement d’un groupe pro-iranien en Irak, ont atteint des postes-frontières au Koweït. Bien que les autorités irakiennes aient fortement dénoncé l’incident, celui-ci a montré le peu d’emprise des dirigeants irakiens sur les milices toujours opérationnelles sur le territoire irakien. Deuxième round de négociations à la Maison-Blanche La semaine au Liban a été plus mouvementée qu’en Iran, notamment sur le plan diplomatique. La deuxième rencontre directe israélo-libanaise a eu lieu jeudi à Washington, une fois de plus entre l’ambassadrice du Liban Nada Moawad et l’ambassadeur d’Israël Yechiel Leiter. Cette deuxième rencontre a pris cependant une autre ampleur que la première puisqu’elle a eu lieu à la Maison-Blanche, au bureau ovale, et non plus au Département d’Etat, qui plus est, en présence du président Trump, du vice-président JD Vance, du secrétaire d’Etat Marco Rubio et de l’ambassadeur des Etats-Unis à Beyrouth, Michel Issa. Ce qu’on peut retenir de cette rencontre qualifiée d’« historique », est la prolongation du cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël pour une période de trois semaines (le Liban avait demandé 60 jours), ainsi qu’une annonce faite par Trump qui a indiqué que l’arrêt du financement iranien au Hezbollah deviendrait une condition « incontournable » dans les négociations irano-américaines. Au-delà de ce moment, la suite de ces négociations directes entre le Liban et Israël pose plusieurs points d’interrogation : jusqu’où peut aller le président libanais Joseph Aoun, sachant que le président américain semble pressé de parvenir à un succès diplomatique, insistant une fois de plus sur la nécessité de rassembler Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison-Blanche, une éventualité que le premier continue d’écarter ? Comment Joseph Aoun peut-il passer outre à la forte opposition du duo chiite à ces négociations ? En tout état de cause, le président libanais a exprimé sa détermination à poursuivre sur cette voie « pour sauver le pays » et pour redonner à l’Etat libanais sa pleine souveraineté sur la décision de guerre et de paix, comme il l’a souligné lors de sa participation à un sommet européen à Chypre, vendredi. Sur la scène interne, le Hezbollah a poursuivi ses attaques verbales contre ces négociations, demandant à l’Etat d’y mettre fin. De son côté, le président du Parlement et chef d’Amal, Nabih Berry, a déclaré cette semaine, en substance, qu’il n’est pas contre les négociations, mais qu’il préfère qu’elles soient indirectes. Concertations à Chypre Le ballet diplomatique concernant la situation au Liban était intense aussi cette semaine. A Chypre, le président Aoun s’est entretenu avec le président français Emmanuel Macron, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le président syrien Ahmad el-Chareh et d’autres dirigeants arabes. Le Premier ministre Nawaf Salam a été reçu à l’Elysée le 25 avril, et son discours au Luxembourg devant le Conseil de l’Europe a rejoint la fermeté de ton de celui du président Aoun à Chypre. Quant au leader druze Walid Joumblatt, il a été reçu par le président Chareh à Damas, samedi. Par ailleurs, le rôle saoudien a été relancé cette semaine avec la mission à Beyrouth de l’émissaire Yazid Ben Farhan, après une visite d’un envoyé de M. Berry en Arabie saoudite quelques jours plus tôt. En tout état de cause, l’attention se porte sur une réunion prévue lundi entre les trois pôles du pouvoir libanais, Joseph Aoun, Nabih Berry et Nawaf Salam, au palais de Baabda, pour discuter des modalités des négociations, selon les informations d’al-Jadeed. Sera-t-elle le début d’un front commun uni sur ce plan ou consacrera-t-elle les dissensions existantes ? Reprise des raids au Sud En ce qui concerne la situation sur le terrain au Liban-Sud, la semaine s’est achevée sur la position de M. Netanyahu qui a donné l’ordre à l’armée israélienne d’attaquer « avec force » les positions du Hezbollah au Liban. L’aviation de Tsahal a aussitôt repris ses raids contre des installations du parti pro-iranien dans la région méridionale du pays sans toutefois étendre ses attaques plus en profondeur et à la banlieue-sud. Dans la nuit de samedi, quinze raids ont ainsi été menés. Les attaques aériennes se sont poursuivies dans la journée de dimanche, notamment dans les régions de Nabatieh et Bint Jbeil. La fin de la semaine a en outre été marquée par une attaque israélienne au drone qui a couté la vie à une journaliste du quotidien pro-Hezbollah al-Akhbar , Amale Khalil, dans le village d’el-Tireh, dans le caza de Bint Jbeil. Ce drame a été particulièrement poignant car la journaliste a été poursuivie, avec une collègue, par le drone dans la maison où elle s’était retranchée, et les secours ont été empêchés de parvenir jusqu’à elle durant plusieurs heures. Le Liban devrait porter plainte devant les instances internationales, selon le ministre de l’Information. Deux autres incidents graves ont eu lieu, d’autre part, dans le Grand Beyrouth, samedi soir : une intervention brutale de la Sûreté de l’Etat contre un propriétaire de générateurs (responsable au Courant du futur de Saad Hariri) dans le quartier de Sakiet el-Janzir a fini en émeutes et par des fermetures de routes dans plusieurs quartiers sunnites de Beyrouth. L’officier qui conduisait l’unité de la Sûreté de l’Etat qui s’est livrée à l’intervention intempestive est proche du Hezbollah, ce qui explique la fronde populaire dont ont été le théâtre les quartiers sunnites. A la suite de cette tension, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire a ouvert une enquête et a interrogé l’officier en question et les agents du service sécuritaire impliqués dans l’affaire. Autre incident grave survenu samedi soir : l’agression dont ont été victimes un agent municipal de Fanar et le prêtre de la paroisse de Fanar de la part de deux partisans du Hezbollah, provoquant une vive tension au sein de la population de cette banlieue de Beyrouth. Les deux agresseurs ont été appréhendés et livrés aux Renseignements des Forces de Sécurité intérieure.

Une semaine mouvementée qui s’achève sur deux développements majeurs
By
Taline Becharraoui
Published
avr. 19, 2026 - 20:02

Des négociations libano-israéliennes directes, inédites depuis 1983 ; un cessez-le-feu précaire au Liban-Sud ; un détroit d’Ormuz toujours au centre de tiraillements irano-américains ; résumé d’une semaine mouvementée au Moyen-Orient qui s’achève sur deux développements cruciaux. La semaine écoulée s’est achevée en ce dimanche 19 avril par une double annonce de la plus haute importance. Sur un ton ferme qui contraste avec ses déclarations traditionnelles, le président Donald Trump a indiqué dimanche après-midi (heure du Levant) que ses représentants se rendront à Islamabad lundi soir en vue d’un ultime round de pourparlers, mardi, au cours duquel le régime iranien devra avaliser un accord « très juste et raisonnable » proposé par Washington. A défaut, a affirmé le chef de la Maison Blanche, l’armée US « détruira chaque centrale électrique et chaque pont ». « Finie la gentillesse, a lancé le président Trump. S’ils n’acceptent pas l’accord, ce sera un honneur pour moi de faire ce qui aurait dû être fait par d’autres présidents au cours des 47 dernières années. Il est temps de mettre fin à la machine à tuer iranienne ». Seconde annonce d’importance qui clôt la semaine : l’Elysée a indiqué dans l’après-midi que le président Emmanuel Macron recevra mardi le Premier ministre Nawaf Salam. En amonts de ces deux développements majeurs, le Liban a été au rendez-vous d’une semaine aussi mouvementée que les précédentes, mais ponctuée d’un événement historique, dans toute l’acception du terme : le lancement de négociations directes avec Israël, une première depuis 1983. Certes, la rencontre de Washington, le 14 avril, entre les ambassadeurs du Liban, Nada Hamadé Mouawad, et d’Israël, Yechiel Leiter, sous l’égide et en présence du secrétaire d’Etat Marco Rubio et en présence aussi de l’ambassadeur américain au Liban Michel Issa, était prévue. La photo qui en a résulté et qui a fait le tour du monde n’en a pas moins eu un effet colossal, autant sur la scène libanaise que dans les capitales intéressées. Ce qui a transparu de cette réunion pose les bases de négociations à plus long terme. Alors que Marco Rubio soulignait l’importance du moment tout en reconnaissant que le processus « prendra du temps », c’est l’ambassadeur d’Israël à Washington qui a été le plus bavard, assurant que les deux pays « ont découvert être du même côté », parlant de délimitation des frontières et d’un avenir de paix. L’ambassadrice du Liban s’est contentée de qualifier la réunion de « constructive », précisant avoir demandé la cessation des hostilités au Liban. Dans le communiqué conjoint, les Etats-Unis ont espéré que les pourparlers se poursuivront et qu’ils aboutiront à un accord de paix. Au Liban, les pourparlers ont provoqué des réactions diamétralement opposées, conformément aux profondes divergences politiques. Sans surprise, le Hezbollah les a qualifiés de « capitulation », ses milieux disant préférer que le Liban « profite du soutien de l’Iran » dans le cadre de ses propres pourparlers avec les Etats-Unis. Le camp souverainiste a salué ces pourparlers avec Israël, non seulement en vue d’une paix durable, mais aussi pour que l’Etat libanais se sépare une fois pour toutes de l’axe iranien, en consacrant le droit du Liban de négocier son propre avenir. Dans ce brouhaha, une voix est restée silencieuse, celle du président du Parlement Nabih Berry, qui est par la même occasion chef du mouvement Amal, l’autre composante du duo chiite avec le Hezbollah. Dans un geste que beaucoup cherchent toujours à décrypter, celui-ci a envoyé son second, l’ancien ministre Ali Hassan Khalil, en Arabie saoudite, en parallèle avec la réunion de Washington. Si cette première réunion s’est terminée avec l’assurance de contacts futurs, aucun nouveau rendez-vous n’a été annoncé officiellement. Mais cette étape devait provoquer un effet boule de neige puisque le cessez-le-feu demandé par le Liban en vue de poursuivre le dialogue devait se réaliser deux jours plus tard. Jeudi, le président de la République Joseph Aoun a vécu une journée placée sous le signe des entretiens téléphoniques cruciaux. Alors que le secrétaire d’Etat Marco Rubio proposait de le mettre en contact direct avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Aoun a refusé, campant sur sa position de revendication d’un cessez-le-feu. Une attitude qui est restée inchangée même quand c’est le locataire de la Maison-Blanche lui-même qui s’est retrouvé à l’autre bout du fil. Avec sa fougue habituelle, Donald Trump a annoncé qu’il rassemblerait Aoun et Netanyahu à Washington « bientôt ». Fermeté de ton à Baabda Un cessez-le-feu de dix jours devait être le fruit des contacts de cette semaine écoulée. Il est entré en vigueur à minuit dans la nuit de jeudi à vendredi. Selon les informations ayant fuité dans les médias internationaux, le président Trump aurait quelque peu forcé la main aux Israéliens pour obtenir cette accalmie, nécessaire selon lui sur les fronts libanais et iranien. Bien que clairement annoncée par le président américain suite à son entretien téléphonique avec son homologue libanais, le camp du Hezbollah n’allait pas tarder à essayer de tirer la couverture de son côté, en bon champion de la récupération, une propagande dont les stars étaient le cadre Mahmoud Qomati et le député Hassan Fadlallah. Ce dernier ira même jusqu’à dire que c’est l’ambassadeur d’Iran, celui-là même que l’Etat libanais considère comme persona non grata, qui lui a annoncé le cessez-le-feu… Un signe de plus de l’allégeance absolue du parti à Téhéran, qui préfère accorder la paternité à son parrain plutôt qu’au pouvoir libanais. Sur le terrain, comme à son habitude, le Hezbollah a proclamé la « victoire divine », à coups de tirs en l’air et de roquettes en plein ciel de Beyrouth, faisant au moins deux victimes. Les scènes bien familières de retour des voitures vers le sud sur des routes cassées, drapeau du Hezbollah en main, se sont répétées, malgré les mises en garde concernant la fragilité et le caractère provisoire de cette trêve. Face à cette rhétorique belliqueuse grandissante du Hezbollah et du parrain iranien, c’est un message adressé à la nation par le président Aoun, vendredi soir, qui devait remettre les pendules à l’heure. Sans inclure l’Iran dans ses remerciements, Joseph Aoun a assuré qu’il irait où il faudra pour sauver son pays et son peuple, dans une claire allusion aux négociations directes qui se poursuivraient, soulignant que celles-ci n’étaient ni un signe de faiblesse ni une reddition. Dans ce discours au ton ferme, il a clairement entériné la séparation avec l’axe iranien, tout en réitérant la détermination de l’Etat libanais à étendre sa souveraineté sur tout le pays, en négociant le retrait israélien des territoires nouvellement (re)conquis. Ce discours a été vastement salué par ceux qui ont été ravis de retrouver la même veine que le discours d’investiture du président, en janvier 2025, alors que d’autres restent circonspects, pointant du doigt l’inaction du pouvoir libanais face au Hezbollah en quinze mois, dont la conséquence directe a été l’ouverture d’un nouveau front contre Israël en mars 2026. Du côté du Hezbollah, le discours a définitivement consommé la rupture entre les deux parties, comme l’a vociféré l’incontournable Qomati, qui a menacé de faire tomber le gouvernement dans la rue. Mais la confrontation ne se limite pas aux accusations verbales de trahison et aux menaces : samedi, un Casque bleu français de la FINUL a été tué, et trois autres blessés, par des tirs directs au Liban-Sud. Même si le Hezbollah a nié toute implication dans l’incident, le président français Emmanuel Macron et la FINUL elle-même l’ont immédiatement pointé du doigt sur base d’éléments de l’enquête préliminaire. La ministre française des Armées a parlé « d’embuscade ». L’autre surprise de la semaine a été la « réapparition » du secrétaire général du Hezbollah Naïm Qassem, dans un discours enregistré diffusé le 13 avril, à la veille des négociations directes de Washington, dans lequel il rejette les contacts directs avec Israël et les qualifie de « soumission ». Dans un autre message diffusé le 18 avril cette fois, Qassem a poursuivi ses attaques contre les pourparlers, mais soulignie l’ouverture de son parti à une « pleine coopération avec les autorités libanaises ». Répartition des rôles au sein du parti ou réelles divergences entre une ligne plus dure et une autre plus conciliante ? En Iran, incertitudes sur la trêve Sur le front iranien, la semaine a été ponctuée de déclarations intempestives et contradictoires de la part du président américain et de dirigeants iraniens qui soufflent toujours le chaud et le froid. Les pays médiateurs, à leur tête le Pakistan, s’activent pour garder vivant le processus de négociations directes, commencé deux semaines plus tôt. Désormais, tous les regards sont tournés vers la semaine prochaine, qui devrait être décisive dans le sens où la trêve décrétée par Washington prend fin mercredi, et qu’un nouveau round de pourparlers devrait se tenir à Islamabad. Aura-t-il lieu et la trêve serait-elle prolongée en l’absence d’accord ? La situation devrait s’éclaircir dans les prochains jours, mais la possibilité d’un renouvellement du conflit est loin d’être écartée. Au centre des préoccupations cette semaine a été le détroit d’Ormuz, tantôt « ouvert », tantôt « fermé », dans un feuilleton qui continue de peser sur le prix du pétrole et sur l’économie mondiale. Dans le cadre d’un blocus américain sur les ports iraniens qui se poursuit, on retient que l’Iran a déclaré ouvert le détroit dans la foulée du cessez-le-feu au Liban, avec force déclarations sur la relation de cause à effet entre les deux événements, Téhéran voulant donner l’impression de réagir à une réalisation qu’il s’attribue. La semaine s’est toutefois terminée sur une note nettement plus négative, puisque les Gardiens de la Révolution ont recommencé à viser des navires marchands, justifiant dans des communiqués publiés via les médias iraniens d’Etat cette nouvelle « fermeture » du détroit par le refus américain de mettre fin au blocus.

Entre négociations-surprises et attaques-surprises, la semaine de tous les rebondissements

Entre le 5 et le 12 avril, la semaine écoulée a été particulièrement riche en événements au Moyen-Orient. Elle s’est clôturée en ce dimanche 12 avril, à l’aube, par l’annonce de l’échec des négociations entre les Etats-Unis et l’Iran, à Islamabad, tandis qu’en milieu de semaine, Israël donnait son aval à des négociations directes avec le Liban, fixées au mardi 14 avril, à Washington. Le 8 avril, l’aviation israélienne lançait une attaque massive – une centaine de raids en 10 minutes – contre des cadres et des positions du Hezbollah dans plusieurs quartiers de Beyrouth, ainsi que dans la Békaa et au Liban-Sud. La journée du 5 avril avait été marquée essentiellement par les propos tenus par le président Donald Trum qui avait proféré de graves menaces à l’encontre du régime iranien qui était sommé de mettre un terme aux obstacles qu’il dressait face à la libre circulation maritime dans le détroit d’Ormuz. Le président Trump avait fixé à l’Iran un ultimatum qui expirait mardi soir, 7 avril. Alors que tout indiquait, durant le week-end du 4 au 5 avril, que l’escalade était difficilement évitable, la surprise est venue quelques heures avant la fin de l’ultimatum. Une trêve de deux semaines était proclamée et des négociations étaient fixées au samedi 11 avril à Islamabad en vue d’un règlement entre les Etats-Unis et l’Iran, portant notamment sur le détroit d’Ormuz. L’offensive lancée par les Américains et les Israéliens contre le régime iranien prenait ainsi une autre tournure. En Iran, les canons se sont tus momentanément, même si le détroit n’a été rouvert que partiellement. Les deux parties, Iraniens comme Américains, ont tôt fait de proclamer la « victoire » de leur camp. Le régime iranien se félicite d’une victoire tactique contre ses deux puissants ennemis, se basant sur le fait que son régime a survécu malgré les coups reçus. Quant à Donald Trump, il a multiplié les « post » sur son réseau social Truth Social, affirmant en substance que « le régime a changé », que les nouvelles figures sont plus pragmatiques et « raisonnables », et que les Etats-Unis et leur allié israélien ont infligé une défaite militaire écrasante à l’Iran, à son armée et à son infrastructure, l’amenant sur la table des négociations avec la volonté de conclure un marché. Des vues inconciliables Les belligérants se sont retrouvés samedi 11 pour des négociations au Pakistan (le médiateur), à Islamabad, avec deux documents de travail contradictoires, de 15 points pour les Etats-Unis et de 10 clauses pour l’Iran, avec des vues inconciliables. Effectivement, dimanche matin (heure du Levant), le vice-président américain J.D Vance quittait Islamabad en annonçant l’échec des négociations, assurant avoir fait une « offre finale et la meilleure possible » aux Iraniens (AFP). Il a déploré, avant son retour à Washington « l’absence d’une promesse ferme » d’abandon du programme nucléaire iranien. L’Iran a fustigé, pour sa part, les « demandes déraisonnables » américaines, avant que le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baqaï, ne reconnaisse que « personne ne s’attendait » à un accord après une seule session. Il reste que la porte du dialogue ne serait pas entièrement fermée, comme s’est empressée de préciser un haut responsable de la diplomatie pakistanaise. Selon certaines informations, l’accord a achoppé sur deux points : la volonté du régime iranien de contrôler le détroit d’Ormuz et un engagement iranien d’arrêter l’enrichissement de l’uranium. De leur côté, les Etats-Unis ont refusé de libérer les fonds iraniens gelés et d’accorder à l’Iran le contrôle d’Ormuz. Ce détroit, rappelons-le, est un passage maritime naturel donc non soumis au contrôle des pays riverains. En tout état de cause, la délégation américaine a quitté Islamabad en laissant à ses interlocuteurs iraniens un document fixant les conditions que l’Iran devrait accepter pour aboutir à un accord. La délégation US était présidée par le vice-président américain J.D Vance, un homme qui avait exprimé des réserves au sujet de la guerre contre le régime iranien, accompagné des envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner. La délégation iranienne comprenait Mohammad Ghalibaf, président du Parlement et ancien général des Gardiens de la Révolution, et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. L’attaque du 8 avril Au Liban, la semaine écoulée a été principalement marquée par la vaste attaque aérienne lancée par une cinquantaine d’avions le mercredi 8 avril en début d’après-midi contre une centaine de cadres et de positions du Hezbollah dissimulés dans plusieurs quartiers de la capitale ainsi qu’à Baalbeck, au Hermel, à Saïda et d’autres régions du Liban-Sud. Selon la version donnée par l’armée israélienne, une réunion en ligne avait été organisée entre des responsables et des cadres du parti chiite afin de mettre au point un coup de force milicien à Beyrouth dans le but de renverser le gouvernement de Nawaf Salam, au sein duquel le Hezbollah est fortement minoritaire. Toujours d’après les sources israéliennes, les Renseignements de l’Etat hébreu avaient été informés de cette large réunion en ligne et les Services israéliens ont réussi à cibler tous les cadres participant, directement ou par leur présence, à la réunion dans les différentes régions en interférant au niveau de la fréquence et de l’identité informatique des liaisons en ligne. Cette attaque « informatique » (par des moyens « virtuels ») a duré 10 minutes à Beyrouth et les autres régions pour atteindre avec précision les nombreuses cibles. Compte tenu de l’effet de surprise et de l’heure de grande affluence à laquelle ont été lancés les raids (vers 14 heures), ce bombardement a fait de nombreuses victimes civiles. Le bilan s’est élevé à non moins de 180 tués parmi les cadres du Hezbollah et près de 200 tués parmi les civils, dans compter les dégâts matériels considérables dans certains quartiers de la capitale. Depuis ce sanglant épisode, l’opération militaire israélienne contre la capitale et sa banlieue a nettement baissé en intensité - apparemment sous pression américaine pour donner leur chance aux négociations avec l’Iran, ce pays ayant protesté contre la non-inclusion du Liban dans le cessez-le-feu avec les USA sans pour autant réagir pour protéger son allié (le Hezbollah) ou mettre en péril son rendez-vous à Islamabad. Les combats se poursuivent au Sud surtout autour de points névralgiques, comme la ville de Bint Jbeil que l’armée israélienne cherchait, dimanche, à contrôler totalement. En cette fin de semaine, les regards étaient braqués sur les préparatifs de la première séance de négociations directes libano-israéliennes, prévue mardi 14 avril à Washington, ainsi que la situation au détroit d’Ormuz où le président Trump a décidé, dimanche, d’imposer un blocus maritime afin de poursuivre les opérations de déminage auxquelles pourraient participer certains pays européens, dont la Grande-Bretagne et l’Allemagne.