Logo Levant Time
Retour à l’article
L'Essentiel de la semaine

Nouvel attentat manqué contre Trump; longue semaine d’atermoiements à Islamabad

Image d'actualité
Portrait de l'auteur
Par LevantTime .
Publié avr. 26, 2026 - 20:22

Les négociations entre Iraniens et Américains, qui sont dans le flou après cette longue semaine de va-et-vient à Islamabad, ont été éclipsées dimanche matin (horaire du Levant) par la nouvelle d’un attentat manqué contre le président américain Donald Trump lors du dîner des correspondants de la Maison-Blanche. Le président Trump, dans une première réaction à chaud, a indiqué ne pas savoir si la guerre en Iran est liée à cette tentative d’attentat.

Le dîner de l’Association des correspondants de la Maison-Blanche, une tradition annuelle, devait se dérouler paisiblement en présence du président Donald Trump, des membres de son gouvernement et de nombreuses personnalités politiques. Mais une (nouvelle) tentative d’attentat contre l’homme le plus puissant du monde a eu lieu dans cet environnement prestigieux, hautement sécurisé, du Hilton de Washington. Un homme muni de « plusieurs armes », selon les premières informations, a pu dépasser toutes les barrières de sécurité pour s’approcher du hall où se trouvaient pratiquement tous les grands dirigeants du pays, et ouvrir le feu.

L’incident a fait deux blessés, dont un officier, et l’homme a été capturé vivant : il s’agit d’un jeune enseignant américain de 31 ans de Californie, Cole Thomas Allen. La thèse du loup solitaire semble prévaloir pour le moment mais d’autres ne sont pas à écarter. Au cours d’une conférence de presse qu’il a donnée juste après à la Maison-Blanche, Donald Trump a estimé qu’il ne savait pas encore si la guerre avec l’Iran aurait un lien avec l’attentat. Il a cependant martelé que cela n’allait pas le pousser à renoncer à cette guerre.

Impasse à Islamabad

Loin de cet incident, la semaine écoulée a été marquée par les rendez-vous manqués dans les négociations entre l’Iran et les Etats-Unis. En début de semaine, tous les regards étaient dirigés vers la date butoir du 22 avril, dernier délai dans le cessez-le-feu concédé par Trump aux Iraniens, deux semaines plus tôt. A un moment où les Iraniens annonçaient leur refus de se rendre à Islamabad pour un deuxième round de négociations, la surprise est venue de Washington, quelques heures seulement avant l’expiration du délai : le président des Etats-Unis a annoncé lui-même la prolongation « jusqu’à nouvel ordre » du cessez-le-feu avec l’Iran, afin de donner une chance aux négociations. Les interprétations de cette décision étaient multiples : le président américain se sentirait-il piégé par cette guerre ou préparerait-il une attaque surprise ?... 

La semaine s’est écoulée au rythme des déclarations de part et d’autre, notamment du côté iranien qui persiste à refuser de se rendre à des négociations qui ne « mènent nulle part ». Clairement, les Iraniens, furieux du blocus imposé par les Etats-Unis, continuent d’opposer une résistance aux demandes des Américains portant sur les missiles balistiques, le nucléaire, les bras armés dans la région… Cependant, des informations sur de graves dissensions entre les pôles du régime iranien commencent à poindre, qui culmineront avec la démission du président du Parlement iranien, Mohammad Calibaf, de la délégation de négociations. Ce sursis américain vise-t-il à laisser le temps à ces dissensions de se décanter ? 

Vendredi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’est déplacé à Islamabad, en prenant soin de préciser qu’il ne s’y rendait que pour effectuer des pourparlers avec ses pairs pakistanais. Il a en fait transmis une nouvelle feuille de route iranienne destinée aux Américains et dont la teneur a poussé le président Trump à annuler le voyage de ses deux émissaires, Steve Witkoff et Jared Kushner, au Pakistan, signifiant clairement qu’il ne donnerait le feu vert à ce déplacement que si les Iraniens montrent davantage d’implication dans ces pourparlers. 

Au niveau des opérations militaires, le blocus américain des ports iraniens se poursuit, et il semble qu’il asphyxie effectivement ce qui reste de l’économie iranienne, d’où l’agressivité grandissante des Gardiens de la Révolution dont la rhétorique de menaces contre l’armée américaine et les pays voisins va crescendo. Le détroit d’Ormuz reste de facto fermé, avec toutes les conséquences prévisibles sur l’économie mondiale. 

Dans ce contexte, un incident impliquant l’Irak a été signalé samedi : alors que le cessez-le-feu a desserré l’étau sur les pays du Golfe, cibles des missiles iraniens depuis le début de cette guerre, des tirs de drones provenant vraisemblablement d’un groupe pro-iranien en Irak, ont atteint des postes-frontières au Koweït. Bien que les autorités irakiennes aient fortement dénoncé l’incident, celui-ci a montré le peu d’emprise des dirigeants irakiens sur les milices toujours opérationnelles sur le territoire irakien. 

Deuxième round de négociations à la Maison-Blanche

La semaine au Liban a été plus mouvementée qu’en Iran, notamment sur le plan diplomatique. La deuxième rencontre directe israélo-libanaise a eu lieu jeudi à Washington, une fois de plus entre l’ambassadrice du Liban Nada Moawad et l’ambassadeur d’Israël Yechiel Leiter. Cette deuxième rencontre a pris cependant une autre ampleur que la première puisqu’elle a eu lieu à la Maison-Blanche, au bureau ovale, et non plus au Département d’Etat, qui plus est, en présence du président Trump, du vice-président JD Vance, du secrétaire d’Etat Marco Rubio et de l’ambassadeur des Etats-Unis à Beyrouth, Michel Issa. 

Ce qu’on peut retenir de cette rencontre qualifiée d’« historique », est la prolongation du cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël pour une période de trois semaines (le Liban avait demandé 60 jours), ainsi qu’une annonce faite par Trump qui a indiqué que l’arrêt du financement iranien au Hezbollah deviendrait une condition « incontournable » dans les négociations irano-américaines. 

Au-delà de ce moment, la suite de ces négociations directes entre le Liban et Israël pose plusieurs points d’interrogation : jusqu’où peut aller le président libanais Joseph Aoun, sachant que le président américain semble pressé de parvenir à un succès diplomatique, insistant une fois de plus sur la nécessité de rassembler Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison-Blanche, une éventualité que le premier continue d’écarter ? Comment Joseph Aoun peut-il passer outre à la forte opposition du duo chiite à ces négociations ? 

En tout état de cause, le président libanais a exprimé sa détermination à poursuivre sur cette voie « pour sauver le pays » et pour redonner à l’Etat libanais sa pleine souveraineté sur la décision de guerre et de paix, comme il l’a souligné lors de sa participation à un sommet européen à Chypre, vendredi. 

Sur la scène interne, le Hezbollah a poursuivi ses attaques verbales contre ces négociations, demandant à l’Etat d’y mettre fin. De son côté, le président du Parlement et chef d’Amal, Nabih Berry, a déclaré cette semaine, en substance, qu’il n’est pas contre les négociations, mais qu’il préfère qu’elles soient indirectes.

Concertations à Chypre

Le ballet diplomatique concernant la situation au Liban était intense aussi cette semaine. A Chypre, le président Aoun s’est entretenu avec le président français Emmanuel Macron, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le président syrien Ahmad el-Chareh et d’autres dirigeants arabes. Le Premier ministre Nawaf Salam a été reçu à l’Elysée le 25 avril, et son discours au Luxembourg devant le Conseil de l’Europe a rejoint la fermeté de ton de celui du président Aoun à Chypre. Quant au leader druze Walid Joumblatt, il a été reçu par le président Chareh à Damas, samedi. Par ailleurs, le rôle saoudien a été relancé cette semaine avec la mission à Beyrouth de l’émissaire Yazid Ben Farhan, après une visite d’un envoyé de M. Berry en Arabie saoudite quelques jours plus tôt.

En tout état de cause, l’attention se porte sur une réunion prévue lundi entre les trois pôles du pouvoir libanais, Joseph Aoun, Nabih Berry et Nawaf Salam, au palais de Baabda, pour discuter des modalités des négociations, selon les informations d’al-Jadeed. Sera-t-elle le début d’un front commun uni sur ce plan ou consacrera-t-elle les dissensions existantes ?

Reprise des raids au Sud 

En ce qui concerne la situation sur le terrain au Liban-Sud, la semaine s’est achevée sur la position de M. Netanyahu qui a donné l’ordre à l’armée israélienne d’attaquer « avec force » les positions du Hezbollah au Liban. L’aviation de Tsahal a aussitôt repris ses raids contre des installations du parti pro-iranien dans la région méridionale du pays sans toutefois étendre ses attaques plus en profondeur et à la banlieue-sud. Dans la nuit de samedi, quinze raids ont ainsi été menés. Les attaques aériennes se sont poursuivies dans la journée de dimanche, notamment dans les régions de Nabatieh et Bint Jbeil.

La fin de la semaine a en outre été marquée par une attaque israélienne au drone qui a couté la vie à une journaliste du quotidien pro-Hezbollah al-Akhbar, Amale Khalil, dans le village d’el-Tireh, dans le caza de Bint Jbeil. Ce drame a été particulièrement poignant car la journaliste a été poursuivie, avec une collègue, par le drone dans la maison où elle s’était retranchée, et les secours ont été empêchés de parvenir jusqu’à elle durant plusieurs heures. Le Liban devrait porter plainte devant les instances internationales, selon le ministre de l’Information.

Deux autres incidents graves ont eu lieu, d’autre part, dans le Grand Beyrouth, samedi soir : une intervention brutale de la Sûreté de l’Etat contre un propriétaire de générateurs (responsable au Courant du futur de Saad Hariri) dans le quartier de Sakiet el-Janzir a fini en émeutes et par des fermetures de routes dans plusieurs quartiers sunnites de Beyrouth. L’officier qui conduisait l’unité de la Sûreté de l’Etat qui s’est livrée à l’intervention intempestive est proche du Hezbollah, ce qui explique la fronde populaire dont ont été le théâtre les quartiers sunnites.  A la suite de cette tension, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire a ouvert une enquête et a interrogé l’officier en question et les agents du service sécuritaire impliqués dans l’affaire.

Autre incident grave survenu samedi soir : l’agression dont ont été victimes un agent municipal de Fanar et le prêtre de la paroisse de Fanar de la part de deux partisans du Hezbollah, provoquant une vive tension au sein de la population de cette banlieue de Beyrouth. Les deux agresseurs ont été appréhendés et livrés aux Renseignements des Forces de Sécurité intérieure.

Articles liés
Voir tout
Vidéos liées
Voir tout
Podcasts liés
Voir tout