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L'Essentiel de la semaine

Entre négociations-surprises et attaques-surprises, la semaine de tous les rebondissements

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Une frappe israélienne a provoqué la mort de 13 agents de la Sûreté de l'État dans la ville de Nabatiyeh, au sud du Liban. Leurs funérailles ont eu lieu à Saïda le 11 avril 2026. (Mahmoud Zayat/AFP)
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Par Taline Becharraoui
Publié avr. 12, 2026 - 20:11

Entre le 5 et le 12 avril, la semaine écoulée a été particulièrement riche en événements au Moyen-Orient. Elle s’est clôturée en ce dimanche 12 avril, à l’aube, par l’annonce de l’échec des négociations entre les Etats-Unis et l’Iran, à Islamabad, tandis qu’en milieu de semaine, Israël donnait son aval à des négociations directes avec le Liban, fixées au mardi 14 avril, à Washington. Le 8 avril, l’aviation israélienne lançait une attaque massive – une centaine de raids en 10 minutes – contre des cadres et des positions du Hezbollah dans plusieurs quartiers de Beyrouth, ainsi que dans la Békaa et au Liban-Sud.

La journée du 5 avril avait été marquée essentiellement par les propos tenus par le président Donald Trum qui avait proféré de graves menaces à l’encontre du régime iranien qui était sommé de mettre un terme aux obstacles qu’il dressait face à la libre circulation maritime dans le détroit d’Ormuz. Le président Trump avait fixé à l’Iran un ultimatum qui expirait mardi soir, 7 avril. Alors que tout indiquait, durant le week-end du 4 au 5 avril, que l’escalade était difficilement évitable, la surprise est venue quelques heures avant la fin de l’ultimatum. Une trêve de deux semaines était proclamée et des négociations étaient fixées au samedi 11 avril à Islamabad en vue d’un règlement entre les Etats-Unis et l’Iran, portant notamment sur le détroit d’Ormuz.

L’offensive lancée par les Américains et les Israéliens contre le régime iranien prenait ainsi une autre tournure. En Iran, les canons se sont tus momentanément, même si le détroit n’a été rouvert que partiellement. Les deux parties, Iraniens comme Américains, ont tôt fait de proclamer la « victoire » de leur camp. Le régime iranien se félicite d’une victoire tactique contre ses deux puissants ennemis, se basant sur le fait que son régime a survécu malgré les coups reçus. Quant à Donald Trump, il a multiplié les « post » sur son réseau social Truth Social, affirmant en substance que « le régime a changé », que les nouvelles figures sont plus pragmatiques et « raisonnables », et que les Etats-Unis et leur allié israélien ont infligé une défaite militaire écrasante à l’Iran, à son armée et à son infrastructure, l’amenant sur la table des négociations avec la volonté de conclure un marché.

Des vues inconciliables

Les belligérants se sont retrouvés samedi 11 pour des négociations au Pakistan (le médiateur), à Islamabad, avec deux documents de travail contradictoires, de 15 points pour les Etats-Unis et de 10 clauses pour l’Iran, avec des vues inconciliables. Effectivement, dimanche matin (heure du Levant), le vice-président américain J.D Vance quittait Islamabad en annonçant l’échec des négociations, assurant avoir fait une « offre finale et la meilleure possible » aux Iraniens (AFP). Il a déploré, avant son retour à Washington « l’absence d’une promesse ferme » d’abandon du programme nucléaire iranien. L’Iran a fustigé, pour sa part, les « demandes déraisonnables » américaines, avant que le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baqaï, ne reconnaisse que « personne ne s’attendait » à un accord après une seule session.

Il reste que la porte du dialogue ne serait pas entièrement fermée, comme s’est empressée de préciser un haut responsable de la diplomatie pakistanaise. Selon certaines informations, l’accord a achoppé sur deux points : la volonté du régime iranien de contrôler le détroit d’Ormuz et un engagement iranien d’arrêter l’enrichissement de l’uranium. De leur côté, les Etats-Unis ont refusé de libérer les fonds iraniens gelés et d’accorder à l’Iran le contrôle d’Ormuz. Ce détroit, rappelons-le, est un passage maritime naturel donc non soumis au contrôle des pays riverains.

En tout état de cause, la délégation américaine a quitté Islamabad en laissant à ses interlocuteurs iraniens un document fixant les conditions que l’Iran devrait accepter pour aboutir à un accord.

La délégation US était présidée par le vice-président américain J.D Vance, un homme qui avait exprimé des réserves au sujet de la guerre contre le régime iranien, accompagné des envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner. La délégation iranienne comprenait Mohammad Ghalibaf, président du Parlement et ancien général des Gardiens de la Révolution, et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.

L’attaque du 8 avril

Au Liban, la semaine écoulée a été principalement marquée par la vaste attaque aérienne lancée par une cinquantaine d’avions le mercredi 8 avril en début d’après-midi contre une centaine de cadres et de positions du Hezbollah dissimulés dans plusieurs quartiers de la capitale ainsi qu’à Baalbeck, au Hermel, à Saïda et d’autres régions du Liban-Sud. Selon la version donnée par l’armée israélienne, une réunion en ligne avait été organisée entre des responsables et des cadres du parti chiite afin de mettre au point un coup de force milicien à Beyrouth dans le but de renverser le gouvernement de Nawaf Salam, au sein duquel le Hezbollah est fortement minoritaire.

Toujours d’après les sources israéliennes, les Renseignements de l’Etat hébreu avaient été informés de cette large réunion en ligne et les Services israéliens ont réussi à cibler tous les cadres participant, directement ou par leur présence, à la réunion dans les différentes régions en interférant au niveau de la fréquence et de l’identité informatique des liaisons en ligne. Cette attaque « informatique » (par des moyens « virtuels ») a duré 10 minutes à Beyrouth et les autres régions pour atteindre avec précision les nombreuses cibles. Compte tenu de l’effet de surprise et de l’heure de grande affluence à laquelle ont été lancés les raids (vers 14 heures), ce bombardement a fait de nombreuses victimes civiles. Le bilan s’est élevé à non moins de 180 tués parmi les cadres du Hezbollah et près de 200 tués parmi les civils, dans compter les dégâts matériels considérables dans certains quartiers de la capitale.

Depuis ce sanglant épisode, l’opération militaire israélienne contre la capitale et sa banlieue a nettement baissé en intensité - apparemment sous pression américaine pour donner leur chance aux négociations avec l’Iran, ce pays ayant protesté contre la non-inclusion du Liban dans le cessez-le-feu avec les USA sans pour autant réagir pour protéger son allié (le Hezbollah) ou mettre en péril son rendez-vous à Islamabad. Les combats se poursuivent au Sud surtout autour de points névralgiques, comme la ville de Bint Jbeil que l’armée israélienne cherchait, dimanche, à contrôler totalement.

En cette fin de semaine, les regards étaient braqués sur les préparatifs de la première séance de négociations directes libano-israéliennes, prévue mardi 14 avril à Washington, ainsi que la situation au détroit d’Ormuz où le président Trump a décidé, dimanche, d’imposer un blocus maritime afin de poursuivre les opérations de déminage auxquelles pourraient participer certains pays européens, dont la Grande-Bretagne et l’Allemagne.

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