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L'Essentiel de la semaine

Trump attendu en Chine, Netanyahu refuse toujours la paix

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Une frappe israélienne avec des bombes au phosphore dans le secteur de Yohmor. (AFP)
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Par LevantTime .
Publié mai 10, 2026 - 22:27

La semaine écoulée au Moyen-Orient a été celle du maintien d’un fragile équilibre en attente d’un événement majeur dans la suivante: la visite du président américain Donald Trump en Chine.

La deuxième puissance mondiale n’a pas encore eu son mot à dire dans le conflit qui oppose son allié et un de ses principaux fournisseurs énergétiques, l’Iran, à son premier rival planétaire.

 

Quoiqu’il en soit, un autre allié, celui des Américains, a encore une fois fait parler de lui : le Premier ministre israélien a jugé que la «guerre n’est pas finie», tant qu’il «reste encore des matières nucléaires – de l'uranium enrichi – qui doivent être retirées d'Iran" et "des sites d'enrichissement à démanteler", a affirmé Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS.

 

Entre-temps, les négociations directes entre l’Iran et les États-Unis restent au point mort. L'Iran a finalement annoncé dimanche avoir répondu au plan américain, présenté vendredi, visant à mettre un terme à la guerre.

 

La télévision d'Etat a indiqué que la réponse transmise dimanche, via le médiateur pakistanais, était "axée sur la fin de la guerre (...) sur tous les fronts, en particulier au Liban, et sur la garantie de la sécurité de la navigation maritime", sans plus de détails.

 

Les dissensions iraniennes intérieures ont fait l’objet d’un article remarquable dans le journal britannique Telegraph, mentionné dimanche par des médias arabes. Selon le journal, les éléments les plus extrémistes à Téhéran, qui représentent actuellement une minorité, sont opposés à une solution pacifique.

Ils vont même jusqu’à accuser le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi d’avoir eu un rôle dans l’assassinat, le 28 février dernier, de l’ancien guide suprême Ali Khamenei, dans le but de le discréditer.

Bref, un chaos grandissant qui expliquerait le retard dans les réponses aux propositions américaines.

 

Dans un entretien enregistré plus tôt dans la semaine et diffusé dimanche, Donald Trump a estimé que les Iraniens étaient "vaincus sur le plan militaire", mais laissé entendre que l'armée américaine pourrait "rester sur place deux semaines supplémentaires et frapper toutes les cibles" identifiées, pour apporter une "touche finale".

 

Frappes-surprises sur les ports iraniens

 

À défaut de pourparlers directs, ce sont des frappes-surprises et limitées qui ont été menées par l’armée américaine contre l’Iran, principalement en milieu de semaine. Ces frappes ont ciblé, entre autres, les ports iraniens de Qeshm et de Bandar Abbas, et ont été présentées comme étant de «petit accrochage» par Donald Trump. Celui-ci a tôt fait de préciser que le cessez-le-feu n’était pas terminé.

 

Samedi, deux pétroliers iraniens qui tentaient de s’approcher de ports ont été la cible de tirs américains. Une façon de rappeler que le blocus se maintient sur les ports iraniens.

 

Le Qatar, le Koweït et les Emirats arabes unis, désormais cible récurrente des hostilités iraniennes, ont été ciblés par des drones dimanche.

 

En milieu de semaine également, le président américain avait décidé de suspendre son «Projet Liberté», supposé faire accompagner, par l’armée américaine, les navires bloqués en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz et qui voudraient le traverser sans encombre.

 

Escalade et assassinat au Sud et dans la banlieue

 

Au Liban, les yeux sont rivés sur la troisième réunion libano-israélienne à Washington, qui se tiendra les 14 et 15 mai, tel qu’annoncé par un responsable américain resté anonyme et dont les propos ont été repris par les médias. Selon les informations de la chaîne locale, MTV, le chef de la délégation libanaise, l’ancien ambassadeur Simon Karam, serait déjà en route pour la capitale américaine.

 

La revendication principale, du côté libanais, devrait être celle de consolider un véritable cessez-le-feu et le retrait israélien des zones occupées.

 

Selon des sources citées par des médias israéliens et relayées par des médias libanais samedi soir, «les pourparlers se concentreront sur le désarmement du Hezbollah, sur les questions relatives aux frontières et sur un futur accord».

 

Le message, en bref, est qu’il n’y aurait pas de retrait sans désarmement de la formation pro-iranienne. À deux reprises cette semaine, le secrétaire d’Etat Marco Rubio l’a accusé d’être un «obstacle» à la paix entre Israël et le Liban.

 

Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar, a assuré samedi que son pays n’a pas de visées territoriales au Liban, mais essaie d’éviter «un nouveau 7 octobre».

 

Les voix du Hezbollah s’élèvent toujours pour dénigrer ces négociations. Une fois de plus, c’est le député Hassan Fadlallah qui s’y met, estimant que de telles négociations sont «anticonstitutionnelles», et qu’il faut se contenter de négociations «indirectes».

 

Sur le terrain, l’événement le plus notable dans la confrontation entre le Hezbollah et Israël a été l’assassinat du commandant de la force d’élite al-Radwane de la milice, Ahmad Ballout, mercredi soir, dans la banlieue-sud de Beyrouth.

 

C’était non seulement la première fois que la banlieue était frappée depuis le cessez-le-feu du 16 avril, mais cet assassinat a fait resurgir la question de l’ampleur des brèches sécuritaires au sein du parti, qui avaient permis des assassinats israéliens de grande envergure en 2024.

 

Au sud du pays, la population vit toujours un véritable enfer: des dizaines de nouveaux villages évacués de force par un simple appel du porte-parole de l’armée israélienne sur X, des raids et des bombardements continus, des dizaines de vies sacrifiées.

 

L’escalade ne s’est pas simplement traduite par un nombre croissant de raids et de missiles, mais par une extension géographique des opérations israéliennes hors du Liban-Sud, même jusqu’au Mont-Liban, avec deux frappes dans le Chouf, faisant trois morts. Prémices d’une extension de la guerre?

 

De son côté, le Hezbollah a poursuivi ses attaques à un rythme très soutenu, comptant plus que jamais sur ses drones explosifs que les Israéliens ont beaucoup de mal à détecter, suivant des articles parus dans la presse de l’État hébreu.

 

Salam à Damas

 

C’est dans ce contexte que le Premier ministre libanais Nawaf Salam a rencontré samedi le président syrien Ahmad al-Chareh, en compagnie d’une délégation de ministres.

 

Salam a clairement expliqué, dans ses déclarations, que sa visite visait à «régler les questions en suspens». Il a surtout assuré que les autorités libanaises n’accepteraient plus que des tentatives de déstabilisations de pays arabes «amis» soient menées à partir du Liban.

 

Coïncidence? Les autorités syriennes, qui ont démantelé dernièrement plus d’un réseau qu’elles disent être liés au Hezbollah et œuvrant à déstabiliser le nouveau régime de Damas, ont déclaré le soir même que la formation pro-iranienne héberge des «criminels de l’ancien régime», assurant vouloir «récupérer ceux qui ont le sang des Syriens sur les mains».

 

Le président syrien a également effectué le soir même un large remaniement ministériel, limogeant plusieurs ministres dont son propre frère, et nommant des responsables administratifs de régions.

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