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Politique

Libye: le Fezzan, une ligne de front oubliée
Par
Rayyan Al-Basseer
Publié
févr. 4, 2026 - 21:27

Tandis que les diplomates débattent de l'avenir politique de la Libye dans des salles de conférence climatisées, la fragilité persistante de la vaste région méridionale du pays fait peser des risques considérables non seulement sur la Libye elle-même, mais aussi sur les États voisins, notamment ceux du Sahel africain. La région du Fezzan, qui couvre un tiers du territoire libyen, est devenue un véritable gouffre de gouvernance où l'autorité de l'État s'est effondrée, les groupes armés prolifèrent et les réseaux criminels transnationaux opèrent en toute impunité. Les chiffres dressent un tableau catastrophique. Au Fezzan, 67 % des ménages ont besoin d'une aide humanitaire, soit le taux le plus élevé de Libye. Près de la moitié d'entre eux ont recours à des stratégies de survie extrêmes, vendant leurs biens productifs ou renonçant aux soins médicaux. Le chômage des jeunes atteint 52 % dans certaines zones, créant une génération sans espoir de stabilité. Les coupures d'électricité chroniques durent jusqu'à 20 heures par jour. Le taux de mortalité maternelle explose, 73 % des établissements de santé fonctionnant partiellement, ce qui contraint les femmes à accoucher à domicile ou à parcourir jusqu'à 150 km pour obtenir des soins de base.

Mer Rouge, Golfe et Corne de l’Afrique : la régionalisation du conflit soudanais (2/4)
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 3, 2026 - 12:58

Focus analytique sur la guerre du Soudan qui, depuis 2023, s’est déjà traduite par des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, avec un coût humain particulièrement écrasant au Darfour, où la violence de masse, les sièges et les déplacements forcés ont pris une dimension que nombre d’acteurs internationaux qualifient désormais de génocidaire. Analyser la guerre soudanaise selon les paramètres d’une guerre confinée à l’espace territorial national relèverait de l’aberration, tant la géographie du pays s’impose comme un facteur structurant. État riverain de la mer Rouge, adossé à la Corne de l’Afrique et situé à proximité immédiate de la péninsule Arabique, le Soudan occupe une position stratégique qui le rend particulièrement vulnérable aux projections de puissance régionales.

Lokman Slim, quand la parole défie les armes
Par
Jad Akhawi
Publié
févr. 2, 2026 - 18:51

Lokman Slim n’était pas un opposant au sens conventionnel du terme, ni un militant partisan en quête de pouvoir ou de position. Il était, dans le vif de son expérience, un intellectuel qui avait choisi de payer pleinement le prix de ses positions et de confronter le système d’oppression, non pas de l’extérieur, mais de l’intérieur de son environnement social, à travers ses récits et sa rhétorique. Son assassinat est ainsi apparu, dès le premier instant, comme un assassinat symbolique avant de constituer un crime classique, et comme un message politique avant d’être une liquidation personnelle.

Face à l’imposante armada US, l’Iran joue la tergiversation
Par
LevantTime .
Publié
févr. 1, 2026 - 12:57

Après le déploiement de l’impressionnante armada américaine à proximité des côtes iraniennes, plusieurs options militaires se dessinent si la Maison-Blanche décidait d’intervenir. Pour l’heure, le bras de fer avec le régime des mollahs reste essentiellement verbal : communiqués, mises en garde et démonstrations de force rythment l’escalade. À chaque durcissement du ton de Donald Trump, Téhéran répond par des menaces de représailles massives. Côté américain, une certitude semble s’imposer : aucune intervention terrestre n’est envisagée. Plusieurs observateurs estiment toutefois que le président américain cherchera d’abord une issue diplomatique avant de recourir à la force.

Effondrement du Soudan: la guerre pour la guerre (1/4)
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 1, 2026 - 11:47

Focus analytique sur la guerre du Soudan qui, depuis 2023, s’est déjà traduite par des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, avec un coût humain particulièrement écrasant au Darfour, où la violence de masse, les sièges et les déplacements forcés ont pris une dimension que nombre d’acteurs internationaux qualifient désormais de génocidaire. Le Soudan ne s’est pas effondré d’un seul bloc. Il s’est défait par strates successives, au rythme d’une guerre qui ne vise ni la prise durable du pouvoir ni la reconstruction d’un ordre politique, mais l’épuisement progressif de ce qui subsiste encore de l’État. Depuis avril 2023, la violence s’y installe comme un régime en soi, transformant le pays en un espace fragmenté où le temps long du conflit compte davantage que toute victoire militaire ponctuelle.

Mort programmée du Troisième pouvoir
Par
Jawad Pakradouni
Publié
janv. 30, 2026 - 17:12

Un couloir obscur, l’odeur d’humidité qui s’en dégage, un ascenseur en panne ou non alimenté, des escaliers sales, puis un autre couloir sombre, jonché de gobelets de café dont le marc a éclaboussé le sol, des bouteilles d’eau vides, des mégots écrasés… Là, dans un bureau plongé dans l’obscurité, un siège branlant attend son occupant, qui s’y installe en patientant jusqu’à ce que le générateur daigne éclairer les lieux. Puis la lumière fut et révèle la décrépitude. Ce n’est pas le décor d’un film post-apocalyptique, mais bien celui du Palais de Justice de la ville que le poète Nonnos de Panopolis baptisa, au Ve siècle, garante de l’ordre et mère des lois : Berytus Nutrix Legum.

En cas d’attaque US, Moscou et Pékin ne voleront pas au secours de l’Iran

Bien que la Russie et la Chine figurent parmi les partenaires stratégiques majeurs de l’Iran, leur soutien à la République islamique, fragilisée par des contestations internes et sous la menace de Donald Trump, resterait limité en cas d’attaque américaine. Selon plusieurs experts, ni Moscou ni Pékin ne sont disposés à affronter Washington sur le terrain militaire. L’Iran occupe pourtant une place non négligeable dans les calculs géopolitiques des deux puissances. Téhéran contribue à l’effort de guerre russe en Ukraine en fournissant les fameux drones de type «Shahed» qui ont grandement servi les troupes de Moscou. L’Iran a également volé à la rescousse de Poutine en réexportant des missiles balistiques de type Scud acquis jadis par la République islamique qui en a produit une version modernisée.

Faux retour de Maliki en Irak: Soudani cherche un bouc émissaire
Par
Jad Akhawi
Publié
janv. 29, 2026 - 00:17

Le jeu de Mohammed Chia al-Soudani en Irak n'était pas une simple manœuvre politique habile ou une erreur de jugement, mais une conspiration politique méticuleusement planifiée, orchestrée de l'intérieur d'un système corrompu, pour reproduire le pouvoir en provoquant l'échec et en en tirant profit. Soudani n'est pas extérieur au système qui a détruit l'État, ni au-dessus de lui, mais bien en son cœur même, bénéficiant de ses mécanismes et maîtrisant ses méthodes. Ce qui le distingue des autres, ce n'est pas l'intégrité, mais sa capacité à gérer la corruption discrètement et sans tapage. Le retour de Nouri al-Maliki au premier plan du pouvoir n'était ni une coïncidence ni un compromis forcé. C'était une manœuvre soigneusement calculée. Maliki, avec son lourd héritage, ses dossiers non résolus et son rejet populaire généralisé, était le candidat idéal pour porter le fardeau de l'effondrement imminent. Il n'a pas été appelé à réussir, mais à périr. Il n'a pas été rappelé pour diriger, mais pour servir de bouc émissaire, pour endosser la responsabilité des échecs, préparant ainsi le terrain à sa chute et au démantèlement de tout le dispositif de coordination.

Révoltes, ambitions géopolitiques, sanctions, théocratie… le régime iranien vacille

L’Iran et le monde ont les yeux braqués depuis le 28 décembre sur le mouvement de révolte déclenché à Téhéran par des commerçants du Bazar et des milliers de jeunes et de moins jeunes contre la détérioration fulgurante de la situation socio-économique. Les manifestations, qui se sont rapidement étendues à de nombreuses villes et localités, ont atteint une ampleur sans précédent dès le 8 janvier, défiant ouvertement le régime islamique, avant d'être violemment réprimées dans le sang. A une coupure nationale des liaisons internet, qui a permis, selon des organisations des droits de l’homme, de masquer la répression, sont venues s’ajouter les menaces d’infliger de lourdes sanctions aux manifestants, qualifiés « d’émeutiers agissant pour le compte de puissances étrangères ».

Gardiens de la révolution, organe suprême de la répression
Par
LevantTime .
Publié
janv. 26, 2026 - 07:41

Alors que les 47 membres du Conseil des droits de l'homme des Nations unies se sont alarmés dans une résolution de "l'ampleur sans précédent de la violente répression des manifestations pacifiques par les forces de sécurité" en Iran, le Haut-Commissaire Volker Türk a condamné les tirs par les forces de sécurité avec des "munitions réelles" sur les manifestants, déplorant la mort de "milliers" de personnes, dont des enfants. Au cœur de cette répression se trouvent le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), bras idéologique du Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. Les « Pasdaran » ("gardiens" en farsi) constituent une force armée extrêmement organisée, accusée par les Occidentaux d'orchestrer et même de participer à la répression du mouvement contestataire.

2m 57s