Logo Levant Time
Hisham Dibsi

Hisham Dibsi

Congrès du Fateh: l’année de la démocratie palestinienne
Par
Hisham Dibsi
Publié
mai 19, 2026 - 13:11

C’est dans son discours d’ouverture du huitième congrès du mouvement Fatah que le président Mahmoud Abbas a tracé les contours de la vision officielle de la légitimité palestinienne, ce qu’elle est aujourd’hui et ce à quoi elle aspire dans un proche avenir, alertant sur les dangers que font peser la poursuite de la guerre à Gaza, l’expansion coloniale sans précédent en Cisjordanie, la judaïsation continue de Jérusalem-Est. Et, par-dessus tout, l’obédience résolue du gouvernement israélien à ses objectifs de déplacement et d’épuration ethnique des Palestiniens de leur propre pays. La situation palestinienne actuelle, déclara-t-il, est confrontée à des périls existentiels d’une gravité hors du commun. Il a exigé de la communauté internationale, de ses amis, de ses alliés et de tous ceux qui défendent le droit palestinien, qu’ils s’emploient à permettre à l’Autorité nationale de prendre pleinement en main ses responsabilités dans la bande de Gaza au nom de l’État de Palestine, à travers ses institutions officielles et en coopération avec les organes onusiens et la commission administrative mandatée pour y opérer selon les conclusions du «Conseil mondial de la paix», rejetant catégoriquement tout état de fait qui consacrerait la séparation du secteur d’avec la Cisjordanie ou instituerait un dualisme ne servant ni la solution politique ni l’édification de l’État.

Guerre ouverte… Les questions des Gazaouis
Par
Hisham Dibsi
Publié
mai 12, 2026 - 16:44

Au cours d'un entretien à distance avec un militant ayant participé aux élections locales et municipales de la ville de Deir el-Balah, celui-ci a confié les raisons qui l'avaient poussé à voter pour la première fois : il souhaitait éprouver le sentiment d'égalité avec l'électeur juif, dont l'opinion est sollicitée chaque semaine dans tous les domaines de la vie israélienne. Il a également exprimé le désir de ressentir un tant soit peu d'équilibre humain, en tant qu'habitant originel du pays, afin de combler le fossé creusé par la supériorité écrasante d'Israël, forte de son armée moderne et du Dôme de fer qui le protège, tandis que les fils de cette terre ne possèdent, eux, que la capacité de survivre, quelle que soit l'ampleur des sévices, de la brutalité et de l'humiliation.

Les élections palestiniennes… «Bâqoun»
Par
Hisham Dibsi
Publié
mai 4, 2026 - 07:31

Au lendemain de l’opération du 7 octobre, baptisée « Déluge d’Al-Aqsa » par le mouvement Hamas, la réplique israélienne s’est développée pour englober une vengeance collective contre le peuple palestinien à Gaza et en Cisjordanie, jusqu’à devenir une guerre de déplacement et d’extermination. L’Autorité nationale de Ramallah adopta alors la revendication d’une protection internationale et brandit un slogan d’un seul mot, « Bâqoun » — Nous restons — pour briser la barbarie israélienne soutenue par certains États occidentaux et résister à l’épuration ethnique dirigée vers le désert du Sinaï. Si l’Égypte et la Jordanie n’avaient pas pris une position ferme en soutien à l’Autorité nationale et à son président Mahmoud Abbas derrière ce slogan, qui demeure aujourd’hui adopté dans toutes les enceintes politiques et internationales et qui structure l’activité quotidienne palestinienne, les choses auraient pris un tout autre cours.

Guerre ouverte... L'Europe méditerranéenne
Par
Hisham Dibsi
Publié
avr. 27, 2026 - 05:48

Certes, l'Allemagne nazie a été vaincue, mais la victoire des armées alliées ne coïncide pas avec la victoire de leurs États, à l'exception de l'État américain. C'est ce qu'a démontré l'expérience de la « guerre de Suez », qui prit fin au seul énoncé d'une déclaration du président américain, pour ne citer que cet exemple parmi d'autres. Le Premier ministre britannique Winston Churchill fut peut-être réaliste en acceptant le parapluie sécuritaire nucléaire américain et les dispositifs qui l'accompagnaient, tandis que le général Charles de Gaulle s'attacha à emprunter la voie plus ardue de l'indépendance pour la politique française, démarche qui reflétait les souffrances qu'il avait endurées de la part des Alliés pendant la guerre, notamment la marginalisation dont il fut l'objet en dépit de son rôle politico-militaire exceptionnel. Washington, de son côté, ne s'opposa pas à cette ambition française et considéra simplement qu'il s'agissait d'un État souhaitant exercer son autonomie dans le domaine nucléaire, rien de plus.

Guerre ouverte... La chance du Liban
Par
Hisham Dibsi
Publié
avr. 16, 2026 - 19:03

Aborder le processus de négociation qui s’est conclu dans la capitale Islamabad comme une composante du conflit que se livrent les deux parties sous des formes multiples nous dispense d’en évaluer les résultats selon la seule grille du succès ou de l’échec. On peut plutôt éclairer l’événement sous l’angle de la première rencontre directe entre la République islamique et le «Grand Satan», après près d’un demi-siècle d’une rigidité calculée, et pas seulement idéologique. Quoi qu’il en soit, la réalisation la plus significative pour les deux camps aura été de descendre en douceur du haut de l’arbre, et de mettre fin à une guerre dévastatrice pour l’Iran et coûteuse pour l’Amérique.

Guerre ouverte... Les négociations, vers où?
Par
Hisham Dibsi
Publié
avr. 11, 2026 - 16:18

Pour la première fois, la Chine engage tout son poids politique international dans le sillage du Pakistan, de l’Arabie saoudite, de la Turquie et de l’Égypte, afin de préparer un théâtre de négociations américano-iranien susceptible de produire une solution fondée sur un cessez-le-feu, et non sur la fin de la guerre comme l’avait exigé Téhéran. L’entreprise semble avoir porté ses fruits, puisqu’Islamabad a commencé, dès hier, vendredi 10 avril, à accueillir les deux délégations dans le même hôtel. Ce glissement dans l’initiative de médiation dit beaucoup sur la capacité de Pékin à influer directement sur la décision iranienne, et révèle en même temps la convergence de sa position stratégique avec celle des quatre pays autour d’un objectif commun : mettre fin à la guerre sans renverser le régime à Téhéran et sans laisser la violence déborder vers des extrémités qu’aucun acteur ne serait en mesure de maîtriser.

La condition palestinienne… La diaspora
Par
Hisham Dibsi
Publié
avr. 6, 2026 - 23:24

La résolution de partage de la Palestine, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 29 novembre 1947 et connue sous le numéro 181, donna naissance à l'État d'Israël sur une superficie de quinze mille kilomètres carrés, dont la population ne dépassait pas alors un demi-million de colons. Le même texte appelait à la création d'un État arabe sur onze mille kilomètres carrés, alors même que le peuple palestinien comptait un million quatre cent mille habitants. La résolution prévoyait par ailleurs de placer Jérusalem et Bethléem sous tutelle internationale. Le rejet arabe et palestinien de ce partage entraîna l'éclatement de la guerre de Palestine, dont les conséquences furent catastrophiques : Israël put ainsi occuper 78 % du territoire et contraindre au départ quelque sept cent cinquante mille habitants.

La condition palestinienne... Les «Arabes de l’intérieur»
Par
Hisham Dibsi
Publié
mars 30, 2026 - 04:52

Ma grand-mère Aïcha vit le jour dans la dernière décennie du XIXe siècle, à l’heure même où le mouvement sioniste mondial prenait naissance. Ses deux premiers fils naquirent avant la Grande Guerre et pendant elle ; après l’armistice vinrent sa fille et son dernier garçon. Un an avant la défaite de juin 1967, on la trouvait chaque matin au sérail de Saïda, heureuse d’avoir obtenu de la Croix-Rouge internationale l’autorisation de rendre visite à son fils aîné Toufic, devenu israélien sans avoir jamais quitté Acre. Ce sésame ne suffisait pourtant pas à lui seul. Pour que cet événement exceptionnel dans une vie comme la sienne devînt possible, il lui fallait produire en sus une demande d’invitation émanant de sa fille Maryam la Jordanienne, établie à Naplouse en Cisjordanie, sous souveraineté hachémite. Or cette demande de visite familiale ne valait rien auprès de la Sûreté générale libanaise sans un laissez-passer spécial qu’elle avait obtenu de son fils réfugié à Damas, où celui-ci avait trouvé du travail, un toit, et s’était finalement ancré.

La situation palestinienne… la Cisjordanie
Par
Hisham Dibsi
Publié
mars 23, 2026 - 17:51

Elle s'appelait Palestine Au lendemain de la Première Guerre mondiale, et en application des décisions de la conférence de San Remo d'avril 1920, fut proclamée au Proche-Orient une nouvelle entité géopolitique sous le nom d'État de Palestine, constituée des sandjaks de Jérusalem, de Naplouse et d'Acre selon le découpage administratif de l'Empire ottoman vaincu, outre l'annexion du Badiya de Transjordanie. La constitution de l'État de Palestine fut signée le 10 août 1922, et le recensement de la population fut également mené à terme le 23 octobre de la même année. La Société des Nations, gardienne désignée de la civilisation humaine et garante de son épanouissement, avait émis un document précisant les conditions imposées à la Grande-Bretagne, puissance mandataire sur l'État de Palestine, le mandat devant entrer en vigueur le 29 septembre 1923 pour s'achever le 15 mai 1948.

La situation palestinienne… Gaza
Par
Hisham Dibsi
Publié
mars 15, 2026 - 13:49

Gaza est l’avenir L’image générée par intelligence artificielle pour le projet «Riviera de Gaza» traduit, dans toute sa séduction, l’imaginaire immobilier du président Trump et de son gendre Kushner. Elle s’étend sur 365 km² de sables dorés que caressent les vagues tièdes de la Méditerranée, sous un climat dont rêvent les nantis des pays froids. De cette image, seuls sont absents les propriétaires des terres, qui n’ont aucune place dans la scène à venir — pas même au titre d’agents d’entretien ou d’ouvriers du bâtiment —, à l’image des esclaves affranchis à la peau sombre qui contribuèrent, de leurs muscles et de leur sueur, à bâtir et entretenir Washington lors de sa fondation, et qui en forment aujourd’hui encore la majorité de la population.