Logo Levant Time

Nayla Assaf

Conférence internationale de soutien à l’armée libanaise: des enjeux multiples (1/3)

À l’approche de la date de la conférence internationale de soutien à l’armée libanaise, prévue pour mars 2026, à Paris, le Liban se trouve à un moment critique. Cette réunion, destinée à mobiliser la communauté internationale en faveur des forces régulières, intervient dans un contexte politique et régional extrêmement complexe. Chaque décision ou absence de décision de l’État libanais par rapport au monopole des armes notamment, aura un impact direct sur l’efficacité de l’aide internationale à la troupe et, plus largement, sur l’avenir même de l’armée et de la souveraineté nationale. La date retenue, le 5 mars 2026, reste toutefois conditionnelle. Selon le général Maroun Hitti, la conférence pourrait être reportée si une étape cruciale n’est pas franchie d’ici là par le Liban. Cette étape consiste soit en une décision politique unanime au sein du gouvernement libanais, incluant donc les ministres du Hezbollah et de Nabih Berri, pour que l’État reprenne en main le dossier des armes, et que le Hezbollah se soumette à son autorité, soit en un événement régional majeur. Celui-ci pourrait être un cataclysme ou un conflit armé qui contraindrait l’Iran à se conformer aux exigences de la communauté internationale, modifiant ainsi l’équilibre des forces dans la région.

Les sanctions US mettent à nu les failles du régime iranien
Par
Nayla Assaf
Publié
janv. 23, 2026 - 15:52

« Les régimes totalitaires ne se contentent pas de dominer les corps ; ils cherchent à asservir les esprits. » – George Orwell Depuis la révolution iranienne de 1979, les États-Unis ont imposé à Téhéran un régime de sanctions économiques à grande échelle, devenu au fil des décennies l’un des dispositifs de pression les plus multidimensionnels de la diplomatie américaine. Les premières mesures, instaurées après la prise d’otages à l’ambassade américaine à Téhéran en novembre 1979, ont gelé les avoirs iraniens aux États-Unis via l’Executive Order 12170, immobilisant des milliards de dollars et bloquant de nombreuses opérations financières.

ZEE Liban-Chypre : l’investissement pétrolier et les défis géopolitiques (2)

Le pari énergétique face à l’effondrement économique Avec la signature de l’accord de délimitation des frontières maritimes avec Chypre en 2025, l’exploitation des ressources offshore s’impose comme un levier potentiellement décisif pour la relance de l’économie libanaise, en crise profonde. Si cet accord a fourni un cadre juridique formel pour les frontières maritimes, il n’a toutefois pas dissipé l’ensemble des défis économiques et géopolitiques. Les délais d’exploitation, les différends régionaux persistants et les blocages politiques placent le Liban face à une équation complexe : saisir les opportunités énergétiques sans compromettre ses intérêts nationaux.

ZEE Liban-Chypre : entre acquis juridiques et pertes maritimes
Par
Nayla Assaf
Publié
janv. 14, 2026 - 18:54

L’accord de délimitation de la zone économique exclusive (ZEE) entre le Liban et Chypre, signé le 26 novembre 2025 et entériné par le décret n°2108 du 16 décembre 2025, marque une étape majeure dans la politique maritime libanaise. Présenté officiellement comme un moyen de garantir l’exploitation des ressources maritimes, cet accord suscite toutefois de profondes réserves sur les plans juridique et stratégique. Le général Khalil Gemayel, expert en délimitation des frontières maritimes, estime que cet accord, malgré certains avantages, demeure largement défavorable au Liban. Il met certes fin à un différend ancien, mais à quel prix ?

Gap Law: comment s’appliquera le plafond de 100.000 dollars aux déposants ?

Le 26 décembre 2025, le Conseil des ministres a adopté la Gap Law », un texte destiné à encadrer juridiquement la répartition des pertes financières du pays, estimées à environ 70 milliards de dollars, en prévision de son examen prochain par le Parlement. Le projet a été approuvé par 13 voix contre 9. La loi introduit une classification des déposants en fonction du volume de leurs avoirs et prévoit un mécanisme de garantie pour les dépôts allant jusqu’à 100.000 dollars, sous la forme de remboursements échelonnés sur une période de quatre ans. Pour les montants dépassant ce plafond, le cadre législatif prévoit la conversion des dépôts en instruments financiers à long terme émis par la Banque du Liban, structurés sous forme de titres adossés à des actifs. Dans ce contexte, les ordres professionnels ont annoncé la tenue d’une réunion lundi afin d’exprimer leur position concernant les mesures prévues par la loi, notamment celles touchant les caisses coopératives et les fonds de retraite.

“Zone économique Trump”: rêve de paix et hantise du complot
Par
Nayla Assaf
Publié
déc. 31, 2025 - 15:58

La proposition de créer une zone économique au Liban-Sud, évoquée en août 2025 par l’envoyé américain Tom Barrack, a créé une onde de choc. La théorie derrière le projet d’une “Zone économique Trump” suppose qu’une pareille zone attirerait les investissements étrangers, financerait la reconstruction, garantissant ainsi une sécurité durable. Cependant, plusieurs voix se sont élevés pour mettre en garde contre le danger d’une atteinte à la souveraineté de l'État libanais à travers la création d’un “protectorat” israélo-américain dans la zone frontalière. Le projet d’une “Zone économique Trump” s’inscrit dans une démarche adoptée par l’actuel président américain afin de régler les conflits par le développement économique et le commerce.

Les activités d’Al-Qard Al-Hassan face au droit libanais
Par
Nayla Assaf
Publié
déc. 28, 2025 - 17:05

Al-Qard Al-Hassan est présentée comme une association à vocation sociale. Elle s’est toutefois inscrite progressivement dans un paysage financier parallèle, à mesure que la crise déclenchée à l’automne 2019 s’aggravait. L’effondrement du secteur bancaire et la perte de confiance des déposants ont créé un vide institutionnel que l’association a su exploiter. Cette dynamique, si elle répond à un besoin réel dans un contexte de défaillance généralisée, ne dissipe en rien les nombreuses interrogations juridiques qu’elle soulève. Elle met en évidence les limites du cadre légal libanais et les risques systémiques qui pèsent tant sur les déposants que sur l’économie nationale.

Al-Qard Al-Hassan aurait amorcé une phase de «post liquidation»
Par
Nayla Assaf
Publié
déc. 23, 2025 - 17:52

Sous l’effet des sanctions américaines, des restrictions imposées par la Banque du Liban et des pertes subies lors de la dernière guerre avec Israël, le Hezbollah a cherché à reconfigurer son principal bras financier, Al-Qard Al-Hassan. Ce « repositionnement », présenté comme « légal », vise à préserver son emprise sur l’économie parallèle et sa base sociale. Fondée en 1982, l’association Qard Al-Hassan opère en dehors du cadre légal bancaire. Les fonds iraniens ont initialement contribué au capital de l’association. Ils ont été complétés par des capitaux libanais, notamment d’entrepreneurs en Afrique, sur plusieurs années.

/