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Michel Hajji Georgiou

Michel Hajji Georgiou

Analyste politique

Écrivain, analyste politique et journaliste, Michel Hajji Georgiou a été directeur des programmes de La Voix du Liban – Achrafieh (radio et webTV) en 2023, cofondateur et ancien directeur de la rédaction d’Ici Beyrouth (2021-2022), chef du service politique local de L’Orient-Le Jour pendant cinq ans (2015-2019), éditorialiste, ancien rédacteur en chef de son supplément politique annuel (2005-2011), ainsi que journaliste senior pendant vingt ans (1999-2019) dans ce quotidien. Lauréat du Prix d’honneur de philosophie du Collège Notre-Dame de Jamhour en 1998, il a reçu le Prix Gebran Tueni / WAN en 2007 et le Prix de la Fondation des droits de l’homme et du droit humanitaire en 2008 pour ses travaux en faveur de la liberté d’expression et d’opinion. Membre fondateur de plusieurs associations de défense des droits humains et de fondations culturelles, dont Media Against Violence et ALEF, il est notamment l’auteur de The Quiet Revolution, un recueil de textes politiques du regretté Samir Frangié, ainsi que d’un recueil de poésie, From This Broken Hill, dédié à la mémoire du poète et chanteur canadien Leonard Cohen, et d’une biographie à paraître de feu Hassan Rifaï. Il collabore actuellement en tant qu’éditorialiste et analyste politique à Levant Time et tient le blog BeirutUnbound.com.

Les mollahs pris à leur propre piège
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 28, 2026 - 14:25

L’ironie du sort est que le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghji, se vantait sur le marché du livre d’enseigner la « force de la diplomatie ». Ses « talents » diplomatiques n’ont servi à rien face à la volonté commune israélo-US d’en finir avec le régime des mollahs. La diplomatie n’a en effet jamais été le fort des régimes iraniens, pour qui le terme signifie, depuis des lustres, atermoiements et duplicité, tandis qu’en sous-main, le programme nucléaire se poursuivait en dépit des bavardages interminables et autres accords. Impossible aussi, parce que les chances d’un accord irano-US étaient minimes, voire insignifiantes, compte-tenu de la volonté israélienne et d’une grande partie des groupes de pression et think-tanks américains d’en finir une fois pour toutes avec le régime. Compte tenu aussi du fait que ce dernier, avec son programme balistique - doublé de son projet nucléaire - pouvant atteindre l’Europe, la Russie et la Chine, devenait une menace pour le monde entier.

Salma Merchak, la résistance par les Lumières   
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 24, 2026 - 14:18

C’était le 4 février 2021, par un morne matin d’hiver. Le corps de Lokman Slim, archétype de l’intellectuel engagé, venait d’être retrouvé dans sa voiture, criblé de balles. Un clou de plus dans le cercueil d’un Liban pourri et rongé jusqu’à la moelle par l’hybris criminel du Hezbollah. Certes, l’enlèvement de Lokman la veille, puis son assassinat s’inscrivait dans une logique familière. Au Liban, depuis plus d’un demi-siècle, chaque personne qui ose remettre en question l’ordre totalitaire du moment devient potentiellement une cible à abattre. Surtout lorsqu’il s’agit des intellectuels: leur disparition, dans le monde arabe, ne fait jamais grand bruit. Ils ne remuent pas la fibre nationale, communautaire, localiste ou clanique dans la mesure où ils n’ont pas de hordes de fidèles derrière eux. Ils constituent, en ce sens, des cibles faciles, et donc privilégiées.

Souveraineté libanaise et apprentis sorciers
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 22, 2026 - 21:22

Il arrive qu’une phrase lancée dans le tumulte médiatique dise plus que des pages entières de doctrine. Lorsque l’ambassadeur US en Israël, Mike Huckabee, affirmait il y a quelques jours qu’« il serait acceptable qu’ils prennent tout », évoquant l’idée d’un Israël s’étendant, dans une lecture biblique, du Nil à l’Euphrate, avant d’ajouter qu’« Area C is Israel », il sort non seulement d’une réserve diplomatique — cela va sans dire — mais démontre une partialité politique, qui, si elle n’est pas une surprise compte tenu de l’alignement quasi-inconditionnel des États-Unis sur l’État hébreu, reste d’une gravité inacceptable. Le diplomate inscrit son propos dans une logique territoriale expansive subordonnant le droit international à un récit théologico-historique — ce qui est, du reste, le propre du mythe sur lequel Tel-Aviv a fondé toute sa légitimité pour occuper la Palestine. Peu importe qu’il ait ensuite tempéré ou parlé d’hyperbole. Ce qui est dit est dit. Et ce qui est pensé apparaît, à l’heure où l’équipe Netanyahu a exprimé plus d’une fois sa volonté de concrétiser son rêve mythique.

La Libye dans l’ordre international fragmenté (5/5)
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 22, 2026 - 11:52

Depuis le printemps arabe de 2011, la Libye ne traverse pas une transition inachevée quelconque, mais s’est installée dans un état durable de dissolution politique. Loin d’ouvrir la voie à un processus de reconstruction, la disparition brutale du régime de Mouammar Kadhafi a au contraire déclenché une séquence longue de fragmentation, où la violence armée a progressivement remplacé l’État comme principe d’organisation du pouvoir, comme au Soudan. Cette série propose une lecture structurelle de la guerre libyenne comme système stabilisé et cohérent en soi, inséré dans des rivalités régionales et internationales, et désormais capable d’éliminer toute alternative politique qui ne s’inscrirait pas dans sa logique.

La Libye, abcès de fixation régional (4/5)
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 20, 2026 - 17:25

La guerre libyenne cesse d’être intelligible dès lors qu’on la lit uniquement à travers ses acteurs internes. À partir de 2014, et plus encore après 2019, le conflit s’est transformé en théâtre de projection régionale, où les dynamiques locales servent de supports à des stratégies qui les dépassent largement. La Libye est ainsi un territoire fragmenté, investi, utilisé, et travaillé de l’extérieur comme un espace malléable, dépourvu de souveraineté effective, et, de ce fait, idéal pour les guerres indirectes. Certes, la rivalité entre puissances régionales n’explique pas à elle seule l’effondrement libyen, mais elle en fige cependant les lignes, en empêche toute résolution endogène et transforme chaque avancée locale en variable d’un jeu plus large. À ce stade, la guerre n’oppose plus seulement des Libyens entre eux, mais des visions concurrentes de l’ordre régional, projetées sur un territoire incapable de les absorber. L’abcès de fixation par excellence, comme la Syrie post-2011, ou, avant, le Liban entre 1975 et 1990.

«Deux Libye» et une souveraineté introuvable (3/5)
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 18, 2026 - 15:36

Depuis le printemps arabe de 2011, la Libye ne traverse pas une transition inachevée quelconque, mais s’est installée dans un état durable de dissolution politique. Loin d’ouvrir la voie à un processus de reconstruction, la disparition brutale du régime de Mouammar Kadhafi a au contraire déclenché une séquence longue de fragmentation, où la violence armée a progressivement remplacé l’État comme principe d’organisation du pouvoir, comme au Soudan. Cette série propose une lecture structurelle de la guerre libyenne comme système stabilisé et cohérent en soi, inséré dans des rivalités régionales et internationales, et désormais capable d’éliminer toute alternative politique qui ne s’inscrirait pas dans sa logique.

Le conflit libyen: une «milicianisation» à outrance du politique (2/5)
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 17, 2026 - 11:24

Depuis le printemps arabe de 2011, la Libye ne traverse pas une transition inachevée quelconque, mais s’est installée dans un état durable de dissolution politique. Loin d’ouvrir la voie à un processus de reconstruction, la disparition brutale du régime de Mouammar Kadhafi a au contraire déclenché une séquence longue de fragmentation, où la violence armée a progressivement remplacé l’État comme principe d’organisation du pouvoir, comme au Soudan. Cette série propose une lecture structurelle de la guerre libyenne comme système stabilisé et cohérent en soi, inséré dans des rivalités régionales et internationales, et désormais capable d’éliminer toute alternative politique qui ne s’inscrirait pas dans sa logique.

2011, la Libye dans l’ère post-étatique (1/5)
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 16, 2026 - 13:25

Depuis le printemps arabe de 2011, la Libye ne traverse pas une transition inachevée quelconque, mais elle s’est installée dans un état durable de dissolution politique. Loin d’ouvrir la voie à un processus de reconstruction, la disparition brutale du régime de Mouammar Kadhafi a au contraire déclenché une séquence longue de fragmentation, où la violence armée a, comme au Soudan, progressivement remplacé l’État comme principe d’organisation du pouvoir. Cette série propose une lecture structurelle de la guerre libyenne comme système stabilisé et cohérent en soi, inséré dans des rivalités régionales et internationales, et désormais capable d’éliminer toute alternative politique qui ne s’inscrirait pas dans sa logique.

Le haririsme au défi du renouveau
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 15, 2026 - 17:02

Saad Hariri ressemble quelque peu à un héros maudit de tragédie grecque. Vingt-et-un ans après l’assassinat de Rafic Hariri, Saad revient dans une ville qui ne ressemble plus tout à fait à celle qu’il a quittée. Les centres de décision ont changé. Il en sait quelque chose. L’Arabie saoudite, qui contribua naguère, sous la direction de Fahd, puis d’Abdallah, à ancrer Rafic Hariri sur la scène libanaise, multiplie depuis près d’une décennie les signaux négatifs à l’égard de Saad. Les médias saoudiens ont largement exprimé leur mécontentement quant à sa perspective de relancer son courant politique après quatre ans de gel.

Guerre du Soudan: scénarios, faux règlements et impasses stratégiques (4/4)
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 8, 2026 - 13:52

Focus analytique sur la guerre du Soudan qui, depuis 2023, s’est déjà traduite par des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, avec un coût humain particulièrement écrasant au Darfour, où la violence de masse, les sièges et les déplacements forcés ont pris une dimension que nombre d’acteurs internationaux qualifient désormais de génocidaire. La guerre soudanaise donne régulièrement lieu à des annonces de médiation, de cessez-le-feu imminent, de « fenêtres diplomatiques ». À intervalles presque réguliers, un acteur international « redécouvre » ainsi le conflit, promet une initiative ou convoque des pourparlers. Ces séquences produisent essentiellement du bruit politique, et parfois une suspension temporaire des combats sur un axe précis, mais elles ne modifient jamais la structure du conflit. Mais la répétition du même schème ne constitue pas un échec accidentel de la diplomatie ; elle est le produit d’un malentendu plus profond sur la nature même de la guerre en cours.