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Michel Hajji Georgiou

Michel Hajji Georgiou

Analyste politique

Écrivain, analyste politique et journaliste, Michel Hajji Georgiou a été directeur des programmes de La Voix du Liban – Achrafieh (radio et webTV) en 2023, cofondateur et ancien directeur de la rédaction d’Ici Beyrouth (2021-2022), chef du service politique local de L’Orient-Le Jour pendant cinq ans (2015-2019), éditorialiste, ancien rédacteur en chef de son supplément politique annuel (2005-2011), ainsi que journaliste senior pendant vingt ans (1999-2019) dans ce quotidien. Lauréat du Prix d’honneur de philosophie du Collège Notre-Dame de Jamhour en 1998, il a reçu le Prix Gebran Tueni / WAN en 2007 et le Prix de la Fondation des droits de l’homme et du droit humanitaire en 2008 pour ses travaux en faveur de la liberté d’expression et d’opinion. Membre fondateur de plusieurs associations de défense des droits humains et de fondations culturelles, dont Media Against Violence et ALEF, il est notamment l’auteur de The Quiet Revolution, un recueil de textes politiques du regretté Samir Frangié, ainsi que d’un recueil de poésie, From This Broken Hill, dédié à la mémoire du poète et chanteur canadien Leonard Cohen, et d’une biographie à paraître de feu Hassan Rifaï. Il collabore actuellement en tant qu’éditorialiste et analyste politique à Levant Time et tient le blog BeirutUnbound.com.

L’Iran et sa guerre indirecte au Soudan (3/4)
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 6, 2026 - 20:30

Focus analytique sur la guerre du Soudan qui, depuis 2023, s’est déjà traduite par des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, avec un coût humain particulièrement écrasant au Darfour, où la violence de masse, les sièges et les déplacements forcés ont pris une dimension que nombre d’acteurs internationaux qualifient désormais de génocidaire. Il paraît nécessaire d’analyser seul le rôle de l’Iran dans le conflit soudanais, quand bien même ce dernier ne se donne pas à voir sous la forme classique d’un parrain identifié, d’un soutien politique affiché ou d’une alliance assumée. Il est plus diffus, plus indirect, mais, à bien des égards, plus structurant. Téhéran n’est pas un acteur central du théâtre soudanais ; il en est une sorte d’amplificateur stratégique, inscrivant le conflit dans une architecture régionale plus large, dominée par la mer Rouge et les nouvelles formes de la guerre asymétrique.

Dialogues avec les loups
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 4, 2026 - 10:51

Il faut le dire noir sur blanc : l’un des aveuglements récurrents des démocraties occidentales tient à leur rapport au temps. Le temps démocratique — celui de l’alternance, de l’urgence électorale, du mandat limité, de la nécessité permanente de produire des résultats visibles dans un horizon court — est en effet un temps rythmé, scandé, hachuré… et, partant, fragile. Ce temps-là est, par nature, impatient, constamment à la recherche d’issues, de compromis et de stabilisations provisoires. Il veut croire, dans une conception téléologique gnostique de l’Histoire, que celle-ci peut être infléchie par la bonne volonté, la négociation et la rationalité partagée. Qu’elle avance invariablement dans le bon sens.

Mer Rouge, Golfe et Corne de l’Afrique : la régionalisation du conflit soudanais (2/4)
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 3, 2026 - 12:58

Focus analytique sur la guerre du Soudan qui, depuis 2023, s’est déjà traduite par des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, avec un coût humain particulièrement écrasant au Darfour, où la violence de masse, les sièges et les déplacements forcés ont pris une dimension que nombre d’acteurs internationaux qualifient désormais de génocidaire. Analyser la guerre soudanaise selon les paramètres d’une guerre confinée à l’espace territorial national relèverait de l’aberration, tant la géographie du pays s’impose comme un facteur structurant. État riverain de la mer Rouge, adossé à la Corne de l’Afrique et situé à proximité immédiate de la péninsule Arabique, le Soudan occupe une position stratégique qui le rend particulièrement vulnérable aux projections de puissance régionales.

Nassib Lahoud, le « perdant magnifique »
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 2, 2026 - 13:21

Il y a quatorze ans, le 1er février 2012, disparaissait l’ancien député et ministre Nassib Lahoud. En ces temps où le populisme fait des ravages à travers le monde — et le Liban semble, une fois de plus, avoir été un précurseur dans la déferlante actuelle —, il fait bon d’évoquer la mémoire d’un homme qui, au cours des trois dernières décennies, a véhiculé et défendu une autre vision, une autre pratique du politique . Qui plus est en terre libanaise, là où les passions grégaires propulsent naturellement un modèle très arrêté de chef historique exalté ou de renard utilitariste désabusé revêtu des oripeaux du sectarisme, plutôt que des hommes d’États posés disposant d’idées modernes et d’une vision profonde et stratégique de la chose publique.

Effondrement du Soudan: la guerre pour la guerre (1/4)
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
févr. 1, 2026 - 11:47

Focus analytique sur la guerre du Soudan qui, depuis 2023, s’est déjà traduite par des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, avec un coût humain particulièrement écrasant au Darfour, où la violence de masse, les sièges et les déplacements forcés ont pris une dimension que nombre d’acteurs internationaux qualifient désormais de génocidaire. Le Soudan ne s’est pas effondré d’un seul bloc. Il s’est défait par strates successives, au rythme d’une guerre qui ne vise ni la prise durable du pouvoir ni la reconstruction d’un ordre politique, mais l’épuisement progressif de ce qui subsiste encore de l’État. Depuis avril 2023, la violence s’y installe comme un régime en soi, transformant le pays en un espace fragmenté où le temps long du conflit compte davantage que toute victoire militaire ponctuelle.

La décompensation ontologique du Hezbollah
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
janv. 30, 2026 - 10:05

Tous les vingt ans, vient un joueur, qui met en gage le pays, les hommes, l’héritage, les levers et couchers du soleil, les garçons et les filles, les vagues et la mer sur une table de poker. Nizar KABBANI Ainsi, Naïm Kassem veut sacrifier le Liban pour l’Iran. Après avoir envoyé ses partisans mourir pour la Syrie d’Assad et laissé les habitants de son foyer révolutionnaire se faire atomiser pour le Hamas, le voilà maintenant qui veut conclure en beauté, par un suicide collectif, alors que la maison-mère iranienne se trouve en danger face à l’invincible armada déployée par Donald Trump dans les eaux du Moyen-Orient.

Oublier Rifaat el-Assad ?
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
janv. 21, 2026 - 15:08

Si la décence minimale interdit de se réjouir de la mort, même celle d’un monstre, elle n’empêche cependant pas de ressentir une certaine légèreté soudaine, voire même un réconfort, ne serait-ce que fugace, à l’annonce de celle-ci. Rifaat el-Assad n’est plus. Au sentiment rétrospectif et rétroactif d’impuissance et de désolation face aux pires atrocités de l’histoire, on se console comme on peut. Rifaat emporte avec lui une part de la mémoire la plus noire du Levant contemporain, celle des villes écrasées pour avoir hurlé trop fort contre la barbarie, des quartiers rasés pour servir d'exemple. Il suffit de lire le témoignage effectué par Michel Seurat – qui lui a d’ailleurs coûté la vie – pour voir, non sans effroi, comment Hama et Homs, en 1982, furent, pour Assad, les laboratoires d’une expérience jouissive de la mise à mort. Le Liban aussi, de Tripoli aux marges humiliées par ses milices (les «Chevaliers rouges» notamment), subit aussi l’inhumanité de Rifaat.

Pour arrêter la chute
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
janv. 14, 2026 - 18:35

L’obscénité est-elle devenue le moteur de l’Histoire? À regarder de près le fil des événements, un observateur avisé pourrait bien en conclure que oui. Et pour cause: il y a bien quelque chose d’obscène dans la manière dont le monde contemporain célèbre encore ses simulacres d’ordre, alors même que les digues, toutes les digues, cèdent de toutes parts. Certes, les logorrhées sont bien là, les institutions pullulent. Les grands discours n’ont même jamais été si prolixes qu’à présent, mais ils flottent désormais dans un vide inquiétant et sonnent irrémédiablement creux — lorsqu’ils ne se perdent pas dans la masse informe de l’intox et des tropes nauséabonds du populisme et de l’identitarisme.

Dékhomeinisation
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
janv. 12, 2026 - 09:01

L’image désormais iconique de cette jeune femme réduisant en flammes le portrait de l’ayatollah Khamenei pour allumer sa cigarette en dit, symboliquement, beaucoup : la théocratie iranienne est morte et enterrée. Ce n’est plus qu’une question de temps. Certes, le pouvoir iranien peut encore réprimer, interpeller, torturer, violer, exécuter et massacrer allègrement, comme il l’a fait sans cesse depuis la Révolution verte de 2008. Mais il n’en reste pas moins que le mur de la peur est définitivement tombé, cette fois - comme le prouve, du reste, la perte de contrôle du régime sur certaines villes, fait inédit depuis la révolution islamique elle-même.

Yémen et « axe du Golfe » : la fin d’une illusion ?
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
janv. 6, 2026 - 16:47

Pendant près d’une décennie, la guerre au Yémen a été analysée à travers un prisme relativement stable : celui d’un affrontement entre un État fragile et une insurrection houthie soutenue par l’axe iranien, sur fond d’intervention militaire menée par une coalition arabe dominée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Cette lecture a longtemps été opérante, compte tenu du projet expansionniste mené par Téhéran depuis près de deux décennies. Mais après l’uppercut sévère asséné à l’impérialisme iranien au lendemain du 7 octobre, elle ne permet cependant plus de saisir les dynamiques à l’œuvre à présent.