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Michel Hajji Georgiou

Michel Hajji Georgiou

Analyste politique

Écrivain, analyste politique et journaliste, Michel Hajji Georgiou a été directeur des programmes de La Voix du Liban – Achrafieh (radio et webTV) en 2023, cofondateur et ancien directeur de la rédaction d’Ici Beyrouth (2021-2022), chef du service politique local de L’Orient-Le Jour pendant cinq ans (2015-2019), éditorialiste, ancien rédacteur en chef de son supplément politique annuel (2005-2011), ainsi que journaliste senior pendant vingt ans (1999-2019) dans ce quotidien. Lauréat du Prix d’honneur de philosophie du Collège Notre-Dame de Jamhour en 1998, il a reçu le Prix Gebran Tueni / WAN en 2007 et le Prix de la Fondation des droits de l’homme et du droit humanitaire en 2008 pour ses travaux en faveur de la liberté d’expression et d’opinion. Membre fondateur de plusieurs associations de défense des droits humains et de fondations culturelles, dont Media Against Violence et ALEF, il est notamment l’auteur de The Quiet Revolution, un recueil de textes politiques du regretté Samir Frangié, ainsi que d’un recueil de poésie, From This Broken Hill, dédié à la mémoire du poète et chanteur canadien Leonard Cohen, et d’une biographie à paraître de feu Hassan Rifaï. Il collabore actuellement en tant qu’éditorialiste et analyste politique à Levant Time et tient le blog BeirutUnbound.com.

Lionel Messi ou le réenchantement du monde
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
sept. 6, 2026 - 13:31

Le joueur argentin, qui a mis fin à sa carrière internationale le 31 août 2026, n’était rien moins qu’un prestidigitateur des stades. Son parcours, fait de prodiges, de chutes et de rédemption, dit peut-être quelque chose de notre besoin intact d’enchantement dans un monde qui prétend pourtant s’en être défait. Annoncée quelques semaines après la finale de Coupe du monde 2026 perdue contre l’Espagne, la retraite internationale de Lionel Messi n’a pas été sans provoquer une émotion dont il est difficile de trouver beaucoup d’équivalents dans l’histoire récente du football. Il faudrait sans doute remonter à Maradona, ou encore à Cruyff ou Pelé, pour retrouver cette sensation qu’avec le retrait d’un joueur disparaît quelque chose qui excède très largement le sport lui-même, comme si une certaine manière d’habiter le football, sinon même d’y croire, arrivait, elle aussi, à son terme.

Hassan Rifaï, le sage révolté
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
sept. 4, 2026 - 23:28

De Hassan Rifaï, l’on garde l’image d’un juriste respecté, posé, une référence en droit administratif et constitutionnel, argumentant, d’une voix calme et chevrotante, pour pointer du doigt les écarts et les égarements des politiques vis-à-vis du régime démocratique parlementaire et de la Constitution. Pourtant, l’ancien député et ministre, disparu le 3 septembre 2025, était aussi un homme révolté. Un frondeur. Même à cent ans. Surtout à cent ans! Il l’avait été enfant, haranguant les foules à Baalbeck contre le Mandat, puis tout au long de sa carrière d’avocat et de parlementaire. À cent ans, tout à fait désabusé de la République et de ses flibustiers, sa douce colère ne s’était pas calmée.

Michel el-Khoury ou la noblesse de l'effacement
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
août 27, 2026 - 01:34

Comment parler d’un homme qui avait horreur de faire du bruit? Qui refusait les coups d’éclat et les étalages en tous genres, quand bien même sa brillance et sa noblesse livraient, au grand dam du personnage, une concurrence parfaitement déloyale à son extrême modestie? La tâche est particulièrement ardue. D’autant que l’homme lui-même, peu friand de médias, d’entretiens, d’honneurs et autres mises en exergue, aurait désapprouvé l’exercice pour le moins périlleux auquel se livre l’auteur de ces lignes. Pourtant, c’est parce que cheikh Michel el-Khoury, disparu à près de cent ans le 4 juillet 2026, avait choisi la voie du silence et de la discrétion, fidèle à son leitmotiv de «il faut servir plutôt que se servir» – le sens et la primauté de l’État ayant la priorité absolue sur tout le reste – qu’il paraît absolument nécessaire de parler de lui en ces temps de profonde déliquescence que traverse le Liban. D’autant que sa vision du Liban et de son rôle reste plus que jamais d’actualité.

Musique et politique, un mariage ancestral: les origines (3/3)
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
juil. 12, 2026 - 05:14

Voici le troisième volet de l’introduction à cette série d’articles qui propose un vaste tour d’horizon, à la fois thématique et chronologique, des différents rapports entre la musique et l’espace de la Cité à travers les époques. Si la rébellion de Beethoven contre Napoléon pose en quelque sorte un acte fondateur dans la tension entre «musique» et «engagement politique», elle ne redéfinit pas pour autant ce rapport trouble entre la mélodie et le pouvoir qui permet à une idéologie de transporter des masses. L’Europe du XIXe siècle illustre ainsi avec une clarté particulière comment la musique peut simultanément construire les nations et les instrumentaliser. Giuseppe Verdi est, à ce titre, un exemple révélateur de cette capacité des notes à porter les foules en donnant un corps musical aux traumatismes. En 1842, il compose l’opéra Nabucco , qui met en scène la destruction du Premier Temple de Jérusalem par Nabuchodonosor II et la prise en captivité des survivants à Babylone.

Musique et politique, un mariage ancestral : les origines (2)
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
mai 23, 2026 - 03:30

Cette série d'articles propose un vaste tour d'horizon, à la fois thématique et chronologique, des différents rapports entre la musique et l'espace de la Cité à travers les époques. Le premier de cette série, divisé en trois parties, porte sur les origines du lien entre la musique et «le» et «la» politique. C'est au XVIIIe siècle européen que le débat sur la musique et la liberté sort quelques instants de son rapport avec le sacré pour reprendre une forme philosophique explicite, comme du temps de l'Antiquité grecque. Et le mérite en revient essentiellement à Jean-Jacques Rousseau. L'histoire a certes retenu ce dernier comme l'un des piliers de la philosophie politique des Lumières, mais sa double condition de compositeur et de musicologue reste souvent dans l'ombre de son héritage philosophique.

Musique et politique, un mariage ancestral: les origines (1)
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
mai 17, 2026 - 19:53

Cette série d'articles propose un vaste tour d'horizon, à la fois thématique et chronologique, des différents rapports entre la musique et l'espace de la Cité à travers les époques. Le premier de cette série, divisé en trois parties, porte sur les origines du lien entre la musique et «le» et «la» politique. Il est quelque peu périlleux de tenter de dater avec exactitude les débuts de la musique engagée. Ce qui est toutefois certain, c'est qu'elle ne commence ni avec Bob Dylan, ni avec les negro spirituals , ni même avec La Marseillaise … mais avec la musique elle-même, c'est-à-dire, en fait, avec les débuts de l'organisation de la société et de ses rapports avec la notion et la pratique du pouvoir. Il est possible de dire sans trop se tromper que la musique a constitué, dans ce sens, l'un des moyens à disposition des hommes cherchant à la fois à se gouverner et à échapper à ce gouvernement.

Mohammad Hussein Chamseddine, le amélite qui oeuvra pour «un autre Liban»
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
mai 16, 2026 - 11:11

Le texte qui suit est la traduction d’une allocution en langue arabe prononcée par notre collègue Michel Hajji Georgiou lors d’une table-ronde organisée le vendredi 15 mai à Beyrouth par le site d’informations et d’analyses Janoubiya , en hommage à la mémoire de l’écrivain et politologue Mohammad Hussein Chamseddine, avec la participation de notre confrère Ali Mohammad Hassan el-Amine, directeur de Janoubiya , de l’ancien ministre Ibrahim Mohammad Mahdi Chamseddine, de notre collaborateur Hisham Dibsi, politologue, et de l’écrivain et politologue Hassan Bazih. L’objectif du texte est de replacer la pensée et l’oeuvre de Chamseddine dans la continuité de l’héritage historique politique et moral libaniste et étatiste des ulémas du Jabal Amel.

Raymond Eddé ou l’éloge de la « défaite »
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
mai 14, 2026 - 03:29

Le 10 mai 2000 disparaissait Raymond Eddé, au terme d’un exil de plus de deux décennies à Paris. Eddé fut, dans le panorama politique libanais, une personnalité tout à fait atypique. Une certaine histoire retient de lui aujourd’hui une figure idéaliste et obstinée, coupée de la réalité, puisqu’il refusa tous les compromis politiques qui cherchaient un colmatage temporaire des brèches par réflexe de survie immédiate aux dépens des valeurs fondamentales de la République et des fondements élémentaires de l’État, de l’accord du Caire à l’accord de Taëf. Irréductible, le Amid ? Pourtant, paradoxe anachronique, c’est le contraire qu’on lui reprocha au sein de sa communauté. À savoir le fait de ne pas se laisser entraîner dans les flots de testostérone identitaire et de refuser d’écouter les doux chants des sirènes et de la mitraille, contrairement aux partis populaires et aux organisations armées de l’époque.

Sauver l’humanisme intégral
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
mai 14, 2026 - 00:33

On continue à parler de « mondialisation » comme si le mot avait encore un sens commun. Il n’en a plus. Ou plutôt : il lui reste sa carcasse économique, la globalisation – flux de capitaux, chaînes de production, plateformes numériques –, mais son âme a disparu. La mondialisation comme ouverture, comme promesse d’un monde plus habitable par tous, comme quête d’un langage partagé entre les cultures, est en train de mourir. Cette mondialisation-là n’était pourtant pas qu’une réalité matérielle, mais un horizon moral. Elle reposait sur une idée simple, presque naïve : le contact répété entre les peuples, les cultures, les imaginaires finirait par désarmer la tentation de la guerre. Les distances réduites par la technologie, les transports, l’abolition des frontières douanières… On se croiserait à l’université, dans les festivals, dans les ONG, dans les institutions internationales ; on bâtirait des compromis, des traités, des programmes d’échange. On apprendrait à vivre ensemble, faute de mieux.

Écartèlements
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
mai 8, 2026 - 21:28

Que les différents camps au Liban soient directement concernés par la bataille existentielle qui se livre actuellement au Liban est tout à fait naturel. Le contraire serait malsain. Cependant, entre apathie et enthousiasme débordant, voire embrigadement aveugle, il existe tout un spectre émotionnel qui, comme d’habitude, est occulté à la faveur d’alignements mortels pour le pays sur un conflit qui l’habite, mais qui le dépasse totalement. Comme c’est le cas depuis toujours, du reste. Le corps libanais est immunodéficitaire. Il attire tous les virus et toutes les maladies. D’où sa propension à flirter en permanence avec la mort.

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