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Jad Akhawi

Jad Akhawi

Liban: la neutralité comme prochain projet?
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Jad Akhawi
Published
oct. 5, 2026 - 18:01

Le bulldozer ne débat pas de politique. Lorsqu’il entre dans un village, il ne demande pas qui était pour la guerre et qui était contre. Il ne distingue pas la maison d’un partisan de celle d’un opposant. Il abat les murs, arrache les arbres, transforme le paysage, puis laisse les habitants face à la question la plus simple et la plus cruelle: Reconstruire pour attendre la prochaine guerre? C’est par cette question que devrait commencer toute discussion sérieuse sur l’avenir du Liban. Pendant de longues années, nous avons débattu de la neutralité comme s’il s’agissait d’une idée académique, ou de la revendication d’un camp libanais face à un autre. Certains y ont vu une manière de sortir du conflit arabo-israélien, d’autres une tentative de détacher le Liban de son environnement, tandis qu’elle a parfois été considérée comme un projet confessionnel impossible à mettre en œuvre.

À la recherche du Liban, de Beyrouth au Vatican
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Jad Akhawi
Published
oct. 1, 2026 - 00:04

Certains voyages s’achèvent avec le retour à l’aéroport. D’autres commencent véritablement après le retour. Des semaines ont passé depuis notre visite à Rome, mais beaucoup de détails sont restés avec moi. Ce fut une courte visite, mais elle m’a fait regarder le Liban depuis une autre distance. Qui nous a ouvert les portes de Rome? Derrière cette visite, il y a un effort qui mérite d’être mentionné. Bernard Selwan Khoury et Jessie Karam ont joué un rôle essentiel dans l’organisation des rencontres et dans l’ouverture de portes à Rome, à travers un programme qui n’était pas une simple succession de rendez-vous protocolaires, mais une tentative de faire entendre une voix libanaise différente dans des cercles académiques, politiques et vaticans.

Nous ne voulons pas d’un Hachd al-Chaabi libanais
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Jad Akhawi
Published
sept. 27, 2026 - 18:55

À mesure que le débat se rapproche de l’avenir des armes du Hezbollah, des idées qui semblent, en apparence, «réalistes» commencent à émerger: que faire des milliers de combattants? Faut-il les intégrer à l’armée? Faut-il créer pour eux un cadre sécuritaire spécifique? Faut-il absorber progressivement la structure militaire du parti au sein des institutions de l’État? Ma réponse est claire: non. Je suis contre l’intégration des combattants du Hezbollah, en tant que corps ou bloc organisé, dans l’armée libanaise ou les forces de sécurité. Et je suis contre la création de toute nouvelle formation, sous quelque appellation que ce soit, qui permettrait à la structure militaire du parti de continuer d’exister au sein de l’État.

Le Festival Samir Kassir, ou le Liban qui n’est pas encore né
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Jad Akhawi
Published
sept. 17, 2026 - 21:05

Chaque année, lorsque commence le Festival du Printemps de Beyrouth, organisé par la Fondation Samir Kassir, j’observe le public avant d’observer la scène ou l’écran. Peut-être parce que, pour moi, le nom de Samir n’est pas simplement celui que porte un festival, et que la Fondation Samir Kassir n’est pas simplement une institution culturelle, je me surprends à chercher autre chose sur les visages: la Beyrouth à laquelle Samir croyait existe-t-elle encore? Y a-t-il encore des gens qui veulent de la culture, du débat, de l’art et de la liberté? La ville est-elle encore capable, au milieu de tout ce qui l’a frappée, de rassembler les gens autour d’une idée, plutôt qu’autour d’un chef, d’une communauté ou d’une peur?

Après Ali el-Taher, la carte du Liban est-elle en péril?
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Jad Akhawi
Published
sept. 14, 2026 - 16:09

Ali el-Taher n’est pas une colline dont l’histoire serait terminée. Elle pourrait marquer le début d’une nouvelle carte. Après ce qui s’y est produit, la question n’est plus de savoir où Israël frappera demain, mais jusqu’où Israël veut repousser les limites de la «sécurité» qu’il cherche à imposer à l’intérieur du Liban. S’arrêteront-elles à la frontière, ou passeront-elles de Ali el-Taher aux hauteurs de l’Iqlim el-Touffah, de Rayhan et de Jabal Safi, voire plus loin, en direction de la Békaa? C’est aujourd’hui la question la plus dangereuse. Non pas parce qu’il existerait des preuves d’une décision israélienne d’occuper toutes ces régions. Aucune donnée ne permet, jusqu’à présent, de tirer une telle conclusion. Mais il existe suffisamment d’éléments pour envisager qu’Israël soit passé d’une stratégie visant à frapper les capacités du Hezbollah à une stratégie plus large : bouleverser la géographie militaire que le parti a construite au fil des décennies.

Ali el-Taher: pourquoi le Hezbollah a-t-il refusé de remettre la colline à l’armée?

La bataille d’Ali el-Taher n’a pas été une simple confrontation militaire autour d’une colline stratégique du sud du Liban. Malgré sa superficie limitée, le site est devenu un point de convergence entre calculs militaires, politiques et régionaux, révélant l’un des aspects essentiels du conflit qui perdure au Liban: qui contrôle le territoire, qui détient les armes et qui décide de la guerre et de la paix? Le plus intéressant n’est pas seulement l’entrée d’Israël sur le site, mais l’insistance du Hezbollah à refuser de le remettre à l’armée libanaise, alors même que celle-ci est la seule institution légitime censée assumer la responsabilité du territoire libanais, en particulier dans les zones frontalières directement liées à la sécurité et à la souveraineté du pays.

Pourquoi les Libanais ont-ils peur du mot «paix»?
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Jad Akhawi
Published
août 28, 2026 - 12:38

«Heureux les artisans de paix.» Peut-être n’existe-t-il pas de phrase qui résume mieux ce dont le Liban a besoin aujourd’hui que celle portée par le pape Léon XIV lors de sa visite au Liban et dont il a fait l’un des messages essentiels adressés aux Libanais. Sa visite est intervenue dans un pays épuisé par les guerres, les crises et les divisions, pour placer la paix au cœur du discours libanais, non comme une capitulation ou une concession, mais comme un acte, une responsabilité et un projet d’avenir. Mais le paradoxe libanais tient au fait que nous, qui avons tant vécu la guerre, en sommes parfois venus à craindre le mot «paix» lui-même.

Entre l’alliance de La Mecque et l’axe Inde–Émirats–Israël: où se situe le Liban arabe?

Le Moyen-Orient ne traverse plus seulement une phase de recomposition des alliances. Il semble entrer dans une période où la notion même de sécurité régionale est en train d’être redéfinie. Après des décennies durant lesquelles le système arabe évoluait, même de manière fragile, dans des cadres communs tels que la Ligue arabe et le Conseil de coopération du Golfe, de nouveaux dispositifs sécuritaires et économiques commencent aujourd’hui à émerger. Ils dépassent les frontières du monde arabe et réunissent des États arabes et musulmans à des puissances régionales et internationales sur la base d’intérêts stratégiques, et non plus seulement d’une identité commune.

Le Moyen-Orient en pleine mutation
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Jad Akhawi
Published
août 8, 2026 - 18:43

La région qui s’étend de l’Irak au Liban, à la Syrie et à Israël, avec les États-Unis en toile de fond, connaît une transformation profonde de la fonction des armes au sein de l’État. La tendance générale va vers une redéfinition du rôle de la force armée, que ce soit par le désarmement ou par son intégration dans des dispositifs sécuritaires qui dépassent la conception traditionnelle de l’État-nation. Cette évolution traduit un passage progressif d’une logique de souveraineté dure à celle d’une sécurité administrée. Parallèlement, les contours d’un nouveau bloc militaro-stratégique se dessinent dans la région, où le rôle saoudien converge avec celui de la Turquie et dont l’influence s’étend jusqu’au Pakistan, puissance nucléaire, sur fond de repositionnement délicat de l’Iran. Cette imbrication ne saurait être interprétée comme une simple juxtaposition d’alliances de circonstance, mais comme une composante d’une entreprise plus vaste de réingénierie de la région, conduite selon une logique de «nouvelle planification impériale», dans laquelle les équilibres sont recomposés en articulant sécurité, énergie et économie au sein d’un réseau d’intérêts interdépendants.

Simon Karam... lorsque la mémoire nationale devient atout de négociation

Dans les grands moments de bascule, la force d’un État ne se mesure pas uniquement à ses capacités militaires, mais aussi à la qualité de ceux qui le représentent. Les négociations décisives ne sont pas de simples discussions techniques sur des cartes ou des dispositifs de sécurité. Elles mettent à l’épreuve la capacité d’un État à défendre son récit historique et à façonner son avenir. C’est dans ce contexte que l’ambassadeur Simon Karam s’impose comme l’une des figures marquantes de la diplomatie libanaise. Son autorité ne repose ni sur l’éloquence ni sur l’exposition médiatique, mais sur une sérénité tranquille, une grande rigueur dans l’approche et l’intégrité d’un homme d’État qui mesure sa réussite à l’aune de ce qu’il apporte à son pays, plutôt qu’à lui-même.

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