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Jad Akhawi

Jad Akhawi

De Rome à la IIIe République: la refondation du Liban a-t-elle commencé?
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Jad Akhawi
Publicado
juil. 29, 2026 - 15:50

L’histoire ne retient pas seulement les villes où les guerres prennent fin. Elle retient surtout celles où naissent les nouveaux régimes. C’est pourquoi Rome ne sera peut-être pas, demain, seulement la ville qui aura accueilli un nouveau cycle de négociations entre le Liban et Israël. Elle pourrait entrer dans l’histoire comme le lieu où s’est engagée la refondation de l’architecture politique et sécuritaire libanaise, à la suite d’une guerre qui a profondément bouleversé les équilibres régionaux. Les réunions prévues à Rome ne se limitent pas à examiner les modalités d’un cessez-le-feu, d’un retrait israélien ou d’un échange de prisonniers, aussi essentiels que soient ces dossiers. Elles s’inscrivent dans un processus plus vaste visant à traduire les conséquences de la guerre en une nouvelle réalité politique, afin d’empêcher tout retour au statu quo ante.

 Liban: le Hezb dans une phase de non-retour?
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Jad Akhawi
Publicado
juil. 23, 2026 - 03:12

Depuis la fin de la guerre de juillet 2006, Libanais et observateurs avaient pris l’habitude de mesurer la puissance du Hezbollah au nombre de missiles qu’il possédait, à l’ampleur de son arsenal ou à sa capacité de menacer Israël. Mais les évolutions actuelles imposent un tout autre critère. La question n’est plus de savoir quelles armes lui restent, mais s’il est encore capable de reconstituer la puissance qu’il a bâtie au cours de plus de quatre décennies. C’est précisément là que se situe l’enjeu de la période actuelle. À la suite de la rencontre entre le président de la République, le général Joseph Aoun, et le président américain Donald Trump, de l’intense activité diplomatique américaine qui l’a précédée et suivie, du processus de négociation engagé à Rome, ainsi que des discussions croissantes sur l’extension du déploiement de l’armée libanaise et sur le lien établi entre la reconstruction et le rétablissement, par l’État, de son autorité en matière de sécurité, il apparaît que l’approche internationale ne vise plus uniquement le désarmement du Hezbollah, qu’il soit obtenu par une décision politique ou par une opération militaire. Elle cherche désormais à rendre la reconstitution de sa puissance militaire de plus en plus difficile, voire impossible.

L'après-Nabih Berry
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Jad Akhawi
Publicado
juil. 16, 2026 - 01:44

Depuis plus de trois décennies, la politique libanaise est étroitement associée au nom de Nabih Berry. Depuis son accession à la présidence de la Chambre des députés en 1992, Berry a survécu aux présidents de la République, aux chefs de gouvernement, aux guerres régionales, aux interventions internationales et à de profondes mutations géopolitiques. Il n’est plus seulement le président du pouvoir législatif. Il s’est imposé comme l’un des principaux architectes du Liban de l’après-Taëf et le chef politique incontesté du mouvement Amal. Mais toute longue trajectoire au pouvoir finit inévitablement par soulever la même question: que se passera-t-il après?

Une nouvelle étape s’ouvre-t-elle au Moyen-Orient?
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Jad Akhawi
Publicado
juil. 11, 2026 - 01:05

Dans les grandes périodes de transformation, les États ne sont pas toujours à l’origine des événements. Il leur arrive toutefois de se trouver dans une position qui leur permet de redéfinir leur rôle. Le Liban, qui a longtemps servi de théâtre aux rivalités des puissances régionales et internationales, se trouve peut-être aujourd’hui face à une occasion rare de passer du statut de pays affecté par les crises à celui d’acteur capable de contribuer à façonner une nouvelle étape régionale. Cette perspective s’inscrit dans un contexte de profondes mutations au Moyen-Orient, où les puissances internationales et régionales réévaluent leurs priorités après des années de conflits ouverts. L’une des principales interrogations est désormais la suivante: les difficultés rencontrées par le processus d’entente entre les États-Unis et l’Iran pourraient-elles conduire à une redéfinition des priorités, au point de faire du renforcement de l’État libanais un élément d’une approche régionale plus large?

Nabih Berry... halte au chantage!
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Jad Akhawi
Publicado
juil. 4, 2026 - 15:48

À chaque tournant décisif que traverse le Liban, le même discours ressurgit: la menace de faire tomber le gouvernement, les mises en garde contre un nouvel effondrement et l’escalade de la confrontation. Pourtant, la question n’est plus de savoir si Nabih Berry peut renverser le gouvernement. Elle est désormais tout autre: que se passerait-il après sa chute? Quelle est l’alternative? Quelle vision propose-t-il pour le Liban? Et comment le pays sortira-t-il de sa crise s’il retombe une fois encore dans le cercle vicieux du vide politique et institutionnel? Si l’opposition à l’accord-cadre procède d’une réelle volonté de défendre la souveraineté, que ceux qui s’y opposent présentent une alternative claire, réaliste et applicable. Se contenter de réclamer la chute du gouvernement sans proposer la moindre feuille de route ne promet aux Libanais qu’un surcroît d’incertitude.

Accord-cadre: la victoire de l’État contre le chaos
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Jad Akhawi
Publicado
juin 27, 2026 - 21:07

Chaque fois que le Liban s’approche d’une tentative sérieuse de réorganiser sa relation avec son environnement et avec lui-même, un discours tout prêt resurgit, résumant tout processus de négociation à une «reddition». Cette qualification n’est plus une simple divergence politique: elle est devenue un instrument de blocage systématique de tout processus susceptible de réhabiliter la notion même d’État. Plus grave encore, elle sert à priver l’État de sa propre légitimité chaque fois qu’il exerce son rôle naturel: négocier et prendre des décisions. L’accord-cadre proposé n’est pas une reddition. Bien au contraire: il constitue une tentative avancée de réintégrer le Liban dans le cercle des États qui détiennent seuls leur décision souveraine à travers leurs institutions, et non à travers des centres de pouvoir parallèles ou extérieurs à l’État.

Quelle vérité Naïm Kassem tente-t-il de dissimuler?
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Jad Akhawi
Publicado
juin 20, 2026 - 13:31

Chaque fois que le Hezbollah affronte une crise politique, militaire ou populaire, ses dirigeants reviennent au même lexique: la résistance, la victoire, la souveraineté, le refus de toute tutelle. Des mots lourds, chargés d'une forte charge émotionnelle, mais qui perdent chaque jour davantage leur pouvoir de conviction auprès des Libanais, à mesure que se creuse l'écart entre le discours et la réalité. Dans son dernier discours, le secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, a affirmé que le Hezb restait fidèle à l'accord de Taëf et à la Constitution libanaise, que ses armes étaient dirigées contre Israël, et qu'il faisait face à des projets d'allégeance et de tutelle étrangère. Un propos qui paraît cohérent au premier abord, mais qui s'effondre dès qu'il affronte les faits.

Ce n'est pas la paix qui est en jeu
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Jad Akhawi
Publicado
juin 12, 2026 - 09:25

Au milieu du vacarme politique et médiatique qui accompagne les négociations en cours entre le Liban et Israël sous parrainage américain, beaucoup s'affairent à poser la question traditionnelle: Israël veut-il la paix? Sommes-nous face à une nouvelle phase dans les relations entre les deux pays, ou simplement à des arrangements sécuritaires imposés par les rapports de force nés de la guerre? Mais la vérité est que cette question, si importante soit-elle, n'est pas la plus importante pour le Liban. La question fondamentale d'aujourd'hui ne porte pas sur ce que veut Israël, mais sur ce que le Liban a réussi à reconquérir pour lui-même après de longues décennies de confiscation de sa décision nationale.

Samir Kassir: ces absences qui nous hantent
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Jad Akhawi
Publicado
juin 1, 2026 - 23:20

Chaque année, lorsque revient le 2 juin, Samir Kassir réémerge dans ma mémoire comme s’il n’avait jamais disparu. Les années s’écoulent, les visages changent, les circonstances et les événements se succèdent, mais il est des êtres que le temps ne parvient pas à réduire au rang de simples souvenirs. Ils demeurent présents dans le détail de nos vies, dans les mots que nous écrivons, les idées que nous défendons, les rêves qui n’ont pas eu le temps de s’accomplir. Vingt et un ans ont passé depuis l’assassinat de Samir Kassir, et j’ai encore le sentiment que cette matinée funeste n’a pas vraiment pris fin. Samir n’était pas pour moi un journaliste, un écrivain ou un penseur dont je suivais les articles et les idées. C’était un ami, un être d’exception, qui possédait cette rare faculté de concilier la culture profonde et la simplicité humaine, la hardiesse intellectuelle et la chaleur personnelle.

Le Liban, Naïm Kassem et l'État-suspendu
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Jad Akhawi
Publicado
mai 28, 2026 - 19:50

Dans un moment régional d'une extrême sensibilité, où les dossiers sécuritaires libanais se croisent avec le cours des négociations régionales et internationales, trois thèmes étroitement liés s'imposent dans le paysage intérieur: les menaces du secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem, la controverse autour d'une tentative de repositionner la «carte libanaise» dans le jeu de la négociation régionale, et enfin le dossier des déplacés et de leurs regroupements au sein de la capitale, notamment dans des quartiers densément peuplés comme Béchara el-Khoury. Ces thèmes, en dépit de leur apparente disparité, renvoient en profondeur à une seule et même question: dans quelle mesure le Liban demeure-t-il un État capable de maîtriser sa décision intérieure et ses frontières sécuritaires et sociales?