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L'Étoile de David peinte sur un mur à l'intérieur de la synagogue Magen Abraham, située dans l'ancien quartier juif de Wadi Abu Jamil, à Beyrouth (Photo JOSEPH EID/AFP).
Société
Portrait de l'auteur
Par Makram Rabah
Publié oct. 25, 2026 - 01:06
La vocation de refuge dont le Liban se réclame doit se mesurer à sa capacité de protéger le droit de tous ses citoyens à vivre librement, sans avoir à dissimuler leur identité, à justifier leur présence ou à prouver sans cesse leur loyauté. Lorsqu’une communauté s’en va parce que ses membres ne parviennent plus à envisager un avenir sûr dans leur propre pays, le Liban perd une part de ce qui fait son sens et de sa capacité à accueillir la différence. Les discours sur la diversité et le vivre-ensemble ne sauraient compenser cet échec. Ces questions ont nourri le débat consacré au livre de Nada Abdel Samad, Quand les balcons juifs de Wadi Abou Jamil se sont éteints , à l’Université américaine de Beyrouth (AUB), organisé par le département d’histoire et d’archéologie et l’Association des étudiants en histoire et en archéologie. Cette rencontre a mis en lumière ce que nous préférons souvent ne pas voir: comment un quartier juif a disparu de la mémoire collective et comment le départ d’une communauté libanaise a été relégué au rang de simple note de bas de page, malgré tout ce qu’il révèle de notre société, de notre État et de notre discours politique.
Strategia
Portrait de l'auteur
Par Khalil Helou - Publié oct. 24, 2026 - 23:36
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Un chœur orthodoxe défile lors des célébrations de la veille de la fête éthiopienne de Meskel, équivalente à la fête de la Croix dans les pays du Levant, à Addis-Abeba, la capitale de l’Éthiopie. (AFP)
Depuis avril 2023, le conflit opposant les Forces armées soudanaises (FAS), commandées par le général Abdelfattah Al-Bourhane, aux « Forces de soutien rapide » (FSR) du général Mohammad Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », a plongé le Soudan dans une spirale destructrice. En octobre 2026, cette guerre intérieure est devenue la crise humanitaire la plus grave au monde. La position stratégique du pays, à la confluence de la mer Rouge et du bassin du Nil, couplée à ses ressources minières vitales, notamment l’or, en fait un pivot géopolitique majeur. L’effondrement prolongé des institutions étatiques menace la stabilité de l’ensemble de la Corne de l’Afrique et du Sahel, exacerbant les enjeux sécuritaires internationaux.
Décryptage

États-Unis - Iran, la guerre de la dernière chance?

Présages d’une reprise des hostilités alors que «les Iraniens ont du mal à se nourrir»
Portrait de l'auteur
Par LevantTime . - Publié oct. 24, 2026 - 23:25
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Un Iranien masqué incarne le président américain Donald Trump à l’intérieur d’une cellule symbolique installée sur un panneau publicitaire dans le nord de Téhéran, en Iran. (AFP)
Des déclarations belliqueuses de hauts responsables américains, suivies du déploiement d’importants moyens navals dans la région, auxquels s’ajoutent des avertissements adressés aux citoyens américains dans le Golfe, ainsi que l’état d’alerte élevé des forces israéliennes, dont l’aviation a effectué des « manœuvres » aux abords des frontières iraniennes… Les États-Unis semblent se préparer à reprendre des frappes de grande ampleur contre l’Iran. Depuis plusieurs semaines, Washington et Téhéran s’affrontent surtout en mer: les États-Unis imposent un blocus des ports iraniens, tandis que la République islamique tente d’exercer son contrôle sur le détroit stratégique d’Ormuz.
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La réponse de Haykal au sénateur Graham: tout est relatif

Les Américains sont connus pour être « cash », surtout dans les questions qu’ils posent à leurs interlocuteurs, s’attendant à une réponse automatique, manichéenne : oui/non, blanc/noir. Kash Patel, directeur du FBI, lors de son audition par le Sénat, s’est vu matraquer par le sénateur Eric Swalwell avec la même question : « Avez-vous informé le ministre de la Justice de la mention du nom de Donald Trump dans le dossier Epstein, oui ou non ? », question à laquelle Patel n’a pas donné la réponse catégorique attendue. Si la réponse à cette question est pourtant simple, puisqu’il s’agit d’un fait, celle posée par le sénateur Lindsay Graham, à Washington, au commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, est, en revanche, nettement plus complexe, puisqu’il s’agit d’une opinion, voire d’un positionnement politique.

Gare à la banalisation des massacres en Iran

Le secrétaire d'État Marco Rubio a mis le doigt sur la plaie, sans y aller par quatre chemins. Se montrant pour l’occasion paradoxalement peu « diplomate », il a fait preuve d’une magnifique franchise en résumant en quelques mots, en une petite phrase laconique, le fondement de la crise iranienne sous l’angle des rapports tendus entre Washington et la République islamique. « Le leadership en Iran n’est en rien le reflet de la population iranienne (…). Je ne suis pas sûr que l’on puisse aboutir à un deal avec ces gens-là »… Des propos qui recoupent ceux tenus dans le même registre par l’ancien ministre français des Affaires étrangères et de la Défense Jean-Yves Le Drian qui connait bien les pôles du pouvoir à Téhéran pour avoir traité avec eux. « Ils sont très forts dans l’art d’entourlouper (…), a-t-il souligné dans une interview télévisée. Leur seul souci est de gagner du temps et (d’assurer) la pérennité du régime ».

Seif al-Islam Kadhafi : anatomie d'une trahison
Par
Khairallah Khairallah
Publié

Une seule question s’impose à quiconque tenterait de percer l’énigme de l’assassinat de Seif al-Islam, le plus connu des fils de Mouammar Kadhafi, personnage aux idées et aux comportements singuliers, héritier présumé d’un homme qui gouverna la Libye de 1969 à 2011. Cette question est simple, mais décisive : qui a levé la protection autour de Seif al-Islam, alors qu’il vivait dans une maison à Zintan, placé sous une surveillance étroite assurée par des forces locales ? Une chose est certaine : Seif al-Islam a été trahi. Une trahison qui a permis à un groupe armé de pénétrer dans le lieu où il résidait, avec pour objectif son assassinat.

Le déclin séculaire des États-Unis a-t-il déjà commencé? (1/2)

Avec la victoire alliée lors de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis d’Amérique se sont érigés en surpuissance présidant la destinée du monde occidental. L’énorme machine industrielle US a largement contribué à la victoire militaire sur les fascismes. Dans cette première partie, nous verrons comment les USA ont imposé leur modèle, non seulement par leur puissance militaire, mais également à travers un nouvel ordre économique, financier et institutionnel mondial. Dans une seconde partie, à paraître, nous détaillerons les risques encourus par l’Amérique actuellement. De nombreux économistes et commentateurs estiment que les États-Unis sont entrés dans les premières phases d’un déclin séculaire.

Libye: le Fezzan, une ligne de front oubliée
Par
Rayyan Al-Basseer
Publié

Tandis que les diplomates débattent de l'avenir politique de la Libye dans des salles de conférence climatisées, la fragilité persistante de la vaste région méridionale du pays fait peser des risques considérables non seulement sur la Libye elle-même, mais aussi sur les États voisins, notamment ceux du Sahel africain. La région du Fezzan, qui couvre un tiers du territoire libyen, est devenue un véritable gouffre de gouvernance où l'autorité de l'État s'est effondrée, les groupes armés prolifèrent et les réseaux criminels transnationaux opèrent en toute impunité. Les chiffres dressent un tableau catastrophique. Au Fezzan, 67 % des ménages ont besoin d'une aide humanitaire, soit le taux le plus élevé de Libye. Près de la moitié d'entre eux ont recours à des stratégies de survie extrêmes, vendant leurs biens productifs ou renonçant aux soins médicaux. Le chômage des jeunes atteint 52 % dans certaines zones, créant une génération sans espoir de stabilité. Les coupures d'électricité chroniques durent jusqu'à 20 heures par jour. Le taux de mortalité maternelle explose, 73 % des établissements de santé fonctionnant partiellement, ce qui contraint les femmes à accoucher à domicile ou à parcourir jusqu'à 150 km pour obtenir des soins de base.

Dialogues avec les loups
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié

Il faut le dire noir sur blanc : l’un des aveuglements récurrents des démocraties occidentales tient à leur rapport au temps. Le temps démocratique — celui de l’alternance, de l’urgence électorale, du mandat limité, de la nécessité permanente de produire des résultats visibles dans un horizon court — est en effet un temps rythmé, scandé, hachuré… et, partant, fragile. Ce temps-là est, par nature, impatient, constamment à la recherche d’issues, de compromis et de stabilisations provisoires. Il veut croire, dans une conception téléologique gnostique de l’Histoire, que celle-ci peut être infléchie par la bonne volonté, la négociation et la rationalité partagée. Qu’elle avance invariablement dans le bon sens.