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Société

A Nicée, le pape prêche le credo de l’unité chrétienne

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Par LevantTime .
Publié déc. 2, 2025 - 12:05

 La ville d’Iznik, au sud d'Istanbul, a marqué une étape importante de la visite du pape Léon XIV en Turquie. L'ancienne Nicée a en effet réuni de dignitaires religieux, orthodoxes et protestants pour une grande prière sur les vestiges d'une basilique immergée du IVe siècle.

Cette messe était destinée à la célébration des 1.700 ans du Concile œcuménique de Nicée qui, depuis 325, constitue l'un des rassemblements fondateurs de la foi chrétienne légalisée douze ans auparavant par l'Empire romain.

Côte à côte, sur les rives du lac d'Iznik, les prélats ont récité le Credo de Nicée, un texte toujours utilisé par des millions de chrétiens de différentes confessions dans le monde, qui avait été rédigé lors du même Concile en l'an 325, ayant réuni 300 évêques de l'Empire romain.

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Lors d'une cérémonie riche en symboles, Léon XIV a insisté sur "la recherche de la fraternité". "Nous sommes tous invités à surmonter le scandale des divisions qui malheureusement existent encore, et à nourrir le désir de l'unité", a-t-il lancé en anglais.

La cérémonie, marquée par des prières en plusieurs langues, des chants polyphoniques et byzantins a capella, était présidée par le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier, figure majeure du monde orthodoxe.

« Rejeter l’utilisation de la religion pour justifier la violence »

En présence de représentants de nombreuses Églises (copte, grecque, arménienne, syriaque, anglicane), ce dernier a invité à "suivre le chemin de l'unité chrétienne qui nous est tracé", malgré les "divisions" des siècles passés.

Dans sa déclaration, le pape a également appelé à "rejeter avec force" l'"utilisation de la religion pour justifier la guerre et la violence, comme toute forme de fondamentalisme et de fanatisme", sans jamais citer ouvertement aucun responsable d'aucune religion.

Immergée pendant des siècles, la basilique d'Iznik, éclaire les premiers siècles de la chrétienté et de ses martyrs.

Quand l'archéologue Mustafa Sahin identifie les ruines des trois nefs en 2014, sur des photos aériennes, elles se trouvent à 50 m du rivage et deux mètres sous l'eau.

"J'ai réalisé qu'il s'agissait d'une église inconnue" confie M. Sahin, chef du département d'archéologie de l'Université Uludag de Bursa, la ville voisine.

Sous l'effet du changement climatique, la baisse du niveau du lac révèle la basilique du IVe siècle, effondrée au XIe après une série de violents tremblements de terre et peu à peu noyée, deux siècles plus tard, par la montée des eaux.

Selon l'archéologue, planté sur une plateforme d'observation en surplomb du site, la basilique des Saints Pères a été construite en 380 après J.C, là où un jeune martyr de 16 ans nommé Néophyte mourut pour sa foi, en 303, quand Rome persécutait les premiers chrétiens.

 

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« La basilique des martyrs »

Flagellé et lapidé, il fut décapité "pour avoir refusé d'offrir des sacrifices aux dieux païens et de vénérer des idoles", témoigne l'exposition du petit musée du site, qui rappelle l'histoire des chrétiens de Nicée, autrefois importante cité romaine.

Une église antérieure érigée en mémoire de Néophyte a accueilli en 325 le Concile œcuménique de Nicée. Mais elle fut détruite en 358 par un séisme de magnitude 9.

C'est sur ses ruines que fut bâtie la basilique des Saints Pères environ deux décennies plus tard, nommée en hommage aux 318 évêques qui, après deux mois d'intenses débats, rédigèrent le Credo de Nicée.

L'église a notamment abrité un sarcophage contenant les restes de Néophyte - déménagé après son effondrement - et ceux d'autres martyrs dont les os et mâchoires affleurent aujourd'hui sous la surface du lac.

L'équipe du Pr. Sahin, qui a découvert récemment ces preuves de morts violentes, évoque "un cimetière de martyrs". "Nous avons déjà trouvé environ 300 tombes" dit-il en désignant des tuiles de terre cuite empilées, dont certaines laissent entrevoir des os brisés.

"Nous n'avons excavé que vingt-sept de ces tombes et pu observer des traces de torture, des bras et des jambes cassés, des crânes troués, perforés, qui montrent que ceux enterrés ici ont été torturés et exécutés", poursuit-il.

Une zone se distingue par de petites sépultures de tuiles: onze tombes d'enfants. "Nous ne les avons pas encore ouvertes, mais nous savons qu'il s'agit d'enfants à cause de leur taille" confirme l'archéologue.

Les ossements sont soigneusement excavés, analysés et documentés par des anthropologues, puis replacés sur leur lieu de repos: "ce n'était pas un cimetière ordinaire, plutôt un lieu de martyre, une église très significative pour les chrétiens".

Pour Mustafa Sahin, la Turquie tient une place essentielle sur la carte de la chrétienté en raison des nombreuses traces, bien préservées, qui témoignent de ses premiers temps.

"Le christianisme a émergé comme religion autour de Jérusalem, mais sans l'Anatolie, il n'y aurait pas de christianisme", assure-t-il en mentionnant les voyages et les épîtres de l'apôtre Paul, regroupées dans le Nouveau Testament.

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