Logo Levant Time
Retour à l’article
L'Essentiel du jour

Le conflit iranien embrase de nouveaux fronts

Image d'actualité
Les habitants du village de Zawtar-Ouest, au Liban-Sud, ont été autorisés à entrer temporairement dans la zone afin de constater l’état de leurs habitations. L’armée libanaise n’autorise pas encore le retour permanent des familles, des opérations de fouille, de déminage et d’autres activités de sécurité étant toujours en cours dans le secteur. (Fadel Itani/NurPhoto via AFP)
Portrait de l'auteur
Par LevantTime .
Publié juil. 25, 2026 - 23:07

Les rebelles houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont ciblé samedi des sites pétroliers en Arabie saoudite en riposte à des frappes de Riyad, marquant une nouvelle intensification des hostilités sur un front supplémentaire de la guerre qui embrase le Moyen-Orient.

Si les autorités saoudiennes sont restées silencieuses jusqu'à présent sur ce plan, les forces aériennes grecques, chargées d'opérer un système de défense aérienne en Arabie saoudite, ont annoncé avoir intercepté deux missiles et un drone lancés depuis le Yémen en direction de Yanbu.

Après avoir multiplié ces derniers mois les frappes contre les pays du Golfe en représailles aux bombardements américains, Téhéran semble désormais ouvrir un nouveau front par l'intermédiaire de ses alliés houthis contre la coalition dirigée par Riyad.

Ces nouveaux affrontements dans la zone stratégique de la mer Rouge, alors que le détroit d'Ormuz demeure verrouillé à l'autre extrémité de la péninsule Arabique, renforcent les inquiétudes concernant le transport mondial des hydrocarbures.

AFP__20260723__AA_23072026_2892682__v1__MidRes__MountingTensionsInBabElMandebStraitT

Face à cette nouvelle escalade, Donald Trump a menacé cette semaine les Houthis et l'Iran d'une «punition militaire majeure».

Le président américain a assuré laisser la voie diplomatique ouverte et poursuivre le dialogue avec les dirigeants iraniens, tout en affirmant qu'il pourrait infliger à la République islamique «un niveau bien pire» de frappes. Vendredi, plusieurs médias américains faisaient état de discussions portant sur une possible opération militaire de grande envergure.

Bahreïn et le Koweït: une rare riposte du Golfe

Depuis plusieurs semaines, l'Iran concentre ses frappes de représailles sur Bahreïn et le Koweït, deux pays qui accueillent des bases militaires américaines. Dotés de forces aériennes relativement modestes, équipées d'appareils américains et européens, ces deux États du Golfe ne souhaitent plus laisser Téhéran les frapper en toute impunité.

Selon le Wall Street Journal de vendredi, Bahreïn et le Koweït ont secrètement envoyé des avions de chasse frapper des sites militaires en Iran, signant leur première riposte directe contre la République islamique. Menées au début du mois, ces opérations illustrent la prise de conscience des États arabes face à un conflit qui menace de les entraîner davantage.

Les frappes auraient visé des dépôts de drones, des stocks de missiles ainsi que d'autres infrastructures militaires. Les Émirats arabes unis, qui avaient déjà participé à plusieurs opérations contre l'Iran au début du conflit, auraient fourni des renseignements sur les cibles ainsi qu'une couverture aérienne défensive, signe d'une coopération militaire arabe de plus en plus étroite face à Téhéran, selon les mêmes sources.

En Iran, la répression se poursuit

En dépit du cessez-le-feu conclu en avril, les exécutions de manifestants, de membres de groupes interdits et d'espions présumés se poursuivent en Iran. Il s'agit, selon les organisations de défense des droits humains, d'une tentative des autorités d'empêcher l'émergence d'un nouveau mouvement de contestation comparable à celui de janvier dernier.

La récente reprise des hostilités inquiète davantage encore ces organisations, qui redoutent un durcissement supplémentaire de la répression afin de réduire toute contestation au silence.

Les autorités iraniennes accusent les personnes exécutées d'avoir participé à des attaques meurtrières contre les forces de sécurité ou ciblé des bâtiments publics. Les ONG dénoncent toutefois des procès arbitraires et expéditifs, ainsi que des actes de torture.

Ces affaires ne représenteraient que la partie émergée de l'iceberg. Selon Iran Human Rights (IHR), près de 400 personnes ont été exécutées depuis le début de l'année, principalement dans des affaires de meurtre ou de trafic de drogue.

Avec 2150 exécutions recensées l'an dernier, l'Iran occupait une nouvelle fois la deuxième place mondiale derrière la Chine, selon Amnesty International.

Les tensions gagnent de nouveaux fronts

Les foyers de crise continuent ainsi de se déplacer à travers le Moyen-Orient, où demeure la crainte d'une reprise, à tout moment, de la guerre entre Washington et Téhéran. Les deux camps affirment être prêts à un nouveau cycle d'affrontements, tandis que les perspectives d'un retour au dialogue paraissent de plus en plus limitées au regard du durcissement de leurs positions respectives.

Israël, pour sa part, affirme être prêt à reprendre ses frappes contre la République islamique en cas d'attaque iranienne contre son territoire ou si Washington donnait son feu vert à une opération militaire de grande ampleur.


Dans ce contexte, la visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington, au début de la semaine prochaine, revêt une importance particulière.

Le bureau du chef du gouvernement israélien a annoncé vendredi que M. Netanyahu serait reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, mettant ainsi fin aux spéculations alimentées depuis plusieurs semaines sur une détérioration des relations entre les deux dirigeants.

Cette rencontre devrait leur permettre d'examiner les différentes options susceptibles de mettre un terme à un conflit qui s'enlise, tout en empêchant Téhéran de reconstituer ses capacités militaires ou de reprendre l'initiative diplomatique en position de force.

Autre signe de la possibilité d'une reprise des hostilités, l'ambassade des États-Unis en Israël a appelé les ressortissants américains présents dans le pays à «suivre de près l'évolution de la situation et à se préparer à une possible perturbation du trafic aérien».

Affrontements meurtriers en Cisjordanie

En Cisjordanie, les habitants du village palestinien de Tell ont enterré samedi quatre hommes tués la veille lors d'affrontements avec des colons israéliens.

Les violences avaient éclaté vendredi après l'entrée dans le village d'une vingtaine de colons venus de l'implantation voisine de Havat Gilad. Selon l'armée israélienne, un Palestinien s'est emparé de l'arme d'un colon avant de tuer l'un d'eux. Des échanges de tirs ont ensuite éclaté, faisant quatre morts palestiniens et un deuxième mort israélien.

Israël a immédiatement lancé une vaste opération de sécurité, bouclant le secteur et fermant les barrages routiers dans toute la Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967.


Les violences se sont fortement intensifiées en Cisjordanie depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Les attaques de colons et les raids de l'armée israélienne contre les villages palestiniens sont devenus quasi quotidiens. Ces exactions sont régulièrement documentées par des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, parfois par leurs propres auteurs.

Après ce qu'il a qualifié d'«attentat meurtrier» ayant coûté la vie à deux Israéliens, Benjamin Netanyahu a promis d'agir «avec fermeté» et annoncé «l'accélération de la légalisation d'avant-postes» de colonies.

Ces avant-postes, constitués le plus souvent de quelques caravanes ou bâtiments préfabriqués construits sans autorisation officielle, visent à créer des faits accomplis sur le terrain.

Deux sites inscrits en urgence au patrimoine en péril

Signalons sur un autre plan, que les forteresses de Jabal Amel, dans le sud du Liban, ainsi que le site archéologique de Sébastia, en Cisjordanie, ont été inscrits vendredi en urgence à la fois sur la Liste du patrimoine mondial et sur celle du patrimoine mondial en péril, de l'Unesco.

Les cinq forteresses de Jabal Amel sont situées dans une région du Liban-Sud régulièrement bombardée par Israël depuis le début du conflit.

Les «éléments constitutifs» de ces ouvrages fortifiés, datant du XIIe siècle et construits sur des collines dominant les environs, ont subi des dommages et restent exposés à des menaces liées au conflit armé en cours, «suffisamment graves pour justifier le recours à une procédure d'urgence», souligne l'Unesco.

Retour progressif à Zawtar el-Gharbiyé

Au Liban, enfin, un timide signe d'accalmie est apparu dans le Sud. Les habitants de Zawtar el-Gharbiyé ont commencé à regagner progressivement leur village, sous la supervision de l'armée libanaise, qui s'y est déployée conformément à l'accord-cadre conclu le 26 juin entre Beyrouth et Israël.

ChatGPT Image 18 juil. 2026, 22_00_36

Ce retour laisse penser que la mise en œuvre de cet accord progresse, malgré la poursuite des opérations de dynamitage menées par l'armée israélienne dans d'autres secteurs du Liban-Sud.

Le retrait progressif des forces israéliennes demeure toutefois conditionné au déploiement complet de l'armée libanaise et au démantèlement des infrastructures paramilitaires du Hezbollah.

En Syrie, Guterres appelle à un soutien international

Notons, sur le plan diplomatique, qu’en visite en Syrie pour la première fois, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé samedi la communauté internationale à soutenir ce pays engagé dans une phase de transition après plus d'une décennie de guerre civile et l'installation de nouvelles autorités.

Aux côtés du président Ahmad al-Chareh, il a également plaidé pour le respect de la souveraineté syrienne, en référence aux incursions israéliennes dans le sud du pays.

Cette visite constitue la première d'un secrétaire général de l'Onu en Syrie depuis celle de Ban Ki-moon en 2009. Elle intervient plus d'un an et demi après la chute, fin 2024, du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition de groupes rebelles.

Articles liés
Voir tout
Vidéos liées
Voir tout
Podcasts liés
Voir tout