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L'Essentiel du jour

Négociations avec Israël; acte d’accusation prochainement sur le 4 Août: le retour de l’État

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Une participante à la marche commémorant le sixième anniversaire de l’explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020, signe le drapeau libanais. (Joseph Eid / AFP)
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Por LevantTime .
Publicado août 4, 2026 - 23:15

Le septième round des pourparlers directs libano-israéliens a démarré mardi à Rome, au siège de l’ambassade des États-Unis.

 

Les discussions, présentées comme étant ardues, seront étalées sur trois jours, au cours desquels les deux délégations libanaise et israélienne doivent s’entendre sur la suite du mécanisme prévu pour un retrait progressif des forces de Tel Aviv et un déploiement de l’armée. Un sujet sur lequel Beyrouth insiste particulièrement alors que la priorité de l’État hébreu reste le mécanisme prévu par le Liban pour le désarmement du Hezbollah.

 

Ce groupe pro-iranien est de nouveau monté au créneau mardi, fustigeant les autorités libanaises et s’en prenant en particulier au président de la République, Joseph Aoun.

 

Après un silence qui a duré près d’un mois, le chef du Hezb, Naïm Qassem, s’est permis d’accuser le président de «partialité» et de faire le jeu d’Israël. Il a stigmatisé sa politique qui «consiste (selon lui) à faire des concessions gratuites à Israël, et à servir les intérêts de cet État et non du Liban».

 

Ce discours méritait facilement d’avoir pour titre: «Les pourparlers libano-israéliens vu par Téhéran», à qui Naïm Qassem a rendu hommage, soit dit en passant. Pour lui, le salut du Liban ne peut passer qu’à travers le mémorandum d’entente irano-américain, ce qui concrètement signifie qu’aux yeux du Hezb, le Liban doit rester sous la coupe du régime des mollahs. Une perspective qui reste hors de question pour les autorités libanaises, engagées à fond, au contraire, dans un processus qui doit affranchir le Liban de toute tutelle et redonner à l’État ses lettres de noblesse.

 

Le chef du gouvernement, Nawaf Salam, s’est d’ailleurs fait l’écho de cette constante libanaise, en répondant vertement au porte-parole de l’Iran au Liban, qu’il a remis à sa place, en soulignant, dans un message sur son compte X, qu’ «un groupe qui a spolié la décision de guerre et de paix et le rôle de l’État au profit d’un axe étranger (auquel il appartient) est le dernier à avoir le droit de donner des leçons de patriotisme».

 

Pour le président du Conseil, si quelqu’un a rendu service à Israël, c’est bien le Hezbollah. M. Salam a rappelé à cet égard les guerres «absurdes» dans lesquelles ce groupe a entraîné «unilatéralement» le pays, au mépris de l’intérêt national, donnant ainsi à Israël «un prétexte pour attaquer le Liban, détruire ses villages, tuer et déplacer la population, et bafouer sa souveraineté».

 

Une page nouvelle avec la Syrie

 

Le discours de Naïm Qassem s’est cependant distingué par l’annonce d’une volonté hezbollahie d’ouvrir une nouvelle page avec le régime d’Ahmad el-Chareh en Syrie, que son groupe avait pourtant combattu, aux côtés des forces de Bachar el-Assad, durant la guerre de 2011. Cette volonté d’ouverture tactique ne peut s’expliquer que par l’affaiblissement et l’isolement d’un Hezbollah qui semble prêt à tout pour survivre. Car, coup de malchance, le terrain a montré mardi que la formation pro-iranienne espère maintenir son couloir d’approvisionnement avec l’Iran via la Syrie. Pendant que Naïm Qassem chantait les louanges d’une nouvelle page entre sa formation et Damas, l’armée libanaise annonçait la saisie, dans le secteur frontalier du côté d’Ersal, dans la Békaa, de roquettes de type Grad, destinées au Hezb et qui étaient acheminées en contrebande à partir de la Syrie.

 

Il s’agit de la énième saisie d’armes acheminées vers la formation pro-iranienne, parallèlement à la découverte de tunnels et de voies de passages frontaliers illégaux, ayant tous la même finalité: le trafic d’armes et de drogue.

 

La commémoration du 4 Août

 

Autre coup de malchance pour le Hezb: cette saisie coïncide avec la sixième commémoration de l’explosion apocalyptique du port de Beyrouth, le 4 août 2020, où étaient stockées des centaines de tonnes de nitrate d’ammonium. En annonçant, le 28 juillet 2026, la découverte de près de 4.000 tonnes de cette même matière explosive, près du village de Houla, au Liban-Sud, la Finul a conforté les soupçons, nourris pendant des années, de liens entre le Hezb et l’affaire très louche, du stockage de 2.700 tonnes de nitrate d’ammonium au port de Beyrouth (contrôlé à l’époque par le Hezb), dont quelques centaines seulement avaient explosé le 4 août 2020.

 

L’acte d’accusation que le juge d’instruction près la Cour de Justice, Tarek Bitar, doit publier d’ici décembre, selon le bâtonnier Imad Martinos, devrait faire la lumière sur cette affaire que de nombreux responsables, sous le mandat de l’ancien président Michel Aoun, ont cherché à étouffer par tous les moyens. Son successeur, Joseph Aoun, a, au contraire, pressé le magistrat de rendre public, au plus vite, l’acte d’accusation qui a été soumis à l'avocat général près la Cour de cassation, Mohammed Saab. Ce dernier doit rendre son réquisitoire, après avoir examiné le document, analysé les charges, et donner son avis écrit sur la suite à donner à la procédure, avant de le remettre à Tarek Bitar.

 

Depuis l’accession de Joseph Aoun à la tête de l’État et la désignation de Nawaf Salam pour diriger le gouvernement, l’affaire de l’explosion du 4 août suit une trajectoire judiciaire normale.

 

Marquera-t-elle la fin de l’impunité au Liban? Nombreux sont ceux qui l’espèrent. En tout cas, le comportement des autorités reflète un sérieux dans le suivi. Un deuil national a été décrété dans le pays où les drapeaux ont été mis en berne, notamment au palais présidentiel, pendant que des ministres participaient aux rassemblements organisés à la mémoire des victimes.

 

Lors du rassemblement organisé en fin d’après-midi, près du port, à l’heure où l’explosion s’était produite, les parents des victimes ont annoncé qu’ils poursuivront leur mobilisation jusqu’à ce que toute la vérité soit faite sur cette affaire et que les responsables soient sanctionnés.

 

Un accord sur Ormuz?

 

Sur le plan régional, c’est une impression de déjà-vu qui a marqué la journée de lundi, avec l’annonce d’un accord imminent sur le détroit d’Ormuz, alors que tous les accords précédents conclus et signés entre les États-Unis et l’Iran n’ont pas été respectés par le régime iranien.

 

C’est dans ce cadre que les deux médiateurs qatari et pakistanais ont fait état d’«efforts en cours» pour que Washington et Téhéran reprennent leur dialogue, tandis que les États-Unis annonçaient un prochain accord pour rouvrir le détroit d'Ormuz, au cœur de la reprise des hostilités ces dernières semaines. Cet accord pourrait intervenir «mardi ou mercredi», selon le Secrétaire au Trésor, Scott Bessent. Le Secrétaire d’État, Marco Rubio, devait le confirmer un peu plus tard.

 

Selon le Qatar, ces efforts sont menés sans discussions directes prévues entre les deux parties.

 

Quoi qu’il en soit, la tension persiste dans la région où les Houthis yéménites ont ciblé l'aéroport de Najran en Arabie saoudite.

 

Dans la nuit de lundi à mardi, un cargo qui tentait de franchir le détroit d’Ormuz, a été frappé par un projectile qui a déclenché un incendie. Un membre de l'équipage est porté disparu, selon la société de sécurité britannique Vanguard.

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