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L'Essentiel du jour

Bras-de-fer irano-US: des propositions en boucle, mais pas de percée
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LevantTime .
Publié
mai 1, 2026 - 21:23

Sur une échelle de 1 à 10, l’optimisme quant à une percée dans les pourparlers irano-américains d’Islamabad, reste inférieur à la moyenne, Téhéran et Washington étant toujours au stade d’échange de conditions et d’exigences. L’agence officielle iranienne, Irna, a révélé vendredi que la République islamique a soumis jeudi soir aux États-Unis, via le médiateur pakistanais, une nouvelle proposition pour une reprise des négociations, lesquelles sont supposées mettre fin durablement à la guerre. Irna n’a pas donné de détails sur le contenu de l’offre iranienne alors que ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, entrait en contact avec ses homologues saoudien, qatari, turc, égyptien, irakien, et azerbaïdjanais. Selon les médias iraniens, il les aurait informés d’un prochain nouveau round de pourparlers avec les États-Unis, alors même que le président Donald Trump annonçait, devant les journalistes à la Maison Blanche, qu’il n’était pas satisfait du nouveau document iranien. «Ils veulent un accord parce qu’ils n’ont plus de capacités militaires, mais je ne suis pas satisfait de leurs propositions. On va voir ce qui va se passer», a-t-il déclaré, avant de préciser: «Ils me demandent d’accepter des choses que je ne peux accepter». Le nouveau document soumis, constitue une contre-proposition à celle que Washington avait soumise à l’Iran en début de semaine. Le site américain d’informations, Axios, rappelle ainsi que lundi, l’émissaire de la Maison-Blanche, Steve Witkoff, a adressé à la partie adverse, toujours via le médiateur pakistanais, des amendements à des propositions iraniennes rejetées plus tôt par le président Donald Trump. Téhéran se disait disposé à rouvrir le détroit d’Ormuz mais proposait de repousser à une date ultérieure les pourparlers au sujet du nucléaire, alors que ce dossier est central aussi bien pour les États-Unis que pour Israël. Steve Witkoff a donc réintroduit le dossier nucléaire au texte amené à être étudié. Toujours selon Axios, parmi les modifications apportées au document iranien, l’exigence que Téhéran s’engage à ne pas transférer d’uranium enrichi hors de ses installations nucléaires endommagées, ni à reprendre d’activités sur ces sites, durant toute la durée des négociations. Téhéran, pour sa part, étranglé par le blocus imposé par les États-Unis à ses ports refuse de reprendre les pourparlers tant que le siège américain n’est pas levé. Qui des deux sera amené à faire des concessions? Pour l’heure chacune des deux parties semble camper sur ses positions, sous les yeux inquiets des dirigeants israéliens qui redoutent une certaine flexibilité américaine que Donald Trump a balayé en affirmant que l’option militaire n'est toujours pas exclue. Tel Aviv reste en faveur d’une opération militaire «chirurgicale» de nature à porter le coup de grâce au régime des Mollahs -un des premiers objectifs de la guerre lancée le 28 février- et d’anéantir à tout jamais le programme nucléaire iranien. Pour l’heure, Téhéran et Washington continuent donc de dire qu’ils sont pour les pourparlers, mais en poursuivant l’échange de menaces. Par la voix du chef de son pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, l’Iran a de nouveau rejeté vendredi toute politique «imposée sous la menace» tout en se disant ouvert au dialogue avec les États-Unis. «Nous n'approuvons d'aucune manière la guerre, nous ne voulons pas la guerre, nous ne voulons pas qu'elle continue. La République islamique ne s'est jamais dérobée aux négociations (...) mais nous n'accepterons certainement pas qu'on nous impose» une politique, a déclaré M. Ejei dans une vidéo diffusée sur le site du pouvoir judiciaire, Mizan Online. Il a indiqué que l'Iran n'est «absolument pas disposé à renoncer à ses principes et à ses valeurs face à un ennemi malveillant afin d'éviter la guerre ou d'empêcher qu'elle ne se poursuive». Estimant que les États-Unis n'avaient «rien obtenu» lors de la guerre, il a insisté sur le fait que Téhéran ne «céderait pas» lors de négociations. Mercredi, le président Donald Trump avait averti que les Iraniens avaient «intérêt à devenir intelligents et vite!», en évoquant la possibilité d'une prolongation du blocus maritime «pendant plusieurs mois», selon un haut responsable de la Maison Blanche. Sanctions américaines Entre-temps, c’est la pression américaine qui monte. Vendredi, quelques heures donc après avoir reçu le texte des nouvelles propositions iraniennes, Washington a de nouveau imposé vendredi des sanctions contre six individus et plus de 20 entités, tous liés au Corps des Gardiens de la révolution et à la structure financière iranienne. Mais dans le même temps, Washington a légèrement allégé sa présence militaire dans la région. Un des trois porte-avions américains déployés au Moyen-Orient, l'USS Gerald Ford, déployé pour la guerre en Iran, a quitté la région, a indiqué un responsable américain vendredi, deux autres de ces bâtiments y restant positionnés. Le plus grand porte-avions du monde se trouve actuellement dans la zone de commandement américain pour l'Europe, selon ce responsable, qui a estimé à vingt le nombre de navires de la marine américaine restant déployés au Moyen-Orient. Ce décompte inclut les porte-avions USS Abraham Lincoln et USS George Bush. Est-ce à dire que les États-Unis ont renoncé à des frappes contre l’Iran? La réponse est évidemment négative, ce redéploiement pouvant être une simple tactique militaire. Toujours est-il que le président américain ne compte pas solliciter l'autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre contre l’Iran. Vendredi marque en effet l’échéance des 60 jours après laquelle Donald Trump doit en principe demander cette autorisation. Devant les journalistes à la Maison Blanche, il a annoncé qu’il n’allait pas le faire. De toute façon, les démocrates se retrouvent impuissants à faire respecter cette obligation constitutionnelle, comme ils n’ont pas la majorité au Congrès. Prié de dire s’il envisageait de nouvelles frappes contre l’Iran, il s’est contenté de répondre: «Pourquoi vous le dirais-je?» Escalade continue au Liban-Sud Surf le front libanais, l’escalade se poursuit au Liban-Sud où l’armée israélienne a bombardé sans relâche de nombreux sites attribués au Hezbollah et mené de larges opérations de dynamitage qui n’ont pas épargné des sites historiques et archéologiques. L ’armée israélienne a fait sauter un vieux monastère et une école tenus par des religieuses, à Yaroun, ainsi que le site historique de Chamah, qui abrite le maqâm de Chamoun as-Safa, ainsi qu’une forteresse historique. Des raids violents ont été menés contre un grand nombre de villages, notamment Habbouche, dont les habitants avaient été appelés plus tôt à évacuer les lieux. Une dizaine de personnes ont été tuées dans cette localité. Le Hezbollah a réagi en lançant à son tour des drones explosifs et des roquettes contre des positions israéliennes dans la nouvelle zone tampon établie par Tel Aviv à la frontière. Cette nouvelle vague de violence, devenue quotidienne, a été suivie d’un vaste mouvement d’exode vers Saïda et Beyrouth, de nombreux Sudistes redoutant un élargissement du conflit. Alors que l’armée israélienne reconnaissait avoir des difficultés à contrer la menace des drones explosifs du Hezbollah, la formation pro-iranienne annonçait avoir réussi à acheminer des renforts au Liban-Sud. Lors d’un entretien avec un groupe de journalistes, dont l’AFP, le directeur des relations avec les médias de ce groupe, Youssef el-Zein, a révélé que ces renforts n’ont pas emprunté les routes contrôlées par l’armée libanaise, en précisant que «les autres accès au sud du Litani n’ont pas été fermés». «Nous sommes convaincus que l’armée est une armée nationale», qui «n’entrera pas dans une confrontation avec le Hezbollah», a-t-il dit. Pour le responsable, si Israël a pu s’infiltrer en profondeur en territoire libanais c’est parce que «la résistance avait remis ses armes au sud du Litani» et «ses infrastructures, dont les tunnels, ont été détruits». Mais il a assuré que le Hezbollah avait pu «reconstituer ses forces» après la dernière guerre avec Israël et qu’il était «préparé à une longue bataille». Interrogé au sujet de l’utilisation récente par le Hezbollah de drones explosifs à fibre optique contre l’armée israélienne, Youssef al Zein a dit qu’il s’agissait d’une «tactique» du groupe. «Nous connaissons la supériorité de l’ennemi, mais nous profitons dans le même temps de ses points faibles» , a-t-il dit. M. Zein, qui a remplacé Afif Naboulsi, tué dans une frappe israélienne sur Beyrouth en novembre 2024, a indiqué que ces drones étaient «fabriqués au Liban». Les attaques menées à l’aide de ces drones ont fait deux morts et plusieurs blessés au cours des trois derniers jours. Au niveau politique, l’épreuve de force se poursuit entre l’État et le Hezbollah. Le bloc parlementaire de cette formation que préside le député Mohammad Raad, a de nouveau rejeté, en des termes très durs, tout dialogue direct entre le Liban et Israël, fustigeant ce qu’il a appelé «la politique destructrice d’un pouvoir en déclin» et se vantant d’avoir «réussi à établir une nouvelle équation militaire face à Israël». Les perspectives d’un lancement de pourparlers entre Beyrouth et Tel Aviv ont été passés en revue durant l’entretien que le président Joseph Aoun a eu vendredi avec l’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, Michel Issa, qui s’était auparavant entretenu avec le Premier ministre libanais, Nawaf Salam. Ces deux entretiens interviennent au lendemain de l’annonce faite par le président Trump, selon laquelle, les négociations libano-israéliennes devraient démarrer d’ici deux semaines. Mais la position du Liban demeure inchangée: Pas de pourparlers tant que Tel Aviv n’a pas mis fin à ces attaques contre les localités et les infrastructures libanaises au sud du pays. Le président Aoun a réitéré cette condition devant le diplomate.

Washington et Tel-Aviv menacent l’Iran d’une opération décisive
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LevantTime .
Publié
mai 1, 2026 - 00:23

Les États-Unis et leur allié israélien ont menacé hier de reprendre les frappes contre l’Iran afin d’obliger la République islamique à revenir à la table des négociations. Malgré la trêve et des premiers pourparlers, le 11 avril à Islamabad, la diplomatie peine encore à s’imposer. Selon le site américain Axios , le président Donald Trump devait être briefé par le commandant du Centcom (Commandement central des États-Unis), Brad Cooper, sur de possibles nouvelles opérations militaires contre l'Iran. Le but étant de mener une action militaire décisive. Les options que lui présenterait le chef du Centcom comprennent une vague de frappes visant des infrastructures, mais aussi la possibilité d'une prise de contrôle du détroit d'Ormuz, éventuellement avec une participation des forces américaines au sol, selon le site qui cite deux sources proches du dossier. Le spectre d’un retour des frappes a poussé certains pays, comme les Émirats arabes unis, à adresser de nouveau des avertissements à leurs ressortissants, leur demandant d’éviter de se rendre en Iran, en Irak et au Liban. Elle a encouragé ceux qui s’y trouvent à les quitter. Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les États-Unis imposent un blocus des navires iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde. En écho aux informations en provenance de Washington, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a prévenu que Tel Aviv pourrait «devoir agir à nouveau» contre l'Iran, afin qu'il ne «redevienne pas une menace pour Israël». La réponse iranienne ne s’est pas fait attendre: les déclarations incendiaires se sont succédé en fin de journée. À commencer par le guide suprême qui a affirmé que les États-Unis avaient subi une «défaite honteuse» face à son pays: «Deux mois après le plus grand déploiement militaire et l'agression menés par les tyrans de ce monde dans la région, et après la défaite honteuse des Etats-Unis, un nouveau chapitre s'ouvre» pour le Golfe et le détroit d'Ormuz, a lancé l'ayatollah Mojtaba Khamenei dans un message écrit. Blessé dans des frappes, il n'a pas été vu en public depuis sa nomination. Le président iranien Massoud Pezeshkian a dénoncé pour sa part le blocus américain dans lequel il a dit voir un «prolongement des opérations militaires» américaines. Même ton victorieux chez le commandant de la Force aérospatiale du Corps des Gardiens de la révolution, Majid Moussavi, qui a averti sur la télévision d'État que même une «brève» opération ennemie entraînerait «des frappes douloureuses, prolongées et étendues». Crise énergétique majeure La guerre des déclarations n’a pas tardé à semer la panique sur les marchés. La remontée des tensions a fait bondir les cours du pétrole: le Brent a brièvement dépassé jeudi les 126 dollars le baril, un niveau inédit depuis 2022, lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. En effet, les répercussions du blocage d'Ormuz se font chaque jour un peu plus sentir pour l'économie mondiale, entre pénuries rampantes, poussées d'inflation et révisions à la baisse de la croissance. «Le monde est confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire», a ainsi jugé le patron de l'Agence internationale de l'Énergie, Fatih Birol. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est lui aussi alarmé de l'«étranglement» de l'économie planétaire en raison de la paralysie du détroit. Et la Banque centrale européenne a alerté contre «l'intensification» des risques pour l'inflation et la croissance en zone euro. Pourparlers libano-israéliens «d’ici deux semaines» Sur le front libanais, 15 personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes dans le sud du pays, tandis que le président Joseph Aoun a condamné les «violations persistantes» de la trêve par Israël, entrée en vigueur le 17 avril. «Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition et le rasage de maisons et lieux de culte, alors que le nombre de victimes grimpe de jour en jour», a dénoncé le président Aoun. Au niveau politique, le fossé se creuse toujours entre le président Aoun, décidé à mener des négociations directes avec Israël, et le Hezbollah, qui s'y oppose et mène campagne contre lui. Le président Trump a annoncé au cours d’une conférence de presse, jeudi, une reprise des pourparlers entre Libanais et Israéliens, à Washington «d’ici deux semaines», alors qu’à Beyrouth, l’ambassade américaine soulignait sur son compte X que le Liban se trouve aujourd’hui «à un tournant historique». Selon la chancellerie, le dialogue à venir représente pour le pays «une occasion historique, permettant à son peuple de reprendre les choses en main et d’édifier une nation souveraine et indépendante». Pour l’ambassade américaine, ce sont les négociations directes qui vont permettre au Liban d’avoir «des garanties solides pour un rétablissement de la souveraineté nationale, la préservation de son intégrité territoriale et de la sécurité de ses frontières». Elles sont également de nature à «garantir un soutien humanitaire et à la reconstruction». Affirmant que Washington est disposé à soutenir le Liban dans cette tâche, l’ambassade encourage le pays à «être le seul maître de son propre sort».

Les négociations avec Israël mettraient la vie de Aoun en danger
Par
Taline Becharraoui
Publié
avr. 29, 2026 - 20:27

Le bras-de-fer entre la présidence de la République et le Hezbollah, et la détermination du chef de l’État Joseph Aoun à poursuivre dans la voie des négociations directes avec Israël sous le parrainage de Washington, ferait peser une menace sur sa vie. Cette révélation est venue, dans les dernières 24 heures, par le biais d’une source improbable, celle des services secrets israéliens. Un rapport publié par la chaîne 12 israélienne relaie un compte-rendu d’une réunion des services secrets militaires israéliens, selon lequel «l’implication du président libanais dans des négociations directes avec Israël mettrait sa vie en danger». Selon les informations de la chaîne locale MTV, ces informations sont prises au sérieux par le palais de Baabda, siège de la présidence. Pour autant, Joseph Aoun ne compte pas rebrousser chemin par rapport à son engagement en faveur d’un accord avec Tel Aviv pour mettre fin à la guerre dans laquelle le Hezbollah a entraîné le pays. Ces informations ont-elles pesé sur la réunion que le chef de l’État, le président du Parlement Nabih Berry et le Premier ministre Nawaf Salam, devaient tenir mercredi à Baabda, pour discuter de la procédure de négociations? En début de journée, des informations ont circulé sur une «hésitation» de Berry. Un peu plus tard, il est devenu clair que ce dernier ne se rendrait pas au palais présidentiel, sous prétexte de «l’escalade israélienne au Liban-Sud». La veille, les trois dirigeants s’étaient entretenus par téléphone. Les raisons pour lesquelles la réunion tripartite de Baabda, reportée sine die, n’a pas eu lieu mercredi restent nébuleuses. Quelle part y tient la menace sécuritaire? Est-ce la véritable raison derrière le prétexte de l’escalade israélienne évoquée par Berry? Il serait plus judicieux de penser que l’hésitation du président du Parlement a à voir essentiellement avec sa crainte de devoir prendre position sur les négociations directes, ce qui le mettrait dans l’embarras. Nabih Berry, par ailleurs chef d’Amal, allié du Hezbollah, bien qu’il s’en distancie parfois par ses prises de position, a déjà annoncé la couleur en se disant en faveur de pourparlers indirects plutôt que directs. Or, toute réunion avec le président de la République pourrait être interprétée comme une franche distanciation par l’allié milicien. Elle risque de porter préjudice au difficile rôle d’équilibriste endossé par «le vieux routard» de la politique libanaise depuis le début de ce conflit et, surtout, la tenue des réunions préparatoires libano-israéliennes à Washington. Autre élément intéressant ce mercredi: les informations de la chaîne locale MTV sur une «coordination entre Baabda et l’ambassade des États-Unis concernant la réunion tripartite du palais présidentiel». Un nouveau signe, si celle-ci se confirme, de l’implication américaine dans la gestion de cette difficile étape au Liban. «Antoine Lahd», encore une fois Joseph Aoun, pour sa part, continue d’être la cible d’une campagne de dénigrement lui faisant endosser la responsabilité de l’évident échec du cessez-le-feu au Liban-Sud. Et ce, alors que les partisans de «l’axe de la résistance» en avaient attribué l’instauration, le 16 avril dernier, à l’Iran. Il semble donc que pour le Hezbollah et ses alliés, la réussite revient nécessairement à l’Iran, et l’échec à l’État libanais. Des voix «résistantes» n’hésitent plus à traiter les responsables libanais, et le président en particulier, de «traîtres qui ont cédé la terre aux sionistes», une phrase que l’on peut lire souvent sur les réseaux sociaux. Un député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, décidément devenu le porte-parole de cette formation, en charge des attaques contre le chef de l’État, a à nouveau comparé mercredi ce dernier à Antoine Lahd, chef de l’Armée du Liban-Sud dès les années 80 et jusqu’au retrait des forces de l’État hébreu en 2000. Une déclaration particulièrement humiliante puisqu’elle insinue qu’Israël cherche à se doter d’une marionnette au Liban, sachant que l’intention du président et du gouvernement libanais est de sortir le pays du giron iranien. Entre-temps, c’est le Hezbollah qui continue de perdre du terrain au sud du Liban, même s’il parvient, notamment grâce à ses drones, à infliger des pertes à son ennemi israélien. L’image qu’on retiendra de ces dernières 24 heures est la vidéo mise en ligne par l’armée israélienne sur le dynamitage d’un énorme tunnel de la milice libanaise dans le village de Kantara. Celui-ci a même provoqué une légère secousse sismique, enregistrée au Liban. L’escalade israélienne au Liban-Sud est perceptible depuis quelques jours. D’autres régions, notamment Beyrouth, restent épargnées depuis le cessez-le-feu. Des frappes particulièrement meurtrières ont été menées ces dernières 24 heures. Trois secouristes de la Défense civile dans la région de Tyr, des familles entières, un soldat et son frère ont été tués. «Fini d’être gentil!» Au niveau des négociations irano-américaines, pas d’avancées spectaculaires durant les dernières 24 heures. Les (toujours nombreuses) déclarations du président américain Donald Trump vont croissant, jusqu’à arriver au tonitruant «no more Mr Nice Guy» (ce qui se traduit par «fini d’être gentil») mercredi à la mi-journée. Face au roi d’Angleterre, Charles III, Trump a assuré que «les États-Unis ont clairement gagné la guerre contre l’Iran». Sur son réseau social Truth Social, le président américain a publié une photo de lui mimant un tir de fusil et accusé l’Iran «de ne pas être capable de prendre de décision, ni de signer un accord non nucléaire». «Il serait meilleur pour eux de devenir intelligents bientôt», a-t-il écrit également. L’explication à la lenteur iranienne à répondre aux exigences américaines se trouverait dans un très important rapport publié par Reuters mercredi. Le document révèle que les Gardiens de la révolution islamique ont pris la main sur les décisions de guerre, et que le guide suprême, Mojtaba Khamenei, a pour seule mission de les entériner. Le problème ne réside donc pas seulement dans l’absence de positions et de décisions unifiées en Iran, mais dans l’irréconciliabilité entre les exigences américaines et les concessions que les Pasdarans sont disposés à consentir. De sources pakistanaises (le médiateur principal), on assure à Reuters que la moindre réponse provenant de Téhéran prend deux à trois jours, et que le personnage central actuellement est Ahmad Vahidi, le commandant des Gardiens de la révolution. Reuters cite Alan Eyre, ancien diplomate américain et expert de l’Iran, qui estime qu’aucune des deux parties ne veut vraiment engager un dialogue, que les Pasdarans ont peur de paraître faibles aux yeux des Américains, alors que Washington doit faire le compte des élections de mi-mandat. De quoi expliquer les raisons de ces atermoiements. Les perspectives de la guerre en Iran restent toutefois incertaines. Selon le Wall Street Journal , le président américain a réuni ses responsables de sécurité nationale pour leur signifier que l’armée doit rester préparée à «un long blocus». Il aurait, selon le journal, exprimé son mécontentement par rapport à la précédente proposition de Téhéran qui veut mettre fin à la guerre, rouvrir le détroit d’Ormuz et repousser à plus loin les négociations sur le nucléaire. Le président Trump croit, pour sa part, pouvoir pousser l’Iran à suspendre l’enrichissement de l’uranium pendant 20 ans, et accepter de strictes restrictions par la suite. Pour ce qui est des objectifs relatifs à l’Iran et de l’évolution de la guerre, les divisions entre Américains et Israéliens commencent à éclater au grand jour (bien qu’elles aient toujours existé). Alors que l’Administration Trump s’efforce de faire fléchir le régime iranien, les Israéliens ne désespèrent pas d’obtenir un changement du régime. Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar l’a exprimé clairement mercredi: «Si nous trouvons un moyen de changer le régime en Iran, nous agirons.» Entre-temps en Iran, les arrestations d’opposants se poursuivent, à un rythme accéléré, comme pour compenser l’impasse dans laquelle se trouve le pouvoir. Selon le Haut-Commissariat des droits de l’homme de l’ONU, 21 personnes ont été exécutées et plus de 4.000 interpellées depuis le début du conflit.

Le clivage politique au Liban se creuse
Par
Taline Becharraoui
Publié
avr. 28, 2026 - 22:38

La journée du mardi 28 avril au Liban reste très imprégnée des discours diamétralement opposés, prononcés la veille, par le président de la République Joseph Aoun, d’une part, et le secrétaire général du Hezbollah Naïm Qassem, d’autre part. Le premier était en fait une réponse au second. Le président a estimé que la véritable «traîtrise» dont il est accusé par le camp pro-iranien depuis l’ouverture des négociations directes avec Israël, pour mettre fin à la guerre provoquée par le Hezbollah au sud du Liban, devrait en fait être imputée à ceux qui entraînent le pays dans la spirale de destructions et de violence. Sans surprise, la réponse inédite d’un président de la République au chef d’une milice, qui avait, jusqu’à fin 2024, une mainmise complète sur l’État libanais, a divisé le pays suivant le clivage politique que l’on connaît bien. Joseph Aoun continue de s’attirer les foudres du public du Hezbollah sur les réseaux sociaux, et ceux de certaines figures comme le député Ali Ammar, qui l’a accusé de «vendre le pays aux sionistes». Et comme pour marquer la position de ce groupe, un responsable de celui-ci, cité par la chaîne qatarie al-Jazeera lundi soir, a assuré être prêt à revenir aux attentats suicides contre l’armée israélienne. Le président reçoit aussi des messages de soutien non seulement du public qui est acquis à sa démarche, mais aussi à travers les prises de position de nombreuses personnalités politiques tels l’ancien président Michel Sleimane, ou encore le député de Beyrouth Fouad Makhzoumi. De fait, le Hezbollah semble de plus en plus isolé sur la scène interne. À l’international, ce sont les prises de position du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui retiennent l’attention. Celui-ci a mis l’accent sur le schéma «inédit» du cessez-le-feu entre le Liban et Israël puisque ces deux pays «ne sont pas en état de guerre». Il a ainsi estimé que le Hezbollah n’est pas seulement en guerre contre Israël, mais contre l’État libanais également. Il a souligné que les deux pays s’accordent sur une armée qui pourrait désarmer le Hezbollah, considérant toutefois que l’armée israélienne a le droit d’intervenir là où les Libanais ne sont pas capables de le faire. Par ailleurs, le ministre américain affirme qu’Israël n’a pas de visées territoriales au Liban, un point répété par son homologue israélien, Gideon Saar, plus tard mardi. Si le responsable américain semble soutenir les autorités libanaises dans leur bras-de-fer avec le Hezbollah, il surfe également sur les divisions libanaises qui ont désormais éclaté au grand jour. Le Liban se trouve sans nul doute dans une étape délicate de son histoire, avec un clivage politique qui se mue en véritable animosité, en pleine guerre régionale. Jusqu’où cela le mènera-t-il? Trump aurait refusé un élargissement des opérations au Liban Entre-temps, le terrain au Sud reste enflammé. Les Israéliens concèdent des pertes humaines et le Hezbollah poursuit ses opérations, sans dévoiler son propre bilan humain. Le cessez-le-feu semble ne concerner que les régions hors du sud. Dans un développement grave mardi, l’armée israélienne a appelé à l’évacuation de plusieurs villages de Bint Jbeil qui restaient jusque-là hors de la ligne jaune. Les menaces israéliennes se poursuivent contre le Hezbollah, notamment celles proférées la veille par le ministre de la Défense, Israel Katz, qui a mis en garde contre le fait que les prises de position de Qassem allaient «brûler» le Liban en entier. De tels propos font craindre un nouvel élargissement du conflit aux différentes régions libanaises. Cela pourrait cependant ne pas refléter la réalité. Dans une information rapportée par la chaîne israélienne 12, largement relayée par les médias locaux, le président américain Donald Trump aurait rejeté, dans un appel avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, l’élargissement des opérations israéliennes au Liban, appelant son interlocuteur à la retenue. Il lui a aussi demandé de ne pas compromettre le cessez-le-feu et, par-conséquent, les négociations en cours entre le Liban et Israël. Une preuve de plus que le président américain, conscient des fragiles équilibres sur la scène libanaise, reste soucieux de décrocher un succès rapide à ce niveau-là. Les Israéliens s’en tiendront-ils à ce quasi-feu rouge américain, ou l’escalade sur le terrain, qui pourrait également faire l’affaire du Hezbollah, servira-t-elle à nouveau de prétexte pour ne pas s’y conformer? La feuille iranienne à l’examen Sur le plan des négociations américano-iraniennes, le principal développement de ces deux derniers jours reste la feuille iranienne que le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, en visite à Moscou après le sultanat d’Oman et le Pakistan, a fait parvenir aux autorités américaines. La proposition iranienne, selon le Wall Street Journal , qui cite des responsables proches du dossier, «vise à casser l’immobilisme dans les négociations». Elle présente «un plan de paix en trois étapes, qui commence par une fin de la guerre israélo-américaine sur l’Iran avec des garanties de ne pas reprendre les attaques, suite à quoi les autorités iraniennes travailleront avec des médiateurs pour régler la question de la fermeture du détroit d’Ormuz en vue d’un accord sur la question». Toujours selon le journal, les Iraniens proposent de ne reprendre les négociations sur le nucléaire et le financement des bras armés de Téhéran dans la région qu’après l’accord sur la fin des combats et sur le détroit, qu’ils continuent de vouloir contrôler. À noter que cette proposition a été communiquée aux Américains alors que Araghchi se trouvait en Russie, reçu par le président russe Vladimir Poutine, et alors qu’il faisait assumer aux États-Unis «la responsabilité de l’échec des négociations jusque-là», assurant que le régime iranien avait montré sa «solidité». Alors même que les dissensions internes iraniennes continuent de remonter à la surface, dans des fuites aux médias. Plus tard en journée mardi (la nuit aux États-Unis), des informations relayées également par le Wall Street Journal faisaient état d’un «mécontentement» de Donald Trump concernant les propositions iraniennes. Selon les sources du journal, «le président américain les refuse jusque-là», soulignant cependant que «les négociations se poursuivent, sachant que Trump n’exclut pas de reprendre les bombardements contre l’Iran s’il sent que les pourparlers ne sont pas pris au sérieux par les Iraniens». «Nous présenterons une contre-proposition dans les jours suivants», toujours selon ces sources. Même son de cloche de la part du New York Times qui ajoute que le président américain pense que la proposition iranienne ne tient pas compte de l’équilibre des forces actuel et ne comporte aucune concession majeure, notamment sur la question du nucléaire qui reste «essentielle» pour les États-Unis. Les négociations américano-iraniennes se poursuivront-elles à ce rythme lent, alors que la fermeture du détroit d’Ormuz continue d’influer sur l’économie mondiale et les prix? Ou sommes-nous face à une reprise des combats? Dans les deux cas, les pays du Golfe sont inquiets, tel le Qatar qui a mis en garde mardi, contre le conflit froid et larvé.

L’État libanais brise un tabou face au Hezb
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LevantTime .
Publié
avr. 27, 2026 - 22:40

La rupture semble consommée, du moins au stade actuel, entre le président de la République Joseph Aoun et le Hezbollah. En réponse à la cabale menée contre lui par les milieux du parti pro-iranien, qui le traitent pratiquement de « traitre » en raison des négociations directes engagées avec Israël, le chef de l’État a répondu lundi sans détour à ses détracteurs, devant une délégation du Arkoub et de Hasbaya. Il a affirmé ainsi, fort à propos et en toute franchise, dans une claire allusion au Hezbollah, que « la véritable traitrise est celle dont sont coupables ceux qui entrainent le pays dans la guerre pour servir des intérêts étrangers ». C’est la première fois depuis de très nombreuses années qu’un président de la République s’en prend aussi franchement à la ligne de conduite du Hezbollah. La tension entre le pouvoir et le parti pro-iranien est apparue ouvertement lorsque l’Exécutif avait demandé expressément au Hezbollah de ne pas s’engager dans une éventuelle guerre qui serait déclenchée contre l’Iran, affirmant que le pouvoir réagirait d’une façon très ferme si la formation pro-iranienne s’engageait sur cette voie. Le Hezb n’a pas tenu compte de la mise en garde du pouvoir, et à l’aube du 2 mars, soit 48 heures après le déclenchement de l’attaque américano-israélienne contre le régime des mollahs, le 28février, il a pris l’initiative d’ouvrir le front du Liban-Sud en lançant six roquettes contre le nord d’Israël, à l’instigation en toute vraisemblance des Gardiens de la révolution iranienne. Le lendemain du déclenchement des hostilités par le parti chiite, le Conseil des ministres prenait la décision de considérer comme illégal l’appareil milicien sécuritaire du Hezbollah. Depuis, la tension n’a cessé de croitre entre le pouvoir et l’allié des Pasdaran, plus particulièrement après la décision prise par le président Aoun d’engager des négociations directes avec Israël, sous l’égide des États-Unis. Ces pourparlers directs ont été vivement stigmatisés par le Hezbollah et pas plus tard que ce lundi 27 avril, le secrétaire général du parti pro-iranien, cheikh Naïm Kassem, a demandé au pouvoir d’interrompre les négociations directes avec l’État hébreu. Il a profité de l’occasion pour réitérer son refus d’une remise des armes de son parti à l’État, réaffirmant que « la résistance se poursuit ». Sur les réseaux sociaux, les partisans du Hezbollah se sont pratiquement déchaînés contre le président Aoun, proférant même des menaces contre lui et l’accusant d’être de connivence avec Israël du fait des négociations directes avec Israël. C’est dans ce contexte tendu que l’aviation israélienne a poursuivi lundi ses bombardements contre l’infrastructure et les positions du Hezb au Liban-Sud. Sur ce plan, la chaîne panarabe Al-Hadath a rapporté lundi que le parti chiite a demandé aux habitants de la région de Nabatiyeh de quitter leurs habitations car il a l’intention de transformer cette zone en champ de bataille contre Israël. Le bras de fer avec l’Iran Sur le front du conflit en Iran, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, s’est rendu à Moscou pour des concertations avec les dirigeants russes. Ces tractations diplomatiques ne se répercutent pas, toutefois, par une détente au niveau des pourparlers directes américano-iraniens qui paraissaient lundi dans une impasse totale en raison du fait que la partie iranienne (guidée par les Pasdaran) impose de nouvelles conditions au dialogue, dont notamment le versement de compensions financières à l’issue de la guerre, la reconnaissance du droit de l’Iran à enrichir l’uranium, la levée du blocus maritime imposée par les États-Unis et l’ajournement à une étape ultérieure de toute discussion sur le programme nucléaire. Des conditions qui reflètent en toute vraisemblance la position radicale des Pasdaran qui auraient réussi à prendre le contrôle du centre de décision à Téhéran. Cette position dure est dénoncée ouvertement par les pays européens. Le président Emmanuel Macron a ainsi invité le régime iranien à faire des concessions, tandis que le Quai d’Orsay soulignait que l’Iran a « dépassé toutes les lignes rouges » dans le conflit actuel. Dans le même temps, un ministre d’Etat britannique soulignait lundi que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz doit se faire « sans entrave et sans imposition d’un péage », comme le réclame le régime iranien, en violation des Conventions internationales dont il ressort que le détroit d’Ormuz ne peut pas faire l’objet d’un péage du fait qu’il s’agit d’une voie de passage naturelle qui n’est pas une œuvre humaine et qui, par conséquent, doit être ouverte à tous les navires, sans entrave. Notons dans ce cadre que le Secrétaire d’État, Marco Rubio, a déclaré lundi soir que l’Iran veut négocier afin de « sortir du chaos dans lequel elle est plongée ».

Trump souligne l’inefficacité des pourparlers d’Islamabad à l’ombre des dissensions iraniennes

Ce n’est désormais un secret pour personne. De profondes divergences opposent les hauts responsables iraniens au sujet de la tournure que devraient prendre les (éventuelles) négociations avec les Etats-Unis. Ce clivage, qui éclate de plus en plus au grand jour, a pratiquement gelé, voire remis en question, ce que certains appellent « l’option diplomatique » dans la recherche d’une issue au conflit actuel. Ces divergences qui déchirent les deux courants antagonistes au sein du régime iranien – les Gardiens de la Révolution face à la faction dite « modérée » – ont rendu concrètement caduque la visite que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait entamée à la fin de la semaine à Islamabad. D’entrée de jeu, cette visite du chef de la diplomatie iranienne a été torpillée par le président de la commission de sécurité nationale au Parlement iranien qui a en effet déclaré que « Araghchi n’est chargé d’aucune mission au Pakistan concernant les négociations sur le nucléaire ». Et de souligner que « les négociations sur le nucléaire constituent l’une des lignes rouges pour l’Iran ». Son rôle ayant été marginalisé dès le départ, à partir de Téhéran, M. Araghchi s’est contenté de s’entretenir avec les dirigeants pakistanais à qui il a remis un document définissant la position de l’Iran dans le conflit actuel. Le document met l’accent sue « les profondes réserves de l’Iran au sujet des demandes américaines », soulignant que la République islamique réclame « la fin du blocus naval et des attaques américaines ». Selon certaines sources, le ministre iranien a précisé à ses interlocuteurs pakistanais qu’il n’était pas en mesure de modifier le document en question «car c’est un cauchemar d’atteindre le Guise suprême»… Conséquence directe du « rappel à l’ordre » provenant de Téhéran : une réunion de M. Araghchi avec les négociateurs américains, dans le cadre du 2e round des pourparlers avec les Etats-Unis (attendu depuis plusieurs jours) n’était plus de mise. Le ministre iranien a de ce fait quitté Islamabad samedi en fin de journée pour Oman. Le président Donald Trump a aussitôt annulé le départ de ses deux négociateurs pour Islamabad, Steve Witkoff et Jared Kushner, soulignant qu’il ne pouvait pas demander à ces derniers d’effectuer un voyage de 18 heures « pour s’asseoir à une table et ne discutait de rien ». Et d’ajouter : « Notre équipe de négociateurs a perdu beaucoup de temps à voyager inutilement (…). Personne ne sait qui est responsable en Iran. Même eux ne le savent pas (…). Nous effectuons un voyage de 18 heures pour discuter avec des personnes alors que nous ne savons pas qui ils représentent en Iran »… Vive tension à Fanar et dans les quartiers sunnites de Beyrouth Sur le plan libanais, trois développements majeurs ont marqué la journée du samedi 25 avril. Au Liban-Sud, l’armée israélienne a mené une attaque aérienne ciblée qui a visé un véhicule à bord duquel se trouvaient trois miliciens du Hezbollah qui ont été tués sur le coup. Une seconde attaque a visé une moto conduite par un membre du parti pro-iranien qui a également été tué sur le coup. Deux autres partisans de la formation chiite ont en outre été éliminés dans la région du Litani. En soirée, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devait donner l’ordre à Tsahal de « bombarder avec force les positions du Hezbollah au Liban »… Autres développements majeurs de ce samedi 25 avril : dans le quartier sunnite de Sakyet el-Janzir, à Beyrouth, et dans la banlieue de la capitale, à Fanar, deux graves incidents ont suscité une vive tension au niveau populaire. A Fanar, dans le quartier (chiite) dit “el-Zeaiterieh” deux jeunes partisans du Hezbollah ont tabassé un agent municipal. Le curé de la paroisse de Fanar, le père Rabih, est aussitôt intervenu pour circonscrire l’incident, mais il a été agressé et insulté à son tour par les deux jeunes partisans. Le prêtre s’est alors réfugié dans l’église Saint-Joseph de Fanar. Il a été cependant poursuivi par les agresseurs qui ont fait irruption dans l’église en proférant des menaces de mort contre lui et en s’en prenant aux fidèles présents. L’incident a provoqué une vive tension à Fanar où les habitants se sont rassemblés devant l’église dans un mouvement de colère. En soirée, le député du Metn Ibrahim Kenaan devait indiquer qu’à la suite de contacts entrepris avec les Renseignements de l’armée et des Forces de Sécurité intérieure, les deux agresseurs ont été appréhendés et remis aux Renseignements des FSI. Le député Elias Hankache a confirmé de son côté que les deux agresseurs ont été incarcérés. A Beyrouth, des éléments du Service de la Sécurité de l’Etat ont fait irruption de manière intempestive, en se livrant à des tirs nourris d’armes automatiques (qui ont failli tuer une fillette), dans le quartier sunnite de Sakyet el-Janzir afin d’appréhender un notable, Abou Ali Itani (partisan du Courant du futur), propriétaire de générateurs d’électricité, accusé d’avoir augmenté, sans autorisation légale, les tarifs d’électricité. L’intervention intempestive des agents de la Sécurité de l’Etat et les tirs nourris d’armes automatiques ont provoqué une réaction de colère parmi les habitants du quartier qui ont accusé les agents de sécurité de « partialité flagrante », affirmant que l’officier en charge de l’unité qui est intervenue dans le quartier est proche du Hezbollah et qu’il a voulu s’en prendre à Abou Ali Itani en raison de ses positions ouvertement hostiles au parti pro-iranien. La tension à Sakyet el-Janzir a rapidement fait tâche d’huile dans les quartiers sunnites de la capitale où les routes ont été coupées à Kaskas, Mazraa, Aïcha Bakkar, Karakol Drouz, el-Mounla, Verdun, et Hamra. Le comportement des agents de la Sécurité de l’Etat a été stigmatisé par le Premier ministre Nawaf Salam et le mufti de la République. En fin d’après-midi, une délégation des moukhtars et des habitants s’est rendue chez le ministre de l’Intérieur pour réclamer que des mesures soient prises à l’encontre des coupables. De fait, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Claude Ghanem, a interrogé cinq agents de la Sécurité de l’Etat soupçonnés d’être impliqués dans l’incident. Reste a signaler, enfin, que l’ancien leader du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, a été reçu hier par le président syrien Ahmed Chareh.

Négociations Liban-Israël: un autre moment «historique» à Washington
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LevantTime .
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avr. 24, 2026 - 21:29

«Historique». Le mot s’est retrouvé dans presque toutes les allocutions prononcées jeudi soir (dans la nuit au Liban) à Washington, en marge du deuxième round de pourparlers directs entre le Liban et Israël, sous le parrainage américain. Des pourparlers qui se sont tenus cette fois à la Maison-Blanche et non plus au Département d’Etat, qui plus est, en présence du président américain lui-même, Donald Trump, ce qui a donné une tout autre dimension à l’événement. Le Liban était représenté une nouvelle fois par son ambassadrice Nada Moawad. Outre l’ambassadeur d’Israël à Washington, Yechiel Leiter, plusieurs hommes politiques américains étaient présents: le vice-président JD Vance, le secrétaire d’Etat Marco Rubio, l’ambassadeur des Etats-Unis au Liban Michel Issa (d’origine libanaise), l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee. Les principales demandes relayées par l’ambassadrice du Liban, comme prévu, étaient la prolongation du cessez-le-feu de 60 jours, l’arrêt du dynamitage des maisons et la fin des agressions israéliennes au sud du pays. C’est Donald Trump lui-même qui a annoncé la prolongation du cessez-le-feu sur son réseau social Truth Social , en écrivant que le nouveau délai est de «TROIS SEMAINES», en majuscules pour bien marquer qu’il s’agit d’une réalisation. Trois semaines donc (au lieu des 60 jours escomptés), à partir de dimanche, qui aurait dû être le délai du cessez-le-feu entré en vigueur le 16 avril à minuit. Les déclarations étaient particulièrement enthousiastes après la réunion, allant du « moment historique majeur » de JD Vance, aux propos de Marco Rubio sur « deux pays qui veulent être en paix ». Michel Issa a remercié Donald Trump pour « un moment historique qui rapproche deux pays qui n’ont jamais été côte à côte ». Idem pour Nada Moawad qui a remercié Donald Trump pour avoir fait de cet événement « un moment historique » de par sa présence, espérant qu’avec son soutien, on pourrait rendre au Liban sa grandeur. Les accusations contre le Hezbollah n’ont pas manqué, notamment de la part de Mike Huckabee, pour qui le problème « n’est pas le Liban, pas Israël, mais le Hezbollah ». Marco Rubio a martelé que le Liban et Israël sont «tous deux victimes de la même organisation terroriste». Donald Trump lui-même a promis que les Etats-Unis continueraient à « protéger le Liban contre le Hezbollah », assurant que le parrain iranien devrait cesser de financer son proxy au Liban. La nouveauté, jeudi soir, c’est que le président américain a annoncé que l’arrêt de ce financement (iranien au Hezbollah) est une condition « incontournable » dans la conclusion d’un accord sur l’autre table des négociations, celle entre l’Iran et les Etats-Unis. Au-delà de ce nouveau round de négociations, Donald Trump s’est à nouveau montré optimiste quant à la conclusion d’un accord entre le Liban et Israël « dès cette année ». Il a évoqué la nécessité d’une rencontre entre le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison-Blanche « dans les semaines à venir », éventualité que le premier continue d’écarter pour des raisons évidentes liées à des dissensions internes libanaises et aux exactions commises par l’armée israélienne en territoire libanais, ainsi qu’à l’incertitude quant à l’issue de ces négociations, beaucoup estimant qu’une telle rencontre devrait intervenir après un éventuel accord et non en amont. Sur le terrain au Liban-Sud, les combats se poursuivent au même rythme malgré le cessez-le-feu et sa prolongation, comme si les deux belligérants n’avaient cure des efforts de paix. La nuit de jeudi à vendredi et la journée de vendredi ont été particulièrement agitées et meurtrières au Sud. Alors qu’Israël poursuit son dynamitage systématique des maisons dans les villages et ses bombardements, le Hezbollah a intensifié ses opérations contre le nord d’Israël et les rassemblements de soldats au Sud, se faisant un point d’honneur à multiplier les communiqués sur ses opérations en même temps que se déroulaient les négociations qu’il rejette, à Washington. La rhétorique ne s’est pas calmée non plus, puisque le chef du bloc du Hezbollah Mohammad Raad a appelé l’Etat à se retirer des négociations qui ne servent qu’à couvrir les agressions israéliennes selon lui, alors que le député du même bloc Ali Fayad a décrété que le cessez-le-feu n’a pas de sens vu les agressions israéliennes continues. Aoun au sommet européen à Chypre L’autre actualité politique de ce vendredi est la participation du président libanais au sommet européen qui a lieu à Chypre. Un sommet qui rassemble également d’autres leaders arabes, notamment le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, le président syrien Ahmad el-Chareh, en même temps que les leaders des Vingt-Sept. La situation explosive au Liban et les négociations avec Israël étaient au menu des discussions. Une déclaration remarquée a été celle de Kaja Kallas, haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, qui a évoqué une discussion autour de la possibilité de déployer des forces européennes quand la mission de la Force intérimaire des Nations unies pour le Liban (FINUL) prendra fin en décembre 2026, estimant que l’armée libanaise aurait besoin de soutien pour désarmer le Hezbollah et étendre sa souveraineté sur le pays. Le président du Conseil de l’Europe a, pour sa part, promis « un soutien au Liban en vue de désarmer le Hezbollah ». Les entretiens du président Aoun ont inclus le président français Emmanuel Macron, et la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Il a déclaré que « le Liban négocie en son propre nom » et « refuse d’être une carte entre les mains de quiconque ». Il a ajouté que le pays « se trouve à la croisée des chemins et que les choix qu’il va prendre auront un impact sur la stabilité de la région ». Joseph Aoun a également estimé que « cette étape n’est pas qu’une épreuve, c’est aussi une chance ». En d’autres termes, il a réaffirmé le processus des négociations et de monopole des armes aux mains de l’Etat, recevant un soutien certain pour sa démarche. Araghchi au Pakistan Au niveau des négociations entre les Etats-Unis et l’Iran, qui sont bloquées depuis mercredi alors que le président Trump prolongeait le cessez-le-feu jusqu’à une date non fixée, le développement de ce vendredi a été l’annonce de la visite du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi à Islamabad. Dans l’après-midi, le Pakistan a annoncé qu’une nouvelle délégation américaine est attendue le jour même. Toutefois, peu après, un responsable pakistanais a indiqué à la chaîne saoudienne al-Hadath que « Araghchi a précisé que son déplacement à Islamabad a pour seul objectif des pourparlers avec ses pairs pakistanais, non des négociations avec la partie américaine ». Des responsables pakistanais n’en attendent pas moins une « éclaircie » dans les négociations suite à cette visite, toujours selon la chaîne. Toutefois le retour à la table de négociations reste plus que jamais incertain. Entre-temps, la tension reste palpable sur le terrain et les bruits de bottes se font entendre. Selon Axios, l’Iran aurait planté des mines supplémentaires dans le détroit d’Ormuz. Le ministre américain de la guerre Pete Hegseth a mis en garde contre le fait que les Etats-Unis « ont toujours la main sur la gâchette ». Autre signe d’une possible escalade, l’envoi de plus de 4000 soldats américains dans la région, selon le Washington Post. A quel scénario faudra-t-il s’attendre dans l’avenir proche ? Une escalade ou un deal encore improbable ? Le ministre israélien de la Défense Israel Katz, lui, n’a pas de doute : il a déclaré vendredi qu’Israël attend le feu vert américain pour une nouvelle attaque contre l’Iran, qui serait « décisive ».

USA-Iran: un bras de fer figé sur fond de clivage iranien
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LevantTime .
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avr. 23, 2026 - 23:57

Toute l’attention est portée sur Washington où se tient à 23h, heure de Beyrouth, le deuxième round de pourparlers directs entre le Liban et Israël, au niveau des ambassadeurs, alors que le conflit entre l’Iran et les Etats-Unis reste immobilisé dans cette zone grise, faite de tensions, dans laquelle il a glissé. Une zone grise qui permet cependant de basculer à n’importe quel moment vers l’escalade ou encore vers un apaisement, si jamais les médiateurs, notamment le Pakistan, parviennent à dégager une formule d’accord acceptable pour les deux parties. Pour le Liban, l’enjeu est autrement plus important et s’article autour de deux objectifs à court et à long terme: à court terme, il s’agit d’obtenir dans une première phase, une prolongation du cessez-le-feu. Par la suite – ce qui sera plus compliqué tant que le Hezbollah n’est pas désarmé – il s’agit d’obtenir un arrêt des actes de violence israéliens au sud du pays où les soldats de Tel Aviv continuent d’aménager une zone tampon à coups de destructions, ainsi qu’un retrait de ces forces, éventuellement, et la libération des prisonniers libanais détenus en Israël. C’est autour de ces éléments que les discussions se dérouleront à la Maison Blanche et non plus au Département d’État, selon le site Axios, où l’ambassadrice du Liban, Nada Moawad doit réclamer, sur instructions de Beyrouth, une rallonge du cessez-le-feu entré en vigueur jeudi dernier et dont la durée est seulement de dix jours. Elle devait également réclamer qu’au cours de cette trêve, l’armée israélienne suspende son ciblage des habitations, des établissements hospitaliers et éducatifs, des lieux de culte et des journalistes. Le Secrétaire d’Etat, Marco Rubio, sera présent à la réunion, aux côtés des deux ambassadeurs libanais et israélien qui seraient reçus par le président Trump. A long terme, les autorités libanaises espèrent conclure avec Israël un arrangement, qui peut porter le nom d’accord de paix ou autre – il est encore prématuré de le dire – dont la finalité principale est de soustraire le pays à de nouvelles guerres. En initiant un dialogue direct avec Israël, le pouvoir emprunte une voie certes semée d’embûches mais qui est primordiale pour affranchir le pays de l’état de dépendance à l’Iran dans lequel le Hezbollah l’avait plongé. Pour une fois, le pouvoir libanais dispose d’une marge de manœuvre lui permettant d’agir en fonction du seul intérêt des Libanais, sans être obligé, sous l’impulsion du Hezbollah et de ses alliés, d’accorder la priorité aux calculs stratégiques des uns et des autres. C’est d’ailleurs sous ce seul angle qu’il faut aborder la levée de boucliers hezbollahi au processus diplomatique en cours. Son aboutissement marquera la fin de l’État satellite et l’émergence d’un État souverain, si le pouvoir va jusqu’au bout de son initiative souverainiste et tient bon devant les obstacles que l’axe pro-iranien ne manquera pas de dresser sur son chemin. Apparemment désigné porte-parole du groupe, le député hezbollahi Hassan Fadlallah a tenu une nouvelle conférence de presse jeudi, pour mettre en garde contre la reprise de pourparlers directs avec Israël. Outre les menaces à peine voilées habituelles, il a joué dans son discours sur la fibre émotionnelle, en s’étalant sur le ciblage, certes lâche et condamnable, de la journaliste Amal Khalil, tuée mercredi dans une frappe israélienne sur el-Tiri, dans le caza de Bint Jbeil. Ses propos, comme ceux de son chef, Naïm Kassem, tendent à déformer la réalité pour s’attribuer le rôle de sauveur hypothétique dans une situation catastrophique dont leur formation est la seule responsable et, surtout, pour défendre la pseudo légitimité d’un état anormal qu’ils veulent perpétuer. Ils mettent en relief surtout le décalage entre deux logiques: celle qui consiste à garder le Liban prisonnier d’intérêts stratégiques transfrontaliers, le Hezbollah ayant suffisamment démontré qu’il n’obéit qu’aux ordres de Téhéran, et celle, emmenée par le pouvoir libanais, qui consiste à prendre les initiatives et les mesures indispensables pour protéger les Libanais contre les dangers auxquels le Hezb les expose. Dans cette optique, le président Joseph Aoun a réaffirmé, au cours du Conseil des ministres, jeudi, sa disposition à se rendre à Washington pour des discussions avec le président Donald Trump, autour du dossier libano-israélien, en soulignant l’importance de cette rencontre pour la suite des événements, notamment pour la reconstruction du Liban. Il n’a pas commenté les propos de M. Trump qui avait annoncé vouloir inviter son homologue libanais et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à des discussions à Washington, mais sur son compte X, la présidence de la République a indiqué que Joseph Aoun «n’a jamais envisagé un contact avec Netanyahu». Dans ce processus de rétablissement de la souveraineté libanaise, le Liban est soutenu par la majorité des Libanais et par la communauté arabe et internationale. L’Arabie saoudite, qui suit de près le dialogue entre Beyrouth et Tel Aviv et reste soucieuse d’une revitalisation du Liban, a dépêché un émissaire dans la capitale libanaise. Le Conseiller du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Yazid ben Farhane, a eu une série de discussions avec les officiels, dont le président de la Chambre, Nabih Berry, allié du Hezbollah. Au cours de ses entretiens, l’envoyé saoudien a mis l’accent sur la nécessité d’une application de l’accord de Taëf, qui prévoit entre autres le désarmement de toutes les milices et a sondé ses hôtes libanais au sujet du dialogue avec Israël. Démission de Qalibaf? Celui-ci se déroule au rythme des échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah qui se prévaut de cette «résistance» nébuleuse afin de lancer non plus des roquettes, mais des drones, contre le nord israélien. Dans la zone délimitée par cette fameuse Ligne jaune, un tracé fictif devant marquer les limites de la zone d’opérations de l’armée israélienne, c’est comme si la guerre ne s’est pas arrêtée. L’armée israélienne a cependant opéré, jeudi soir, en dehors de cette zone, en ciblant une voiture sur la route de Choukine (caza de Natabiyé) tuant trois individus. Du côté de l’Iran et des États-Unis, l’impression est qu’il ne se passe pas grand-chose pour le moment, comme les deux adversaires donnent le sentiment de s’observer à distance, et de se défier pour voir qui pliera en premier. La seule information qui a brisé cette routine faite de pressions, est celle d’une éventuelle démission du président du Parlement iranien Mohammad Qalibaf, de sa fonction de chef de la délégation de négociateurs. Elle a été rapportée par des médias israéliens et n’a toujours pas été confirmée de sources iraniennes officielles. Si elle s’avère juste, la démission de Qalibaf aura surtout démontré l’ampleur des divisions au sein du pouvoir iranien. Pour l’heure, le bras-de-fer entre Téhéran et Washington tourne toujours autour du détroit d’Ormuz, contrôlé par la République islamique et du blocus américain des ports iraniens. L’Iran a fait savoir qu’il a commencé à percevoir les recettes des droits de passage des cargos qu’elle autorise à traverser le détroit, alors que Donald Trump a annoncé avoir donné l’ordre à la marine américaine de cibler les poseurs de mines. «Les premiers revenus provenant des droits de passage du détroit d’Ormuz ont été déposés sur le compte de la Banque centrale», a déclaré Hamidreza Hajibabaei, vice-président du Parlement iranien, selon l’agence de presse Tasnim. Dans le même temps, les Pasdarans ont annoncé avoir pris le contrôle de deux cargos dans la mer d’Oman, dans ce qui semble être une réaction à la réquisition, par la marine américaine, d’un bateau commercial iranien. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a affirmé avoir donné à la marine l’ordre d'«abattre tous les bateaux, aussi petits soient-ils (...) qui posent des mines» dans le détroit d'Ormuz. «Nos bateaux démineurs sont en train de débarrasser le détroit en ce moment. J'ordonne ici que cette activité continue, mais au triple de son niveau actuel», a-t-il ajouté. Reste à savoir jusqu’à quand cette logique de la pression calibrée suivie par l’Iran et les Etats-Unis durera. Attendent-ils une quelconque percée au niveau des efforts pour une reprise des discussions à Islamabad? Si les deux sont d’accord pour donner la priorité à la diplomatie dans leur épreuve de force autour des dossiers du nucléaire, des armes balistiques et, côté iranien, du Liban - ce que Washington rejette - ils donnent l’impression d’avoir une vision moins claire sur l’aboutissement d’une reprise des opérations militaires. Seul Israël, qui affirme régulièrement avoir le doigt sur la gâchette, semble avoir une idée précise sur le sujet. Le ministre israélien de la Défense, Israël Saar, a affirmé jeudi que Tel Aviv «n’attend que le feu vert américain pour éliminer la dynastie de Khamenei et de ramener l’Iran à l’âge de pierre».

L’évolution du conflit liée au dénouement de la lutte interne en Iran
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LevantTime .
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avr. 22, 2026 - 23:20

Alors que l‘incertitude la plus totale continue de régner sur l’évolution du conflit entre les Etats-Unis et la République islamique iranienne, les pourparlers directs entre le Liban et Israël reprennent ce jeudi 23 avril à Washington, dans l’après-midi (heure du Levant), sous l’égide du Département d’Etat. Une source autorisée locale a indiqué mercredi que la délégation libanaise réclamera la prolongation du cessez-le-feu au Sud pour une période d’un mois. Les discussions pourraient porter, parallèlement, sur l’organisation pratique (calendrier, lieu des réunions…) et sur l’ordre du jour des prochaines négociations bilatérales. Au niveau des opérations militaires et de la situation sur le terrain, la présidence française a indiqué dans l’après-midi de mercredi qu’un second Casque Bleu français de la Finul est décédé des suites de ses blessures dont il avait été atteint samedi dernier lorsque des miliciens du Hezbollah avaient tiré sur une patrouille française de la force onusienne. L’un des Casque Bleu avait été tué sur le coup. Le bilan de cette embuscade s’élève donc à deux tués et deux blessés dans les rangs des militaires français. Sur un tout autre plan, l’armée israélienne a perpétré mercredi une nouvelle agression contre des journalistes en bombardant un secteur de la localité d’El-Tiré (caza de Bint Jbeil) où se trouvaient les deux consœurs Amale Khalil et Zeinab Faraj. Celle-ci, légèrement blessée, a pu être évacuée par la Croix Rouge libanaise à la suite des démarches du président Joseph Aoun, du Premier ministre Nawaf Salam (de Paris) et du ministre de l’Information Paul Morcos. Quant à Amale Khalil, son corps sans vie a été retrouvé sous les décombres d’une habitation détruite par le bombardement israélien. Par ailleurs, un drone israélien a effectué une attaque contre la localité de Yohmor où quatre personnes ont été blessées. Un soldat israélien puni pour avoir profané une croix Sur un tout autre plan, une ONG américaine Le bon Samaritain a acheminé une aide alimentaire et humanitaire aux habitants des villages chrétiens situés à proximité de la frontière libano-israélienne. Cette même ONG avait tenté d’acheminer cette aide à partir du Liban, mais elle en avait été empêchée par le Hezbollah. Elle a été par conséquent contrainte de fournir l’aide en question à partir d’Israël en raison de la situation précaire de ces villages chrétiens qui ont été visités mercredi par le Nonce apostolique à Beyrouth. Notons dans ce cadre que le soldat israélien qui avait profané une croix dans un village chrétien du Sud a été puni par son commandement et condamné à un mois de prison ferme. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le commandement de l’armée israélienne ont vivement condamné l’incident et l’unité israélienne présente dans le secteur a été chargée de remettre la croix à sa place. Divergences entre les pôles du régime iranien Au niveau régional, le conflit armé entre les Etats-Unis et l’Iran continue de vivre au rythme de la série de cessez-le-feu ponctués des délais, des ultimatums et des menaces récurrentes qui jalonnent les prises de position quotidiennes du président Donald Trump. Une fois n’est pas coutume : le nouveau cessez-le-feu prolongé mardi soir par le chef de la Maison Blanche n’est pas associé à une échéance précise. Ce « flou » (encore un…) ne signifie pas que la trêve est illimitée mais implique, bien au contraire, que le président Trump se réserve la latitude de la rompre à l’instant qu’il jugera opportun. Selon certaines informations, Washington aurait d’ailleurs informé Israël que la trêve actuelle expirera dimanche prochain, si d’ici là aucun progrès n’est enregistré au niveau des pourparlers américano-iraniens. Les milieux américains à Washington se montrent à ce propos optimistes quant à un déblocage iranien, donnant l’impression que l’Administration US paraît « implorer », en quelque sorte, le régime iranien d’avaliser une sortie de crise, alors que c’est Téhéran qui est censé être en position de faiblesse. Un point de détail à relever à cet égard : selon certains médias en ligne, des centaines d’avions militaires de transport seraient en train de transporter et de décharger des munitions en Israël, et ce pont aérien devrait prendre fin… dimanche. En tout état de cause, cette lourde incertitude qui caractérise l’évolution du conflit pourrait s’expliquer par les profondes divergences qui se confirment au niveau du régime iranien. Le clivage oppose l’aile dure représentées par les Gardiens de la révolution (les Pasdaran) et le courant dit « modéré » qui regroupe les responsables politiques officiels en charge des négociations avec les Américains. Cela explique que les négociateurs iraniens n’ont pas été en mesure de se rendre à Islamabad pour le 2 e round de négociations, qui était prévu pour mardi. L’aboutissement de cette fracture interne déterminera l’avenir du conflit et sans doute le sort de toute la région du Levant.

Pourparlers américano-iraniens: L’Iran bénéficie d’un nouveau sursis
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LevantTime .
Publié
avr. 21, 2026 - 23:43

Le président américain, Donald Trump, a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l’Iran, mais sans fixer de délai, afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier. Il a cependant dit vouloir maintenir le blocus des ports iraniens, au grand dam de la République islamique. S’exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de «prolonger la trêve jusqu’à ce que l’Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d’une manière ou d’une autre». Il a souligné avoir pris cette décision face «aux graves divisions au sein du gouvernement iranien» et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur. Il a toutefois indiqué avoir «ordonné aux forces armées américaines de maintenir le blocus» naval. Téhéran qui avait conditionné sa participation aux pourparlers d’Islamabad à la levée de ce blocus, n’a pas commenté la prolongation de la trêve. Selon l’agence de presse Tasnim (semi officielle), elle le fera «plus tard». L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT. Elle a mis fin à une journée qui s’est écoulée au rythme d’un flot d’informations contradictoires, ponctué de menaces et de contre-menaces entre Washington et Téhéran, alors que la République islamique entretenait un flou artistique sur ses intentions. Le gouvernement du Pakistan avait déclaré mardi soir être toujours «dans l’attente d’une réponse officielle de la partie iranienne sur la confirmation qu’une délégation prendrait part aux pourparlers de paix d’Islamabad», selon son ministre de l’Information, Attaullah Tarar. Dans un message sur la plateforme X, ce dernier a ajouté qu’une décision était d’une importance «essentielle», quelques heures avant l’expiration de la trêve. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismael Baqaei, a confirmé que Téhéran n’avait toujours pas pris de décision «à cause des messages contradictoires et des actions inacceptables des États-Unis». En l’absence d’une réponse claire de l’Iran, la délégation américaine n’a pas non plus pris l’avion pour Islamabad. Le vice-président américain JD Vance, supposé la conduire, présidait des réunions à la Maison Blanche, mardi soir. Téhéran entend-il entretenir le suspense jusqu’au bout? Cherche-t-il à exercer une pression maximale sur le président Trump, mis à mal au plan intérieur, et qu’il sent désireux de conclure au plus vite un accord devant mettre fin à une guerre qui risque, sans cela, de reprendre dès jeudi? La République islamique continue de souffler le chaud et le froid. Tout en affirmant être prête à négocier un accord avec les États-Unis, elle dit bouder les pourparlers d’Islamabad parce qu’elle juge les conditions américaines excessives et impossibles à réaliser. Or le principe même de négociations entre deux parties que tout oppose est de placer haut, très haut, la barre des exigences pour qu’il soit par la suite possible de préserver l’essentiel au moment des concessions. Une stratégie qui, dans ce cas précis, reflète la position de force de Washington face à un Iran qui sort laminé de la guerre, mais qui essaie d’imposer ses propres conditions et qui continue de jouer le tout pour le tout, dans l’espoir d’amener Donald Trump à les accepter. L’Iran avait posé comme condition pour une reprise du dialogue la levée du blocus américain imposé à ses ports. Téhéran «refuse de négocier sous la menace», a réaffirmé mardi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. Il a souligné que son pays ripostera «plus violemment que par le passé, s’il est attaqué de nouveau», répondant ainsi indirectement au président Trump qui avait brandi la menace d’une reprise des frappes, à l’expiration du délai fixé pour la trêve. Selon l’agence Tasnim, Téhéran s’est «bien» préparé au cours des deux dernières semaines» à cette éventualité et «réserverait des surprises aux Américains». La réquisition par la marine américaine en mer d’Oman d’un navire iranien sous sanction (considérée par Téhéran comme un crime de guerre et une violation du cessez-le-feu) risque de compliquer davantage la situation, surtout si Donald Trump décide de ne pas prolonger la trêve, comme il l’a annoncé dans son interview à la chaîne CNBC. Violation Hezbollahi du cessez-le-feu Le président américain, qui a accusé l’Iran de nombreuses violations du cessez-le feu et réaffirmé que les États-Unis sont dans une «position très forte», reste confiant qu’il obtiendra «un super accord». «Je pense qu’ils n’ont pas le choix», a-t-il dit à la CNBC, en référence aux dirigeants iraniens. Mais l’Iran a toujours plusieurs cordes à son arc, dont, entre autres, la réactivation de ses «fronts de soutien». C’est dans le contexte de l’épreuve de force avec les États-Unis qu’il faut ainsi situer le premier tir de roquettes du Hezbollah depuis le cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël, entré en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi. Mardi soir, l’armée israélienne a annoncé des tirs du Hezbollah en direction de ses soldats postés à la frontière sud, pendant qu’un drone était lancé vers les kibboutz du nord israélien. Elle a dénoncé «une violation flagrante du cessez-le-feu» qui, il faut le préciser, intervient alors que le Liban s’apprête à son tour à reprendre ses pourparlers directs avec Israël, jeudi, à Washington et que le Liban officiel réaffirmait sa volonté d’étendre sa seule autorité sur l’ensemble du territoire et défendait la tenue de négociations directes avec Tel Aviv. Ce double message a été porté par le chef du gouvernement, Nawaf Salam, à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, au Luxembourg, puis à l’Élysée où il a été reçu par le président français, Emmanuel Macron. Au Luxembourg, M. Salam a expliqué que le Liban a fait ce choix pour mettre fin à la guerre dans laquelle le Hezb l’a entraîné et pour rétablir sa souveraineté. «Il est le fruit d’une responsabilité nationale», a-t-il insisté, en soulignant que l’objectif final est d’obtenir une solution définitive au conflit avec Israël. Le Premier ministre a en outre réitéré la volonté de l’État d’en finir avec les armes illégales. Une décision saluée par le président Macron qui a jugé «nécessaire que le Hezb cesse d’assumer le rôle de l’État libanais», au cours d’une conférence de presse conjointe avec son hôte libanais. Ce dernier a expliqué que la décision libanaise de s’engager dans un dialogue avec Tel Aviv est irrévocable. Il a insisté sur le fait que les autorités ne se laisseront pas intimider par le Hezb «avec qui nous ne voulons pas de confrontation». Autant de messages auxquels le président Joseph Aoun a fait écho, à partir de Beyrouth, en rappelant qu’en s’engageant dans des négociations directes avec Israël, «le Liban ne renonce pas à sa souveraineté, mais cherche à résoudre ses problèmes de taille». Reste à voir si le Hezb, qui a multiplié les menaces contre les dirigeants libanais, va essayer de compromettre la reprise des pourparlers, en reprenant ses attaques contre les Israéliens. Cette formation, dont les activités paramilitaires ont été interdites par le gouvernement libanais, a publié mardi une vidéo pour annoncer la reprise des opérations de «résistance», avec un titre éloquent: «Le retour du cauchemar d’Israël: les armes efficaces de la résistance». Ce retour risque cependant de signer son arrêt de mort au vu des menaces israéliennes. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a réaffirmé mardi que l’objectif de Tel Aviv est de détruire le Hezb. Dans une déclaration lors d’une cérémonie pour la «Journée des soldats tués et des victimes du terrorisme», il a réitéré ses menaces de liquider le chef de cette formation, Naïm Kassem.