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L'Essentiel du jour

L’État libanais brise un tabou face au Hezb

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Ce montage d'images extraites d'une vidéo diffusée par l'armée israélienne le 27 avril 2026 montre, selon elle, la destruction des infrastructures du Hezbollah au Liban. (Via AFP)
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Par LevantTime .
Publié avr. 27, 2026 - 22:40

La rupture semble consommée, du moins au stade actuel, entre le président de la République Joseph Aoun et le Hezbollah. En réponse à la cabale menée contre lui par les milieux du parti pro-iranien, qui le traitent pratiquement de « traitre » en raison des négociations directes engagées avec Israël, le chef de l’État a répondu lundi sans détour à ses détracteurs, devant une délégation du Arkoub et de Hasbaya. Il a affirmé ainsi, fort à propos et en toute franchise, dans une claire allusion au Hezbollah, que « la véritable traitrise est celle dont sont coupables ceux qui entrainent le pays dans la guerre pour servir des intérêts étrangers ».

C’est la première fois depuis de très nombreuses années qu’un président de la République s’en prend aussi franchement à la ligne de conduite du Hezbollah. La tension entre le pouvoir et le parti pro-iranien est apparue ouvertement lorsque l’Exécutif avait demandé expressément au Hezbollah de ne pas s’engager dans une éventuelle guerre qui serait déclenchée contre l’Iran, affirmant que le pouvoir réagirait d’une façon très ferme si la formation pro-iranienne s’engageait sur cette voie. Le Hezb n’a pas tenu compte de la mise en garde du pouvoir, et à l’aube du 2 mars, soit 48 heures après le déclenchement de l’attaque américano-israélienne contre le régime des mollahs, le 28février, il a pris l’initiative d’ouvrir le front du Liban-Sud en lançant six roquettes contre le nord d’Israël, à l’instigation en toute vraisemblance des Gardiens de la révolution iranienne.

Le lendemain du déclenchement des hostilités par le parti chiite, le Conseil des ministres prenait la décision de considérer comme illégal l’appareil milicien sécuritaire du Hezbollah. Depuis, la tension n’a cessé de croitre entre le pouvoir et l’allié des Pasdaran, plus particulièrement après la décision prise par le président Aoun d’engager des négociations directes avec Israël, sous l’égide des États-Unis. Ces pourparlers directs ont été vivement stigmatisés par le Hezbollah et pas plus tard que ce lundi 27 avril, le secrétaire général du parti pro-iranien, cheikh Naïm Kassem, a demandé au pouvoir d’interrompre les négociations directes avec l’État hébreu. Il a profité de l’occasion pour réitérer son refus d’une remise des armes de son parti à l’État, réaffirmant que « la résistance se poursuit ».

Sur les réseaux sociaux, les partisans du Hezbollah se sont pratiquement déchaînés contre le président Aoun, proférant même des menaces contre lui et l’accusant d’être de connivence avec Israël du fait des négociations directes avec Israël.

C’est dans ce contexte tendu que l’aviation israélienne a poursuivi lundi ses bombardements contre l’infrastructure et les positions du Hezb au Liban-Sud. Sur ce plan, la chaîne panarabe Al-Hadath a rapporté lundi que le parti chiite a demandé aux habitants de la région de Nabatiyeh de quitter leurs habitations car il a l’intention de transformer cette zone en champ de bataille contre Israël.

Le bras de fer avec l’Iran

Sur le front du conflit en Iran, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, s’est rendu à Moscou pour des concertations avec les dirigeants russes. Ces tractations diplomatiques ne se répercutent pas, toutefois, par une détente au niveau des pourparlers directes américano-iraniens qui paraissaient lundi dans une impasse totale en raison du fait que la partie iranienne (guidée par les Pasdaran) impose de nouvelles conditions au dialogue, dont notamment le versement de compensions financières à l’issue de la guerre, la reconnaissance du droit de l’Iran à enrichir l’uranium,  la levée du blocus maritime imposée par les États-Unis et l’ajournement à une étape ultérieure de toute discussion sur le programme nucléaire. Des conditions qui reflètent en toute vraisemblance la position radicale des Pasdaran qui auraient réussi à prendre le contrôle du centre de décision à Téhéran.

Cette position dure est dénoncée ouvertement par les pays européens. Le président Emmanuel Macron a ainsi invité le régime iranien à faire des concessions, tandis que le Quai d’Orsay soulignait que l’Iran a « dépassé toutes les lignes rouges » dans le conflit actuel. Dans le même temps, un ministre d’Etat britannique soulignait lundi que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz doit se faire « sans entrave et sans imposition d’un péage », comme le réclame le régime iranien, en violation des Conventions internationales dont il ressort que le détroit d’Ormuz ne peut pas faire l’objet d’un péage du fait qu’il s’agit d’une voie de passage naturelle qui n’est pas une œuvre humaine et qui, par conséquent, doit être ouverte à tous les navires, sans entrave. Notons dans ce cadre que le Secrétaire d’État, Marco Rubio, a déclaré lundi soir que l’Iran veut négocier afin de « sortir du chaos dans lequel elle est plongée ».

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