


Alors que l‘incertitude la plus totale continue de régner sur l’évolution du conflit entre les Etats-Unis et la République islamique iranienne, les pourparlers directs entre le Liban et Israël reprennent ce jeudi 23 avril à Washington, dans l’après-midi (heure du Levant), sous l’égide du Département d’Etat. Une source autorisée locale a indiqué mercredi que la délégation libanaise réclamera la prolongation du cessez-le-feu au Sud pour une période d’un mois. Les discussions pourraient porter, parallèlement, sur l’organisation pratique (calendrier, lieu des réunions…) et sur l’ordre du jour des prochaines négociations bilatérales.
Au niveau des opérations militaires et de la situation sur le terrain, la présidence française a indiqué dans l’après-midi de mercredi qu’un second Casque Bleu français de la Finul est décédé des suites de ses blessures dont il avait été atteint samedi dernier lorsque des miliciens du Hezbollah avaient tiré sur une patrouille française de la force onusienne. L’un des Casque Bleu avait été tué sur le coup. Le bilan de cette embuscade s’élève donc à deux tués et deux blessés dans les rangs des militaires français.
Sur un tout autre plan, l’armée israélienne a perpétré mercredi une nouvelle agression contre des journalistes en bombardant un secteur de la localité d’El-Tiré (caza de Bint Jbeil) où se trouvaient les deux consœurs Amale Khalil et Zeinab Faraj. Celle-ci, légèrement blessée, a pu être évacuée par la Croix Rouge libanaise à la suite des démarches du président Joseph Aoun, du Premier ministre Nawaf Salam (de Paris) et du ministre de l’Information Paul Morcos. Quant à Amale Khalil, son corps sans vie a été retrouvé sous les décombres d’une habitation détruite par le bombardement israélien.
Par ailleurs, un drone israélien a effectué une attaque contre la localité de Yohmor où quatre personnes ont été blessées.
Un soldat israélien puni pour avoir profané une croix
Sur un tout autre plan, une ONG américaine Le bon Samaritain a acheminé une aide alimentaire et humanitaire aux habitants des villages chrétiens situés à proximité de la frontière libano-israélienne. Cette même ONG avait tenté d’acheminer cette aide à partir du Liban, mais elle en avait été empêchée par le Hezbollah. Elle a été par conséquent contrainte de fournir l’aide en question à partir d’Israël en raison de la situation précaire de ces villages chrétiens qui ont été visités mercredi par le Nonce apostolique à Beyrouth.
Notons dans ce cadre que le soldat israélien qui avait profané une croix dans un village chrétien du Sud a été puni par son commandement et condamné à un mois de prison ferme. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le commandement de l’armée israélienne ont vivement condamné l’incident et l’unité israélienne présente dans le secteur a été chargée de remettre la croix à sa place.
Divergences entre les pôles du régime iranien
Au niveau régional, le conflit armé entre les Etats-Unis et l’Iran continue de vivre au rythme de la série de cessez-le-feu ponctués des délais, des ultimatums et des menaces récurrentes qui jalonnent les prises de position quotidiennes du président Donald Trump. Une fois n’est pas coutume : le nouveau cessez-le-feu prolongé mardi soir par le chef de la Maison Blanche n’est pas associé à une échéance précise. Ce « flou » (encore un…) ne signifie pas que la trêve est illimitée mais implique, bien au contraire, que le président Trump se réserve la latitude de la rompre à l’instant qu’il jugera opportun.
Selon certaines informations, Washington aurait d’ailleurs informé Israël que la trêve actuelle expirera dimanche prochain, si d’ici là aucun progrès n’est enregistré au niveau des pourparlers américano-iraniens. Les milieux américains à Washington se montrent à ce propos optimistes quant à un déblocage iranien, donnant l’impression que l’Administration US paraît « implorer », en quelque sorte, le régime iranien d’avaliser une sortie de crise, alors que c’est Téhéran qui est censé être en position de faiblesse. Un point de détail à relever à cet égard : selon certains médias en ligne, des centaines d’avions militaires de transport seraient en train de transporter et de décharger des munitions en Israël, et ce pont aérien devrait prendre fin… dimanche.
En tout état de cause, cette lourde incertitude qui caractérise l’évolution du conflit pourrait s’expliquer par les profondes divergences qui se confirment au niveau du régime iranien. Le clivage oppose l’aile dure représentées par les Gardiens de la révolution (les Pasdaran) et le courant dit « modéré » qui regroupe les responsables politiques officiels en charge des négociations avec les Américains. Cela explique que les négociateurs iraniens n’ont pas été en mesure de se rendre à Islamabad pour le 2e round de négociations, qui était prévu pour mardi.
L’aboutissement de cette fracture interne déterminera l’avenir du conflit et sans doute le sort de toute la région du Levant.