


Yahya Sinouar est mort sans avoir rendu les armes ! Pour certains, ce fugitif n’a pas manqué de lutter jusqu’au dernier souffle. C’est peut-être pour les combattants du Hezbollah un modèle à émuler. Comme lui, et avant lui, il y eut Saddam Hussein, imperturbable devant la potence.
Et avec ça, vous voulez que le Hezbollah rende les armes et passe sous les fourches caudines…
Vivre dangereusement
Al-silah zinat al-rijal, (autrement dit, les armes sont la parure des hommes) répète-t-on dans le Sud libanais, zone où toute une jeunesse a goûté à la fraternité des armes. Les opérations militaires ont donné aux miliciens le goût de « la vie héroïque », une addiction dont on ne sort pas indemne. Une addiction que ne partagent pas la majorité des libanais. Et qui plus est, la figure emblématique d’Al-Hussein, tombé les armes à la main, rend toute capitulation odieuse sinon impie.
L’effet domino
En tout état de cause, ce n’est pas au Hezbollah libanais, et à son commandement terré dans les sous-sols, de dire si les armes doivent être rendues ou non. En l’espèce, c’est l’Iranien et lui seul qui décide. La milice-proxy, dans laquelle Téhéran a tant investi, n’est qu’un pion dans le jeu régional de Wilayat al-Faqih. Aussi, ne saurait-elle être sacrifiée que sur l’autel de l’Internationale des ayatollahs, qu’ils soient de Qom ou d’ailleurs. Un désarmement ne saurait être envisagé pour rétablir une quelconque souveraineté libanaise.
Et puis, si la République des pasdarans décidait de concéder les armes du parti de Dieu à qui de droit, cela constituerait un grave précédent. Un précédent qui déclencherait une réaction en chaîne. Le Hachd al-chaabi en Irak devrait bientôt se prêter au même jeu et le camp retranché qu’est l’Iran perdrait ainsi une puis deux lignes de défense.
Cela dit, qu’importe aux yeux de Téhéran si, pour retarder les échéances, ses « harkis » libanais se faisaient écraser sous les bombes israéliennes en refusant de se plier aux résolutions de l’ONU.
Le match-revanche
Dans un mois, dans un an, les hostilités entre duodécimains arabes et sionistes vont arriver à terme, ne serait-ce que par épuisement de l’une des deux parties. Mais est-ce à dire que le désarmement suivra automatiquement ? Que non ! Le tandem chiite tient à rester sur ses gardes. D’une part, il tient à intimider ses compatriotes libanais et d’autre part, il ne perd pas de vue qu’il s’est fait des ennemis qui n’ont pas la mémoire courte. Nos voisins syriens n’ont ni encaissé ni digéré le soutien apporté au régime de Bachar el-Assad par les « forces du Radwan » et d’autres irréguliers.
Tôt ou tard, l’implication du Hezb, à partir de 2011, dans le bourbier syrien, va se retourner contre la communauté chiite toute entière. Le match-revanche est inéluctable. Auquel cas de figure, plutôt garder ses armes que d’être le « sitting duck » et une cible aisée.
Que le gouvernement libanais ne se fasse pas d’illusion : Désarmement de gaieté de cœur, il n’y aura pas. Que nos stratèges trouvent autre chose !