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Makram Rabah

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Le nom que Nawaf Salam n’a pas osé prononcer
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Makram Rabah
Publié
sept. 26, 2026 - 20:27

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’est rendu aux Nations unies et y a longuement parlé de souveraineté. Il a réclamé le retrait d’Israël du territoire libanais, réaffirmé le principe de l’exclusivité des armes entre les mains de l’État et celui selon lequel la décision de guerre et de paix relève de ses institutions constitutionnelles, et insisté sur le fait que nul n’a le droit de parler au nom du Liban ou de négocier en son nom en dehors de l’État libanais. Autant de principes que tout Premier ministre libanais se doit de défendre. Mais un nom a été remarquablement absent de son discours: Hezbollah.

Le copium de la «Résistance»  ou l'opium du déni
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Makram Rabah
Publié
sept. 12, 2026 - 00:53

En avril 2003, Mohammed Saeed al-Sahhaf offrit au monde l’une des plus grandes performances politiques dans l’art du déni. Le 7 avril, les chars américains avaient pénétré au cœur de Bagdad, leurs images défilant sur les écrans de télévision du monde entier. Pourtant, le ministre de l’Information de Saddam Hussein se tenait devant les journalistes et déclarait, avec l’assurance d’un homme disposant d’informations inaccessibles à l’œil humain, qu’il n’y avait aucun Américain à Bagdad et que les forces d’invasion étaient écrasées et anéanties. Deux jours plus tard, le 9 avril, Bagdad tombait. Al-Sahhaf ne mentait pas seulement. Il rendait un service psychologique à un public qui n’était plus capable d’affronter la vérité. C’est précisément ce qui le rend si contemporain au Liban.

Quand la sociologie absout le Hezbollah
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Makram Rabah
Publié
juil. 9, 2026 - 16:22

Il est une logique qui ressurgit chaque fois que la question des armes du Hezbollah est soulevée. Elle s’efforce de présenter le parti non comme une autorité armée ayant confisqué la décision d’une communauté et d’un pays, mais comme le prolongement naturel de la communauté chiite libanaise, comme si contester le Hezbollah revenait à s’en prendre aux chiites eux-mêmes, et comme si le désarmer signifiait arracher toute une communauté à son histoire, à sa mémoire et à ses moyens de protection. Cette logique est non seulement erronée. Elle est insultante. Elle réduit les chiites à leur peur. Elle transforme leur longue histoire en simple prélude à un fusil. Elle traite toute une communauté comme si elle ne pouvait exister qu’à l’intérieur du réseau d’un parti armé, comme si Jabal Amel, Najaf, la jurisprudence religieuse, le réformisme, les oulémas, les intellectuels, les agriculteurs, les étudiants, les commerçants et toute l’expérience nationale des chiites libanais n’avaient été qu’une préparation à la wilayat el-faqih.

Quand les Druzes disent : «Assez… il est temps d'aller faire la paix»
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Makram Rabah
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mai 23, 2026 - 02:07

Dans le jargon druze, il existe une formule que l'on emploie aux moments de transition : «Assez… il est temps d'aller présenter nos félicitations.» Dans un autre contexte, le même réflexe peut prendre la forme suivante : «Il est temps d'aller présenter nos condoléances.» Il ne s'agit pas là d'une simple courtoisie sociale, mais d'un réflexe politique façonné par l'histoire. Cela signifie qu'un moment s'est achevé, qu'un autre commence, et que ceux qui comprennent le monde tel qu'il est, et non tel qu'ils voudraient qu'il soit, doivent agir en conséquence. Les Druzes ont toujours été sensibles aux changements politiques. La géographie leur a enseigné cela. L'histoire l'a renforcé. La survie en a fait un instinct. Ils n'ont pas toujours besoin de déclarations officielles émanant des capitales pour savoir que le vent a tourné. Souvent, ils le sentent avant les autres.

Le Liban n’est pas Gaza
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Makram Rabah
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mai 1, 2026 - 03:43

Lorsque des responsables israéliens menacent de réserver au Liban-Sud le même sort que Gaza, cette déclaration n'est pas seulement irresponsable, mais politiquement révélatrice, en ce qu'elle expose la mesure dans laquelle l'escalade régionale s'est enchevêtrée aux calculs de politique intérieure israélienne, tout en reflétant, parallèlement, la paralysie structurelle propre au Liban lui-même. Une telle rhétorique mérite d'être renvoyée à ce qu'elle est réellement, à savoir une posture électoraliste habillée en doctrine stratégique, sans pour autant qu'on puisse la dissocier d'une réalité autrement plus lourde de conséquences : le Liban a été entraîné, une fois de plus, dans une guerre qu'il n'a pas choisie, par un acteur qui ne répond pas de ses actes devant l'État, et qui ne supporte pas, de manière responsable, le coût de ses décisions.

Quand les salles de classe deviennent champs de bataille
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Makram Rabah
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avr. 14, 2026 - 17:58

Au Liban, l’éducation est censée libérer les esprits — les proxies de l’Iran en ont fait une arme. Le Liban s’est longtemps targué d’une conviction rare dans la région, faisant de l’éducation une voie plutôt qu’un privilège. Le Liban est un pays où, malgré les guerres, les effondrements successifs et la déliquescence politique, des parents rassemblent encore le peu qu’ils ont pour envoyer leurs enfants à l’école. Un pays dont les salles de classe ont historiquement produit des médecins, des ingénieurs, des écrivains et des penseurs, pas des martyrs pour les Gardiens de la révolution iranienne. Les chiffres disent une partie de cette histoire. Le Liban affiche l’un des taux d’alphabétisation les plus élevés de la région, avoisinant les 98 %. Pendant des années, il figurait parmi les premiers pays au monde pour la qualité perçue de son enseignement. Les mathématiques et les sciences n’y sont pas dispensées comme des luxes, mais comme des nécessités, souvent en anglais ou en français dès le plus jeune âge. L’éducation, ici, ne se réduit pas à l’acquisition de savoirs ; elle est affaire de mobilité, de dignité et d’émancipation — du sectarisme, de la violence, des limites étouffantes que la géographie impose.

Nabih Berry, l'architecte de l'occupation iranienne du Liban
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Makram Rabah
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mars 26, 2026 - 05:05

À un moment charnière de la trajectoire libanaise, la décision d'expulser l'ambassadeur iranien ne saurait être traitée comme un geste diplomatique ordinaire. C'est, très simplement, le premier véritable test de la capacité de l'État libanais à dire « non » à un projet régional qui vide sa souveraineté de sa substance depuis des années. Mais comme toujours, le problème n'est pas seulement extérieur — il réside au-dedans, et plus précisément chez ceux qui se prétendent partenaires dans la gouvernance. Au centre de ce tableau se dresse Nabih Berry, notre omniprésent président de la Chambre. Berry, qui tente aujourd'hui de se poser en garant de la stabilité, est en réalité l'un des principaux architectes de son effondrement. L'homme qui s'est longtemps présenté comme une « soupape de sécurité » n'est devenu, en vérité, qu'une soupape d'obstruction — bloquant toute tentative sérieuse de contester la domination du Hezbollah et l'emprise de l'Iran sur le Liban.

Naïm Kassem est un menteur
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Makram Rabah
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mars 6, 2026 - 05:41

Dans sa dernière allocution, Naïm Kassem a tenté de présenter la décision du Hezbollah de lancer des roquettes et d'élargir la guerre comme un acte défensif contraint, imposé par les violations israéliennes. Selon son récit, le Hezbollah a fait preuve de patience pendant quinze mois après le cessez-le-feu de novembre 2024, a laissé la diplomatie suivre son cours, et n'a finalement agi que lorsqu'il est devenu évident qu'Israël ne cesserait pas de violer la souveraineté du Liban. Cet argument ne mérite pas d'être sérieusement débattu, car il est bâti sur un mensonge. Kassem ne se trompe pas. Il n'est pas mal informé et ne présente pas une interprétation alternative des événements. Il ment. Les faits ne sont ni compliqués ni ambigus, et la chronologie elle-même expose la malhonnêteté de sa thèse. Le Hezbollah n'a pas soudainement découvert les violations israéliennes après quinze mois de silence, pas plus qu'il n'a décidé que la souveraineté libanaise avait finalement atteint son point de rupture. L'organisation a choisi son moment avec beaucoup de soin, et elle l'a fait immédiatement après l'assassinat d'Ali Khamenei.

Une souveraineté indivisible dans un Liban divisé
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Makram Rabah
Publié
févr. 25, 2026 - 21:54

Naïm Kassem a prononcé quantité de discours au fil des ans. Le dernier, à l’occasion de l’anniversaire des « commandants martyrs » du Hezbollah, n’avait rien d’original. Mais il était révélateur. À la fois élégie, sermon et avertissement. Prévisible de bout en bout. Les martyrs ont été invoqués. La foi réaffirmée. Israël dénoncé. L’Iran célébré. Et le gouvernement libanais délicatement rappelé à l’ordre : responsable de tout, habilité à presque rien. La formule est remarquable. Le Hezbollah exige que l’État défende la souveraineté — à condition que l’État ne prétende pas en être le propriétaire.