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Le convoi du CICR transportant les civils libérés, parti de la zone occupée par Israël dans le sud du Liban, s'est rendu au point qui marque le début de la zone tenue par les autorités libanaises. (AFP)
L'Essentiel du jour
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Par LevantTime .
Publié sept. 5, 2026 - 00:55
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé vendredi avoir transféré au Liban quatre nouvelles personnes relâchées par Israël, au lendemain de la libération d’un premier civil. Il s’agit de trois Libanais et de deux Syriens, selon le CICR. C’est la première fois qu’une telle opération a lieu depuis le début, en avril, des négociations entre le Liban et Israël, sous l’égide des États-Unis. Beyrouth avait demandé, lors de la dernière session de pourparlers en août, la libération d’un premier groupe de ses ressortissants capturés par Israël dans le sud du Liban, où celui-ci est en guerre avec le Hezbollah pro-iranien. Leur nombre est estimé par leurs proches à une trentaine, parmi lesquels figurent des combattants du mouvement islamiste. Le président libanais Joseph Aoun a remercié, dans un communiqué, les États-Unis et le CICR, et affirmé que cette libération «confirmait la pertinence de la position» du Liban, engagé avec Israël dans des négociations rejetées par le Hezbollah. Les États-Unis ont salué jeudi «le gouvernement d’Israël et le gouvernement du Liban pour avoir fait preuve de bonne foi à travers ces premières étapes», exprimant l’espoir que cela serve «de base à des discussions élargies sur d’autres questions civiles». Les deux pays doivent tenir une nouvelle session de négociations en septembre, à une date encore inconnue. Selon le bureau du Premier ministre israélien, l’annonce de jeudi «fait suite aux efforts déployés par Israël et le Liban pour localiser et rapatrier les dépouilles des dirigeants de la communauté juive qui avaient été enlevés et tués au Liban» entre 1984 et 1986. Intensification des frappes israéliennes Sur le terrain, des frappes israéliennes ont fait vendredi trois morts et 23 blessés dans le sud et l’est du Liban. Israël a intensifié vendredi ses frappes dans la région, après avoir annoncé jeudi soir avoir pris le contrôle de la crête montagneuse d’Ali Taher, qui servait de position stratégique au Hezbollah pro-iranien et qui surplombe notamment Nabatiyé. L’armée va désormais y renforcer ses positions afin d’«empêcher l’ennemi de reprendre position dans la zone», a déclaré le ministre israélien de la Défense, Israël Katz. Une frappe a également visé la région de Tyr, notamment le village de Rmadiyé, selon l’ANI. Pour Trump, la guerre en Iran, c’est de la «gnognotte» Concernant la guerre en Iran, le président américain Donald Trump a cherché vendredi à en minimiser l’impact pour les États-Unis, à l’approche des élections législatives cruciales de mi-mandat. «Beaucoup de gens n’appellent pas ça une guerre. Je dis que c’est un conflit militaire, parce que c’est de la gnognotte (en anglais ‘small potatoes’) pour nous. Ce n’est pas un gros truc. On a fait le Venezuela et on a fait ça», a-t-il répondu aux journalistes dans le Bureau ovale, interrogé à propos de son vice-président JD Vance, qui avait déclaré la veille ne pas vouloir qualifier le conflit de guerre. Alors que la flambée des prix du carburant liée à la guerre menace de coûter aux républicains de Donald Trump leur majorité au Congrès lors des élections de mi-mandat en novembre, son administration s’efforce de minimiser l’ampleur du conflit. Selon le président, les États-Unis mènent des «frappes ponctuelles», assurant «ne pas être actuellement en train de se battre». Il a également affirmé que les États-Unis contrôlaient le détroit d’Ormuz et avaient décimé les forces armées iraniennes. «Ce que nous avons accompli est remarquable. Nous avons pris le contrôle du Venezuela et nous avons, pour l’essentiel, pris le contrôle de l’Iran», a-t-il déclaré.
Hommage
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Par Michel Hajji Georgiou - Publié sept. 4, 2026 - 23:28
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De Hassan Rifaï, l’on garde l’image d’un juriste respecté, posé, une référence en droit administratif et constitutionnel, argumentant, d’une voix calme et chevrotante, pour pointer du doigt les écarts et les égarements des politiques vis-à-vis du régime démocratique parlementaire et de la Constitution. Pourtant, l’ancien député et ministre, disparu le 3 septembre 2025, était aussi un homme révolté. Un frondeur. Même à cent ans. Surtout à cent ans! Il l’avait été enfant, haranguant les foules à Baalbeck contre le Mandat, puis tout au long de sa carrière d’avocat et de parlementaire. À cent ans, tout à fait désabusé de la République et de ses flibustiers, sa douce colère ne s’était pas calmée. «Le Liban est un pays impossible!», disait-il à l’auteur de ces lignes dans un entretien réalisé quelques années avant sa mort et jamais publié. Mais attention. Hassan Rifaï n’était ni nihiliste ni négationniste. Il s’était battu toute sa vie pour une certaine idée du Liban. En l’occurrence le Grand Liban, uni et pluriel. Et il évaluait à sa juste valeur l’expérience libanaise, dans tout ce qu’elle avait de positif. Mais l’humain l’avait déçu. Or c’est précisément l’humain qu’il recherchait. Et il ne le trouva jamais sur la scène publique libanaise. En tout cas, pas au service de la République. Rifaï était un homme de droit, toujours élégant, irréprochable, tout ce que l’on attend d’un homme de sa stature morale et intellectuelle. Mais il était aussi intraitable. Impitoyable, même. Sans doute son attachement à son pays et à son régime démocratique l’avait-il conduit à ne se reconnaître qu’une seule fidélité: un certain code de valeurs et une certaine idée de la République. Aussi se montrait-il critique vis-à-vis de toutes les erreurs et de toutes les dérives, à commencer par celles que commettaient ses amis politiques. Il n’épargnait personne. Ni les communautés et les clans, ni les chefs religieux, lui qui était d’ailleurs laïc, et certainement pas les responsables politiques! Tout le monde y passait, et Rifaï se faisait un malin plaisir à déconstruire les mythes et les idées reçues qui faisaient de tel ou tel président de la République ou Premier ministre un dirigeant exceptionnel. Ses repères étaient objectifs: la cohérence des actes avec les principes démocratiques. De ce fait, personne ne trouvait réellement grâce à ses yeux. Le constat était terrible: aucun des dirigeants, dans l’histoire du pays, n’avait véritablement respecté la démocratie parlementaire libanaise. Aucun. Non qu’il plaçât tout le monde sur le même pied d’égalité. Il avait suffisamment de distance critique pour reconnaître les qualités et les défauts des uns et des autres. Il aimait citer Léon Duguit: «Le droit constitutionnel n’a de garde-fou que la bonne foi des hommes qui l’appliquent.» Il en avait presque fait son credo républicain. Et son verdict était sans merci: cette bonne foi, il ne l’avait tout simplement pas trouvée. Trop de politiciens, et pas suffisamment d’hommes d’État. Et, surtout, beaucoup de mensonge et d’hypocrisie. Ainsi, un jour, un grand responsable lui avait conseillé: «Ne construisez pas de routes aux gens. Sinon, ils cesseront de venir chez vous.» En dépit du respect qu’il portait à cet allié politique, la formule l’avait désemparé et choqué. Elle contenait à elle seule toute une conception du pouvoir: ne jamais résoudre définitivement le problème de celui que l’on prétend représenter, puisqu’on perdrait, avec son besoin, la raison même de sa dépendance. Le projet de l’État était ainsi renvoyé aux calendes grecques. Ou, en tout cas, s’il se trouvait des gens de bien, le système ne leur permettait pas d’arriver aux postes de responsabilité. Rifaï était un rebelle, oui, mais avec la rigueur et la précision d’un orfèvre du droit administratif et constitutionnel. Et c’est sans doute cela qui le distinguait au sein du landerneau politique libanais. Rebelle, il le fut suffisamment pour le payer cher. En août 1982, il fut victime d’une tentative d’assassinat après s’être opposé au diktat israélien. À Taëf, en 1989, il fut presque mis au ban pour avoir immédiatement discerné les contradictions présentes et les pièges ajoutés dans les réformes constitutionnelles. À partir de 1992, sous l’occupation syrienne, il connut l’ostracisme politique pour son opposition à l’appareil sécuritaire de la tutelle et à la politique de Rafic Hariri. Mais il était juste. Il pouvait s’opposer au confessionnalisme politique, tout en reconnaissant que son abolition à l’étape actuelle serait une catastrophe pour le Liban, et que la démocratie numérique sonnerait une bonne fois pour toutes le glas de la formule libanaise et de la présence chrétienne au Liban. Il pouvait s’associer à l’idée que les chrétiens avaient été lésés par les réformes constitutionnelles de Taëf, les sunnites aussi, soutenait-il, tout en rappelant les excès commis dans la pratique du pouvoir par les présidents de la République entre 1943 et 1990, et en mettant en garde contre une bouffée nostalgique de ces pratiques sous l’antienne du «droit des chrétiens». Une dérive vers un régime présidentiel ou semi-présidentiel constituait, selon lui, un danger pour les chrétiens. L’importance du régime parlementaire hérité de la IIIe République française résidait précisément dans le fait que le président de la République était politiquement irresponsable devant la Chambre des députés. Cela le plaçait, selon Rifaï, dans une position privilégiée. Au-dessus de la mêlée, il pouvait guider le navire de la République à bon port sans se retrouver embourbé dans les enjeux de pouvoir. Cette responsabilité morale de préserver la Constitution et la République était, à ses yeux, beaucoup plus importante que toute responsabilité politique. Mais encore fallait-il en convaincre les principaux concernés. Rifaï pouvait reconnaître l’importance d’une décentralisation administrative tout en refusant que cette revendication se transforme en slogan idéologique masquant une volonté séparatiste. Il rappelait, dans ce sens, que Beyrouth et le Mont-Liban avaient été privilégiés dans la construction du Grand Liban, alors que les régions périphériques, notamment la sienne, Baalbeck, avaient été méprisées. Cela avait contribué à affaiblir le sentiment national libanais, qui était tributaire, après tout, d’un bien-être fondé sur le respect de la dignité humaine. L’adhésion à la citoyenneté supposait que tout le monde fût logé à la même enseigne du point de vue du développement. Sans égalité entre les citoyens, la souveraineté ne pouvait que chanceler. C’était d’ailleurs le sens de sa première intervention au Parlement en 1968. Les événements qui suivirent donnèrent une singulière gravité à cet avertissement. Les déséquilibres économiques, sociaux et territoriaux contribuèrent à nourrir les revendications de la gauche et d’une partie de la rue musulmane, dans un pays déjà travaillé par les tensions communautaires, les ingérences extérieures et la montée en puissance des organisations armées. Ils participèrent ainsi à l’affaiblissement progressif de l’État, avant la guerre, les occupations successives et l’émergence de mouvances paraétatiques. En définitive, Hassan Rifaï incarne un peu ce modèle libanais de personnalité cosmopolite, complexe, située en dehors des tranchées communautaires et partisanes, respectée de manière quasi unanime, surtout hors des cercles politiques, mais uniquement consultée au besoin et de manière intéressée à l’intérieur de ces mêmes cercles. Le Liban n’aime pas les esprits trop indépendants et insoumis, même si son système comporte encore des failles qui permettent à ces derniers d’exister et de se faire entendre. Ils sont tolérés, mais doivent rester en marge. Il en va de la survie de l’État-zaamat et de l’État-jamaat, qui préfère se tourner invariablement vers des patrons étrangers que vers des hommes à même de générer, proposer et mettre en pratique des solutions à l’intérieur. Le système politique libanais et ses protagonistes détestent la notion de responsabilité, parfaitement anxiogène, et lui préfèrent la dépendance ou, pire encore, la servilité. Or, répétait Rifaï, citant une fois de plus Léon Duguit: «Là où est la responsabilité est le pouvoir.» Faut-il dès lors s’étonner qu’au Liban, là où la responsabilité n’est nulle part, le pouvoir ne soit nulle part non plus? Ou, plus exactement, qu’il soit toujours ailleurs?
Analyse

Ali el-Taher: pourquoi le Hezbollah a-t-il refusé de remettre la colline à l’armée?

La bataille s’est-elle achevée par un arrangement non déclaré?
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Par Jad Akhawi - Publié sept. 4, 2026 - 15:00
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La bataille d’Ali el-Taher n’a pas été une simple confrontation militaire autour d’une colline stratégique du sud du Liban. Malgré sa superficie limitée, le site est devenu un point de convergence entre calculs militaires, politiques et régionaux, révélant l’un des aspects essentiels du conflit qui perdure au Liban: qui contrôle le territoire, qui détient les armes et qui décide de la guerre et de la paix? Le plus intéressant n’est pas seulement l’entrée d’Israël sur le site, mais l’insistance du Hezbollah à refuser de le remettre à l’armée libanaise, alors même que celle-ci est la seule institution légitime censée assumer la responsabilité du territoire libanais, en particulier dans les zones frontalières directement liées à la sécurité et à la souveraineté du pays. Pourquoi le Hezbollah a-t-il refusé? Parce que la remise d’Ali el-Taher à l’armée n’aurait pas été comprise comme une simple mesure de terrain. Elle aurait revêtu une signification politique dépassant largement la colline elle-même. Une telle démarche aurait constitué une reconnaissance de fait de l’autorité de l’État libanais sur les décisions sécuritaires et militaires dans le Sud, et du fait qu’aucune autre force armée ne peut agir comme si elle exerçait l’autorité effective sur le terrain. Le site est ainsi devenu un test de l’autorité de l’État, et non plus seulement une position militaire avancée. Qui a tué les combattants? C’est l’épisode le plus obscur du récit de la bataille. La version israélienne fait état de combattants tués et d’autres ayant pris la fuite, tandis que les informations indépendantes sur le nombre de personnes présentes sur le site, la nature de leur mission et leur sort demeurent incomplètes. Les divergences entre les récits ouvrent également la voie à de nombreuses questions auxquelles les seuls communiqués militaires ne permettent pas de répondre. Et il ne s’agit pas d’un simple détail opérationnel: La plupart des combattants ont-ils été tués à l’intérieur du site? Ont-ils réussi à se retirer par des tunnels et des passages? Ou avaient-ils été évacués avant le début de l’opération israélienne? Chacune de ces hypothèses possède une signification différente. Si les combattants sont restés sur place jusqu’au dernier moment, cela signifierait que le site a été le théâtre d’un affrontement direct qui s’est achevé par une nette supériorité israélienne. S’ils ont, en revanche, été évacués à l’avance, la question porterait alors sur l’autorité qui a pris cette décision, les raisons qui l’ont motivée et la possibilité que cette évacuation ait fait partie d’un arrangement plus large, ou qu’elle n’ait été qu’une mesure militaire préventive. Et s’il devait être établi qu’un nombre important d’entre eux avaient quitté les lieux avant l’entrée des forces israéliennes, la question principale serait alors : comment sont-ils sortis, qui a assuré leur évacuation et celle-ci s’est-elle déroulée avec la connaissance d’acteurs locaux ou internationaux? À ce stade, il n’existe pas suffisamment d’éléments publics permettant de trancher entre ces différents scénarios. Mais l’absence d’informations ne retire rien à l’importance de ces questions. Elle accroît au contraire les interrogations sur la nature de ce qui s’est produit dans les heures précédant la prise de contrôle du site. Qu’en est-il de la visite de l’ambassadeur américain en Israël? Le calendrier mérite qu’on s’y attarde. L’escalade autour d’Ali el-Taher a coïncidé avec un mouvement diplomatique américain en direction d’Israël, tandis que des informations faisaient état de discussions sur le site et sur la possibilité qu’il soit finalement remis à l’armée libanaise. Cela ne signifie pas nécessairement que la décision ait été prise en dehors du Liban, ni qu’un accord complet ait été conclu entre Washington, Tel-Aviv et Beyrouth. Mais cela indique que le site n’est plus considéré comme une simple question militaire locale. Il est impossible d’affirmer que la visite de l’ambassadeur américain faisait partie d’un accord secret concernant Ali el-Taher: rien ne permet de l’établir. Il est tout aussi impossible d’affirmer que tout ce qui s’est produit résultait d’un arrangement préalable entre les parties concernées. Il est cependant clair que Washington envisage l’avenir du site dans le cadre d’un dossier plus large touchant au cessez-le-feu, à la stabilisation de la frontière, à l’absence de toute présence militaire échappant à l’autorité de l’État libanais et à la nécessité d’empêcher les zones frontalières de devenir des plateformes permanentes de confrontation. Ali el-Taher s’inscrit dès lors dans des négociations dont la portée dépasse largement sa géographie. Le site est peut-être petit sur la carte, mais il est lié à de grandes questions concernant les arrangements dans le Sud, le rôle de l’armée libanaise, l’avenir des armes illégales et les limites de l’influence israélienne dans la région. Le paradoxe qui a embarrassé le Hezbollah Le grand paradoxe politique est que le Hezbollah a refusé de remettre la colline à l’armée libanaise, sans parvenir pour autant à la conserver. Si l’opération israélienne devait s’achever par un retrait des forces israéliennes et la remise du site à l’armée libanaise, le scénario serait très différent de l’image que le Hezbollah voulait imposer ou cherchait à consacrer: le Hezbollah a refusé de remettre le site à l’État, Israël l’en a délogé, puis l’État est revenu en assumer la responsabilité. Autrement dit, le Hezbollah a refusé de consacrer volontairement l’autorité de l’armée, mais pourrait se retrouver face à une réalité qui la consacre d’une autre manière. C’est ce qui rend la situation politiquement embarrassante, car le résultat final pourrait apparaître comme ayant réalisé, indirectement, ce que le Hezbollah avait refusé de faire directement. Dès lors, une question s’impose: pourquoi la remise du site à l’armée n’a-t-elle pas été considérée comme l’option la moins coûteuse pour le Liban? Cette démarche aurait pu être présentée comme un renforcement du rôle de l’État, une protection du Sud et un moyen d’empêcher Israël d’utiliser la présence du Hezbollah comme prétexte pour demeurer sur place ou poursuivre son avancée. Le refus de remettre le site à l’armée l’a au contraire maintenu dans la zone de confrontation et a permis à Israël de présenter son opération comme une réponse à une présence militaire échappant à l’autorité de l’État. Ali el-Taher résume le problème libanais La question ne se limite pas à cette colline. Le Liban ne peut recouvrer sa souveraineté tant que deux autorités militaires coexistent: celle de l’armée et celle d’armes échappant à l’État. Il ne peut pas davantage demander à la communauté internationale de respecter ses frontières tant que la décision militaire, à l’intérieur de celles-ci, demeure partagée entre les institutions de l’État et une organisation armée disposant de capacités indépendantes. Dans le même temps, le Liban ne peut réclamer le retrait d’Israël de son territoire alors que la décision sécuritaire concernant ce territoire reste elle-même l’objet d’un conflit interne. Tant que des armes subsisteront en dehors de l’État, l’argument israélien demeurera, et le Sud restera exposé à de nouveaux cycles d’escalade. La souveraineté ne se partage pas. Soit l’armée libanaise constitue l’unique référence, soit le Liban demeure un terrain ouvert aux conflits régionaux où s’entremêlent les calculs iraniens, israéliens et américains, tandis que l’État et la société paient le prix de l’affrontement. C’est pourquoi, après Ali el-Taher, la véritable question n’est pas de savoir qui a gagné la colline, mais qui l’administrera une fois la bataille terminée? Si la réponse est l’armée libanaise, Ali el-Taher pourrait marquer le début d’un passage du Sud de la logique de la «résistance» à celle de la responsabilité de l’État. Cela pourrait constituer une première étape vers une redéfinition de la sécurité nationale, dans laquelle la défense des frontières deviendrait la mission des institutions de l’État, et non celle d’une partie agissant de manière autonome. Si Israël demeure sur place, en revanche, le Liban aura une nouvelle fois perdu une partie de sa souveraineté, quelle que soit la version que chaque camp avancera pour justifier ce qui s’est passé. Dans les deux cas, une vérité essentielle demeure: ni le Hezbollah ne peut se substituer à l’État, ni Israël ne peut être le garant de sa souveraineté. La souveraineté libanaise ne peut être restaurée que par l’État libanais, protégée que par son armée et consacrée que par une décision politique claire mettant fin à la dualité des armes et des autorités.
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Pacte de la Mecque: une réponse aux défis régionaux (1/4)

Ce premier article d’une série de quatre articles, consacrée au pacte de la Mecque, explique comment l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont cheminé et franchi un seuil stratégique majeur en signant le Pacte de la Mecque, le 7 août 2026. Né de la montée des tensions régionales et de l’érosion des garanties sécuritaires américaines, cet accord de défense collective pourrait consacrer l’émergence d’une nouvelle architecture autonome au cœur du monde sunnite. La Mecque est, sans conteste, un lieu hautement symbolique pour la signature d’un pacte. Le 7 août 2026, le palais d’Al-Safa à La Mecque est ainsi devenu le théâtre d’un événement historique dont l’onde de choc redessine la géopolitique régionale et asiatique. Sous les plafonds de cette résidence surplombant la Kaaba, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman (MBS), le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif ont scellé une alliance ayant comme surnom le Pacte de la Mecque. Le choix de ce sanctuaire hautement symbolique dépasse la simple mise en scène religieuse. En unissant de principe leurs capacités militaires au cœur du berceau de l'Islam, Ankara, Riyad et Islamabad envoient un message politique clair: cette alliance transcende les distances géographiques et les divisions ethniques pour se proposer comme nouveau garant de la stabilité du monde sunnite. Trois semaines plus tard, ce traité de défense mutuelle s’avère ne pas être une déclaration d'intention diplomatique ou un accord de coopération bilatérale classique, surtout avec la récente réunion des trois parties à Istanbul, et la création d’un secrétariat. De plus, il s'agit d'un mécanisme de défense collective contraignant, calqué sur le modèle de l'article 5 de l'OTAN, stipulant qu'une agression armée contre l'un des signataires constitue une attaque directe contre les trois. Cet engagement est né de l'urgence absolue de faire face aux crises qui continuent de secouer l'année 2026. Depuis février, l'escalade militaire globale impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran a plongé le Moyen-Orient et ses voies maritimes dans une vulnérabilité critique, contraignant les puissances régionales à remettre en question leurs doctrines sécuritaires passées, à compter de plus en plus sur elles-mêmes dans un contexte mondial en pleine mutation, surtout avec la prolifération des nouvelles technologies militaires qui ne sont plus l’apanage exclusif des grandes puissances. Passage à l’action: création d’un secrétariat Le 31 août dernier, un sommet tripartite s’est tenu à Istanbul entre les ministres de la Défense, ceux des Affaires étrangères et les chefs d'état-major des armées turque, pakistanaise et saoudienne, et ce pour la première fois depuis la signature du Pacte. Au cours de ce sommet, les trois pays ont franchi une étape décisive dans le caractère opérationnel de cette alliance. En effet, dans le but d’institutionnaliser cet accord et d’affirmer la volonté d’en faire un pilier de la stabilité régionale, les hauts responsables des trois pays ont officialisé la création d’un secrétariat permanent, basé à Riyad. Le premier secrétaire général, de nationalité pakistanaise, sera nommé pour une durée de trois ans. Il sera chargé de coordonner en temps réel les capacités interopérables des forces armées des trois pays, tandis que des protocoles diplomatiques seront activés afin de réaffirmer auprès des puissances internationales le caractère strictement défensif de l’alliance. Parmi les mesures concrètes préconisées, les ministres des Affaires étrangères, de la Défense et les chefs d’état-major de l’alliance ont validé les mécanismes opérationnels visant à renforcer la lutte contre le terrorisme, développer la production conjointe d'armements, et favoriser le transfert de technologies militaires et la dissuasion mutuelle collective. Première mise en commun de moyens militaires Le Pakistan a confirmé le déploiement opérationnel d’un contingent militaire conventionnel de 8000 soldats en Arabie saoudite sous l'égide du nouveau cadre de sécurité collective formalisé par l'Accord de défense de La Mecque. À ces 8000 hommes s'ajoutent plusieurs milliers d'autres soldats pakistanais déjà stationnés dans le Royaume depuis des décennies dans le cadre d'anciens protocoles bilatéraux d'assistance et d'entraînement. Les effectifs précis de cette force historique permanente sont classés confidentiels par les deux ministères de la Défense. Ce nouveau déploiement représente une évolution majeure de la posture de défense du bloc, renforçant la dissuasion globale face aux menaces régionales par des moyens strictement conventionnels. Le Pakistan conserve le contrôle souverain exclusif de son arsenal nucléaire, l'accord excluant toute extension de son parapluie stratégique ou intégration de ses forces stratégiques dans le cadre d’un commandement conjoint. La force pakistanaise déployée comprend une force de défense aérienne et d'appui tactique. Elle est composée d’un escadron de 16 avions de chasse supersoniques de type JF-17 Thunder, de fabrication chinoise, déployé sur la base aérienne «King Abdulaziz» à Dhahran, dans le corridor énergétique le plus vulnérable du Royaume, à quelques minutes des infrastructures de Saudi Aramco. Ces appareils assurent une mission de défense aérienne et de surveillance face aux menaces iraniennes ou autres de missiles et de drones. Outre cette force aérienne, Islamabad a déployé également dans la région de Dhahran deux escadrons de drones de reconnaissance et d'attaque, ainsi qu'une batterie de systèmes de missiles sol-air de longue et de moyenne portée de type HQ-9, financés par Riyad et opérés par le personnel pakistanais. Depuis le printemps 2026, le Pakistan a stationné sur le sol d’Arabie deux escadrons de drones de surveillance Shahpar-II et Shahpar-III interconnectés aux batteries de défense antiaérienne HQ-9, ainsi que des drones kamikazes à longue portée, comme le D-248. Le système HQ-9, ou «Drapeau Rouge» – 9, développé par la Chine, comprend des missiles sol-air de longue et moyenne portée, de haute et basse altitude. Conçu pour intercepter des cibles aériennes multiples, il est l'équivalent chinois des systèmes russes S-300/S-400 et utilise les mêmes technologies de guidage que les missiles américains Patriot. Il est doté de plusieurs types de radars, notamment de surveillance à haute et basse altitude, d’acquisition de cibles et de guidage des missiles. Ces unités pakistanaises opèrent en synergie avec les forces saoudiennes pour surveiller en temps réel l'espace aérien saoudien et contrer les menaces de missiles et de drones. A ces capacités déjà mises en commun, bien d’autres pourraient s’y ajouter et feraient du Pacte de la Mecque une entité militaire intégrée capable de répondre instantanément à toute agression contre ses membres. En unifiant les capitaux du Golfe, l’expertise technologique turque, les industries militaires des trois pays, et la puissance de frappe pakistanaise, cette coalition redéfinit radicalement l’équilibre géopolitique régional, réduisant drastiquement la dépendance aux puissances extrarégionales, tout en instaurant une dissuasion crédible face aux tensions persistantes au Moyen-Orient. Toutefois, il convient d’avancer deux remarques: la première est que les trois signataires sont les alliés des Etats-Unis qui restent indispensables pour chacun d’eux séparément; la seconde est que chacun d’eux fait face à des défis spécifiques, le Pakistan par exemple a un contentieux assez lourd avec l’Inde, et les deux pays ont frôlé la guerre totale à plusieurs reprises. Que ferait donc le Pacte de la Mecque si un conflit oppose Islamabad à New Delhi? La Turquie dans le contexte actuel est loin d’être attaquée par quiconque, mais son appui au Hamas dont Riyad se méfie beaucoup, son implication en Asie centrale, à Chypre et en Libye, son conflit ancestral avec la Grèce et sa présence militaire navale au Qatar, constituent des facteurs qui pourraient un jour embarrasser l’un des deux autres membres de l’alliance. (à suivre)

Le testament de Hassan Rifaï
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Levant Time a reçu la déclaration suivante de la famille de feu l’ancien ministre et député Hassan Rifaï, disparu il y a un an, le 3 septembre 2025. Nous la reproduisons intégralement: À l’occasion du premier anniversaire de la disparition de Hassan Rifaï, qui consacra l’essentiel de sa vie à défendre le Grand Liban, et à l’heure où se multiplient les débats sur la nécessité de modifier le système politique libanais, il paraît important de rappeler certaines de ses réflexions et prises de position concernant l’Accord de Taëf et les amendements constitutionnels qui en sont issus. 1. L’Accord de Taëf est un accord syro-américain conclu sous un parapluie arabe, dans des termes pour l’essentiel libanais. (1989) 2. Si les «réformes» de Taëf sont appliquées, elles seront un désastre; si elles ne le sont pas, une catastrophe. (1989) 3. L’Accord de Taëf a fait passer le pouvoir au Liban d’un conflit bicéphale à une guerre multicéphale qui paralyse et annule l’exercice du pouvoir, sur fond de confusion et d’enchevêtrement des prérogatives. C’est pourquoi, avant même son adoption, Hassan Rifaï avait appelé à réexaminer Taëf, afin de ne pas léguer aux générations futures le pire des systèmes. (1989-1990) 4. L’Accord de Taëf a été conclu en 1989 sous la pression des guerres internes et des bombardements syriens. Toute nouvelle révision de la Constitution ne saurait intervenir dans des conditions similaires, sous la pression de conflits internes ou d’une guerre extérieure. 5. Les dispositions du Document d’entente nationale («Taëf») qui n’ont pas été formellement consacrées par des dispositions constitutionnelles n’ont aucune valeur juridique ou constitutionnelle contraignante et demeurent de simples recommandations. 6. Il est inexact d’affirmer que le pouvoir exécutif se trouvait entre les mains du président de la République et que l’Accord de Taëf l’en aurait dessaisi. Depuis 1943, les pratiques du président de la République reposaient sur une transgression des usages du régime démocratique parlementaire. 7. «Là où est la responsabilité est le pouvoir» (Léon Duguit). Le président de la République n’étant pas politiquement responsable (article 60 de la Constitution), la responsabilité incombe au gouvernement, à son président et à ses ministres, qui tombent s’ils perdent la confiance de la Chambre des députés ou sous la pression de la rue. 8. Avant l’Accord de Taëf, les présidents du Conseil cherchaient à ménager les présidents de la République, qui exerçaient des prérogatives ne leur appartenant pas. Les présidents de la République n’y ont rien gagné; le Liban, lui, y a perdu. Ceux qui ont cédé de leurs prérogatives ont également perdu, et le Liban avec eux. (1988) 9. Il n’existe aucune définition juridique de la formule «Tout pouvoir qui contredit le pacte de vie commune est illégitime», énoncée au paragraphe j du Préambule de la Constitution et qui sert désormais de prétexte à l’hérésie d’une «mithaqiyya» fallacieuse et fabriquée de toutes pièces. 10. Le monopole de la violence légitime appartient à l’État. Il constitue le fondement même de tout État. Il n’est nul besoin de se référer aux dispositions de l’Accord de Taëf pour justifier ce principe. 11. Il ne saurait être question, ni aujourd’hui ni dans un avenir proche, d’envisager l’abolition du confessionnalisme politique. 12. Le Sénat a été introduit dans l’Accord de Taëf pour satisfaire la communauté druze. Or sa création entraverait le processus législatif et ne présenterait aucune utilité. (1989) 13. Il n’est pas possible d’envisager la décentralisation administrative avant l’édification d’un État central fort, faute de quoi le pays se morcellerait en cantons antagonistes. (1981) 14. Pour fonctionner correctement, notre régime républicain, démocratique et parlementaire a besoin d’une loi électorale à l’image du peuple libanais: de petites circonscriptions et un scrutin majoritaire, en raison de l’absence de véritables partis politiques. 15. Du fait de son élection pour un mandat fixe de quatre ans, le président de la Chambre des députés s’est départi de l’impartialité attachée à sa fonction; de même, l’hérésie de la «mithaqiyya» lui a permis de s’ingérer dans le fonctionnement du pouvoir exécutif. 16. Les amendements constitutionnels n’ont fait aucune mention de la décentralisation. En revanche, le paragraphe g du Préambule de la Constitution dispose que «le développement équilibré des régions, culturellement, socialement et économiquement, constitue une assise fondamentale de l’unité de l’État et de la stabilité du régime». Autrement dit, le défaut de développement des régions menace la stabilité du pays. (1968-1981) 17. L’Accord de Taëf n’impose pas de cabinets d’union nationale réunissant toutes les parties antagonistes. Il n’impose pas davantage une démocratie consensuelle exigeant leur accord, au risque de porter atteinte au bon fonctionnement de la vie démocratique. 18. La paternité du «tiers de blocage» dans la Constitution issue de l’Accord de Taëf revient à une partie libanaise qui entendait empêcher l’adoption, par le Conseil des ministres, de décisions ne convenant pas au président de la République. 19. L’article 95 de la Constitution issue de l’Accord de Taëf prévoit que l’abolition du confessionnalisme dans la fonction publique, pour les catégories inférieures à la première, doit respecter les «exigences de l’entente nationale». Cette formule vague a permis de paralyser la «période transitoire» prévue par ce même article. 20. Le «tiers de blocage» repose sur quatre mécanismes: le quorum des réunions du Conseil des ministres, qui exige la présence des deux tiers des ministres; les décisions fondamentales, dont l’adoption requiert les deux tiers des ministres; le gouvernement, considéré comme démissionnaire lorsque plus du tiers de ses membres démissionnent; la révocation d’un ministre, qui doit être décidée par les deux tiers des ministres et non par le président de la République et le président du Conseil qui l’ont nommé. 21. Avant même 1943, la majorité des responsables politiques étaient inféodés à des États étrangers et à leurs chancelleries, appelant ainsi l’intervention de l’étranger dans toutes nos affaires nationales. Il en va toujours ainsi aujourd’hui. 22. Après soixante-quinze années de vie publique, Hassan Rifaï est parvenu à cette conclusion: le mal réside dans les hommes politiques; la solution, dans les hommes d’État dont le pays est aujourd’hui dépourvu. (2018)

Iran-USA: frappes, représailles et guerre des pétroliers

Depuis les frappes américaines contre l’Iran mardi soir, les premières depuis environ un mois, la tension est à son comble entre les belligérants. l’Iran a en effet poursuivi ses frappes, durant la nuit de mardi et la journée de mercredi, contre des pays voisins, comme il en a l’habitude dès qu’il est attaqué. La Jordanie a dit avoir abattu plusieurs drones. Au Koweït, un incendie s’est déclaré à la suite d’une attaque de drone, et les Iraniens eux-mêmes ont affirmé avoir ciblé les bases d’al-Dhafra et al-Minhad, aux Émirats arabes unis. Plus tard dans la journée, les Gardiens de la révolution ont déclaré avoir frappé des cibles américaines à Erbil, dans le Kurdistan irakien. Les États-Unis qui, jusque dans l’après-midi, n’avaient pas mené de nouvelles frappes, ont appelé une nouvelle fois mercredi leurs ressortissants à la vigilance dans la région. Les frappes américaines de la veille au soir et dans la nuit ont cependant laissé leurs traces. L’Iran a annoncé au moins onze morts lors de ces frappes, dont quatre lors d’un mariage dans le sud-est du pays, où une cinquantaine de personnes ont été blessées, et sept dans la région du Khouzestan, lors d’attaques de missiles qui ont aussi fait huit blessés. Les Pasdarans, eux, ont reconnu la mort de quatre des leurs dans ces frappes, et de trois des Bassidjs, la fameuse police des mœurs. Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé un «crime de guerre». L’armée américaine, bien que n’ayant pas commenté l’affaire, a simplement assuré «ne jamais prendre des civils pour cible». Toutefois, la palme revient au président du Parlement et principal négociateur avec les Américains lors des pourparlers d’Islamabad, Mohammad Bagher Ghalibaf. Reprenant de manière très significative le vocabulaire des premiers temps de la Révolution islamique, l’ancien Pasdaran a qualifié les États-Unis de «grand Satan» pour leur attaque contre le mariage mardi, rappelant d’autres frappes, comme celle de l’école de Minab au premier jour de la guerre, qui avait fait des dizaines de victimes parmi les petites élèves de l’établissement. Il a même lancé une pique aux Israéliens, affirmant que ce grand Satan en protège un «plus petit». Les Israéliens, qui ne sont pourtant pas inclus dans ces nouvelles frappes contre l’Iran, se sont quand même manifestés mercredi. Israël Katz, ministre de la Défense, a insinué que l’État hébreu a des informations suivant lesquelles l’Iran serait prêt à attaquer son territoire. Il a assuré que les avions de chasse sont prêts à décoller à la moindre attaque iranienne. Les «ingérences extérieures» de Xi Quoi qu’il en soit, la joute oratoire est à son comble. Si les Gardiens de la Révolution avertissent leurs attaquants qu’ils ont une «nouvelle stratégie» qui vise à «briser les fondements de l’ennemi», un responsable américain, cité par Axios, a trouvé la nouvelle formule pour décrire ce qu’est devenue la guerre au Moyen-Orient: un pétrolier contre un pétrolier. C’est ainsi que, mercredi, les forces armées américaines ont visé un pétrolier iranien, après que deux navires ont pris feu en heurtant des mines. Car le détroit d’Ormuz reste au centre de ce conflit. Et le président américain, qui a décidément de plus en plus l’habitude de rebaptiser des lieux, a proposé de l’appeler «détroit Trump»… Entre-temps, alors que la diplomatie est à l’arrêt, une visite a attiré l’attention: celle du président chinois Xi Jinping en Égypte, mercredi, où il a été reçu en grande pompe par son homologue Abdel-Fattah Sissi. M. Xi, qui avait défendu précédemment ses liens avec la République islamique, a abordé le sujet du conflit durant sa visite, appelant à combattre les «ingérences extérieures» dans la région, dans une allusion à peine voilée aux États-Unis. Avec le président égyptien, ils ont appelé aux «solutions diplomatiques». Le président chinois s’est également dit prêt à assurer la sécurité de navigation dans la région. Arrestation d’un lieutenant d’Assad au Liban Sur l’autre front de cette guerre, au sud du Liban, les attaques israéliennes ne connaissent aucun répit, notamment autour de la colline stratégique de Ali el-Taher. Une nouvelle fois, l’armée israélienne a justifié mercredi ses frappes par une attaque de drones piégés qu’elle attribue au Hezbollah (dont un membre a été tué), celui-là restant silencieux, comme il le fait depuis plusieurs semaines déjà. Le Liban a été le théâtre d’un autre événement mercredi, qui signale le rapprochement des officiels libanais de leurs homologues syriens, et de l’affaiblissement de l’axe iranien dans le pays. Les autorités ont arrêté un ancien colonel du régime syrien déchu de Bachar al-Assad, a indiqué à l’AFP un responsable judiciaire libanais. Il fomentait des complots contre les actuelles autorités syriennes à partir de Beyrouth. Des armes ont été saisies avec ses complices et lui. Enfin, du côté des territoires palestiniens, la situation ne s’arrange pas et les déclarations israéliennes sont de plus en plus désinhibées à l’approche des élections législatives d’octobre. Le ministre de la Défense a ainsi proposé de faire sortir toute la population de Gaza de la bande, assurant que les Israéliens «sont bien organisés pour le faire». Comme en écho à ces propos, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a assuré que son armée «ne se retirerait pas» de Gaza.

Peine capitale et ambiguïté géopolitique de la mort

Le Liban franchit une étape importante vers la protection du droit individuel à la vie en abolissant la peine de mort, à un moment où la région vit au rythme des nouvelles de guerre, de mort et de destruction, dans une réalité qui ressemble parfois à une exécution collective de l’être humain. L’abolition de la peine de mort n’est pas une simple modification juridique ni une mesure législative. C’est un acte en faveur des droits humains, qui place le droit à la vie au-dessus du droit de l’État à punir et prend parti pour l’individu face au pouvoir de donner la mort. De ce point de vue, l’engagement du Liban dans cette voie revêt une portée qui dépasse le texte de loi lui-même, en renforçant la protection de la personne. Abolir la peine de mort revient ainsi à reconnaître que l’État ne devrait pas tuer au nom de la loi, alors même que les guerres, les conflits et les effondrements politiques et sociaux font de la mort une pratique quotidienne, à l’intérieur comme à l’extérieur du droit. C’est là que prend toute sa valeur la démarche libanaise, après un moratoire de facto sur les exécutions en vigueur depuis 2004, dans une région où les droits humains sont rarement respectés. Le ministre libanais de la Justice, Adel Nassar, a qualifié l’abolition de la peine capitale de «message essentiel en faveur des droits fondamentaux». Parmi les États membres de la Ligue arabe, Djibouti a supprimé la peine de mort de son Code pénal en 1995, mais le pays se trouve dans la Corne de l’Afrique. Au Moyen-Orient, Israël a aboli la peine capitale pour les crimes de droit commun en 1954, tout en la maintenant pour un certain nombre d’infractions exceptionnelles, notamment la trahison en temps de guerre, le génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes contre le peuple juif. En mars dernier, la Knesset israélienne a adopté une loi imposant la peine de mort pour certains meurtres qualifiés de terroristes commis par des habitants de Cisjordanie, à l’exclusion des citoyens israéliens et des résidents d’Israël, avec la possibilité, dans certaines circonstances particulières définies par la justice militaire, de substituer la réclusion à perpétuité à cette peine. Portée par l’extrême droite, cette orientation a retrouvé un nouvel élan politique après la guerre consécutive au 7 octobre 2023. Dans les faits, son application vise essentiellement les Palestiniens relevant des tribunaux militaires. Des organisations israéliennes et internationales de défense des droits humains ont critiqué cette orientation, estimant qu’elle consacre un système judiciaire à deux vitesses. Il ne s’agit pas seulement d’une philosophie fondée sur la défense des droits humains, mais de l’affirmation que la vie humaine ne perd sa valeur ni du fait d’un crime, ni en raison d’une appartenance, ni selon la position politique, confessionnelle, géographique ou ethnique d’un individu. Dans une région où l’être humain est souvent réduit à un chiffre dans des bilans de victimes qui se comptent par milliers, défendre le droit individuel à la vie devient un acte politique par excellence. Le paradoxe tient cependant à ce que l’abolition de la peine de mort intervient dans un environnement régional où la mort est infligée à grande échelle. Le passage de l’exécution individuelle, décidée par l’État en vertu d’un jugement, à l’exécution collective produite par les guerres et la violence constitue l’une des contradictions les plus révélatrices de la crise d’un Moyen-Orient violent. L’abolition de la peine capitale ne devrait donc pas être considérée comme la fin du débat, mais comme le point de départ d’une question plus vaste: comment faire du droit à la vie, principe juridique protégeant l’individu face à l’État, une valeur politique et morale capable de protéger l’être humain face à la guerre, à la violence, à l’autoritarisme et à l’effondrement de l’État? C’est toute l’ambiguïté géopolitique de la mort. En Syrie, des condamnations à mort par contumace ont été prononcées contre l’ancien président Bachar el-Assad pour meurtre avec préméditation, torture, détention arbitraire et crimes contre l’humanité, parmi d’autres accusations liées à la guerre qu’il a menée contre son peuple durant près de quatorze ans. Avec lui, des piliers de son régime impliqués dans les massacres, les déplacements forcés et la torture de détenus ont également été condamnés, dans le contexte d’une transition politique profondément ambiguë où la notion de justice se mêle aux impératifs de vengeance politique et de règlement de comptes. En Israël, la mort prend une autre forme. La violence s’exerce dans des contextes qualifiés de terroristes, tandis que la mise à mort de l’être humain palestinien devient un instrument du conflit existentiel et sécuritaire. Tout cela rend la question plus complexe encore, car la mort et l’exécution prennent des formes différentes dès lors que la mort elle-même devient un instrument politique. Mais, au bout du compte, l’être humain reste le maillon le plus faible. Alors que le Liban avance vers l’abolition de la peine capitale, des meurtres, des exécutions et des attentats continuent d’être perpétrés autour de lui et sur son propre territoire, hors de la logique de la souveraineté de l’État et de la loi, ou sous des intitulés politiques et sécuritaires divers. Or le principe de civilisation suppose que personne ne puisse s’arroger ce droit de manière absolue. Mais que signifie la justice en temps de guerre et de troubles? Et quelle forme de reddition de comptes peut réellement être mise en œuvre alors que les crimes, les arrangements politiques et les compromis financiers se poursuivent? L’abolition de la peine ouvre néanmoins de nouvelles perspectives pour la justice. Le Liban peut désormais renouveler sa demande d’extradition d’Igor Grechushkin, ressortissant russo-chypriote qui exploitait le navire Rhosus , lequel avait transporté le nitrate d’ammonium lié à l’explosion du port de Beyrouth en août 2020. Un tribunal bulgare avait refusé son extradition, estimant insuffisantes les garanties libanaises qu’il ne serait pas exposé à la peine de mort. Avec l’abolition de celle-ci, l’un des principaux obstacles juridiques à une nouvelle demande d’extradition disparaît. Dans l’espoir de devenir un exemple régional, le Liban examine également la possibilité de refuser l’extradition vers la Syrie d’anciens responsables du régime appelés à y être jugés devant des tribunaux qui continuent de prononcer des condamnations à mort, s’il parvient toutefois à le faire compte tenu de l’ampleur des ingérences extérieures. Dès lors, l’abolition de la peine capitale cesse d’être une simple question pénale. Elle devient une position cohérente face à une culture politique qui fait de la mort un moyen de reproduire le pouvoir ou d’éliminer les adversaires. La différence entre l’exécution et la violence politique ne réside pas toujours dans leur résultat, mais dans l’autorité qui s’accorde à elle-même la légitimité de tuer. La peine de mort disparaît de la loi, tout en survivant dans une géopolitique où elle se pratique sous d’autres formes. Son abolition constitue, en principe, un acte démocratique et juridique, et relève aussi de la miséricorde dans la plupart des religions révélées. Mais cela ne suffit plus, à lui seul, pour parler d’un acte démocratique. La démocratie ne se mesure pas seulement à ce que fait l’État dans l’enceinte du Parlement ou dans le tribunal qui remplace la peine capitale par la réclusion à perpétuité, mais aussi à sa capacité de protéger la vie au-dehors. La démocratie ne consiste pas seulement à empêcher l’État d’exécuter un individu en vertu d’une décision judiciaire. Elle suppose également de créer les conditions politiques, sociales et économiques permettant à la vie humaine d’être réellement préservée de la guerre, de la pauvreté, de la famine, des explosions, de l’effondrement et de l’exode. Le défi ne se limite donc plus à abolir la peine capitale, mais consiste à supprimer les conditions mêmes qui rendent la mort ordinaire, répétitive et acceptable, comme si elle constituait une composante naturelle de la vie politique. Dans les conflits de la Corne de l’Afrique, dans les guerres du Moyen-Orient et d’Ukraine, comme dans les exécutions massives ou croissantes en Iran, l’écart se creuse entre le droit juridique à la vie et la réalité vécue par les êtres humains. C’est ici que se révèle la crise de l’État lui-même. Quelle valeur peut avoir la reconnaissance du droit de l’être humain à la vie si la politique est incapable de le protéger contre toutes les formes de mort politique, militaire, sociale et économique? Dans cette géographie, la mort n’est plus une exception. Elle est présente dans la guerre, le terrorisme, la famine, la pauvreté, le déplacement et l’effondrement économique de sociétés ouvertes à toutes les formes de violation. Défendre la vie signifie alors davantage que défendre un droit juridique. Cela revient à défendre la possibilité même, pour un être humain, de mener une vie ordinaire, sans guerre, sans peur, sans faim et sans attendre constamment la mort lorsqu’il quitte son pays pour lui échapper, avant de se retrouver face à la mer, aux frontières, aux centres de détention, aux prisons ou aux barbelés qui l’accompagnent d’une capitale à l’autre. La migration elle-même devient ainsi partie intégrante de la question démocratique. Celui qui quitte son pays à la recherche de la vie devrait entrer dans un espace plus sûr. Il peut pourtant se retrouver pris dans un système de frontières fermées, de détention, d’expulsion et d’exploitation. Son droit à la vie reste alors suspendu entre deux États: celui qui l’a poussé à partir et celui qui refuse de l’accueillir. La mort n’est plus une exception. Elle est guerre, exécution, terrorisme, famine, pauvreté, effondrement, incendies et inondations. Même ceux qui fuient la mort ne quittent pas nécessairement sa géographie. Ils peuvent passer de la guerre à la mer, de la mer à une frontière, d’une frontière à un centre de détention, puis d’un centre de détention à une autre prison, comme dans les cas de détenus islamistes radicaux transférés par avion depuis l’Allemagne vers des prisons syriennes où ils ont été torturés. C’est comme si les prisons elles-mêmes n’étaient plus toujours des lieux fixes. Elles sont devenues des trajectoires mouvantes où la géographie change sans que change la condition humaine. C’est pourquoi la question ne se réduit plus à l’abolition de la peine de mort. Elle consiste à restaurer la possibilité même d’une vie normale: permettre à l’être humain de vivre, de circuler, de franchir les frontières, de penser autrement, de protester et de se révolter sans que chacun de ces gestes puisse se transformer en chemin vers la mort.

Oum Kalthoum, architecte de son propre mythe (2/2)

Certaines personnes subissent constamment leur sort, mais d’autres prennent leur destin en main. Cela est d’autant plus difficile quand il s’agit d’une femme dans un monde d’hommes. Et pourtant… certaines femmes ont choisi le combat, réussissant à briser les tabous de leur époque. Qu’elles aient manié le pinceau, la plume, la science ou la voix, elles ont habité leur siècle avec une audace qui tenait parfois du scandale. D’Artemisia Gentileschi bravant la société et les tribunaux italiens, il y a cinq siècles, à George Sand troquant le corset pour la liberté d’écrire, en passant par Camille Claudel, l’écorchée vive, ou la rigueur et le génie de Marie Curie, ou encore la voix universelle d’Oum Kalthoum… ces femmes ont réussi à surmonter les préjugés sociaux. Dans une série d’articles, nous proposons un voyage à travers le temps à la rencontre de ces femmes rebelles. Oum Kalthoum maintenait une frontière stricte entre sa carrière et son intimité. Ce qui lui a valu de subir de plein fouet les rumeurs les plus farfelues. Elle s’est mariée une première fois quand il lui a fallu quitter son village natal pour le Caire. Mais c’était une pure formalité, destinée à lui permettre de se rendre dans la capitale, car à l’époque, une femme célibataire n’était pas autorisée à voyager. D’ailleurs, elle a divorcé sitôt arrivée au Caire. Elle s’est mariée en 1954, pour de bon cette fois, avec le docteur Hassan el-Hefnawy qui lui a été d’un grand soutien tout au long de sa vie, notamment quand elle a dû faire face à la maladie. Ils n’ont jamais eu d’enfants et, fait rare pour l’époque, c’est elle qui détenait la «‘esmat», c’est-à-dire le droit de prononcer le divorce, un droit qui, dans la tradition juridique musulmane, est normalement accordé au mari par défaut. La quatrième pyramide Oum Kalthoum ne s’est pas contentée d’inspirer par la musique, mais aussi par son engagement patriotique. Pourtant ses relations avec «les officiers libres», dont Gamal Abdel Nasser, ont été difficiles, au début, après le coup d’État de 1952. Lorsque ceux-ci ont renversé le roi Farouk, Oum Kalthoum a été perçue comme une figure de l’ancien régime et ses chansons ont été interdites à la radio. Il a fallu l’intervention personnelle – et furieuse – de Nasser pour la réhabiliter. Il aurait lancé aux officiers libres: «Êtes-vous fous? Voulez-vous que l’Égypte se retourne contre nous?» Elle est alors devenue la voix de l’Égypte moderne et de l’unité arabe, dialoguant d’égal à égal avec les présidents et les monarques, soutenue par Nasser qui voyait en elle une amie fidèle et une alliée politique inestimable. Le traumatisme de 1967 Après la défaite de l’Égypte lors de la guerre des Six Jours en 1967, Oum Kalthoum se lance dans une vaste tournée internationale et reverse l’intégralité de ses recettes au gouvernement égyptien pour reconstruire l’armée. L’on raconte qu’elle exige de Bruno Coquatrix 2 millions de francs pour son concert à l’Olympia (davantage qu’Edith Piaf à l’époque). Lorsque ce dernier lui demande combien de chansons elle compte interpréter, sa réponse laconique le laisse sans voix: deux ou trois! Le concert se prolonge jusqu’à 4h du matin… L’élite de la chanson française et un public venu de tout le Moyen-Orient y assistent, parmi lesquels des Juifs séfarades portant la kippa. L’émancipation par l’excellence La rébellion d’Oum Kalthoum s’est imposée aussi bien sur scène que dans les coulisses du pouvoir. En refusant de se plier au rôle que l’on attendait des femmes de son milieu, elle a tracé une voie inédite. À sa mort, en 1975, elle a eu droit à des funérailles dignes de celles d’un chef d’État. Des millions de personnes ont envahi les rues du Caire pour faire leurs adieux à leur icône adorée. On dit même que ses funérailles ont éclipsé celles de Nasser, son ami de toujours, mort quelques années plus tôt. Elle n’a jamais laissé les tempêtes la briser. À chaque épreuve, elle a su adapter sa stratégie, transformant ses faiblesses et celles de son pays en opportunités. Elle demeure à jamais l’Astre de cet Orient si contradictoire et si attachant. En fin de compte, une question demeure: peut-on chanter l’amour avec autant de sensibilité sans l’avoir ressenti au plus profond de son être? Sous son masque parfait de femme puissante, celle qui a chanté l’amour tout sa vie a-t-elle jamais connu les affres de la passion? À qui s’adressait-elle lorsqu’elle chantait «enta omri li btadi bnouraq sabahou»? Était-ce une femme amoureuse qui chantait avec ses tripes, ou simplement une interprète exceptionnelle dont le seul talent suffisait à envoûter des millions de fans? C’est l’éternelle question, sans réponse, du rapport entre la réalité et le talent des grands artistes…

Menaces et frappes US d’ampleur secouent l’Iran

Les États-Unis ont déclenché mardi soir des frappes d’ampleur contre l’Iran pour la deuxième fois en quelques jours, le Centcom indiquant sur ce plan avoir « commencé des opérations contre des cibles relevant des Gardiens de la Révolution islamique ». Le président américain Donald Trump est même allé jusqu’à menacer d’une future attaque encore plus dévastatrice : « Si la nation en faillite qu’est l’Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social. Malgré la mise en garde américaine, Téhéran a annoncé à son tour une riposte « décisive », menaçant directement les intérêts américains: « Les bases et les intérêts américains dans la région sont pris pour cible par des missiles et des drones iraniens. » Les frappes américaines ont commencé peu après que le président iranien Massoud Pezeshkian eut appelé à une relance de la diplomatie, aujourd’hui au point mort. Demandant aux États-Unis de respecter un compromis signé en juin et ayant presque aussitôt volé en éclats, il a déclaré : « Si les États-Unis reviennent à leurs engagements au titre du protocole d’accord (...), la République islamique d’Iran prendra immédiatement des mesures réciproques. » Mais sur la chaîne Fox News, le président Trump a rapidement répliqué en relevant que « l’accord avec les Iraniens ne vaut même pas le prix du papier sur lequel il a été écrit », avant d’ajouter : « Nous leur avons donné de nombreuses chances. » Le président iranien s’exprimait au cours d’un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), au Kirghizstan, en Asie centrale, auquel se sont également rendus les présidents russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping, deux alliés majeurs de la République islamique que Washington soupçonne de violer l’embargo économique et militaire imposé à Téhéran. L’AIEA révèle les activités nucléaires secrètes du régime Assad Sur un autre registre, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a révélé hier, dans un rapport confidentiel, que les autorités syriennes sous Assad menaient des activités nucléaires non déclarées. Les infrastructures découvertes à Deir Ezzor, en Syrie, sont «conformes à celles d’un réacteur nucléaire», indique l’AIEA, qui souligne que ces activités menées sous le régime de Bachar al-Assad n’avaient jamais été déclarées. Des inspecteurs de l’AIEA ont visité le mois dernier deux sites, l’un à Deir Ezzor et l’autre dans un second lieu lié à des matières nucléaires identifiées par le nouveau pouvoir syrien. Outre le « réacteur nucléaire en construction », l’AIEA a recensé une usine de fabrication de combustible nucléaire destiné au réacteur, ainsi qu’un site de stockage et des déchets d’uranium. Le 18 août, l’AIEA et les autorités syriennes avaient annoncé la découverte de « quelques tonnes de matières nucléaires » sur un site « non déclaré », présenté comme un « héritage de l’ancien régime » et signalé en juillet par les autorités de Damas. Dans son rapport consulté mardi, l’AIEA indique avoir trouvé environ 73 tonnes d’uranium naturel, dont 55 tonnes sous forme de barres de combustible, le reste étant constitué de déchets. Israël a reconnu en 2018 avoir bombardé le site onze ans plus tôt, affirmant avoir visé un réacteur nucléaire en construction. En 2008, moins d’un an après la frappe, des responsables américains avaient accusé la Syrie d’avoir cherché à construire un réacteur nucléaire secret avec l’aide de la Corée du Nord, indiquant qu’Israël l’avait détruit lors du raid. Des conseillers européens pour l’armée libanaise Sur le plan local, l’Union européenne va lancer dans les prochains mois une mission de formation de l’armée libanaise, sans pour autant remplacer la mission actuelle des Nations unies, a indiqué mardi sa cheffe de la diplomatie, Kaja Kallas. « Les ministres ont discuté de nos projets pour une nouvelle mission de l’UE visant à conseiller et former les forces armées du pays, notamment en matière de sécurité des frontières et de sécurité maritime », a-t-elle déclaré à l’issue d’une réunion des ministres de la Défense de l’UE à Wicklow, près de Dublin. Israël sous la menace de sanctions britanniques Notons par ailleurs que le Royaume-Uni a annoncé mardi qu’il prendrait, dans les prochaines semaines, des mesures face aux «effroyables» attaques de colons en Cisjordanie occupée, un sujet qui suscite une indignation croissante dans les pays européens. Israël a, de son côté, prévenu qu’il riposterait. Parallèlement à la guerre menée à Gaza par Israël, en représailles à l’attaque sans précédent du Hamas du 7 octobre 2023, les violences commises par les colons se sont intensifiées au cours des trois dernières années. Dénonçant des «actes de terrorisme de colons absolument effroyables», le nouveau chef de la diplomatie britannique, Ed Miliband, lui-même issu d’une famille juive, a promis de dévoiler sous peu «un ensemble complet de mesures». Les violences commises par les colons israéliens en Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967 par l’armée israélienne, ont suscité de vives critiques de la part des pays européens, mais aussi des États-Unis, allié indéfectible d’Israël.