
Lettre ouverte à Joseph Aoun, Nawaf Salam et Nabih Berry En réalité, nous ne savons rien, car la vérité est au fond de l'abîme Démocrite d’Abdère Messieurs les présidents, Dire que le Liban se trouve aujourd’hui face à une nouvelle crise existentielle majeure, résultat d’un streptocoque malicieux, le Hezbollah, qui n’a pas été – ou n’a pu être – traité à temps, relève quelque peu du truisme. Car ce qui se joue aujourd’hui dépasse la mécanique habituelle des crises libanaises. Il ne s’agit plus d’un énième réaménagement des équilibres confessionnels, ni même d’une nouvelle séquence de l’interminable guerre par procuration que d’autres ont menée sur notre sol. Ce qui vacille cette fois, plus que jamais, dans le fracas de l’invasion israélienne et l’effondrement du projet hégémonique iranien, c’est le substrat même du Grand Liban — cette idée fragile, souvent trahie, mais irremplaçable, qui a permis à des communautés antagonistes de cohabiter, de se disputer violemment et, parfois, de se reconnaître. Ce qui est, in fine, le propre de tout couple qui apprend à vivre ensemble.







