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Politique

Le théâtre yéménite révèle une montée des frictions entre alliés du Golfe

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Un commerçant yéménite mâche du qat et fume la chicha dans sa boutique, devant un portrait du Premier ministre libanais assassiné Rafic Hariri, à Sanaa, au Yémen. (Eric Lafforgue / Hans Lucas via AFP)
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Par LevantTime .
Publié déc. 31, 2025 - 23:48

Ravagé par près d’une décennie de guerre civile opposant le gouvernement reconnu internationalement aux rebelles houthis soutenus par l’Iran, le Yémen est désormais confronté à une nouvelle ligne de fracture. Une confrontation avec les séparatistes du Sud est venue bouleverser l’équilibre du conflit et opposer deux alliés régionaux de longue date : l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

 

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Les tensions se sont accrues début décembre, lorsque le Conseil de transition du Sud (CTS), mouvement séparatiste soutenu par les Émirats arabes unis mais officiellement membre de la coalition anti-houthis, s’est emparé de vastes territoires dans l’est du Yémen, s’assurant la maîtrise de la province de l’Hadramout ainsi que d’une large partie de la province voisine de Mahra.

Mardi, l’Arabie saoudite a mené une frappe aérienne visant le port de Mukalla, dans l’est du pays. Riyad a accusé publiquement Abou Dhabi d’adopter un comportement « extrêmement dangereux » en appuyant les séparatistes, rappelant que sa sécurité nationale constituait « une ligne rouge ». Les forces émiraties se sont ensuite retirées du Yémen à la suite d’un ultimatum saoudien.

 

 

Le CTS veut rétablir un État indépendant dans le sud du Yémen, région qui avait formé la République démocratique populaire du Yémen entre 1967 et 1990, avant son unification avec le Nord.

L’Hadramout, la plus vaste province du pays, couvrant près d’un tiers du territoire national, concentre l’essentiel des gisements pétroliers yéménites, une ressource clé pour les finances publiques.

L’avancée du CTS a permis au mouvement d’atteindre la frontière saoudienne, dans une région d’importance historique et symbolique, d’où sont originaires plusieurs grandes familles saoudiennes influentes. Les Ben Laden, Bakhachab, Al-Jafali, Al-Amoudi ou encore Al-Zamel ont toutes des origines « hadramies » et disposent d’entreprises éponymes ayant un rôle majeur dans l’économie saoudienne.

 

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Des véhicules militaires endommagés, qui auraient été envoyés par les Émirats arabes unis pour soutenir les forces séparatistes du Conseil de transition du Sud (CTS), à la suite d'une frappe aérienne menée par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite dans le port de Mukalla, dans le sud du Yémen, le 30 décembre 2025. (Photo AFP)

Si Riyad dit privilégier un Yémen stable et non hostile à sa frontière sud, Abou Dhabi inscrit son action dans une stratégie régionale plus large. Les Émirats arabes unis cherchent à renforcer leur influence en mer Rouge et dans la Corne de l’Afrique, en s’appuyant sur un réseau d’alliés dans le sud yéménite.

Par ailleurs, Abou Dhabi mène, depuis une dizaine d’années, une politique étrangère active au Moyen-Orient et en Afrique, notamment pour contrer les mouvements liés aux Frères musulmans, considérés par les autorités émiraties comme une menace pour la stabilité régionale.

 

 

Les Émirats arabes unis sont notamment devenus le principal soutien financier de l’Égypte depuis le renversement en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi. Au Soudan, leur soutien aux Forces de soutien rapide (FSR), engagées dans une guerre contre l’armée régulière, est un secret de Polichinelle. En Libye, Abou Dhabi soutient le maréchal Khalifa Haftar, opposé au Gouvernement d’union nationale reconnu par la communauté internationale.

 

 

En 2020, les Émirats arabes unis ont normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham, une initiative à laquelle l’Arabie saoudite refuse d’adhérer tant qu’il n’y a pas de perspectives pour la création d’un État palestinien. Cette normalisation s’inscrit dans une convergence stratégique face à des adversaires communs, notamment l’Iran et certains groupes islamistes.

Abou Dhabi a par ailleurs renforcé ses liens économiques et sécuritaires avec le Somaliland, territoire autoproclamé indépendant de la Somalie. Le groupe Dubai Ports World a ainsi investi 442 millions de dollars dans le port de Berbera, situé sur le golfe d’Aden. La semaine dernière, Israël est devenu le premier État à reconnaître officiellement l’indépendance du Somaliland, une décision que le site Axios attribue, citant des responsables israéliens, à une médiation des Émirats arabes unis…

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