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Société

La guerre sans pitié laisse derrière elle des vies muettes
Par
Nanette Ziadé-Ritter
Publié
avr. 1, 2026 - 14:19

Chaque guerre apporte son lot de laissés-pour-compte. Mais il est une catégorie dont on parle peu, ou mal: les animaux. Dans un Liban où l’abandon est déjà légion, la guerre ne fait qu’aggraver une situation rendue précaire par des années de crise économique. À la détresse humaine s’ajoute ainsi une souffrance silencieuse, invisible, qui ne trouve que rarement sa place dans le récit collectif. Ce phénomène met aussi en lumière une fracture plus profonde. Car abandonner un animal en temps de guerre n’est pas toujours un geste de cruauté assumée, mais parfois celui d’un effondrement. Lorsque tout manque – nourriture, médicaments, abri – la hiérarchie des urgences s’impose avec brutalité. L’animal devient alors, dans l’esprit de certains, un poids supplémentaire.

Liban-Sud: l’ancrage des chrétiens des villages frontaliers malgré la guerre

Le long de la ligne de front, à la frontière sud du Liban avec Israël, se situent plusieurs villages chrétiens directement exposés aux combats. À mesure que la violence s’intensifie dans cette zone, le Saint-Siège ne reste pas indifférent face à la précarité de cette présence chrétienne dans le contexte actuel. Le pape Léon XIV, bouleversé par le sort des civils à l’ombre de cette conjoncture guerrière, a ainsi évoqué avec gravité la mort du prêtre maronite Pierre Rai de Qlayaa, symbole d’un drame qui frappe sans distinction. Selon le général à la retraite Khalil Gemayel, ancien commandant du secteur du sud du Litani, les localités frontalières chrétiennes comprennent Alma el-Chaab (caza de Tyr), Rmeich, Aïn Ebel, Debel, Qowzah et Yaroun (caza de Bint Jbeil), ainsi que Bourj el-Moulouk, Qlayaa, Jdeidet Marjeyoun, Ibl el-Saqi et Deir Mimas (caza de Marjeyoun). Dans le caza de Hasbaya se trouvent également Rachaya el-Foukhar, Kawkaba, Abou Qamha et Mazraat Serda.

Quand tout se déplace, sauf l’État
Par
Nanette Ziadé-Ritter
Publié
mars 23, 2026 - 17:32

Presque trois semaines de guerre et quasiment un million de déplacés. Le couperet est tombé. Des déplacés qui ont essentiellement choisi la capitale, déjà étouffée dans un Liban exsangue économiquement et surtout dépourvu de volonté politique pour changer un statu quo devenu totalement obsolète. Un état de choses qui non seulement freine le progrès mais est, disons-le sans ambiguïté, responsable de tous nos maux. Nul pays au monde, sans État fort ou au moins respecté, ne peut exister. Aujourd’hui, ce sont essentiellement les chiites qui sont déplacés. Ceux-là mêmes que le Hezbollah prétend protéger. Et le plus effrayant, c’est que, démunis sous les tentes et sous la pluie, beaucoup continuent de jurer allégeance à ce parti qui n’a de dieu que lui-même. On peut s’interroger sur l’efficacité de l’embrigadement exercé par cette milice, mais cela révèle surtout un fait politique: l’entité militaire et l’entité politique se nourrissent mutuellement et reprennent des forces dans un contexte où l’État, incapable de faire respecter sa souveraineté, se trouve impuissant à réguler ou intégrer une communauté entière.

L’IA peut-elle prendre le contrôle de notre monde ?
Par
Jacques Mechelany
Publié
févr. 17, 2026 - 11:24

Le Monopole de l’intelligence est terminé. Pendant la majeure partie de l’histoire humaine, une hypothèse est restée incontestée : l’intelligence nous appartenait exclusivement. Nous étions la seule espèce capable de raisonnement abstrait, d’accumulation scientifique, de montée en puissance technologique et d’organisation politique. L’intelligence était notre monopole — et donc notre pouvoir. Ce monopole est désormais révolu. Les systèmes d’intelligence artificielle surpassent déjà les humains dans la reconnaissance de formes, la génération de code à grande échelle, la réplication des protéines, la modélisation prédictive et, de plus en plus, la formulation d’hypothèses scientifiques. Domaine après domaine, le plafond de la cognition humaine n’est plus la frontière ultime.

Résister au pouvoir
Par
Nadim Tabet
Publié
janv. 7, 2026 - 21:00

Le cinéma sur l’architecture et le pouvoir Vu il y a un certain temps déjà, c’est la saison des classements des meilleurs films de l’année qui me ramène The Brutalist de Brady Corbet à la mémoire. Le film figurant dans plusieurs classements, puisque, même s’il s’agit d’un film de 2024, sa sortie internationale a eu lieu en 2025. Et — fruit du hasard ? — ce film ressurgit au bon moment dans ma vie, puisque cela correspond au moment où la notion de pouvoir se signale à nous dans tout ses états : dans ses dérives morales, avec l’affaire Epstein ; dans son arrogance, avec la capture de Maduro ; dans sa violence, avec la répression des manifestants en Iran ; ainsi que dans ses nouvelles formes. Je pense notamment à l’importance accordée à la maîtrise de l’espace numérique, symbolisée récemment par la volonté d’Israël d’investir dans ChatGPT afin d’influencer ses réponses dans un sens qui lui est favorable.

Jean-Claude Guillebaud et la question spirituelle du Mal
Par
Fady Noun
Publié
déc. 15, 2025 - 16:47

Tous les penseurs et chefs politiques qui continuent de réfléchir au dévoilement des innombrables facette de la guerre du Liban, tous les amateurs de « braconnage culturel, grâce auquel les non-spécialistes et les dominés se composent un espace propre » (Michel de Certeau), ont été touchés par la disparition, le 8 novembre, de l’ami et figure de premier plan que fut et restera l’essayiste Jean-Claude Guillebaud (1944-2025). Journaliste, éditeur, lauréat du Prix Albert Londres en 1972, grand reporter et correspondant de guerre (notamment pour Le Monde, Sud-Ouest, La Vie, etc) pendant plus de deux décennies, cofondateur et président de Reporters sans Frontières (RSF) de 1987 à 1993, Guillebaud est l’auteur d’une quarantaine de reportages ou d’essais étourdissants par la richesse de leurs références. Editeur au flair lumineux, curieux de tout, ses ouvrages vous laissent sur l’impression qu’il avait tout lu, tout noté.

De la nécessité d’une loi globale contre la violence faite aux femmes
Par
Nada Merhi
Publié
déc. 10, 2025 - 20:03

Si l’État libanais pêche par la faiblesse de ses institutions, il en est de même pour sa politique sociale qui se heurte aux résistances communautaires et autres failles juridiques. Les femmes continuent d’être exposées à de multiples abus et violences, faute d’une volonté politique d’engager une réforme législative radicale pour éliminer la discrimination dont elles font l’objet. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : jusqu’en novembre 2025, 89 % des signalements reçus sur la ligne d’assistance réservée à la violence domestique (1745) sont effectués par des femmes. Dans 57,5% des cas, l’agresseur est le mari. En 2024, au moins 17 femmes ont été tuées. Dans 60% des cas, le meurtrier était leur mari.

Habemus: le Pérou, au coeur de la vie de Léon XIV
Par
Maxime Pluvinet
Publié
déc. 7, 2025 - 14:10

Le pays du Cèdre est le théâtre de la première visite papale depuis celle de Benoît XVI en 2012. Mais derrière la figure du Souverain Pontife qui arrive ce dimanche en visite officielle au Liban, ce sont près de quatre décennies passées au Pérou qui auront constitué l’espace de mission de Mgr Robert Francis Prevost, qui deviendra Léon XIV. La petite statue de Martin de Porras se tient à la droite de l'autel, dans la paroisse de Vianney, aux abords de la ville péruvienne de Chiclayo. La représentation de ce saint du XVIe siècle, né d'une mère esclave, résonne pour Lisbeth, professeure et réfugiée vénézuélienne. C'est au cœur de cet édifice qu'elle vit Mgr Robert Prevost, désormais pape Léon XIV, célébrer la Journée Internationale des Migrants et incarner la doctrine sociale de l'Église.

13m 13s
A Nicée, le pape prêche le credo de l’unité chrétienne
Par
LevantTime .
Publié
déc. 2, 2025 - 12:05

La ville d’Iznik, au sud d'Istanbul, a marqué une étape importante de la visite du pape Léon XIV en Turquie. L'ancienne Nicée a en effet réuni de dignitaires religieux, orthodoxes et protestants pour une grande prière sur les vestiges d'une basilique immergée du IVe siècle. Cette messe était destinée à la célébration des 1.700 ans du Concile œcuménique de Nicée qui, depuis 325, constitue l'un des rassemblements fondateurs de la foi chrétienne légalisée douze ans auparavant par l'Empire romain. Côte à côte, sur les rives du lac d'Iznik, les prélats ont récité le Credo de Nicée, un texte toujours utilisé par des millions de chrétiens de différentes confessions dans le monde, qui avait été rédigé lors du même Concile en l'an 325, ayant réuni 300 évêques de l'Empire romain.

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