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Jawad Pakradouni

Jawad Pakradouni

Sous les pavés, la lumière
Par
Jawad Pakradouni
Publié
août 1, 2026 - 14:19

Sohmor. Agglomération située dans l’ouest de la Bekaa, comptant mille cinq cent foyers, où résident entre cinq à huit mille habitants. En raison de sa taille et du nombre de résidents, qualifier Sohmor de village est le terme géographique le plus adéquat. Sohmor a été l’objet de bombardements israéliens d’une manière répétée, à croire qu’il s’agissait pour eux d’une routine. Si ce village et ses maires successifs sont un aimant pour l’armée israélienne, sa municipalité quant à elle est un véritable paratonnerre. Dans le «Top Ten» des mauvais payeurs des factures de l’EDL figurent: l’Office des Eaux du Sud et celui de la Békaa ainsi que la municipalité de Sohmor…

Le curare et l’État
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Jawad Pakradouni
Publié
avr. 29, 2026 - 10:26

La question philosophique de qui précède qui, l’œuf ou la poule, paraît presque simple au regard de la problématique à laquelle fait face le pays: un traité (de paix) dont la signature est conditionnée par le désarmement du Hezbollah. Cette condition décidée par notre gouvernement, imposée par les Israéliens, et espérée par la majorité grandissante du peuple libanais, ne peut cependant pas se réaliser dans un laps de temps donné. D’ailleurs, que ce soit à travers l’armée libanaise ou les bombardements des sites du Hezb, l’arsenal milicien est toujours opérationnel. Le problème n’est pas seulement la présence des armes, mais bien l’infiltration de la milice dans certains segments de l’appareil étatique. Celle-ci paralyse toute mesure entreprise à son encontre et, pire, provoque des remous internes, tout en faisant planer le risque de mutinerie sur un navire à la dérive qui a entamé son naufrage.

La victoire du «convaincu»
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Jawad Pakradouni
Publié
avr. 17, 2026 - 21:46

Un jeune adolescent rentre fièrement chez lui et annonce à ses parents qu’il a réussi son examen, leur tendant son papier sur lequel une note de 3/20 est inscrite. Note éliminatoire, certes, mais pour l’élève, c’est une victoire ! Et dans le fond, pourquoi pas ? Le Hezbollah a bien proclamé la sienne, à l’heure psychologique, ce vendredi 17 avril, dans une ambiance de fête, où ses partisans ont laissé éclater leur joie ainsi que les obus de B7 et RPG ; les rafales de leurs mitraillettes à balles traçantes ont illuminé les cieux pendant plus de quarante minutes. Un véritable spectacle de sons et lumières au-dessus de la capitale, déclarée quelques heures plus tôt, lors d’une conférence, région démilitarisée…

L’aberrante attitude des ministres de la Santé et du Travail
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Jawad Pakradouni
Publié
avr. 12, 2026 - 15:57

Lors du dernier Conseil des ministres, jeudi dernier, il a suffi que Nawaf Salam évoque la démilitarisation de la capitale, pour que les ministres de la Santé et du Travail (représentant le Hezbollah) montent au créneau et s’y opposent. Ironie et aberration. L’ironie veut que les portefeuilles ministériels accordés au Hezbollah soient ceux qui sont directement concernés par les conséquences dramatiques d’une guerre: les frappes provoquent en effet l’immobilisme du marché et la multiplication des blessés et des morts. L’aberration est que des ministres d’un gouvernement refusent que l’Etat ait la pleine souveraineté, au minima , dans sa capitale, et préfèrent le règne du chaos et des groupes paramilitaires à celui des institutions publiques.

L’impasse…
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Jawad Pakradouni
Publié
mars 23, 2026 - 11:29

La position actuelle de l’Exécutif libanais n’est certainement pas enviable. Du président de la République et son discours d’investiture, au Premier ministre et son projet gouvernemental. De beaux discours, de belles promesses, une certaine volonté pour les réaliser, une bonne foi (du moins pour le second), mais l’obstacle de la réalité, du terrain, des dissensions, d’une nostalgie, d’un rêve, d’une utopie. D’aucuns reprochent à l’Exécutif son inertie, son incapacité à faire face aux évènements, et lui rappellent la position de Winston Churchill face à Chamberlain, le choix entre le déshonneur et la guerre. Il est facile de critiquer et de transposer les situations. Sauf que la politique du pays du Cèdre n’est pas celle d’un seul homme à l’instar de la Grande Bretagne, mais celle d’un consensus, confessionnel de surcroît.

«Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font»
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Jawad Pakradouni
Publié
mars 14, 2026 - 09:44

Et quid du pardon quand les offenseurs savent pertinemment et sciemment ce qu’ils font? Quid de la mansuétude à l’égard de ceux qui se foutent du pays, des autres et même des leurs? Au nom de Khamenei et de la République Islamique, le Hezbollah lance des roquettes sur le pays qui lui a anéanti son guide suprême en une seule frappe. Le prétendu chef du Hezbollah, Naim Kassem, le planqué, lance des guerres «karbaléennes», des batailles baptisées aux noms de versets coraniques, faisant ainsi honneur à son originel, « la résistance islamique au Liban ». Et pendant ce temps, c’est la mort, la destruction, la panique, le chaos. Leur pardonner?

Comment en sommes-nous arrivés là?
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Jawad Pakradouni
Publié
mars 7, 2026 - 13:59

Un énième retour à la guerre, une guerre qui n’est toujours pas la nôtre, celle pour venger la mort d’un dictateur théocrate. Il se dit que dans les temps d’infortune, la solidarité est de mise, et que nous ne devons régler nos comptes qu’après. C’est d’ailleurs ce que les voix moralistes préconisaient en 2023-2024. Non ! Aujourd’hui plus que jamais, nous devons dénoncer une fois pour toutes les causes de nos malheurs. Nos malheurs nous les devons bien évidemment au Hezbollah, mais aussi à la complaisance politicienne, à l’acquiescement d’un état de fait, de tous les partis. La complaisance pour éviter la « guerre civile »; l’acquiescement qui se traduit par des alliances contre nature, pour le partage des postes ou pour préserver des quotas confessionnaux.

La taxe sur l’essence: la transition écologique par l’asphyxie économique!
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Jawad Pakradouni
Publié
févr. 20, 2026 - 13:20

Le paquebot de croisière Costa Concordia échoué devant l'île de Giglio après avoir heurté des rochers sous-marins le 13 janvier 2012. (Filippo Monteforte/AFP) Imaginez, alors que le paquebot de croisière Costa Concordia coulait, en 2012, le chef de salle du restaurant demandant aux passagers de ne pas oublier de régler leur addition. Absurde ? C’est pourtant, à peu de chose près, la logique adoptée par notre gouvernement. Dans un pays paralysé par la crise, où seule l’inflation progresse, l’État, cherchant désespérément à financer l’augmentation des salaires de ses fonctionnaires et des pensions plus ou moins adaptées pour les militaires retraités, a trouvé la solution : augmenter la TVA de 1 % et taxer l’essence à hauteur de trois cent mille livres par bidon.

La réponse de Haykal au sénateur Graham: tout est relatif
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Jawad Pakradouni
Publié
févr. 6, 2026 - 19:20

Les Américains sont connus pour être « cash », surtout dans les questions qu’ils posent à leurs interlocuteurs, s’attendant à une réponse automatique, manichéenne : oui/non, blanc/noir. Kash Patel, directeur du FBI, lors de son audition par le Sénat, s’est vu matraquer par le sénateur Eric Swalwell avec la même question : « Avez-vous informé le ministre de la Justice de la mention du nom de Donald Trump dans le dossier Epstein, oui ou non ? », question à laquelle Patel n’a pas donné la réponse catégorique attendue. Si la réponse à cette question est pourtant simple, puisqu’il s’agit d’un fait, celle posée par le sénateur Lindsay Graham, à Washington, au commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, est, en revanche, nettement plus complexe, puisqu’il s’agit d’une opinion, voire d’un positionnement politique.

Mort programmée du Troisième pouvoir
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Jawad Pakradouni
Publié
janv. 30, 2026 - 17:12

Un couloir obscur, l’odeur d’humidité qui s’en dégage, un ascenseur en panne ou non alimenté, des escaliers sales, puis un autre couloir sombre, jonché de gobelets de café dont le marc a éclaboussé le sol, des bouteilles d’eau vides, des mégots écrasés… Là, dans un bureau plongé dans l’obscurité, un siège branlant attend son occupant, qui s’y installe en patientant jusqu’à ce que le générateur daigne éclairer les lieux. Puis la lumière fut et révèle la décrépitude. Ce n’est pas le décor d’un film post-apocalyptique, mais bien celui du Palais de Justice de la ville que le poète Nonnos de Panopolis baptisa, au Ve siècle, garante de l’ordre et mère des lois : Berytus Nutrix Legum.

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