شعار Levant Time
العودة إلى المقال
Éditorial

Comment en sommes-nous arrivés là?

صورة للأخبار
صورة المؤلف
بقلم Jawad Pakradouni
نُشر mars 7, 2026 - 13:59

Un énième retour à la guerre, une guerre qui n’est toujours pas la nôtre, celle pour venger la mort d’un dictateur théocrate.

Il se dit que dans les temps d’infortune, la solidarité est de mise, et que nous ne devons régler nos comptes qu’après. C’est d’ailleurs ce que les voix moralistes préconisaient en 2023-2024.

Non !


Aujourd’hui plus que jamais, nous devons dénoncer une fois pour toutes les causes de nos malheurs.

Nos malheurs nous les devons bien évidemment au Hezbollah, mais aussi à la complaisance politicienne, à l’acquiescement d’un état de fait, de tous les partis.

La complaisance pour éviter la « guerre civile »; l’acquiescement qui se traduit par des alliances contre nature, pour le partage des postes ou pour préserver des quotas confessionnaux.

L’hypocrisie politicienne ! Voilà la véritable source du problème.

Cette hypocrisie s’est traduite par la dernière décision du gouvernement : « Les actes militaires et sécuritaires du Hezbollah sont illégitimes ».

Il est effarant d’opérer (encore) une distinction entre la branche militaire et la branche politique de cette milice, d’autant que les deux se combinent : le chef de file du groupe parlementaire est lui-même le numéro 2 cette organisation paramilitaire.

Ce qui nous a conduit au désastre est la faiblesse d’un système politique qui a préféré l’accommodement à la vérité.



En novembre 2024, on nous a expliqué qu’il fallait préserver la stabilité, ne pas provoquer la sensibilité du camp perdant, ne rien lui reprocher, la faute étant uniquement celle de « l’ennemi oppresseur » qui ne rêve que de l’établissement du Grand Israël…

On nous a aussi expliqué que critiquer le Hezbollah revenait à diviser les Libanais, comme si la division ne venait pas précisément de l’existence d’une organisation armée qui décide seule de la guerre et de la paix. Comme si l’unité nationale pouvait exister lorsque certains citoyens vivent sous l’autorité de la loi et d’autres au-dessus.

En réalité, cette attitude n’était qu’une capitulation progressive.

Chaque concession faite au nom de la « préservation de la paix sociale» a reculé un peu plus la souveraineté de l’État. L’encre de la décision du conseil des ministres mettant au ban les actions militaires du Hezbollah n’avait pas encore séché que la milice lançait des roquettes et des drones sur Israël.

La vérité qui ne souffre d’aucune interprétation: tant que l’anomalie perdurera, le Liban restera condamné à subir des guerres qui ne sont pas les siennes, avec son lot de morts et de destructions.

Nous sommes autant responsables que le Hezbollah dans ce qui nous arrive. Notre silence et notre bienveillance sont bien plus dangereux que son arsenal.

Apprendre de nos erreurs, même en temps de guerre, afin que, si la paix revient un jour, nous soyons enfin capables de la préserver….

مقالات ذات صلة
عرض الكل
فيديوهات ذات صلة
عرض الكل
بودكاست ذات صلة
عرض الكل