
L’esprit et l’héritage de l’uléma Mohammad Hassan el-Amine, autorité de référence du chiisme amélite libaniste étatiste, demeure plus que jamais actuel cinq ans après son départ. Il y a cinq ans, le 10 avril 2021, l’uléma chiite Mohammad Hassan el-Amine succombait à Saïda d’un COVID contracté à soixante-quinze ans. Le Liban s’effondrait déjà depuis longtemps sous ses yeux – et il continua inexorablement à se disloquer après lui. Aussi, la Faucheuse, peut-être paradoxalement magnanime cette fois, donna-t-elle à cet homme sage et débonnaire – comme, près d’une décennie plus tôt, à son ami Hani Fahs – l’opportunité de ne pas souffrir davantage face au spectacle effarant de l’agonie continue du pays du Cèdre, et, avec, de la communauté chiite. Sans doute la finitude lui fit-elle en effet une gracieuse et ultime révérence en l’enlevant à ce bas-monde avant que ses prophéties les plus sombres ne commencent à s’accomplir avec tant d’exactitude. Ou bien s’agit-il là de cette ultime consolation qui nous permet de survivre à la disparition des repères fondamentaux qui ont progressivement fondé toute une vision du politique fondée sur la modération, le vivre-ensemble et la paix.








