
Le régime iranien des mollahs, plus spécifiquement le courant radical représenté par les Gardiens de la Révolution islamique, continue de vouloir gérer la crise du détroit d’Ormuz en imposant ses conditions et en mettant à l’écart les Etats-Unis dans les tractations entreprises, voire en déniant tout rôle de Washington dans la solution en gestation. Afin d’atteindre cet objectif, les décideurs à Téhéran ont négocié le projet de règlement exclusivement avec le sultanat d’Oman en prenant bien soin d’affirmer qu’aucun dialogue n’a lieu avec les USA. Pire encore : poussant toujours plus loin son arrogance et son mépris affiché à l’égard du président américain, le régime iranien devait souligner dans la matinée de mercredi que «l’accord avec Oman a été ajourné en raison des menaces proférées par les Etats-Unis». Téhéran agit ainsi avec l’Administration US en «vainqueur» qui non seulement cherche à imposer ses règle du jeu, mais traite surtout son «ennemi» de manière délibérément humiliante, en interprétant les hésitations et les louvoiements du président Donald Trump comme un signe de faiblesse dont il cherche à tirer profit. Dans ce cadre, le site local al-Janoubiya , reflétant la mouvance de l’opposition chiite libanaise hostile au Hezbollah, rapporte des informations puisées dans la presse iranienne qui confirment, certes, une fois de plus, l’existence d’une fracture au sein du régime iranien, mais qui relèvent surtout une mise à l’écart du chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi dans les négociations en cours. De fait, une source responsable au ministère iranien des A.E. a indiqué mercredi qu’«aucune visite du ministre des A.E. ou du président du Parlement (principaux négociateurs iraniens) n’est prévue au Pakistan ou au Qatar» (principaux médiateurs entre les USA et l’Iran). Dans le même temps, la Janoubiya rapporte également qu’un haut responsable de la mouvance radicale au sein du régime aurait déclaré que si le président iranien Massoud Pezechkian présente, une fois de plus, sa démission, celle-ci sera immédiatement acceptée. Ce climat iranien qui entoure les tractations sur la gestion du détroit d’Ormuz et l’obstination iranienne à tenir les USA à l’écart de toute solution laissent planer un sérieux doute sur la solidité et la crédibilité de l’accord négocié par le régime avec Oman. Une source autorisée iranienne a d’ailleurs tenu à souligner mercredi soir que l’accord irano-omanais «ne signifie pas que le détroit d’Ormuz deviendra sûr» et ne «signifie pas la réouverture complète du détroit»! Dans la pratique, le vice-ministre iranien des AE, Kazem Gharibabadi, devait indiquer en soirée que l’accord négocié avec Oman implique «un modèle de gestion différent de celui mis en application depuis soixante ans». Et le porte-parole de préciser qu’à la demande de Téhéran le sultanat est disposé à changer «les couloirs d’entrée et de sortie des navires commerciaux». Reste à savoir, dans un tel contexte, si le président Trump acceptera les règles de jeu ainsi définies par l’aile radicale du régime, d’autant que dans le même temps, l’allié yéménite des Pasdarans, la milice des Houthis, poursuit son escalade en mer Rouge contre l’Arabie saoudite. Le porte-parole des Houthis a ainsi indiqué en soirée que la milice a pris pour cible «un pétrolier saoudien dans le golfe d’Aden à l’aide d’un missile balistique». Auparavant dans la journée, une source britannique avait fait état également d’une attaque au large du Yémen contre un navire commercial. Ces attaques sont intervenues alors que le président Trump avait déclaré dans l’après-midi qu’il ferait assumer à l’Iran toute attaque des Houthis contre des navires saoudiens. En tout état de cause, le ministre Araghchi a souligné dans le contexte des pourparlers avec Oman que tout accord avec le sultanat au sujet d’Ormuz devra être avalisé par le Guide suprême, Mojtaba Khamenei. Sauf que le président iranien a déclaré en fin de soirée que «le contact avec le Guide suprême est extrêmement difficile au stade actuel»… Le dossier libanais C’est dans ce contexte particulièrement trouble et lourd de conséquences imprévisibles que s’est tenue mercredi la deuxième journée du septième round de négociations directes entre le Liban et Israël, dans une atmosphère plus positive que la veille. C’est ce qu’ont annoncé en fin de journée des sources proches de Baabda qui ont indiqué sur ce plan que les discussions ont abouti à la formation de trois commissions chargées des dossiers politique, militaire et en rapport avec la délimitation des frontières internationales entre les deux pays. C’est sur ce dernier point que les progrès les plus notables ont été enregistrés. Les sources de Baabda précisent que la délégation libanaise a présenté une étude détaillée et bien documentée sur le sujet, et le représentant américain devait rendre hommage à la position définie par la partie libanaise à cet égard. L’autre sujet qui a fait l’objet de pourparlers entre les délégations libanaise et israélienne est la détermination de la tierce partie qui serait chargée de s’assurer de l’absence de toute présence milicienne du Hezbollah dans les zones-pilotes évacuées par Tsahal et prises en charge par l’armée libanaise. L’Etat hébreu s’opposerait à un rôle de la France à ce propos. Par contre, les observateurs relèvent que le ministre italien des Affaires étrangères a eu un entretien téléphonique avec son homologue iranien et parallèlement, un officier supérieur italien a tenu à Beyrouth une réunion avec le chef d’état-major de l’armée libanaise, ce qui a entretenu des spéculations sur le choix de l’Italie comme tierce partie qui serait chargée de s’assurer de l’application rigoureuse des termes de l’accord-cadre entre le Liban et Israël. En tout état de cause, la séance de mercredi après-midi a été levée avant l’heure prévue, à la demande de la délégation américaine, «en raison de développements sur le terrain», a indiqué en début de soirée un responsable au Département d’Etat. Appui de Bkerké aux négociations avec Israël Notons pour clore ce volet diplomatique qu’à l’issue de sa réunion mensuelle tenue à Bkerké – comme à l’accoutumée chaque premier mercredi du mois – l’assemblée des évêques maronites a publié un communiqué dans lequel les prélats apportent leur appui total aux négociations entre le Liban et Israël, sous l’égide des Etats-Unis, dans le but d’obtenir un «retrait total de l’armée israélienne du Liban-Sud et le retour des habitants dans leurs villages (…)». Fait significatif: le communiqué de Bkerké souligne explicitement que la voie des négociations avec Israël suivie ainsi par le pouvoir libanais doit se poursuivre «loin des tentatives visant à lier ce processus à des agendas étrangers», dans une allusion à peine voilée à la volonté du régime iranien de prendre le contrôle de la carte du Liban-Sud. Sur le terrain, au Liban-Sud, la journée de ce mercredi 6 août 2026 a été lourde en termes de pertes en vies humaines. La journée a commencé par l’explosion d’un engin artisanal dans le village de Majdel Zoun, dans le caza de Tyr. L’explosion a fait deux tués et 7 blessés, dont l’un grièvement atteint, dans les rangs de l’armée israélienne. A la suite de cette explosion, Tsahal a publié un communiqué accusant, en des termes sévères, le Hezbollah d’avoir violé le cessez-le-feu au Liban et annonçant que des raids de représailles seraient effectués au Sud. De fait, une attaque au drone a été menée contre la localité de Tebnine, faisant un tué et 12 blessés. Parallèlement, les forces de l’Etat hébreu ont annoncé avoir détruit une infrastructure souterraine relevant du Hezbollah dans le village de Srebbine (caza de Bint Jbeil) où d’importants lots d’armes et de munitions ont été saisis.







