


Depuis que les Etats-Unis ont opté pour une politique de sanctions et de pressions économiques sur l’Iran, les négociations entre les deux belligérants n’ont connu aucune avancée.
La visite du Premier ministre et ministre qatari des Affaires étrangères, Cheikh Mohammad Abdel Rahmane al-Thani, à Téhéran jeudi avait pour but de relancer ces pourparlers en vue, notamment, d’aménager un passage plus fluide dans le détroit d’Ormuz.
Vendredi, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a exploité habilement cette visite pour effectuer une timide ouverture envers les Etats-Unis.
Publiant une photo avec le responsable qatari sur son compte X, il l’a assorti d’un message affirmant que revenir à la table des négociations «n’est pas impossible».
Comme il se doit, il a accompagné cette formulation très étudiée par des conditions: les Etats-Unis doivent savoir que les pressions ne servent à rien, ils doivent établir une confiance avec l’Iran, lui parler avec respect (!) et reconnaître ses droits, tout en honorant leurs engagements.
Vaste programme. Sauf que les Américains ne donnent pas signe pour l’instant de vouloir abandonner leur stratégie de pressions économiques pour reprendre les pourparlers.
Vendredi, le Trésor américain a indiqué avoir défini les réseaux et les intermédiaires utilisés par l’Iran pour exporter son pétrole par voie de contrebande et pour contourner les sanctions… «Nous allons cibler n’importe quelle source de revenus illicite du régime iranien, en coopération avec toutes les institutions gouvernementales (américaines) et avec nos alliés», a souligné le Trésor US.
Par ailleurs, selon le site d’information Axios, les Etats-Unis estiment avoir largement affaibli l’emprise iranienne sur le détroit d’Ormuz, devenu, au fil du temps, le centre des négociations, plus important même que le dossier nucléaire ou les missiles balistiques.
A ce propos, le ministère iranien des Affaires étrangères (encore lui) a publié un communiqué vendredi mettant en garde «tous les pays» contre l’application des sanctions américaines «illégales et injustifiées» contre l’Iran, et revendiquant une application du «droit international».
Le pays restera déterminé à contrer « l’offensive militaire et économique conjointe des Etats-Unis et d’Israël », poursuit le texte.
Par ailleurs, le chef de la sécurité iranienne Mohsen Rezaei a catégoriquement démenti les informations diffusées par les services secrets américains, mardi, selon lesquelles Téhéran aurait fomenté un plan pour l’assassinat de Barron, le plus jeune fils du président américain Donald Trump.
Et c’est sur la chaîne du Hezbollah que le dirigeant iranien a choisi de dénoncer les «mensonges» américains sur le projet d’assassinat de Barron Trump.
C’est la télévision d’Etat iranienne, rappelle-t-on à ce sujet, qui avait diffusé cette information il y a quelques jours, faisant état d’une importante prime pour toute contribution à cette opération…
Frappes sur la banlieue de Damas
L’autre information du jour est un nouveau regain de tension entre Damas et Tel Aviv, à la suite de deux incidents survenus jeudi soir et vendredi matin.
Le premier est une incursion israélienne à Ras el-Ajraf en territoire syrien, au niveau du plateau du Golan, jeudi soir.
Selon la chaîne pro-Hezbollah el-Mayadeen, les soldats israéliens auraient fouillé plusieurs habitations dans cette localité.
Le second incident a concerné la banlieue de la capitale Damas, vendredi matin. Le correspondant de l’agence syrienne Sana a rapporté que deux obus étaient tombés dans des champs agricoles dans le Rif de Damas, sans faire de victimes.
Les Israéliens semblent ne pas être pressés de réduire la tension avec la Syrie, malgré la réunion récente du ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad Chibani, avec le patron du Mossad, en Jordanie, destinée à calmer le jeu, après des frappes israéliennes contre un aéroport syrien à Idleb.
Ce raid avait failli également provoquer une grave escalade avec la Turquie, allié du régime syrien.
Par ailleurs, la journée de jeudi a été meurtrière dans les territoires palestiniens. Des frappes israéliennes ont fait trois morts à Gaza, dont deux d’une même famille.
Et des frappes à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, ont ciblé «plusieurs terroristes», selon un communiqué de l’armée israélienne.
Haykal reçoit le chargé d’affaires français
Le sud du Liban, entre-temps, continue de vivre au rythme des explosions et des bombardements israéliens. De plus en plus, l’armée israélienne effectue des incursions en territoire libanais, notamment pour des fouilles ou pour dynamiter des maisons.
Le processus de destruction donne l’impression de s’intensifier, notamment dans certaines localités comme Nabatiyeh ou Mansouri, à Tyr.
En l’absence de toute nouvelle perspective dans le cadre des négociations directes menées par les autorités libanaises avec Israël, sous parrainage américain, le rôle français recommence à poindre sur la scène libanaise.
Le commandant en chef de l’armée libanaise Rodolphe Haykal a ainsi reçu vendredi le chargé d’affaires français Bruno Da Silva, en prévision de la conférence qui devrait se tenir à Paris en soutien à l’armée libanaise.
Une réunion préparatoire devrait avoir lieu dans la capitale française le 17 septembre, et le général Haykal devrait y participer.
Le chef de l’armée avait été reçu, peu avant la visite du diplomate français, par le président de la République Joseph Aoun à Baabda.