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Éditorial

Liban, Terre d’Asile

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Par Jawad Pakradouni
Publié janv. 17, 2026 - 20:32

« Le Liban se distingue par la proximité unique entre la mer et la montagne. Les imposantes chaînes de montagnes du Liban s’étendent parallèlement au littoral de la mer Méditerranée, créant une diversité géographique saisissante qui réunit des plages magnifiques, des vallées verdoyantes et des montagnes couvertes de neige en hiver. »

Introduction type que l’on retrouve dans tous les manuels de géographie libanaise qui décrit un pays unique en son genre, tout aussi captivant pour les autochtones que pour les touristes.

Il ne faut donc pas s’étonner de l’afflux massif de ressortissants étrangers, notamment Syriens et Iraniens (lesquels, parait-il contribuent à une hausse soudaine du taux d’occupation de certains hôtels) : le Liban paie la rançon de son succès. Il est vrai que nous aurions préféré voir débarquer des Occidentaux ou des Arabes du Golfe Persique, mais malheureusement, nous ne choisissons pas nos touristes, et c’est bien le ministère concerné qui s’était fendu du slogan « Ahla Bhal Tallé » sans préciser les nationalités de la « tallé ».

En effet, force est de constater que les Syriens en question ont soudainement décidé de visiter le pays à partir de décembre 2024, la grande majorité d’entre eux préférant s’installer aux frontières, dans la vallée de la Békaa, connue pour son climat rude en hiver et sec en été, mais nécessairement moins rude et sec que le climat politique qui règne en Syrie, pour ceux qui justement ont décidé précipitamment de fouler le sol libanais.

Il en est de même pour les Iraniens qui ont très récemment – selon les informations qui circulent – envahi certains hôtels, une variante plus délicate que l’invasion opérée en mai 2008 par leur milice locale, mais qui demeure gênante, dans la mesure où il se trouverait certaines personnes fichées dans les banques de données des hirondelles israéliennes dont le bourdonnement ne cesse d’agrémenter nos journées.

Dans le fond, ces touristes d’un autre genre s’acclimateront très facilement dans certaines de nos régions. En effet, il existe des plages qui répondent à leurs critères sociaux et culturels : unisexes, bien viriles où Mohammad Raad officie comme GO (Gueulard Organisateur), en guise d’animateur, ce sera Hussein Hajj Hassan dont le physique rappelle celui de Gordon Shumway (accréditant ainsi l’une des prémonitions les plus loufoques de Michel Hayek), et bien évidemment Naim Kassem en DJ, remplaçant le David Guetta de la milice, celui qui faisait vibrer la république avec son doigt.

Il est cependant navrant de constater que la terre d’accueil qu’est le Liban ne reçoit que les personnalités de deuxième, voire troisième rang, les célébrités et autre VIP quant à elles préférant passer à l’Est du mur de Berlin (qui est en fait l’Ouest pour eux), en Russie, quand bien même la fragilité notoire des balcons et l’effet purgatif de leurs thés.

Selon les rapports publiés par « World Population Review » fin 2025, le Liban tient la place de la première dauphine dans le monde arabe et la cinquième au classement mondial en termes de prévalence des maladies mentales et troubles psychologiques.

Déjà qu’on est un asile de fous à ciel ouvert, si en plus, on devait servir d’asile pour les criminels….

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