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En Israël, un panneau représentant Donald Trump et Benjamin Netanyahu affiche en hébreu le message suivant: «Président Trump: votez Netanyahu!» En début de semaine, Trump a apporté un soutien sans ambiguïté à Netanyahu en vue des prochaines élections israéliennes, prévues le 27 octobre. (Jack Guez / AFP)
Décryptage
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Par Taline Becharraoui
Publié oct. 20, 2026 - 23:42
La relance des négociations entre Libanais et Israéliens à Tampa, en Floride, après plus de deux mois de gel (la dernière session avait eu lieu début août à Rome), constitue sans conteste l’événement marquant de ce mardi. Dans la forme, cette réunion a lieu entre deux délégations militaires et civiles, dans un objectif déclaré de faire le bilan des maigres réalisations enregistrées jusque-là. Une réunion de deux ou trois jours dont personne n’attend grand-chose, à l’exception d’un exposé des demandes des uns et des autres, jusque-là irréconciliables. Selon la MTV, en ce premier jour, un bilan a été fait de l’expérience des «zones pilotes» et des défis rencontrés. Mercredi, la discussion portera sur les pays pouvant jouer le rôle d’observateurs après le départ de la Finul, afin de lever des recommandations aux gouvernements. La chaîne a parlé d’un troisième jour qui serait consacré à des réunions bilatérales entre les Américains et chacune des deux délégations.
Opinion
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Par Jad Akhawi - Publié oct. 20, 2026 - 22:01
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Photo GAUTHIER BEDRIGNANS / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
De Galerie Semaan aux Galeries Lafayette, il y a une longue distance qu’un écran de téléphone suffit à abolir en quelques secondes. Ici, une tentative d’empêcher les forces de sécurité d’accomplir leur mission; là, une tentative de prendre d’assaut un grand magasin, sur fond de troubles et de pillages. Les pays, les circonstances et les protagonistes diffèrent, mais une même question se pose: depuis quand la colère donne-t-elle le droit d’agresser, et depuis quand le groupe est-il devenu plus important que la loi qui protège ses membres et le reste de la population? Quant à placer le mot «islam» entre ces deux scènes, cela exige une autre forme de courage: celui de poser des questions, mais aussi celui de refuser les accusations toutes faites. Car l’identité religieuse ne se déduit pas d’un visage apparaissant dans une vidéo, pas plus que les motivations religieuses ne se déduisent d’un nom, d’une couleur de peau ou d’un accent. Quiconque entend demander des comptes à ceux qui s’approprient la religion doit d’abord se garder de se l’approprier à son tour pour en faire un acte d’accusation collectif.
Politique
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Par LevantTime . - Publié oct. 20, 2026 - 19:52
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À moins de trois mois de la fin du mandat d’António Guterres, le 31 décembre 2026, la course à sa succession est de plus en plus marquée par les menaces de veto et la volonté de Washington de transformer en profondeur les Nations unies. (Marco Longari / AFP)
Sylviane Zehil, New York Le premier scrutin à bulletins de couleur, organisé le 16 octobre au Conseil de sécurité, a révélé les oppositions des grandes puissances aux trois favoris dans la course à la succession d’António Guterres. Aucun ne semble désormais assuré de pouvoir franchir l’obstacle du veto. À moins de trois mois de l’échéance, les tractations diplomatiques s’intensifient, tandis que l’administration Trump entend peser sur le choix d’un secrétaire général capable de transformer profondément les Nations unies. À New York, la course à la succession d’António Guterres vient de prendre une tournure décisive. Les bulletins rouges ont parlé, sans pour autant révéler tous leurs secrets. Pour la première fois depuis le lancement du processus de sélection, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont laissé entrevoir leurs oppositions aux principaux prétendants à la direction des Nations unies.
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Le Prophète et le Philosophe (10/10)
Par
Wissam Saadé
Publié

En avril 2026, Wissam Saadé a donné quatre conférences à l’Université de Bologne. La première, à l’invitation du professeur Giovanni Giorgini, était intitulée «The Prophet and the Philosopher: The Hierarchy of Knowledge between Avicenna’s Falsafa and al-Kirmānī’s Ismaili Neoplatonism». Son texte est présenté ici dans une version revue et augmentée, dans le cadre d’une série de dix articles. Cette série explore le paysage intellectuel du néoplatonisme en islam à travers une lecture comparée d’Avicenne et d’al-Kirmānī. Bien que les deux penseurs partagent un large horizon néoplatonicien, façonné par une métaphysique de l’émanation, une hiérarchie de l’être et une synthèse des pensées aristotélicienne et platonicienne, ils développent deux projets philosophiques distincts: Avicenne dans la tradition péripatéticienne de la falsafa , et al-Kirmānī dans le cadre de la théologie ismaélienne. Malgré la différence de leurs contextes intellectuels respectifs, leurs systèmes restent en dialogue constant autour de la nature du savoir, de la relation entre raison et révélation et de l’ascension de l’âme. Leurs projets respectifs incarnent également deux conceptions contrastées du politique, qui éclairent différentes manières de penser la place de la philosophie face à l’autorité, à la loi et à l’organisation de la communauté. Cet article constitue le dixième et dernier volet de cette série.

Qui a le droit d’écrire un manifeste?
Par
Rita Barotta
Publié

Cet article est le premier d’une série de trois consacrée au manifeste, en tant que forme d’écriture et comme manière d’intervenir dans le monde. Le premier revient sur l’histoire de la proclamation et sur l’autorité qu’elle confère à celui ou celle qui prend la parole. Le deuxième s’intéressera au conflit traversé par le pronom « nous ». Le troisième posera une question légèrement différente : que devient le manifeste lorsqu’il cherche moins à renverser le monde qu’à protéger quelque chose en lui, ou à nous rappeler ce dont il vaut encore la peine de prendre soin? Tout est parti d’un petit livre, Manifeste pour la lecture d’Irene Vallejo, et de la remarque d’un lecteur qui avait eu le sentiment que le titre lui promettait autre chose que ce qu’il y avait trouvé.

Du fondamentalisme religieux... La dernière danse de la mort (3/3)

La dernière danse de la mort a commencé au moment du coup de force contre les institutions de l’Autorité nationale en 2007, conséquence directe de la dualité du pouvoir, après l’élection d’Ismaïl Haniyeh au poste de Premier ministre. La mission fondamentale de ce dernier consistait pourtant à mettre en œuvre la politique du président de l’Autorité, élu au suffrage populaire, dans le cadre d’un système électoral hybride: les électeurs choisissent la moitié des membres du Conseil législatif selon un scrutin uninominal, en votant directement pour un candidat, et l’autre moitié selon un scrutin de listes partisanes, l’ensemble du territoire constituant une circonscription unique. Le nombre d’élus de chaque liste est déterminé en fonction du pourcentage de voix obtenu.

L’Iran pourra-t-il résister au D-Day économique lancé par Washington?

Deux événements majeurs marquent le début de cette semaine: la phénoménale charge économico-financière américaine contre l’Iran – baptisée D-Day économique – et, au Liban, la résurgence de l’affaire de l’ambassadeur désigné, mais non accrédité, d’Iran à Beyrouth, Mohammad Reza Chibani. L’importance de la salve de sanctions annoncées lundi par Washington réside dans ses conséquences multidimensionnelles directes, à court et à moyen termes, sur l’économie iranienne, la survie du régime des mollahs, les équilibres régionaux, voire les rapports internationaux, notamment avec la Chine. L’affaire Mohammad Chibani, sans commune mesure avec la D-Day économique bien entendu, met surtout à l’épreuve la capacité des autorités libanaises à maintenir une cohérence entre leurs discours et leurs actes. Elle intéresse parce qu’elle représente un nouveau test pour un État libanais qui a toujours du mal à imposer son autorité. En ce lundi 24 août, le Liban officiel a de nouveau raté le test.

Marie Curie, au-delà des préjugés, des recherches sur l’uranium et deux Nobels (4)

Certaines personnes subissent constamment leur sort, mais d’autres prennent leur destin en main. Cela est d’autant plus difficile quand il s’agit d’une femme dans un monde d’hommes. Et pourtant… certaines femmes ont choisi le combat, réussissant à briser les tabous de leur époque. Qu’elles aient manié le pinceau, la plume, la science ou la voix, elles ont habité leur siècle avec une audace qui tenait parfois du scandale. D’Artemisia Gentileschi bravant la société et les tribunaux italiens, il y a cinq siècles, à George Sand troquant le corset pour la liberté d’écrire, en passant par Camille Claudel, l’écorchée vive, ou la rigueur et le génie de Marie Curie, ou encore la voix universelle d’Oum Kalthoum… ces femmes ont réussi à surmonter les préjugés sociaux.

Pourquoi la pensée de Habermas reste d’une brûlante actualité

En des temps où la réflexion publique semble parfois s’essouffler, la pensée du philosophe allemand Jürgen Habermas apparaît comme une boussole singulière et demeure, aujourd’hui encore, d’une brûlante actualité du fait qu’elle engage une réflexion sur la modernité laïque, la place de la religion, l’État-nation et le nationalisme dans un contexte européen, ainsi que sur la pensée critique d’une manière générale, sous l’angle de «l’éthique de la discussion» et du «dialogue libre de toute domination». Sa pensée s’oppose dans ce cadre à l’idée que le bien et le mal pourraient être définis par une autorité absolue, une tradition figée ou une vérité métaphysique incontestable. À l’inverse, Habermas défend l’idée qu’ils doivent être discutés rationnellement entre individus libres et égaux, dans un espace de dialogue ouvert.