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Photo ALEX WROBLEWSKI/AFP
Un Œil sur l'évènement
Portrait de l'auteur
Par Hisham Dibsi
Publié oct. 24, 2026 - 03:28
Si mon père n’avait pas été contraint de se réfugier au Liban et de quitter la ville d’Acre, qui ne craint pas la mer, je participerais aujourd’hui activement aux campagnes électorales, comme mes cousins titulaires de la nationalité israélienne. Mais je possède un document d’identité de réfugié au Liban, qui ne me donne aucune possibilité d’exercer mon droit de vote. Ma fille, en revanche, qui possède la nationalité américaine, débat avec son mari, de sensibilité républicaine, en faisant valoir que les démocrates ne sont pas meilleurs non plus, ni en politique intérieure ni en politique étrangère.
Regard posé
Portrait de l'auteur
Par Rami Rayess - Publié oct. 24, 2026 - 02:43
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Photo RABIH DAHER/AFP
Les intérêts politiques donnent souvent lieu aux convergences les plus étranges. Certaines sont si illogiques qu’elles en deviennent difficiles à comprendre, voire à concevoir. Et pourtant, elles existent bel et bien. Entre la manière dont la politique se pratique et celle dont elle se conçoit en théorie, le fossé est considérable. C’est sans doute ce qui explique nombre des phénomènes auxquels nous assistons aujourd’hui au Liban. En près de deux décennies, le Liban est passé du statut de pays ayant libéré son territoire de l’une des armées les plus puissantes et les plus meurtrières de la région, sans condition, sans traité de paix et même sans accord sur des arrangements de sécurité, à celui d’un État dont cinq collines ont été occupées, puis près de 60 villages, dont les maisons ont été entièrement rasées, tandis que plus de 200 000 citoyens ont été déplacés, sans que leur retour paraisse proche ou même envisageable dans un avenir prévisible.
Décryptage
Portrait de l'auteur
Par LevantTime . - Publié oct. 24, 2026 - 01:10
Image d'actualité
Ce montage photographique réalisé par l'AFP montre deux Palestiniens armés lors d’un échange de tirs avec les forces israéliennes, puis des soldats israéliens rassemblés près de leurs corps après l’incident, au poste de contrôle du nord d’Hébron, en Cisjordanie occupée, le 23 octobre 2026. (Hazem Bader/AFP)
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé vendredi une opération militaire d’envergure en Cisjordanie, à la suite d’une attaque armée menée par deux Palestiniens contre un poste de l’armée israélienne près d’Hébron, dans le sud de ce territoire palestinien occupé. Deux soldats ont été tués et trois autres blessés. Les deux assaillants ont été abattus. En déplacement sur les lieux, Benjamin Netanyahu a immédiatement ordonné le bouclage de la Cisjordanie, dans le cadre d’une opération prévoyant, selon ses propos, l’évacuation d’habitants, des fouilles systématiques de domiciles et la destruction des infrastructures que Tel-Aviv considère comme liées aux groupes armés.
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L’impressionnisme libanais: César Gemayel, un pionnier entre deux mondes (3/4)

Figure institutionnelle et peintre majeur, César Gemayel s’impose comme l’un des piliers de la peinture moderne au Liban. Son parcours est marqué par le passage de l’académisme figé et rigide à une expression plus charnelle et orientale. Il a permis de passer d’un art purement religieux ou documentaire à un art de l’expression personnelle, transformant l’art libanais traditionnel en un langage moderne, nourri d’influences impressionnistes et parisiennes. L’homme César Gemayel est né le 9 février 1898 à Aïn el-Touffaha, un petit village du Mont-Liban près de Bikfaya (alors sous domination de l’Empire ottoman), dans une famille de notables.

Coup de théâtre de Netanyahu: oui à des négociations directes avec Beyrouth

Coup de théâtre en cette fin de journée du jeudi 9 avril: au terme d’une réunion du Cabinet restreint israélien, le Premier ministre Benyamin Netanyahu a indiqué qu’il avait demandé à son gouvernement d’engager dans les plus brefs délais des négociations directes avec le Liban. Il a en profité pour applaudir publiquement à la décision de son homologue libanais Nawaf Salam de faire approuver par le Conseil des ministres, réuni jeudi au palais de Baabda, une résolution ordonnant à l’armée libanaise et aux forces de sécurité d’interdire toute présence armée illégale dans le mohafazat de Beyrouth et donc d’appliquer dans les faits le principe du monopole des armes aux mains de l’État.

Le Liban et «le jour d’après»
Par
Élie Hajj
Publié

«Quand la guerre finira-t-elle? Je dis: quand nous nous retrouverons.» Mahmoud Darwish Je suis de nature optimiste, sans être pour autant blindé contre la tristesse. Pourtant, en dépit de la noirceur et de la brutalité de la guerre, je traverse en ce moment l’une des périodes les plus portées par l’espoir de mon existence, à rebours de tant d’autres autour de moi. Je crois que nous vivons les dernières guerres du Liban, et je laisse mes pensées dériver, dans le calme de la nuit, vers «le lendemain de la guerre». Je songe, avec une compassion sincère et sans chercher à accabler qui que ce soit, dans une neutralité presque totale, au choc qui frappera les foyers dont les habitants ont été élevés dans une haine profonde d’Israël, de son peuple et des juifs en général, nationalistes arabes, nationalistes syriens, communistes, islamistes de toutes tendances confondues.

Mohammad Hussein Chamseddine, ce soldat inconnu

Si j'écris ces mots aujourd'hui, ce n'est pas mû par l'éthique, l'amitié ou la politesse, mais par l'immense respect que je porte à un homme qui a beaucoup donné au Liban et qui est resté un soldat inconnu. Cet homme s'appelle Mohammad Hussein Chamseddine, et il a pensé et rédigé, de 1992 à 2026, la majorité de la littérature politique qui a constitué la pierre angulaire autour de laquelle nous avons construit le récit de la souveraineté et de l'indépendance du pays. Pour Mohammad Hussein Chamseddine, la souveraineté et l'indépendance étaient toujours liées à l'unité nationale, dont elles dépendaient directement. Et au moment où cette unité nationale se trouvait brisée, quelle qu'en fût la raison, cela entraînait inévitablement une rupture de l'indépendance et de la souveraineté du pays.

Mohammad Hussein Chamseddine, une pensée chiite derrière le 14 Mars

Il y a quarante jours disparaissait Mohammad Hussein Chamseddine, esprit exceptionnel, démocrate chiite et penseur du vivre-ensemble et partisan invétéré de la préservation le Grand Liban. Cet article n’est pas tant un hommage qu’un témoignage précis de ce que tout ce que cet homme, humble, discret et inconnu du grand public, a été et apporté au débat public. C'est un homme calme, filiforme, taciturne. Il arrive tous les jours, en début d'après-midi, au secrétariat général du 14 Mars, où il s'installe discrètement et se consacre à ses réflexions, ses lectures, ses écrits. Sans doute une nouvelle initiative, concoctée avec ses compagnons de route, Samir Frangié et Farès Souhaid, est en cours de préparation. Les idées proposées sur papier par Frangié sont soit en français, soit en arabe, et Chamseddine réfléchit, réciproque, appose ses commentaires et ses remarques. L’osmose intellectuelle et politique – intensément humaine – entre les deux hommes est totale, et le résultat toujours substantiel, porté par une vision philosophique, humaniste, profonde de la convivance.

Le Liban sous un déluge de fer et de sang malgré la trêve

C’est un déluge de fer, de feu et de sang, jamais égalé depuis de nombreuses années (exception faite de l’explosion du 4 Août, au port de Beyrouth), qui s’est abattu mercredi sur Beyrouth, sa banlieue sud et de nombreuses villes et localités libanaises. Plus de 180 personnes ont été tuées et près de 800 autres ont été blessées, selon un premier bilan du ministère libanais de la Santé, dans une série de raids israéliens simultanés (visant en 10 minutes une centaine de cibles, un peu partout dans le pays), alors qu’au niveau régional, une trêve de deux semaines venait d’être annoncée par le président américain, Donald Trump, en même temps qu’un début de négociations entre Washington et Téhéran autour d’un accord global portant sur une cessation durable des hostilités.