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Mona Fayad

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Liban: quand la haine devient système
Par
Mona Fayad
Publié
avr. 21, 2026 - 21:39

La division au Liban n'est plus la conséquence de la guerre, elle en est devenue l'un des instruments. Ce que nous observons aujourd'hui pourrait se définir comme une économie de la division, soit la haine convertie en matière première, produite quotidiennement, fabriquée, distribuée et consommée, servant à la fois plusieurs parties, fussent-elles en état de belligérance déclarée. Le conflit a migré de la violence militaire vers la violence symbolique. Quand un vieil homme se lève pour insulter le chef du gouvernement dans un langage abject, quand un autre s'en prend au président de la République en lui rappelant le destin de Sadate, quand on dresse des enfants à l'injure et qu'on glorifie la militarisation jusque dans une chaussure, la question ne concerne plus les personnes visées, mais ce qu'elles représentent: un contournement de l'angoisse et de la peur ressenties, une volonté délibérée d'ancrer dans la conscience populaire l'image d'un État en déliquescence, de banaliser l'insulte comme mode d'expression politique, en déplaçant le conflit de la critique du pouvoir vers son avilissement et son procès en trahison. Cela dépasse largement le cadre d'un déclin moral ou d'une colère incontrôlée ; c'est, en profondeur, le signe d'une mutation bien plus grave: frapper l'image de l'État dans la conscience collective et substituer à la délibération publique la diffamation.

Liban, la catastrophe sans fin...
Par
Mona Fayad
Publié
avr. 15, 2026 - 16:58

En cherchant à comprendre ce qui nous arrive, à me comprendre moi-même et à retrouver un certain équilibre face à ce que nous traversons, je recours à la lecture de livres et de romans portant sur des peuples qui ont connu les affres de la guerre telles que nous les connaissons. Le Japon, avec ce qu’il a enduré durant la Seconde Guerre mondiale et après les bombardements atomiques, représente en ce domaine un modèle susceptible de nous aider à situer notre propre douleur. Il convient de préciser au passage que la quantité d’armes déversée sur le Liban au fil des années équivaut désormais à plus que les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki réunies.

Ni arène ni chair à canon
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Mona Fayad
Publié
avr. 10, 2026 - 20:43

Dix minutes ont suffi pour que Beyrouth et les autres régions subissent les attaques israéliennes les plus féroces qu'elles aient connues. Il en a résulté des centaines de morts et des milliers de blessés. Tout cela s'est produit après la conclusion de l'accord opaque entre l'Amérique et l'Iran sur le cessez-le-feu. Israël, sous la conduite d'un Netanyahu peu disposé à accepter un accord quelconque qui le ramènerait à la difficile réalité intérieure israélienne, a voulu signifier à tous que la déclaration iranienne d'inclure le Liban dans cet accord était nulle et non avenue. L'Iran la récuse verbalement, tout en continuant de son côté à respecter l'accord. Quant au Hezbollah, disséminé aux quatre coins du pays et mêlé à la population civile, il a déclaré s'y tenir et s'est, jusqu'à présent, abstenu de riposter à Israël, si ce n'est par quelques roquettes lancées sur Kiryat Shmoneh.

Ni arène ni chair à canon
Par
Mona Fayad
Publié
avr. 10, 2026 - 20:09

Dix minutes ont suffi pour que Beyrouth et les autres régions subissent les attaques israéliennes les plus féroces qu'elles aient connues. Il en a résulté des centaines de morts et des milliers de blessés. Tout cela s'est produit après la conclusion de l'accord opaque entre l'Amérique et l'Iran sur le cessez-le-feu. Israël, sous la conduite d'un Netanyahu peu disposé à accepter un accord quelconque qui le ramènerait à la difficile réalité intérieure israélienne, a voulu signifier à tous que la déclaration iranienne d'inclure le Liban dans cet accord était nulle et non avenue. L'Iran la récuse verbalement, tout en continuant de son côté à respecter l'accord. Quant au Hezbollah, disséminé aux quatre coins du pays et mêlé à la population civile, il a déclaré s'y tenir et s'est, jusqu'à présent, abstenu de riposter à Israël, si ce n'est par quelques roquettes lancées sur Kiryat Shmoneh!

Guerre Iran-USA: quels intérêts?
Par
Mona Fayad
Publié
avr. 5, 2026 - 12:28

Ceux qui ont étudié la guerre, à l'image de Gaston Bouthoul ou de Marvin Harris, n'ont jamais circonscrit leur analyse à la seule dimension géopolitique immédiate. Ils ne se contentaient pas de demander «pourquoi a-t-elle éclaté?», mais posaient aussi «que produit-elle? » et «qui sert-elle?». Car les sociétés, lorsqu'elles se révèlent incapables de résoudre leurs contradictions internes, tendent à les exporter vers l'extérieur, et la guerre se transforme alors en moyen de réorganiser l'espace intérieur par le biais d'une violence orientée vers l'extérieur. Cette approche autorise une lecture des guerres contemporaines qui échappe à leur réduction à la sphère militaire ou géopolitique. Le conflit qui embrase aujourd'hui le triangle irano-américano-israélien ne peut se comprendre ainsi comme un simple affrontement d'influence ou une dissuasion mutuelle. Il faut plutôt le saisir comme un processus complexe aux fonctions multiples, visant à consolider des légitimités intérieures en crise et à redessiner les équilibres régionaux, tout en produisant des récits de mobilisation qui redéfinissent simultanément l'ennemi et le soi.

Le Liban, entre spirale de la violence et recomposition de la société
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Mona Fayad
Publié
mars 24, 2026 - 04:46

Ce qui se passe aujourd’hui au Liban ne peut plus être compris dans le cadre d’une guerre ou d’un conflit classique, mais dans ce que René Girard a décrit comme la « spirale de la violence » : la violence n’y est plus un moyen, elle devient un système autonome qui se reproduit lui-même par le discours avant même le terrain. Dans ce contexte, le discours du Hezbollah, pas plus que les déclarations de personnalités comme Mahmoud Komati, ne sauraient être lus comme des expressions conjoncturelles ou émotionnelles. Nous sommes face à une structure discursive cohérente, qui dépasse le politique pour recomposer la société par la force symbolique et matérielle à la fois — le discours lui-même devenant un instrument de reconfiguration du réel, et non son simple reflet.

Quand le refus de négocier devient ignorance ou trahison
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Mona Fayad
Publié
mars 18, 2026 - 16:26

À l'heure que traverse le Liban, le débat ne porte plus sur des questions d'ordre technique, comme celle de sa voir si la négociation avec Israël sera directe ou indirecte ou si elle précédera ou succèdera à une trêve. De telles interrogations sont secondaires au regard de la question véritable, qui s'impose avec une force irrésistible: pourquoi négocier, et que signifie, pour un État, le refus de le faire? Dans sa définition la plus élémentaire, la négociation dans les relations internationales n'est ni signe de faiblesse ni capitulation. C'est l'instrument naturel dont usent les États pour gérer les conflits lorsque le coût de la guerre excède leur capacité à le supporter. C’est ainsi que fonctionnent les États sensés. Les guerres elles-mêmes se terminent toujours par la négociation, après le sang, après la destruction, après que les belligérants ont découvert que la force seule ne résout pas les problèmes et ne produit pas de stabilité durable.

Lecture sociologique de la transformation de la société chiite
Par
Mona Fayad
Publié
mars 9, 2026 - 03:43

La relation complexe entre une partie de la société chiite libanaise et le Hezbollah ne saurait être appréhendée par la seule analyse politique conventionnelle. Elle déborde les calculs stratégiques et les intérêts immédiats pour pénétrer un espace plus profond — celui des architectures culturelles et symboliques qui façonnent la conscience des communautés et gouvernent leurs comportements. C'est ici qu'il devient nécessaire de convoquer les outils de la sociologie et de l'anthropologie, notamment ce qu'Émile Durkheim a élaboré autour de la conscience collective, et ce que Claude Lévi-Strauss a mis au jour sur les structures culturelles profondes qui organisent la manière dont les sociétés perçoivent le monde.

La fin de l'Iran, oscillant entre l'État et la Révolution
Par
Mona Fayad
Publié
mars 4, 2026 - 06:32

Nous avons longtemps vécu à l'ombre de la puissance imaginaire de la propagande iranienne — ou disons, de la propagande de l'axe de la résistance — qui avait fait de l'Iran une grande puissance cohésive et intouchable. Les événements ont démontré qu'il existe un abîme entre la puissance réelle et la puissance narrative. Cela s'était déjà produit avec le Hezbollah: nombreux sont ceux qui ont cru à l'image de sa suprématie absolue. L'Iran nous a bercés d'illusions, à travers ses partisans et son armée médiatique — chaînes télévisées camouflées, journalistes stipendiés, influenceurs et influenceuses numériques et autres —, en propageant sa narrative fictive sur: l'image d'une supériorité technologique, et l'image d'alliés puissants qui la soutiendraient (la Chine, la Russie), forgeant ainsi dans l'opinion publique l'image d'un «axe incassable».

La justice internationale entre mythe et réalité
Par
Mona Fayad
Publié
janv. 7, 2026 - 17:01

La frappe militaire américaine au Venezuela, suivie de l’arrestation du président Nicolás Maduro et de son transfert hors du pays, a provoqué une onde de choc majeure dans les relations internationales. Cette arrestation a suscité une vaste indignation internationale : de nombreux États et organisations y ont vu une violation flagrante du droit international et une atteinte directe à la souveraineté nationale du Venezuela. Des experts en droit international, notamment dans des analyses publiées par The Guardian , soulignent que l’opération américaine au Venezuela contrevient à la Charte des Nations unies, en particulier à la disposition interdisant le recours à la force en l’absence de légitime défense ou d’autorisation explicite du Conseil de sécurité.

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