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Fady Noun

Fady Noun

Le Liban, gardien de l’espérance
Par
Fady Noun
Publié
avr. 15, 2026 - 10:00

Pris entre deux États-voyous, le Liban n’a d’autre choix que de s’amadouer celui qui lui est le plus proche, géographiquement, celui qui se tient à sa frontière. C’est l’art de la paix selon le bon sens. Point n’est besoin d’être Sun Tzu pour le comprendre. Ni non plus pour comprendre que le Liban fait partie du monde arabe, et non du monde islamique, et qu’il peut compter pour avancer dans cette direction sur une solidarité arabe qui n’a pas son équivalent dans l’islam militant iranien. Certes, la cause de palestinienne est sacrée et la spoliation de la Palestine restera la honte du monde arabe. Mais ce n’est pas une raison pour lui sacrifier une autre cause sacrée, celle du Liban, ce magnifique joyau géographique et culturel, cette promesse de liberté religieuse offerte par l’histoire à l’Église maronite et, à travers elle, à toutes les communautés libanaises, et dont la perte serait un sacrilège ou, selon Jean-Paul II, «l’un des remords du monde».

Le troublant testament de Ghassibé Keyrouz, bras droit de Nicolas Kluiters s.j. (3/3)

La fête de Saint-Joseph (19 mars), patron de l’Université qui porte son nom, a ramené à la mémoire de son nouveau recteur, François Boëdec s.j., le souvenir d’Alban de Jerphanion, premier martyr jésuite de l’interminable guerre qui a éclaté en 1975 au Liban, et dont un nouvel épisode, qu’on espère être le dernier, s’est ouvert début mars. Cinq autres martyrs de cette guerre sont tombés après le père de Jerphanion. En signe d’hommage, et avec la parution d’une nouvelle biographie consacrée à l’une de leurs figures les plus saintes, celle du prêtre néerlandais Nicolas Kluiters, dont le procès en béatification est engagé, nous présentons ici cet ouvrage, qui comprend des détails inédits sur les motivations de ceux qui ont tué le père Nicolas. Nous dégageons par la même occasion le sens général du don qu’il a fait au Liban, pour que notre patrie demeure un modèle de «liberté et de pluralisme» pour l’Orient et l’Occident, à l’heure même où une nation militarisée menace de l’amputer d’une partie essentielle de son territoire portant le souvenir du passage du Christ.

Le martyre, au Liban, de Nicolas Kluiters s.j., face au Mal (2/3)
Par
Fady Noun
Publié
mars 30, 2026 - 23:10

La fête de Saint-Joseph (19 mars), patron de l’Université qui porte son nom, a ramené à la mémoire de son nouveau recteur, François Boëdec s.j., le souvenir d’Alban de Jerphanion, premier martyr jésuite de l’interminable guerre qui a éclaté en 1975 au Liban, et dont un nouvel épisode, qu’on espère être le dernier, s’est ouvert début mars. Cinq autres martyrs de cette guerre sont tombés après le père de Jerphanion. En signe d’hommage, et avec la parution d’une nouvelle biographie consacrée à l’une de leurs figures les plus saintes, celle du prêtre néerlandais Nicolas Kluiters, dont le procès en béatification est engagé, nous présentons ici cet ouvrage, qui comprend des détails inédits sur les motivations de ceux qui ont tué le père Nicolas. Nous dégageons par la même occasion le sens général du don qu’il a fait au Liban, pour que notre patrie demeure un modèle de «liberté et de pluralisme» pour l’Orient et l’Occident, à l’heure même où une nation militarisée menace de l’amputer d’une partie essentielle de son territoire portant le souvenir du passage du Christ.

«Mort pour que vive le Liban», l’ultime sacrifice de Nicolas Kluiters s.j. (1/3)

La fête de Saint-Joseph (19 mars), patron de l’Université qui porte son nom, a ramené à la mémoire de son nouveau recteur, François Boëdec s.j., le souvenir d’Alban de Jerphanion, premier martyr jésuite de l’interminable guerre qui a éclaté en 1975 au Liban, et dont un nouvel épisode, qu’on espère être le dernier, s’est ouvert début mars. Cinq autres martyrs de cette guerre sont tombés après le père de Jerphanion. En signe d’hommage, et avec la parution d’une nouvelle biographie consacrée à l’une de leurs figures les plus saintes, celle du prêtre néerlandais Nicolas Kluiters, dont le procès en béatification est engagé, nous présentons ici cet ouvrage, qui comprend des détails inédits sur les motivations de ceux qui ont tué le père Nicolas. Nous dégageons par la même occasion le sens général du don qu’il a fait au Liban, pour que notre patrie demeure un modèle de «liberté et de pluralisme» pour l’Orient et l’Occident, à l’heure même où une nation militarisée menace de l’amputer d’une partie essentielle de son territoire portant le souvenir du passage du Christ.

Le Liban et son Église dans la tourmente de trois guerres saintes
Par
Fady Noun
Publié
mars 17, 2026 - 15:30

L’Église du Liban est prise dans la tourmente de trois «guerres saintes», deux fondamentalismes musulmans distincts, chiite et sunnite, un fondamentalisme judaïque et une dérive religieuse eschatologique, le «sionisme chrétien». Ces imaginaires spirituels concurrents ont pour centre commun Jérusalem, la ville de la paix par excellence. À son passage au Liban, le pape Léon XIV a adressé aux Libanais une parole, la même qu’il adresse depuis son élection à tous les peuples du monde, en particulier aux jeunes chrétiens orientaux: «Soyez des acteurs de votre propre paix, soyez de puissants leviers d’une paix des religions.» Ces paroles s’adressent aux hommes et aux femmes d’un pays, partie intégrante de la Terre sainte, et par conséquent d’une mission de rassemblement et de communion.

Chrétiens de Syrie: «désertification spirituelle» au berceau du christianisme (2/2)

Dans un premier article consacré à l’état des lieux des chrétiens d’Orient, nous avons rapidement présenté un tableau démographique et social en tous points déplorable des communautés chrétiennes en Syrie. Cette seconde partie en précise les enjeux de nature spirituelle, culturelle et historique. Commentant le rapport de L’Œuvre d’Orient sur les communautés chrétiennes de Syrie, achevé durant l’été 2025 (voir article précédent), Mgr Hugues de Woillemont, directeur de cette association, met en exergue le rôle vital que les institutions associatives et caritatives chrétiennes jouent pour l’ensemble de la société syrienne, notamment dans les domaines de la réconciliation, de l’autonomie des femmes et de l’éducation.

«Désertification spirituelle» en Syrie: un état des lieux déplorable (1/2)

Quelque chose de grave se passe silencieusement au Moyen-Orient, berceau du Christianisme. Il se vide de ses chrétiens. Ce processus avait été observé en Irak, après l’invasion américaine de 2003, et en Terre sainte. C’est désormais chose faite, aussi, en Syrie. «La rupture est existentielle», affirme Vincent Gelot, représentant au Liban, en Syrie et en Jordanie de L’Œuvre d’Orient, une association apolitique liée à l’Église de France, qui mène campagne en ce moment pour l’instauration d’une Journée internationale des chrétiens d’Orient. Prenant la Syrie en exemple, Vincent Gelot affirme: «En quatorze ans de guerre (2011-2025), le pays a perdu près de 80% de sa population chrétienne.» Selon des estimations fiables, entre 300 et 400.000 chrétiens syriens vivraient encore en Syrie, dont la population est estimée à quelque 26 à 27 millions d’habitants, assure le représentant de L’Œuvre d’Orient. À Alep, il ne resterait plus qu’un sixième des chrétiens présents avant la guerre de 2011.

"L’insurrection des particularités": une Europe désarmée face à l’histoire

Dans une première partie de cette analyse, nous avons commencé à opposer les deux visions de l’Europe telles que vues par ses fondateurs, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, en particulier Robert Schuman, et telle qu’elle existe aujourd’hui, privée de son élan fondateur et occultant ces racines chrétiennes et gréco-romaine. En voici la seconde partie, qui repose sur une analyse de la philosophe Chantal Delsol., qui vient de publier un ouvrage sur le « Vieux continent ». Dans L’Insurrection des particularités, Chantal Delsol dresse le constat sévère d’un éloignement progressif de cet esprit fondateur. Selon elle, l’Europe contemporaine a substitué à l’héritage une idéologie de la neutralité, à la culture une administration, et à l’anthropologie chrétienne un individualisme abstrait. En prétendant se fonder exclusivement sur des normes universelles détachées de toute tradition, elle a progressivement délégitimé les appartenances concrètes – nations, cultures, religions, modes de vie – qui structuraient pourtant l’espace européen.

Le "Vieux continent" entre mémoire fondatrice et désarmement civilisationnel

La notion de « Vieux Continent » renvoie à une Europe façonnée par une longue histoire, une pluralité de peuples et une profondeur spirituelle singulière. Toutefois, cette Europe n’est pas une réalité figée : elle a été pensée, reconstruite et réinterprétée selon les époques. Deux visions permettent d’en mesurer l’évolution et les tensions contemporaines : celle élaborée dans l’après-Seconde Guerre mondiale par Robert Schuman et la démocratie chrétienne ; et celle décrite aujourd’hui par Chantal Delsol dans L’Insurrection des particularités. Entre ces deux moments, l’Europe est passée d’un projet de civilisation fondé sur la réconciliation à une crise identitaire marquée par la fragmentation et l’impuissance stratégique.

Le calibrage diplomatique de l’Eglise catholique dans les conflits: l’exemple du Venezuela

Ironie de l’histoire, le coup de force américain au Venezuela de la nuit du 3 au 4 janvier a signé le début d’un nouvel épisode de « déstabilisation planétaire » contre laquelle le Pape Léon XIV venait de mettre en garde quelques jours auparavant, dans son Message pour la 59e Journée internationale de la paix du 1er janvier 2026. « Dans les relations entre citoyens et gouvernants, y affirmait le Souverain Pontife, on en arrive à considérer comme une faute le fait de ne pas se préparer suffisamment à la guerre, à réagir aux attaques, à répondre à la violence. Bien au-delà du principe de légitime défense, cette logique antagoniste est, sur le plan politique, la donnée la plus actuelle dans une déstabilisation planétaire qui devient chaque jour plus dramatique et imprévisible. »