
La civilisation humaine s’est construite grâce à la faculté de transmission. La tradition – du latin tradere , transmettre – se place au cœur du progrès. Elle est, pour reprendre Le Corbusier, «la chaîne ininterrompue de toutes les novations et, par-là, le témoin le plus sûr de la projection vers l’avenir» (1) . Dans Sacrosanctum Concilium (2) , le concile Vatican II rappelle que «la liturgie exprime la foi de l’Église telle qu’elle a été transmise par les siècles». La liturgie La tradition se transmet dans la liturgie, véritable synthèse de tous les arts. Tous les sens y sont mobilisés: l’espace, la lumière et l’acoustique sont pensés pour servir le rite. Comme l’écrivait le père Pavel Florensky, «dans l’église, l’espace devient théologie» (3) . Le parfum de l’encens est symbole de la prière qui monte vers Dieu, «Que ma prière devant toi s’élève comme l’encens» (Ps 140,2). La fraîcheur de la pierre des églises anciennes est en soi la mémoire tactile des siècles. La chaleur des cierges incarne la lumière du Christ, vainqueur des ténèbres. Le chant est prière; «Chanter, c’est prier deux fois», selon la formule attribuée à saint Augustin (4) .







