
L’ensemble de la région se trouve aujourd’hui devant de grandes mutations qui redessinent les équilibres et les équations politiques et militaires. La guerre qui a éclaté entre l’Amérique et Israël d’une part, et l’Iran et le Hezbolla de l’autre, ne saurait se réduire à un affrontement passager ou à une joute limitée, mais constitue un événement charnière dont les répercussions profondes se feront sentir sur l’ensemble des États, et singulièrement sur le Liban, qui se retrouve une fois de plus au cœur de la tempête. L’expérience a maintes fois démontré que les grandes guerres ne s’arrêtent pas aux frontières des États belligérants et que leurs conséquences se propagent jusqu’aux entités fragiles et déchirées, jusqu’aux États incapables d’asseoir leur souveraineté et de concentrer leur pouvoir de décision au sein de leurs institutions légitimes. C’est pourquoi maintenir le Liban arrimé à des axes régionaux et le laisser demeurer une arène ouverte aux conflits d’autrui place les Libanais devant des dangers existentiels qu’il serait imprudent de sous-estimer.







