
Si les réserves formulées à l’égard de l’accord-cadre entre le Liban et Israël sous l’égide des États-Unis sont nombreuses, profondes, légitimes et pleinement justifiées, compte tenu de l’incapacité du texte à garantir de réels acquis au Liban, cela ne signifie pas pour autant qu’il faille accepter de s’engager dans la voie d’Islamabad ou de l’accord de Suisse conclu entre Washington et Téhéran, dont l’effondrement, loin d’être surprenant, résulte de nombreux facteurs politiques et extra-politiques. Cet accord de Suisse, particulièrement fragile, reflète clairement le climat de défiance qui oppose les deux parties. Tel-Aviv ne cesse d’ailleurs d’alimenter et d’approfondir cette méfiance afin de servir son intérêt direct, qui consiste à reprendre la guerre là où elle s’est interrompue. Il s’agit à la fois de poursuivre la destruction des capacités iraniennes, même si cela ne devait pas entraîner la chute du régime, contrairement aux prévisions ou aux espoirs nourris au début du conflit, et de permettre au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, de gagner davantage de temps, d’améliorer son image à l’approche des élections législatives, tout en continuant à retarder son procès, à en différer les échéances et à en ralentir le déroulement.








